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N° 278
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Ehud Barak
(AFP)

Israël. Le retour de Peres et Barak


Ils ont longtemps attendu leur heure. Elle est arrivée. Shimon Peres est enfin parvenu à faire taire sa réputation d’éternel perdant. À 83 ans, il a été élu mercredi président d’Israël lors d’un vote au Parlement. Il est vrai qu’il était assuré de la victoire, après le retrait de ses deux concurrents, Reuven Rivlin et Colette Avital, dès la fin du 1er tour. Peres a été élu au second tour par 86 voix contre 23. Il devient le 9ème président de l’Etat d’Israël, une fonction avant tout protocolaire, succédant à Moshé Katzav, tombé en raison de son implication dans
une affaire de viol et harcèlement sexuel. Shimon Peres, n°2 du gouvernement, bénéficiait du soutien de Kadima (le parti d’Olmert) et des ultra-orthodoxes du Shass. L’ancien Prix Nobel de la Paix profitera-t-il de son aura pour infléchir la ligne droitière d’Israël ?

Quant à l’ex-premier ministre Ehud Barak, il est devenu mercredi le nouveau chef des Travaillistes, en remportant à l’arraché les primaires du parti sur son rival Ami Ayalon, ancien du Shin Beth (sécurité intérieure). Les deux hommes avaient évincé, lors du 1er tour, l’actuel chef du parti, le ministre de la Défense Amir Peretz.

C’est un spectaculaire retour en politique d’Ehud Barak. Après une traversée du désert de six ans, il revient et promet la victoire à son parti aux prochaines élections. L’élection de Barak peut déboucher sur un plus grand remaniement au sein du cabinet d’Olmert, où le Parti travailliste est un partenaire-clé de la coalition. Hormis le remplacement d’Amir Peretz à la Défense (Ehud Barak est pressenti), les Travaillistes lorgnent le portefeuille des Finances, détenu par un membre de Kadima. Barak et Ayalon vont plus loin : ils se prononcent pour un retrait du Parti travailliste de la coalition d’Olmert, si ce dernier persiste à s’accrocher au pouvoir malgré l’accablant rapport intérimaire de la commission Winograd sur sa gestion de la guerre de 2006 contre le Hezbollah au Liban. Sans le soutien des 19 élus travaillistes, Olmert se retrouverait en minorité à la Knesset et serait obligé de démissionner, de remanier à droite son cabinet, voire d’opter pour des élections anticipées.


Belgique. La droite creuse l’écart

Les Chrétiens démocrates et les Libéraux, grands vainqueurs des élections législatives, sont aux portes du pouvoir. Le Parti socialiste, lui, a été laminé. Les Chrétiens démocrates d’Yves Leterme ont remporté 30% des suffrages en Flandre, la région la plus peuplée de Belgique. Sans surprise, le parti d’extrême droite Vlaams Belang arriverait second, avec 20% des votes, mais il n’accèdera pas au pouvoir en raison de la défiance des autres formations à son égard. Le Parti libéral flamand VLD, du Premier ministre sortant Guy Verhofstadt, au pouvoir depuis huit ans, n’a récolté que 19 %. Conscient de son échec, Verhofstadt a présenté sa démission au roi belge Albert II. Yves Leterme a été appelé par le roi à former une nouvelle coalition gouvernementale à parité entre francophones et néerlandophones. Son programme ? “Plus de sécurité, plus de justice et une réforme de l’Etat, c’étaient nos objectifs et, demain, ce sera notre fil conducteur”, a-t-il déclaré.


Pologne. Walesa déballe tout

Le chef historique du syndicat anticommuniste Solidarnosc et ancien président de la Pologne, Lech Walesa, déballe tout. Il a publié dimanche sur Internet plus de 500 pages de documents que la SB, l’ancienne police politique de l’ère communiste, avait confectionnés sur son compte. Lech Walesa les a obtenus à l’Institut de la mémoire nationale (IPN), chargé d’instruire les crimes nazis et communistes en Pologne. L’ex-chef d’Etat polonais a demandé l’accès à ces documents après que ses détracteurs l’ont accusé d’avoir accepté au début des années 1970 de collaborer avec la SB. Lech Walesa avait été par la suite blanchi de cette accusation. “J’espère qu’après la lecture de ces documents, Anna Walentynowicz et Andrzej Gwiazda m’adresseront leurs excuses”, a-t-il déclaré, sur les ondes de la radio publique, à l’intention de deux anciens opposants de Solidarnosc.


G8. Sarkozy préfère l’eau

C’était une plaisanterie de mauvais goût. Et Eric Boevert, journaliste belge, l’a reconnu. Ce présentateur d’un journal télévisé a insinué que Nicolas Sarkozy avait bu au sommet G8. L’extrait montre le début d’une conférence de presse du président français. Sarkozy s’excuse de son retard “dû à la longueur du dialogue (qu’il) vient d’avoir avec M. Poutine”. Il arrive visiblement essoufflé et semble étouffer un rire. Le journaliste lance le sujet en affirmant que Sarkozy “sortait d’un entretien avec Vladimir Poutine et apparemment, il n’avait pas bu que de l’eau”. Or Sarkozy est connu pour ne jamais boire d’alcool. L’extrait s’est retrouvé sur Internet où il a été visionné plus d’un million de fois ! Eric Boevert s’est aussitôt excusé à l’ambassade de France à Bruxelles…


Génocide. Un tribunal pour les Khmers rouges

Le tribunal qui doit se pencher sur le génocide imputé aux Khmers rouges est enfin opérationnel. Le règlement de la Cour a été adopté mercredi, après de longs mois de tensions. Les discussions entre magistrats cambodgiens et étrangers avaient achoppé sur des questions de procédure, alors qu’il fallait concilier entre le système judiciaire cambodgien et les normes internationales. Le gouvernement de Phnom Penh, qui abrite d’anciens commandants Khmers, a salué l’accord. Le tribunal doit juger les responsables des crimes les plus graves, commis sous le régime de Pol-Pot. Près de deux millions de personnes ont été tuées entre 1975 et 1979 par les Khmers rouges.



Lu pour vous. [FRANCE]
PS : halte au feu !

Editorial. Le Monde, 12 juin.

C’est un réflexe pavlovien au Parti socialiste : au lendemain d’une défaite, la zizanie interne repart de plus belle (…). Le 10 juin, au soir d’une vague bleue qui a sonné le PS, les divergences au sommet du parti resurgissaient.
Lundi, le couple Hollande-Royal a interprété des scènes de vaudeville. Mme Royal a annoncé qu’elle allait laisser un message sur le portable de François Bayrou (…). Elle a récidivé dans sa stratégie de rapprochement avec M. Bayrou. Son offre a, depuis, fait l’objet d’une fin de non-recevoir de M. Bayrou.
Le mauvais Feydau s’est poursuivi. M. Hollande a manié une ironie mordante pour prendre ses distances avec la stratégie de Mme Royal (…). Il y a bien au sommet du PS deux stratégies discordantes pour le second tour : Mme Royal, qui pense à l’étape suivante de la rénovation, joue la carte de l’alliance avec le centre. M. Hollande, qui veut d’abord limiter les dégâts électoraux le 17 juin, privilégie les appels aux abstentionnistes.
Ces deux stratégies illustrent cette dyarchie, avec un premier secrétaire à la légitimité affaiblie par l’annonce de son départ et une candidate virtuelle à la direction du parti à la légitimité réelle aux yeux des militants, mais contestée par les éléphants. Il en résulte un spectacle désolant d’une scène socialiste en désordre, en quête de doctrine, de stratégie et de leadership. Le PS ne peut pas attendre son congrès de novembre 2008 pour engager son indispensable reconstruction.



Irak. Samarra visée par un attentat

Deux minarets de la Mosquée d’or chiite de Samarra, au nord de Bagdad, se sont écroulés, mercredi, un an et demi après la destruction de son dôme dans une attaque qui avait provoqué une explosion de violences confessionnelles dans le pays. Le même scénario risque de se répéter. Craignant une flambée de violences entre sunnites et chiites, les autorités ont imposé un couvre-feu illimité à Bagdad et Samarra. Le chef chiite, Moqtada Sadr, a rejeté la responsabilité de cet attentat sur les Américains et les députés de son mouvement ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation au sein du Parlement irakien. Les forces américaines en Irak ont, elles, accusé Al Qaïda. Lieu de pèlerinage sacré pour les chiites, ce mausolée abrite les tombeaux de Ali al Hadi et de Hassan al Askari, les 10ème et 11ème imams de l’islam chiite. C’est aussi à Samarra qu’a disparu le 12ème imam, “l’imam caché”, également adulé par les chiites.


VITE !

Le prix du Prince des Asturies pour les Arts 2007 a été attribué à Bob Dylan. C’est une “légende vivante de l’histoire de la musique populaire et phare d’une génération qui a rêvé de changer le monde”, a déclaré le jury. Dylan succède au cinéaste Almodovar.

 
 
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