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Par Samir Achehbar
AMDH. Le retour de la matraque
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Khadija Ryadi, étendue sur le sol,
suite à lintervention musclée
des Forces auxiliaires.
(AIC PRESS)
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Le 15 juin, un sit-in de solidarité avec les détenus du 1er mai devant le Parlement a été dispersé par lintervention musclée des Forces auxiliaires. LAMDH crie au complot.
Les formes de répression contre les militants de lAMDH se suivent et ne se ressemblent pas. Pour la seconde fois en un mois, le mouvement de solidarité avec les sept détenus du 1er mai subit les foudres de la répression. Le sit-in, organisé le 15 juin devant le Parlement, a été dispersé par les forces de lordre avant même davoir commencé. Et, surtout, avec une rare violence. Motif invoqué : le sit-in, lancé suite à
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lappel de lInstance nationale pour la solidarité avec les détenus du 1er mai 2007 (INSAD), était illégal. Nous avons tenu notre sit-in en parfaite légalité, dans la mesure où nous navions pas besoin de laccord des autorités. Seules les marches requièrent une autorisation préalable. Cest du moins ce que dit la loi. Mais il est clair quon préfère les instructions aux lois, précise Abderrazak Idrissi, membre de la commission centrale de linformation de lAssociation marocaine des droits humains (AMDH), locomotive du mouvement. Le récit des événements relève selon lui du jamais vu. Dans le passé, les représentants des autorités nous sommaient de mettre fin à notre manifestation, affirmant avoir reçu des ordres pour nous faire quitter les lieux. Le 15 juin, nous nétions même pas encore rassemblés que des éléments des Forces auxiliaires sont intervenus, tapant sur tout ce qui bouge et ne ménageant personne. Ils ciblaient en particulier les militants et figures de lAMDH, raconte-t-il.
Ryadi, Amine et les autres
Des figures, dont la nouvelle présidente de lAMDH, Khadija Ryadi, et les deux vice-présidents Abdelhamid Amine et Abdelilah Benabdeslam, en feront les frais. Du haut de ses 64 ans, Amine était encerclé par quatre membres des Forces auxiliaires. À chaque fois quil tentait de leur échapper, il était à nouveau violenté, à tel point quon laurait donné pour mort, relate un témoin.
Au total, une trentaine de personnes ont été blessées. La plupart dentre elles ont été évacuées vers lhôpital Avicenne. Lune des victimes, membre de la section de Tiflet, a même eu la main fracturée, à en croire un communiqué diffusé par lAssociation. Jamais nous navons assisté à une telle hystérie. Cest comme si le seul mot dordre était la matraque et rien que la matraque, commente un militant de lAMDH. Ceci au moment où le discours officiel va dans le sens de la réconciliation et de la démocratie. Les manifestants se sont par la suite dirigés vers les locaux du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), où se déroulait une grève de la faim décidée dans le cadre du programme de lINSAD.
Cette répression donne suite à la vague darrestations survenue à Beni Mellal, le 5 juin dernier. Le sit-in observé ce jour-là, à l'appel du Comité local de solidarité avec les détenus du 1er mai, constitué par l'AMDH, s'est déroulé dans le calme. Mais il a été suivi, le soir même et le lendemain, par des arrestations qui ont concerné une dizaine de militants des droits de l'homme. Neuf parmi eux ont comparu lundi en état de liberté provisoire, le dixième étant toujours en détention. Si là encore, la raison invoquée, tant par les autorités que par la justice, est le caractère illégal de la manifestation, la violence des réactions fait craindre une répression aussi calculée que systématique. C'est du moins l'idée partagée au sein de l'AMDH, qui crie à un complot orchestré contre ses militants, destiné à les punir pour leurs prises de position. La principale, particulièrement mise en avant, est la contestation du crime datteinte aux valeurs sacrées, qui a conduit à larrestation, le 1er mai, de sept diplômés chômeurs et militants syndicaux et leur condamnation à des peines allant de 2 à 3 ans de prison ferme. |
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