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Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

François Hollande
et Ségolène Royal.
(AFP)

France. Rupture(s) au PS


Que retiendra-t-on de la folle soirée électorale des législatives françaises ? Plus que la victoire de la droite, c’est le sursaut de la gauche qui a étonné. Contre toute attente, les socialistes se sont réveillés. Certes, six semaines après la présidentielle, l’UMP a obtenu la majorité absolue. Mais, alors que les sondages prédisaient un raz-de-marée (jusqu’à 470 députés), le parti de droite n’en compte finalement que 318. Le PS dispose, lui, de 190 députés contre 149 sortants. La plus grande gifle, c’est Alain Juppé qui l’a reçue. Le
“superministre” de l’écologie a été battu dans son fief de Bordeaux. Les responsables de la majorité imputaient ce score décevant à une volonté des Français d’équilibrer les pouvoirs, mais aussi à la polémique sur la TVA sociale, annoncée par le gouvernement entre les deux tours et présentée comme injuste par les socialistes.

Mais ces derniers n’ont pas pu savourer ce sursaut d’orgueil. L’annonce, le soir-même, de la rupture officielle de Ségolène Royal et de François Hollande, en a déstabilisé plus d’un. À gauche, on fulminait contre cette nouvelle “impromptue”. En principe, l’annonce devait paraître dans un livre mercredi. Mais des fuites auraient contraint Ségolène Royal à lâcher le morceau. Du coup, la rupture sentimentale a éclipsé l’analyse politique. Cette annonce pose le problème de l’immixtion de la vie privée dans la vie publique. Qui savait ? Et pourquoi ce timing ? Depuis longtemps, Ségolène Royal cultivait l’ambiguïté à ce sujet : tantôt exposant sa progéniture sur Paris Match, tantôt se montrant sèche face à des journalistes enquêtant sur elle. Plusieurs livres, comme “Ségolène et François : biographie d’un couple” ou “La femme fatale”, avaient suggéré les difficultés traversées par le couple. La rupture ne faisait plus de doute depuis des mois. La liaison de François Hollande et d’une journaliste de Paris Match avait été révélée fin 2005. Au-delà du dépit amoureux, ils avaient eu des désaccords de fond, notamment sur la notion de démocatie participative et sur l’alliance avec le MoDem de François Bayrou. Maintenant, la situation est claire. Et les couteaux tirés : Ségolène brigue le poste de son ex-compagnon.


Salman Rushdie. Un lord controversé

Après Les Versets sataniques, voici le Sir honni… De nouvelles menaces planent sur Salman Rushdie. En cause : la décision de la Reine Elisabeth II d’Angleterre d’anoblir l’écrivain d’origine indienne. Mardi, Londres a exprimé sa “profonde inquiétude” face aux propos du ministre pakistanais des Affaires religieuses, Ijaz-ul-Haq, qui estimait que l’octroi de titre de chevalier et de “Sir” à l’écrivain “allait attiser le terrorisme et justifiait des attentats-suicides”. Rushdie, qui vient de fêter ses 60 ans, a passé des années dans la clandestinité après avoir été “condamné à mort” par une fatwa lancée en 1989 par le fondateur de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Khomeiny, à cause de son livre Les Versets sataniques. A Lahore, des activistes ont brûlé des effigies d’Elisabeth II et de l’écrivain. L’Iran a parlé d’islamophobie, alors que le quotidien radical Jomhori Eslami a qualifié la reine de “vieille bique qui grimace à la face du monde”.


Belgique. Les mosquées reconnues

Les mosquées sont enfin reconnues en Belgique. Mardi à Namur, la Région wallonne a reconnu 43 mosquées, essentiellement turques, alors que 5 autres demandes n’ont pas eu de suite. Après la Wallonie, la Flandre puis Bruxelles devraient suivre. “C’est un jour mémorable pour l’islam en Belgique”, écrit La Libre Belgique. L’islam, deuxième religion du pays, avait pourtant été reconnu officiellement comme culte en 1974, mais les mosquées vivaient dans un flou juridique. Ce qui change, c’est que le traitement des imams sera pris en charge par les collectivités. L’organisation des cultes est un vrai casse-tête en Belgique. Les mosquées dépendent à la fois de l’Etat fédéral, de la Région et des pouvoirs locaux.


USA. Visite du président vietnamien

C’est une visite historique qu’effectue le président vietnamien, Nguyen Minh Triet, aux Etats-Unis. Aucun président du pays ne s’était rendu à la Maison Blanche depuis la fin de la guerre en 1975. Deux présidents américains (Bill Clinton et George W. Bush) ont en revanche effectué des visites officielles au Vietnam, après la normalisation des relations diplomatiques en 1995.
Triet est arrivé lundi soir et restera six jours aux Etats-Unis. Outre la signature de nombreux contrats, le Vietnam espère aussi conclure cette semaine un accord commercial cadre avec les Etats-Unis. Image inattendue : Triet a commencé son séjour en visitant Wall Street ! Il a aussi croisé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. Triet devait rencontrer George Bush vendredi.


Algérie. Enfin une Académie berbère ?

Une Académie de langue amazighe et un Conseil supérieur de la langue amazighe devraient voir le jour en Algérie, au terme d’un projet de décret présidentiel approuvé mardi par le gouvernement algérien. Un Haut commissariat à l’amazighité (HCA) a déjà été mis en place en 1995, pour encourager l’enseignement du berbère dans les établissements publics. Son action a été critiquée et est restée limitée. La reconnaissance du tamazight comme langue nationale avait été arrachée après une année de manifestations en Kabylie, d’avril 2001 à mars 2002. Les partis et associations amazighs en Algérie réclament encore la reconnaissance du tamazight comme langue officielle.



Lu pour vous.
La fin d’une ère

Amine Lotfi, El Watan, 20 juin

Deux présidents en exercice, le Gabonais Omar Bongo et le Congolais Denis Sassou-Nguesso, sont sous le coup d’une action en justice en France (…) pour «recel et détournements de biens publics». Trois associations ont porté plainte contre eux en mars dernier. La célérité de la justice française à donner suite à cette plainte indique qu’une page est tournée. C’est celle, à l’évidence, de l’ère Chirac et plus loin encore de cette vision gaulliste, qui avait contribué à l’édification de la France-Afrique. Au même moment, un dossier vieux de douze ans refait surface. C’est celui du juge français Bernard Borrel, mort à Djibouti dans des circonstances jugées troubles. Sans doute, bien des observateurs pourraient y voir l’amorce du délestage français d’un héritage relationnel ambigu avec des dirigeants africains, sur lesquels pèsent de lourds soupçons. Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso seraient propriétaires, à Paris, d’hôtels particuliers et d’appartements luxueux qui valent des fortunes. Au pouvoir depuis 40 ans, Omar Bongo préside aux destinées du Gabon, pays producteur de pétrole et particulièrement démarché par les grandes compagnies françaises. Le scandale Elf avait révélé un lourd climat de corruption. La question aujourd’hui est de savoir dans quelles conditions les deux présidents incriminés se sont rendus acquéreurs de ces biens immobiliers. Les temps ne sont manifestement plus où un Jacques Foccart faisait la pluie et le beau temps…



VITE !

D’après le HCR, le flux de réfugiés dans le monde a atteint, en 2006, son niveau le plus élevé depuis 2002. Une situation due en grande partie à la présence hors de leur pays d’un million et demi d’Irakiens, qui ont trouvé refuge en Syrie et en Jordanie.

 
 
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