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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hassan Hamdani

“Militer, c’est renoncer à sa vie privée”

Antécédents
Khadija Ryadi
Présidente de l’AMDH
(TNIOUNI / NICHANE)

1988. Naissance de son fils aîné.
1989. Lueur d’espoir avec la première libération de prisonniers politiques.
1991. Naissance de son fils cadet.
05/2007. Elue présidente de l’AMDH.

Smyet bak ?
Hussein Ryadi.

Smyet mok ?
Fadma Ahouach.

Nimirou d’la carte ?
A 293358.

Vous êtes membre d’Annahj Addimocrati comme Abdelhamid Amine, président sortant de l’AMDH. Vous niez toujours le phagocytage de votre association par ce parti d’extrême gauche ?
Oui, il n’y a aucun noyautage. Nous n’exigeons aucune carte d’un parti politique des personnes qui veulent adhérer à l’AMDH. Ce qui nous importe, c’est qu’elles partagent nos idéaux démocratiques.

Amine, président emblématique de l’AMDH, devenu votre vice-président, exige des excuses publiques de Mohammed VI pour les victimes des années de plomb. On ne peut pas dire qu’il cherche à se faire oublier.
Il est difficile à oublier de toute manière. Amine incarne l’AMDH depuis des années grâce à l’énorme travail qu’il a accompli et à ses talents de communicateur. Et puis, rien dans les statuts de l’AMDH n’interdit à un vice-président de s’exprimer. Cela dépend surtout de sa personnalité. Et Amine n’en manque pas.

Se faire tabasser par des mroud, comme vous récemment, sera peut-être cette médaille qui vous aidera à faire oublier Amine ?
Non, en principe, on fait tout pour décrocher une médaille. Là, il s’agit d’une médaille non désirée. Personne n’aime recevoir des coups de matraque ou cherche à en prendre pour le plaisir.

Vous en voulez à ces mroud ?
Non, ce sont également des victimes, de simples exécutants. Ils ne savaient même pas que c’était un sit-in de l’AMDH. Ils nous ont pris pour des diplômés chômeurs. D’ailleurs, ils n’arrêtaient pas de répéter : “Nous, on est mal payés, mais au moins, on a un boulot”.

Par contre, Laânigri, chef des mroud, a eu illico droit à un procès aux fesses.
Effectivement. Je sors d’une réunion à l’AMDH tenue avec une équipe d’avocats. Nous préparons les détails juridiques de la plainte que nous comptons déposer contre Laânigri pour le tabassage que nous avons subi devant le siège du Parlement.

Mais pourquoi manifester devant un Parlement auquel vous ne reconnaissez aucun pouvoir sur le cours des choses ?
Il se situe en plein centre-ville, sur une artère où circulent beaucoup de passants. Au-delà du symbole, c’est une place stratégique pour communiquer efficacement et faire connaître notre combat.

On vous surnomme Khadija “L’mounadila” . Ce petit nom ne vous semble-t-il pas être une négation de votre féminité ?
Je n’ai pas ce sentiment. On m’a simplement surnommée ainsi car j’évolue depuis toujours dans le milieu du militantisme. Cela date de mes activités au sein du syndicat étudiant de l’UNEM, dans les années 80.

Votre père était de gauche, vous épousez un militant d’extrême gauche d’Annahj Addimocrati. Le marxisme serait-il héréditaire ?
Mon père n’était pas marxiste, mais membre de l’UNFP (ndlr : parti de gauche fondé par Mehdi Ben Barka). Qui plus est, il est difficile de ne pas épouser un militant quand on l’est soi-même. C’est un combat permanent que ne peut comprendre et partager qu’une personne ayant en commun, avec vous, les mêmes idées et la même conception du sacrifice. Etre militante, c’est également accepter de ne plus avoir de vie privée.

Votre fils de 18 ans est aussi membre de l’AMDH. Après la reproduction des élites, la reproduction des pourfendeurs de l’élite ?
Je pense plutôt que son engagement est dû au milieu dans lequel il a grandi. Il a participé aux activités pour jeunes et aux colonies de vacances organisées pour les jeunes de l’AMDH. Nous avons une carte d’adhérent spécifique pour les 15-18 ans. C’est celle que possède mon fils.

 
 
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