Affaires. Majidi dans l'oeil du cyclone
Politique. Les imams interdits de Parlement
Torture. A-t-on vraiment tourné la page ?
Renseignement. Le commando économique de la DGED
Élections. La foire aux programmes
Société. Amours au pied du minaret
États-Unis. Hillary, la prétendante
France. La dream team de Sarkozy
Marché automobile. Sur les chapeaux de roue
Festival. Essaouira l'Africaine
Musique. Beyrouth Underground
Tournage. Sur les traces de Kherboucha
N° 280
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Driss El Maloumi,
Ballaké Sissoko et Rajery.
(DR)

Création. C’est un fameux 3MA...

C’est un vent chaud d’Afrique qui pousse ce “3MA” musical inédit vers une terre où se croisent Maroc, Mali et Madagascar. Née d’une rencontre, lors du dernier festival Timitar, entre les musiciens Driss El Maloumi, Ballaké Sissoko et Rajery, la résidence artistique 3MA est l’alliage généreux et raffiné de trois univers artistiques à la fois proches et lointains, liés par les vibrations des cordes. Le premier est un virtuose gadiri du oud, dont les accords racontent l’histoire des populations et leurs échanges ; le deuxième, descendant des griots, tire des 21 cordes de sa kora, harpe-luth mandingue, des cascades de
sons cristallins ; le troisième joue de l’instrument béni de ses ancêtre, la valiha, une cithare tubulaire en bambou typique de la grande île rouge. Sous l’impulsion des Instituts culturels français, ce trio d’explorateurs du son transafricain a déjà envoûté les scènes d’Antananarivo en mars, Bamako la semaine dernière, et Agadir ce jeudi 28 juin (peu après le projet méditerranéen Cantates des rives entre Grèce, Maroc, France et Tunisie). Mais le 3MA poursuit sa route Sud-Sud, prenant pour escales Fès, Meknès, Casablanca, Agadir, Ouarzazate et Zagora pendant les Nuits de Ramadan, avant une fantastique régate continentale reliant, entre autres, Sénégal et Afrique du Sud, Burkina Faso, Djibouti, sous l’égide des Belges Contre Jour. A l’horizon 2008 s’annoncent aussi un album, une tournée en salles au printemps et un été de festivals entre Afrique, Europe, Maghreb et Moyen-Orient. Hissez haut !


Sortie. Balade publicitaire

Quatre amis quinquagénaires, dont le seul plaisir est de rouler en ville le dimanche, sur leurs Harley-Davidson sous la bannière des “motards sauvages”, réalisent le piège de leur vie pépère et ennuyeuse. Le businessman fauché (alias John Travolta), le dentiste de banlieue (Tim Allen), le plombier soumis par sa femme (Martin Lawrence) et l’informaticien frustré (W.H Macy) décident alors de traverser les États-Unis et vivre enfin comme de vrais bikers. Mais le voyage s’avère plus rock n’ roll que prévu et les véritables bikers trop brutaux pour la douce horde que sont nos anti-héros… Une comédie banale et ronronnante, saturée de quiproquos et de gags à la Tom et Jerry. Bref, elle passerait inaperçue sans la brochette d’acteurs à l’affiche, qui auraient d’ailleurs pu récupérer leurs cachets directement chez Harley-Davidson - ou encore Apple - pour les kilomètres de louanges qu’ils font à leurs produits. Du reste, la soupe serait tout juste bonne pour un après–midi cinéma d’un club du troisième âge, avec une signature du genre : “la vieillisse est un état d’esprit”.

Bande de sauvages, au Mégarama.



Patrimoine. Et le gagnant est...

Elections internationales pour un patrimoine mondial… Il aura fallu quelques siècles pour voir pointer une deuxième cérémonie des 7 merveilles du monde. Le 7 juillet prochain (le 07/07/07), sur l’avenue Estadio da Luz à Lisbonne, une brochette de stars (dont Cristiano Ronaldo, Jennifer Lopez et Neil Armstrong) applaudiront les sept nouveaux bijoux architecturaux de l’humanité. Objet d’un lobby arabo-andalous, l’Alhambra de Grenade a été nominée pour la finale, aux côtés de 20 autres monuments dont la Tour Eiffel et le Taj Mahal. Après Hérodote (historien grec, Vème siècle av. JC), membre du premier jury, c’est aujourd’hui au tour des internautes de voter les nouvelles éternelles.


Pèlerinage. Le meeting des Chorfa

Rencontre spirituelle au sommet. Des dizaines de milliers de soufis prendront la route ce week-end même, en direction du nord, à quelques kilomètres d’Ouezzane et à 1600 mètres d’altitude, pour rallier le mausolée de Moulay Abdeslam Ben Mchich. Ici, point de transe ni de ruées vers le maître, le pèlerinage se veut spirituel et philosophique. Ce petit-fils de Moulay Idriss II serait “le créateur de la mouvance soufie au Maroc”, vous diraient ses disciples, en guise de clin d’oeil à un certain Hamza, bien plus connu. Tous les 1er juillet, les adeptes du maître viennent chercher la bénédiction de Abdelhadi Baraka, nakib des Chorfa (Doyen de la confrérie), lequel “vénéré” serait tout autant le descendant direct d’une lignée de nakaba séculaire. Néanmoins, entre incantations et prières, les parrains savent garder les pieds sur terre et user de leur poids pour défendre les intérêts des membres de leur congrégation. Lobby mystique ou baraka ?


Télé. Le grand amour estival

Quarante ans après l’été 1967, date de naissance du Summer of Love en Californie, Arte revient sur le psychédélisme, mouvement noyant sous les fleurs et les drogues hallucinogènes une génération en rupture de ban avec la société. L’odyssée sous acide d’Arte débutera par des courts-métrages “sous influence”, dont notamment les premières expériences artistico-chimiques d’Andy Warhol et du Velvet Underground de Lou Reed (le 2 juillet à 21h45), avant de se poursuivre par le documentaire “67, année psychédélique”, qui replonge le téléspectateur dans les grandes fêtes dopées au LSD. En l’occurrence, les acid-tests collectifs qui, bientôt, allaient se muer en crash-tests pour les “jusquauboutistes” de la défonce. Et notamment, Janis Joplin, passagère du train parcourant le Canada en 1970, pour une série de concerts organisés dans le prolongement de Woodstock (Festival Express 1970, le 3 juillet à 22h45). Morte d’une overdose quelques mois plus tard, la rockeuse y brille de ses derniers feux, dans une fête permanente de 5 jours. Ce fut son ultime équipée sauvage.


Intox. L’épisode Maurice

Désormais connu à Casablanca comme le producteur du “faux Barry” (dont il avait “auto-collé” la bouille un peu partout dans la ville, suite à un différend avec le vrai), Maurice Elbaz a encore fait parler de lui. Le week-end dernier, à Essaouira, il distribuait, sans autorisation préalable, un tract “publicitaire” pour reprendre ses mots exacts. Lequel tract était en réalité un tabloïd contenant des attaques sibyllines contre Neïla Tazi, directrice de A3 Communication -accompagnées de son numéro de portable -, Momo Merhari, de L’Boulevard et, pour finir, le programme du Festival d’Essaouira, agrémenté de commentaires burlesques. Elbaz, qui aurait été placé en garde-à-vue et présenté au procureur après son coup d’éclat, préfère parler “d’explications” qu’il a dû fournir à la police. Son stock de “tracts” - distribués à l’occasion de la sortie de l’album de “son” Barry - a en tout cas bel et bien été confisqué.


Awaln'art. De l’art dans les douars

“Amener la culture dans le monde rural, et rendre à la place publique sa vocation au spectacle, dans la tradition de la halqa”. Voilà qui explique la philosophie de ce nouveau venu dans le paysage festivalier. Awaln’Art, premier du nom, initié par Eclats de Lune et Graines de Soleil, sera social et roots. En ouverture ce week-end, des représentations des compagnies fondatrices du Festival, avant une mini-tournée de Bartal, spectacle des enfants de l’école du cirque Shemsy, donné dans les villages de Tamesloht, Aït Ourir et Tahanaoute dans la région de Marrakech. Egalement au programme des expositions (photographie, peinture…), un séminaire sur la transmission de l’art et l’action culturelle à Marrakech. Et pour finir, des spectacles de rue, avec la compagnie Les grandes personnes ou les acrobaties de Day Dreaming. Sympa.

Du 3 au 8 juillet.
www.eclatsdelune.com



Reggae. Essaoui’roots

Le papy jamaïcain Ras Michael (65 ans), que Bob lui-même considérait comme un génie des percussions Niyabinghi, base de la musique rasta, était à Essaouira pour annoncer la première d’un Festival reggae pour octobre prochain (du 26 au 29). De grands noms jamaïcains comme Buju Banton, Barrington Levy et même l’un des fils de la légende, Kymani Marley, devraient l’y rejoindre sur une scène animée par Erykah Badu, Sinead O’Connor et Lauryn Hill, rien que ça... Pour ses premiers pas sur le sol de ses ancêtres, Ras Michael a appelé à “la conscience de Dieu dans l’unité”, et souligné l’importance de la vision panafricaine, dont Mohammed V et l’empereur Hailé Sélassié furent les ambassadeurs. Les recettes iront à des organisations caritatives (Bayti, SOS Villages et Urge), comme le laisse entendre son nom, Reggae 4Africa. Bless !


DJ Key. Plus chère la vie

Ils l’ont échappé belle. Victimes d’un accident de circulation sur la route Casa-Essaouira, DJ Key et trois de ses proches sont sains et saufs. Le jeune maâlem des platines a même pu assurer les concerts de H-Kayne, Casa Crew et Steph Ragga Man, prévus sur la scène after du Festival Gnaoua. Mais l’ardoise est lourde. Caution du véhicule engloutie, frais de dépanneuse, d’ambulance et de médicaments, coût de l’opération de son assistant et platines détruites : c’est près de 50 000 DH que le patron de Funky Noise a dû sortir de sa poche. Refusant tout appel à solidarité, le passe-partout de la nouvelle scène n’en estime pas moins que le booker, Clic Agency, devrait en assumer les deux tiers (hors-caution du véhicule). Aussitôt dit, aussitôt fait ? Et cette fameuse mutuelle des artistes ?


Le livre.

Une jeune fille est violée puis étranglée. Sans témoins ni indices, l’enquête piétine. Au bout de cinq ans, pour se débarrasser du dossier, la police inculpe Ron W. Ses démêlés avec la justice en font un suspect idéal. Son avocat aura beau prouver sa schizophrénie par plusieurs médecins, démonter les faux témoignages réunis dans le dossier de l’inculpation et crier à l’absence totale de preuves, Ron sera condamné à mort. Il passe 12 ans en prison, en attendant son exécution, jusqu’à ce qu’un groupe de lutte contre la peine de mort n’intervienne pour la réouverture de l’enquête. S’ensuit une immersion dans les méandres du système judiciaire américain, écrite de mains expertes, et la promesse de vous tenir en haleine jusqu’au bout. Un vrai polar.

L’accusé, John Grisham ; Ed Robert Lafont.




Humeur.
Ground Zero

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Le TAS a bu la tasse. L’équipe de foot emblématique des Carrières centrales a raté sa montée en 2ème Division, butant en match de barrage contre la formation de Chez Ali Belfellah. L’information est passée inaperçue, perdue au fin fond d’un journal, là où, furtives, se déploient les vraies catastrophes de la vie. Levons le voile sur la portée de cette nouvelle sportive pas si anodine qu’il n’y paraît. Et, disons-le crûment, un bout d’Histoire en tôle ondulée s’est fait étaler par 11 cuistots d’un restaurant folklorique pour touristes à la con. Excusez ce tacle à la carotide, c’est la douleur qui parle. ça fait mal. Très mal même, quand on sait qui est le joueur vedette de Chez Ali. La Joudia du ballon rond, le vainqueur d’Al Kadam Addahabi, le reality show pour Zaïris en herbe… Le néant télévisuel a planté la dernière banderille dans le mythe, achevant de dénuder le roi populo du tiers-Etat casablancais. La défaite du TAS et la nature de l’adversaire lui ont sucé sa dernière goutte de sang bleu. Et les jeunes adorateurs de l’âge d’or des Nass El Ghiwane, en refusant de tuer ce père spirituel, ne font que maintenir sous perfusion une légende d’où ne sort plus aucun réfractaire. Juste des moutons barbus et leurs chères moitiés, corbeaux de mauvais augure, entre lesquels il faut slalomer. L’Hay n’est plus que l’ombre de lui-même depuis longtemps, un nid stérile, devenu un label pour les médias, une appellation d’origine contrôlée, garante de la crédibilité du premier artiste venu. Le rideau est tombé. Circulez, il n’y a plus rien à voir…



Khaled sera allègre
Pour sa quatrième édition, le festival Alegria de Chefchaouen a trouvé sa tête d’affiche. Khaled, qui aura suffisamment flirté, les derniers albums, avec les influences latines et cubaines, a confirmé sa participation à la liesse latino-nord africaine. Du 12 au 14 juillet à Chefchaouen.


Le retour du Soultan
Le beau gosse de la bande FM, Ahmed Soultan, est actuellement en studio pour son second album, Code, qui fera suite à Tolérance et sortira sur son propre label, Somum Records. Un premier single, Achkide, mêlera le berbère, l’arabe, le français et l’anglais. Sortie prévue fin juillet.


Devoir de mémoire
Ce mois-ci s’achèveront les travaux de la remise à neuf de dix immeubles casablancais classés monuments historiques. La réhabilitation, qui aura nécessité quelque 2,5 millions de dirhams, a été financée par la compagnie d’assurances AXA, propriétaire des bâtiments et supervisée par l’association Casa Mémoire. On applaudit.

 
 
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