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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Un Code de la route irréaliste

J’aimerais demander à M. Karim Ghellab, le ministre des Transports, s'il est sérieux quand il parle d'amendes de 400 à 1500 DH dans son nouveau Code de la route. Imaginez que vous vous fassiez un jour arrêter par un agent de la circulation, pour une quelconque infraction, et qu’il vous réclame la somme exhorbitante de 1000 DH. Pensez-vous que la majorité des automobilistes marocains vont régler gentiment leur PV ? Je ne le crois pas. À mon humble avis, le flic va proposer au contrevenant une solution qui arrange les deux parties : un billet de 200 DH glissé discrètement dans la main du policier, et on n'en parle plus. En réalité, augmenter les montants des amendes ne dissuadera pas les automobilistes de commettre des infractions. Cela ne fera que renforcer la corruption parmi nos policiers et nos gendarmes. Et avec de telles sommes à payer, la “tadouira” deviendra presque “légitime”. Bien évidemment, ce n’est pas la faute de M. Ghellab si les choses sont ce qu’elles sont. Il est juste prié d’en tenir compte dans l’élaboration de son Code de la route qui, pour d’autres pays, serait quasimment parfait. Mais seulement pour d’autres pays.

Amine Chentouf, Lyon, France.



Homo cherche parti

La lecture de votre article sur l’écrivain Abdellah Taïa (“Homosexuel envers et contre tous”, TelQuel n° 277) m’a poussé à me poser une question existentielle en cette période d’élections. Pour qui vais-je voter ? En tant qu’homosexuel marocain, suis-je reconnu comme citoyen à part entière ? Mon vote est-il important ? Mon droit à l’existence fait-il partie d’un quelconque programme électoral ? Je suis un Marocain comme les autres, cadre dans une entreprise, qui paie ses impôts, ce que plusieurs de nos honorables hétérosexuels oublient de faire. On me dit droit, honnête, sérieux, travailleur et vrai “ould ennass”. Mais tout cela n’a aucune importance, puisque c’est ce que je fais dans mes moments les plus intimes qui décide de ma place dans la société. Une société qui préférerait que je sois corrompu, malhonnête, paresseux, égoïste… tant que je rentre dans les normes (en apparence du moins) dans ma chambre à coucher. Alors, dans l’attente d’un parti politique prêt à me considérer comme un citoyen à part entière, avec des droits et des devoirs, je ne me déplacerai pas pour aller voter.

Mustapha Ahmed, Casablanca.



Une fatwa ridicule

Je vous écris pour revenir sur la fatwa ridicule concernant l’allaitement des collègues de bureau, relatée par Réda Allali dans l’une de ses chroniques (Zakaria Boualem, TelQuel n° 274). Comme lui, je pense qu’il est temps que les érudits d’Al Azhar et nos oulémas à nous se réveillent de leur somnolence et commencent à s'occuper des vrais problèmes de ce pays, au lieu de s'attarder sur des futilités. Car y en a vraiment ras-le-bol de ces islamistes à la noix… et merci.

Khadija Bidar, Casablanca.

 
 
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