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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Robert de Niro m’a donné son adresse”

Antécédents
Bouchra Ijork
Actrice et réalisatrice
(TNIOUNI / NICHANE)

1976. Naissance à Casablanca.
1998. Diplômée de l’ISADAC (Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle).
2000. Co-écrit le scénario la sitcom Lalla Fatéma.
2003. Réalisation du court-métrage Karawane.
2006. Rencontre avec Robert de Niro lors du Tribeca Film Festival de New York.
2007. Réalisation du téléfilm “Orange amère”, produit par 2M.

Smyet bak ?
Ahmed Ijork.

Smyet mok ?
Zohra Aoukil, alias Zora.

Nimirou d’la carte ?
BH 230013.

Vous êtes actrice, réalisatrice, scénariste, chroniqueuse… Vous n’avez pas peur de vous perdre dans toutes ces disciplines ?
Non, pas vraiment. Chaque fois que je fais quelque chose, je m’y consacre à fond. Je suis sans cesse en train d’apprendre, je lis beaucoup, je m’informe. Et ce n’est vraiment pas par caprice que je m’engage dans ces différentes voies. C’est juste que mon métier initial d’actrice ne me permet pas forcément de m’exprimer comme je l’entends. Je choisis donc d’autres modes d’expression.

Vous êtes souvent en déplacement en Syrie et au Liban, quel est votre lien avec ces pays ?
Je suis souvent amenée à voyager en Syrie pour des raisons professionnelles. En 2006, par exemple, j’ai écrit le scénario de mon court-métrage El Bahja pendant un atelier d’écriture à Damas. J’y suis retournée dernièrement pour écrire une pièce pour le Théâtre royal britannique. J’ai aussi eu l’occasion de me rendre à Beyrouth. Je suis tombée sous le charme de cette ville et j’y vais chaque fois que j’en ai l’occasion. J’y ai aujourd’hui certains amis comme l’actrice Carole Aboud.

Le héros de votre premier film est un homosexuel, pourquoi un tel choix ?
Ma rencontre avec celui qui allait devenir le personnage principal de mon film a été un pur hasard. Ma première réaction a été un réflexe primaire de rejet. Par la suite, nous avons longuement discuté et je me suis alors rendu compte de mon erreur. Ce film a été l’occasion de travailler sur moi-même. Cela m’a permis de croire à la différence. Le résultat de ce travail sincère a donné le film Karawane, qui a été bien accueilli même dans des sociétés très conservatrices.

Il paraît que vous vivez avec un certain Roméo, pourtant vous n’êtes pas mariée. Comment votre famille prend-t-elle la chose ?
Bien. Mais Roméo, c’est le nom de mon chien, un berger allemand croisé avec un teckel. Nous vivons ensemble depuis six ans, c’est l’être le plus sensible et le plus fidèle au monde. Je ne pourrais pas me séparer de lui.

Et le jour où vous aurez un vrai Jules ?
Eh bien, il devra nous accepter, Roméo et moi.

Il paraît que vous n’aimez pas conduire, pourquoi ?
J’ai eu une mauvaise expérience avec la voiture. Je suis même rentrée dans un bus à l’arrêt. Mais je compte m’y remettre bientôt.

Vous êtes très jolie, vous avez l’air d’une fille moderne. Mais il paraît que vos produits de beauté préférés sont le henné, l’ghassoul et l’huile d’argan. Vous ne trouvez pas que ça casse un peu le mythe ?
C’est ma partie marocaine à laquelle je ne renoncerai jamais. Je suis un mélange de tradition et de modernité.

Que pensez-vous de l’adage “sois belle et tais-toi” ?
Je pense qu’il n’est pas fait pour moi. Depuis mon enfance, j’ai compris que j’avais un physique intéressant. Mais j’ai appris à mettre une distance entre mon apparence et ce que je suis. Certes, je prends soin de ma petite personne, je m’entretiens. Ce qui ne m’empêche pas de travailler sur moi-même et de me remettre en question.

Suite à votre rencontre avec Robert de Niro, vous auriez découpé une photo de groupe pour ne laisser apparaître que la star américaine et vous, avant de l’envoyer à une partie de la presse. Est-ce vrai ?
C’est faux. Nous étions huit Marocains à nous rendre au Tribeca Film Festival, dont Robert de Niro est le président. Le photographe présent a effectivement pris des photos de groupe. Mais il en a aussi pris une où je figurais seule à côté de De Niro. C’est celle-là que j’ai envoyée à mes amis et non pas à la presse, comme cela a pu être rapporté. En fait, les mauvaises langues ont alimenté cette rumeur, parce que nous avons échangé quelques mots. Robert de Niro m’a même donné son adresse. Ça a dû faire des jaloux.

 
 
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