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Mohamed Bougrine. Prisonnier des trois rois
Terrorisme. La chute de Habbouch
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Histoire. Au royaume des clichés
Société. Kliyeb, mon amour
Histoire. La pionnière du ciel
Grande-Bretagne. Alerte maximum !
Israël. Le déshonneur de Katzav
Moulay Hafid Elalamy. "Une CGEM efficace, pas starlette"
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Quartier Rif El Andalus.
(Francisco Garcia Cortès)

Alegria Festival. Images de Chefchaouen

C’est du côté de Malaga, chez un collectionneur privé, que l’équipe du Festival de Chefchaouen et l’ambassade d’Espagne ont déniché les photographies de l’exposition Imagenes de Chefchaouen, organisée à l’occasion de la quatrième édition de l’Alegria Festival. Accrochées à l’Espace d’art de la Casbah du jeudi 12 au samedi 14 juillet, elles sont l’œuvre de celui qui fut l’œil “officiel” de la période coloniale espagnole, de 1939 à 1956 : Francisco Garcia Cortès. Belle histoire, quand on sait qu’il avait formé, à l’époque, nombre de jeunes photographes de la région, dont Mohamed Hakoun. Âgé de 63 ans
aujourd’hui et fondateur de l’association de défense du patrimoine, il a à son tour photographié et peint sa ville à l’aquarelle sous toutes ses coutures... Toiles dont il expose d’ailleurs les couleurs chatoyantes aux côtés des photos en noir et blanc de celui qui fut un jour son maître. Autant de souvenirs et de questions sur l’Eden du Rif et les images qu’on s’en est faites. Hakoun aura même exhumé de sa collection les quelques tirages remontant à 1928 pour ouvrir l’exposition. L’occasion d’un juste hommage, que le Festival rendra à celui qu’on considère comme la mémoire vivante de la ville. Au-delà, un vent de création soufflera sur la Casbah avec du théâtre plein air, alors que son jardin, sa tour et son musée se laisseront peupler par les œuvres d’une vingtaine de plasticiens chaounis. Au rayon musique, dans la fraîcheur du soir, Khaled en guest-star, Nass el Ghiwane, H-Kayne et un regard sur les musiques hispanophones, de l’Espagne au Venezuela, en passant par Cuba...

Du 12 au 14 juillet à Chefchaouen.



Sortie. McClane is back

A nouveau, l’inspecteur John McClane (Bruce Willis) se retrouve, comme l’indique l’affiche du film, au mauvais moment et au mauvais endroit. Cette fois-ci, il est aux prises avec des malfrats high tech, qui s’attaquent au réseau informatique des Etats-Unis, paralysant communications, transports et énergie dans le pays. Dans la lignée des trois épisodes précédents, Retour en enfer est un film d'action pur et dur, où l’efficacité de la mise en scène le dispute à la surenchère d’effets spéciaux et de scènes ultra-spectaculaires. Et pour ne rien gâcher, l'humour, autre ingrédient de ce cocktail survitaminé, est toujours de la partie. Profitant d’un scénario roublard mais sans véritable génie, Len Wiseman imprime à cette quatrième livraison de Die Hard un rythme endiablé, qu’un Bruce Willis vieillissant, mais qui n’a pas perdu un poil de son charisme, arrive à suivre avec brio.
Retour en enfer n’est peut-être pas le prochain Oscar du meilleur film, mais il reste une merveille de divertissement, comme seuls les Yankees savent en faire. Et c’est tout ce qu’on lui demande.

Retour en Enfer, au Mégarama.



Tournages. Taghmaoui à fond

Quand Saïd Taghmaoui déclare qu’il “veut tout jouer”, il faut le croire. L’acteur s’apprête à entrer dans la peau de Barzan, le demi-frère de Saddam Hussein pour le tournage de Between Two rivers. Une mini-série de quatre épisodes, consacrée au “règne” de Saddam, et produite par l’américaine HBO et la britannique BBC. Au cinéma, tout juste sorti de son rôle de chauffeur afghan dans Kite Runner, adaptation signée Marc Forster de l’excellent Cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini (sortie février 2008), le voilà qui renoue avec son passé de boxeur pour le film du français Steve Suissa, consacré à l’ex-champion du monde de boxe Victor Young Perez, star du Paris des années 30 et victime d’Auschwitz… Un rôle en appelle un autre.


Edition. Culture par correspondance

Dans un pays jugé pauvre en lecteurs, voilà qu’une entreprise à vocation culturelle - spécialisée dans la vente par correspondance de surcroît - décide de miser gros. Le rêve serait-il permis ? Reader’s Digest, le groupe d’édition spécialisé dans le culturel “consommable” (livres, musique, vidéo, magazines et autres dérivés édités par le groupe), s’implante au pays à la fin 2007. Les patrons du mensuel le plus lu dans le monde – le magazine Selection Reader’s Digest tire à quelque 28 millions d’exemplaires - entendent s’associer à un opérateur téléphonique (pour constituer une base de données) et à Poste Maroc pour la diffusion de leurs produits. Et à en croire son PDG Emmanuel Lecoq, le marché marocain présente un sacré potentiel : “Selon nos projections, la vente par correspondance peut drainer un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de dirhams d’ici 5 à 10 ans”, dit-il. Parole de leader du marketing direct.


BD. Super-héros musulmans

Des super héros contemporains, jeunes et moins jeunes, et surtout… musulmans. C’est la singularité des personnages de The 99 - en référence aux 99 noms d’Allah - bande dessinée créée par Naif Al Mutawa, psychiatre koweïtien qui voulait, dit-il, “offrir à une jeunesse musulmane en manque de sauveurs la possibilité de s’identifier”. Al Mutawa est allé puiser dans la culture musulmane - et non dans la religion en elle-même - une seule et unique vertu divine à attribuer à chacun de ses surhommes. Noora voit donc la lumière de la vérité et peut forcer les autres à faire face à la leur, Jabbar représente la force, Bari guérit, etc. Intéressant. Sauf que des comics mâtinés de valeurs islamiques, ça ne plaît pas à tout le monde. Si le scénariste répète à qui veut l’entendre que la série prône la tolérance et la différence, certains y voient une catégorisation fanatique et n’hésitent pas à faire des comparaisons scabreuses avec le nazisme et l’islamisme. Cette BD n’en reste pas moins inédite et gagne en admirateurs dans le Proche-Orient, faute de ne pas (encore) être éditée dans le reste du monde.


FNAP. Pop et moderne

Un vent nouveau souffle sur le Festival national des Arts populaires. La Fondation des festivals de Marrakech, qui a veillé sur ce lifting, a eu pour mission de le recentrer autour du patrimoine national et ses pendants “contemporains”. D’où cette scène transversale animée par L’Boulevard. Séance de rattrapage, donc, pour ceux qui ont manqué début juin la punky-reggae party de Haoussa et Deep Culcha, ou les percussions sur bidons d’Ostina Tono. Si le retour sur scène tant attendu de Dayzine est finalement reporté, les vedettes de Bab Ighli seront sans doute les locaux Fnaïre, dont le deuxième album sort ce week-end. Egalement au programme, les troupes folkloriques des quatre coins du royaume, pour assumer (enfin ?) la richesse de cette identité plurielle qu’on retrouve dans les musiques traditionnelles, des Mengouchi d’Oujda aux Ahouache d’Ouarzazate, en passant par les confréries Aïssaoua et Gnaoua ou la Rokba de Zagora. Un vrai musée en mouvement… Il n’y a qu’à piocher.

Du 11 au 15 juillet.



La nuit du rire. Les filleuls de Naciri

Jamel n’a peut-être pas amené son Comedy Club, mais il aura inspiré un autre humoriste bien de chez nous. À son tour donc, Saïd Naciri s’érige en parrain du rire et officie en maître de cérémonie pour la première nuit du rire. Avec son acolyte, l’animateur Fouad Khaïri, ils ont déniché une douzaine de jeunes comiques (le plus jeune est âgé de 13 ans), repérés au Carrefour du rire à Marrakech en mai dernier, et les font monter sur scène. “L’évènement est loin d’avoir des visées commerciales et se veut artistique avant tout”, s’empresse de préciser Khaïri. Traduction : une première édition sans sponsors, une salle mise à leur disposition gracieusement par la direction du théâtre, etc. Les deux partenaires aspireraient tout juste “à voir quelques-uns de ces jeunes sortir de l’ombre et se produire pour le prochain Festival international du rire”.

Le 22 juillet au théâtre Mohammed V à Rabat.



Tanger 2012. Very important comité

C’est chose faite. Ce 28 juin, le Maroc a officiellement déposé la candidature de Tanger à l’organisation de l’Exposition internationale de 2012. Bien qu’il ne s’agisse que d’une version miniature de l’exposition universelle, l’évènement a tout de même suscité l’intérêt en haut lieu. L’ambassade du Maroc en France a en effet constitué un comité de soutien pour la candidature tangéroise. Le comité, très people, est composé de nombreuses personnalités du monde des médias, du spectacle ou de la politique. On y retrouve, entre autres, les anciens ministres Dominique Strauss-Kahn et Hubert Védrine, Patrick Poivre d’Arvor, nos deux héros du rire, Jamel Debbouze et Gad El Maleh, sans oublier la Tangéroise occasionnelle Arielle Dombasle… Histoire de rattraper les fantaisies architecturales de son mari dans la villa qu’il possède dans la ville ?


Parution. L’espoir fait livre

Six mois après sa sortie en français chez Anne Carrière, De l’espoir et autres quêtes dangereuses, premier roman de Laila Lalami, révélé aux Etats-Unis voilà deux étés, sera enfin publié chez un éditeur national. “J’avais lu le livre en anglais, explique la directrice des éditions Le Fennec, Leïla Chaouni, mais il a fallu attendre que sorte une version française, car cela nous aurait coûté trop cher de le faire traduire de l’anglais”. Bon point : à 50 DH, la version du Fennec coûtera quatre fois moins que celle de Carrière. Mais patience encore pour une version en langue arabe, si chère à Laïla Lalami. “Le lectorat arabophone a encore moins l’habitude du livre”, poursuit Leïla Chaouni, rappelant la priorité de lui assurer une bonne médiatisation.


Le livre.

Octave, le rédacteur publicitaire de 99 francs, premier roman de Frédéric Beigbeder, est de retour. Il a 40 ans, deux divorces à son actif et travaille désormais comme “chasseur de models” pour le compte d’une grande agence de mannequinat à Moscou. En mission, à la recherche de la beauté parfaite, Octave rencontre Lena, une lolita russe qui rêve d’une carrière de top model, en tombe éperdument amoureux, puis sombre dans la folie lorsqu’elle le quitte. Sexe, drogue, argent et un certain cynisme, la recette d’“Au secours pardon” est un pur produit du désormais classique style de Beigbeder, donc sans grande surprise. Il n’en reste pas moins que le roman s’avère assez amusant et plutôt agréable à lire. Ça tombe bien, l’été est là…

Au secours pardon, Frédéric Beigbeder ; Ed : Grasset.




Humeur.
Frères d’armes

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Des amazighs ont osé mettre les pieds dans le plat. Briser la chaîne de solidarité moutonnière avec la cause palestinienne. Pas plus tard que la semaine dernière, des militants berbères du Souss ont annoncé leur intention de renouer les liens avec les amazighs juifs émigrés en Israël. Ils se sont attiré en retour un tollé du côté des membres de la gauche radicale et des islamistes. Les premiers ont hurlé à la trahison de la nation arabe. Les seconds ont crié au loup au nom de l’islam. Cette indignation simultanée des extrêmes marocains, paranos que nous sommes, nous a fait très peur. Il y pointait comme un terrain d’entente entre Marx et le Coran. On y entendait résonner des slogans communs, distillés à coup de marches pour la Palestine. Un loisir très prisé par nos extrêmes. Depuis le temps que dure le conflit israélo-palestinien, ils ont fait le tour du monde, sans faire avancer d’un iota le problème, mais ne se lassent pas de déambuler en criant ce qui leur passe par la tête. Et la terre étant ronde, ils ont fini par se rejoindre, pour dire à peu près les mêmes choses sur l’impérialisme américain et le sionisme. Carton au boxoffice assuré. Pendant ce temps, certains amazighs regardent à la télé les Palestiniens se foutre sur la gueule tous seuls, comme des grands. N’étant pas tombés dans la marmite du panarabisme étant petits, la querelle de voisinage entre Israël et ses voisins arabes ne les intéressaient déjà pas beaucoup. Mais là, franchement…



Méga-menteur ?
Un directeur de cinéma qui se fait braquer pendant un accident de voiture et voler une somme mirobolante, puis le même directeur qui s’avère être le commanditaire de l’affaire. Non, ce n’est pas le synopsis d’un film à l’affiche au Mégarama de Marrakech, mais bien ce dont est soupçonné le patron du multiplexe. L’homme est à présent entre les mains de la justice. À suivre.


Pier et le Poulp
Après un beau tir groupé (six sorties en trois mois, fin 2006), le net label franco-marrakchi Fresh Poulp revient avec huit titres du producteur angevin pier... Quant au maxi du Marocain Dubosmium, qui présentera son live début août au Festival des Calèches, il a été téléchargé plus de 10 000 fois. Bravo. www.freshpoulp.net


Essaouira-Alger
Du 7 au 12 juillet, les qraqebs et guembris de Hamid Kasri, Majid Bekkas et Abdelkbir Merchane embarquent pour Alger à la rencontre de leurs confrères et voisins. Un premier Festival international jazz et gnawa d’Alger, porté par le sémillant Karim Ziad. Problèmes politiques ou pas, la musique passe !

 
 
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