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N° 281
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Les importations marocaines
se sont accrues de 15%, alors
que les exportations n’ont
progressé que de 1,2%.
(TNIOUNI / NICHANE)

Balance commerciale. Le déficit se creuse

La dernière fournée des statistiques de l’Office des Changes (arrêtées à fin mai) laisse ressortir une quasi-stagnation des exportations. Les ventes de produits marocains à l’étranger n’ont ainsi progressé que de 1,2% sur les 5 premiers mois de l’année. Un score qui s’explique par une sensible baisse des exportations d’agrumes de près de 30% et ce en raison de la mauvaise campagne agricole, mais aussi à cause des grèves répétitives du secteur des transports, qui ont causé une perturbation du trafic. Les phosphates et produits dérivés ont permis néanmoins de limiter la casse, en signant une hausse de 11%,
totalisant 48 milliards de dirhams. À souligner également la progression des ventes de produits textiles, tirée essentiellement par les branches bonneterie et chaussures, avec respectivement 9 et 17%. Côté importations, une hausse de l’ordre de 15% a été enregistrée sur cette période. Une explosion qui s’explique par l’importation de céréales (2,5 milliards de dirhams à fin mai). La facture pétrolière a en revanche enregistré une baisse d’environ 10%, sous l’effet de la baisse des cours du brut sur le marché international, en dépit de la hausse du tonnage importé de plus de 2%. De manière globale, le déficit commercial sur ces cinq premiers mois de l’année s’établit à 47,5 milliards de dirhams, soit 8 milliards de plus qu’à la même époque de 2006. Un résultat, pour le moins médiocre, qui affecte considérablement les réserves du royaume en devises.


Électricité. ça urge pour Marrakech

Face aux coupures répétitives d’électricité que connaît la ville ocre, un plan d’urgence a été élaboré par la régie de distribution. Ce plan comprend le renforcement de l’infrastructure du réseau moyenne tension et la compensation de l’énergie réactive aux principaux postes sources de la ville. Une enveloppe budgétaire de 220 millions de dirhams est allouée à ces projets. Ce programme d’urgence prévoit par ailleurs une réduction des délais de coupure via la création d’un nouveau poste de livraison pour un coût global de 52 millions de dirhams. Mais malgré ces investissements, Marrakech devrait continuer de connaître des perturbations en raison de la surconsommation générée par les climatiseurs, mais aussi de la multiplicité des chantiers de construction.


Addoha. Partenariat avec Fadesa

Après les investisseurs des pays du Golfe, la société d’Anas Sefrioui vient d’annoncer la création d’une nouvelle structure, montée avec le groupe espagnol Fadesa. Les tractations qui se poursuivent depuis plusieurs mois ont finalement abouti cette semaine à la création d’une nouvelle entreprise baptisée “Consortium immobilier et touristique Addoha Fadesa”. Détenue à parts égales entre les deux groupes, cette société dispose déjà d’une réserve foncière de 800 hectares, qui servira à la réalisation de programmes immobiliers de haut standing à Marrakech et dans la région Nord du royaume. Selon le communiqué d’Addoha, 1000 hectares supplémentaires sont en cours d’acquisition par la nouvelle structure.


Tanger Med. C’est (presque) parti

Le pharaonique projet du port Tanger Méditerranée devient une réalité. Dans moins de trois semaines, le premier quai à conteneurs (concédé à APM Terminal) devrait démarrer ses activités commerciales de transbordement. Les quelque 300 recrues de la compagnie suivent aujourd’hui un programme intensif de formation, pour se familiariser avec les équipements acquis en mars dernier : 5 portiques, 17 cavaliers sur roues en plus d’une quarantaine de camions. Pour cette formation, une bonne partie de l’effectif est partie sur d’autres ports gérés par Maersk, notamment en Egypte et en Jordanie. En parallèle, les travaux de construction du second quai à conteneurs vont bon train. Quant à l’extension du port, le processus d’appel d’offres sera lancé avant la fin du mois alors que le démarrage des travaux est prévu pour l’année prochaine.


CNSS. Le fisc récupère son dû

Les négociations entre les équipes de la Direction générale des impôts et la CNSS ont été rompues. Mieux encore, le fisc a même procédé au gel des comptes bancaires de la Caisse. Une situation qui s’est traduite par le blocage de l’ensemble des mandats et remboursements payés par la CNSS, qui n’a eu d’autre choix que de passer à la caisse. Le différend entre les deux parties porte sur des arriérés d’impôts au titre de l’Impôt sur le Revenu de l’ordre de 50 millions de dirhams qui, avec les pénalités de retard, atteingnent la somme de 290 millions de dirhams. Ces arriérés ont été générés par la hausse des plafonds soumis à cotisation, intervenue ces dernières années, et qui a donc occasionné une revalorisation des pensions, qui se retrouvent ainsi assujetties à l’Impôt sur le Revenu.



Pendant ce temps, le peuple….
Rawaj

Salah est vendeur ambulant. Sa spécialité : jus d’orange le matin dans les quartiers d’affaires, sandwichs “fromage - œufs durs - huile d’olive” l’après-midi et “babbouche” le soir à la sortie des boîtes glauques. Une véritable petite PME, qui lui laisse de quoi vivre décemment au Hay Moulay Biîd où il s’est payé une piaule grâce au miracle Fogarim. Dans ce magazine chic, qui lui sert de papier d’emballage, Salah tombe sur un article qui l’interpelle. Le gouvernement vient de lancer un ambitieux programme (Rawaj) pour le développement du commerce intérieur. L’Etat voudrait investir 12 milliards de dirhams pour tripler le chiffre d’affaires du secteur d’ici 2020. Salah est enthousiaste : il va amortir rapidement la deuxième “carroussa” qu’il vient d’acheter. Et si ça ne tenait qu’à lui, il aurait développé toute une franchise de restauration ambulante qu’il baptiserait Mc Salah. “Oumalha ! Mes sandwichs sont aussi bons que ceux de Chez Paul”, argumente le chef Salah. Mais il déchante rapidement quand il constate que ce programme étatique ne tient presque pas compte du commerce informel. “Zaâma quoi ! Sans magasins, il n’y a pas de Rawaj ? Pourtant, il y a plus de clients à Derb Ghallef qu’à Marjane”, peste Salah. Il ne comprend pas comment sa branche n’est pas intégrée dans le commerce de proximité. Surtout pour quelqu’un qui a su révolutionner la livraison à domicile : un simple bip sur son portable et c’est tout son resto qui se déplace jusque chez ses clients. Pour Salah, Rawaj est déjà un mirage. Il s’accroche à un dernier espoir : l’attribution de nouveaux chariots isothermes dans le cadre de l’INDH. Ce serait déjà ça…



OFF.

La récente acquisition de Gabon Telecom par Maroc Telecom n’aurait pas été une bonne affaire. L’opérateur marocain aurait découvert des cadavres dans le placard, qui ont complètement chamboulé sa vision pour cette nouvelle filiale. À titre d’exemple, les dettes financières de Gabon Telecom s’élèveraient à 79,2 milliards de Francs CFA, alors que les estimations, effectuées sur la base des documents fournis par l'ancienne direction, ne faisaient état que de 68,8 milliards de Francs CFA.

 
 
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