Politique. Des élections, pour quoi faire ?
Partis. Le mercato de l'été
Mohamed Bougrine. Prisonnier des trois rois
Terrorisme. La chute de Habbouch
Mohamed ElYazghi. "Nous ne gouvernerons jamais avec le PJD"
Histoire. Au royaume des clichés
Société. Kliyeb, mon amour
Histoire. La pionnière du ciel
Grande-Bretagne. Alerte maximum !
Israël. Le déshonneur de Katzav
Moulay Hafid Elalamy. "Une CGEM efficace, pas starlette"
Droits d'auteur. Le grand néant
Livre. Le phénomène Jamel
Musique. L'effet Aïcha Kandisha
Orson Welles. L'amant de Mogador
N° 281
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Driss Jettou.
(TNIOUNI / NICHANE)

Liberté d’expression. Les mots pour le dire


C’est un rapport saisissant qu’a établi le CPJ (Comité de protection des journalistes) sur la liberté de la presse au Maroc. Intitulé “le Maroc de façade”, le document décrit fidèlement les contradictions d’un pouvoir qui veut indiscutablement s’ouvrir, mais sans renoncer pour autant à l’envie (au besoin ?) de museler la presse indépendante. “En dépit de l’amélioration par rapport aux années 90, le CPJ conclut que la liberté de la presse a régressé notablement au cours des cinq dernières années”, lit-on dans ce document très intéressant. Et pour cause, les
rédacteurs ont rencontré toutes les parties concernées : presse, membres du gouvernement et ONG. Le résultat a été une analyse très documentée sur les procès intentés à la presse, l’implication secrète du Palais et de Fouad Ali El Himma et “une justice hostile d’avance à la cause de la presse”. Pour info, El Himma “n’était pas en mesure de recevoir le CPJ”, contrairement à ses collègues Driss Jettou et Nabil Benabdellah, qui se sont expliqués sur le sujet. Il en est ressorti des passages édifiants, comme celui où Benbadellah dit croire à la logique de la punition “contre une presse anarchiste, violant la loi et diffamant tout le monde sans s’en rendre compte”. Le rapport relève d’autres outils de pression sur les journalistes, tel le boycott publicitaire. “Le Maroc a fini par compter sur un système feutré de contrôle judiciaire et financier, pour continuer à tenir sous surveillance les journalistes entreprenants”, dixit le document. C’est tellement vrai !


Moulay Hicham. Sur le billard

Le plus célèbre cousin de Mohammed VI vient de subir une délicate intervention chirurgicale à cœur ouvert dans un hôpital du New Jersey, où il est installé depuis 2002 avec sa petite famille. L’opération en question, un triple pontage coronarien qui a duré pas moins de huit heures, nécessitera deux mois de convalescence. Joint par téléphone, Moulay Hicham, entouré actuellement de son épouse, de ses deux filles ainsi que de sa mère Lamia Solh et de son frère Moulay Ismaïl, n’a rien perdu de son humour : “Ne vous en faites pas pour moi. Je suis comme une Ferrari roulant à 350 km/h et qui, d’un coup, fait une sortie de piste avant de revenir très vite dans la course”.


DGST. Karaté Kids aux services

La DGST a pratiquement vidé les salles de sport dédiées aux arts martiaux de ses éléments les plus brillants. Sélectionnés et recrutés sur la base de propositions particulièrement alléchantes, ces pros de la castagne reçoivent actuellement un entraînement intensif à Témara. Au menu, entre autres, le maniement des armes et les techniques de filature. Rappelons que depuis le départ de Mediouri du Palais, l’option de recruter des champions en arts martiaux avait été abandonnée par les services. L’ancien garde du corps personnel de Hassan II était un champion en arts martiaux et président de la Fédération royale Marocaine de Tækwondo.


Nadia Yassine. “Je suis une opposante importante”

Nadia Yassine a accordé une interview à Spiegel Online – l’édition électronique du newsmagazine allemand Der Spiegel – dans laquelle elle se dit favorable à une Constitution basée sur la Charia, “si c’est la volonté démocratique du peuple”. En même temps qu’elle prend ses distances avec les salafistes, la fille de Cheikh Yassine dit “comprendre leurs motivations”. “C’est pourquoi je suis considérée comme dangereuse, je suis une opposante importante du roi”, affirme-t-elle. Revenant sur son opposition à la réforme de la Moudawana, elle enfonce le clou : “Le roi a passé une loi pour les femmes qui vont à l’Université, pas pour les petites gens de la campagne”. Et son diplôme en sciences politiques, elle l'a trouvé dans un œuf Kinder ?


Première. El Himma à la télé

La télévision régionale de Laâyoune a réalisé un scoop. Pour son journal du 30 juin, Laâyoune TV a décroché le premier passage télévisé de Fouad Ali El Himma, ministre délégué à l’Intérieur. Jusque-là, l’homme a toujours refusé que la télé retransmette ses interventions ou ses déclarations. Mais il a fini par faire une exception pour la chaîne sahraouie, qui a ainsi pu diffuser trois passages du discours prononcé par El Himma devant les chioukh de tribus, les élus et des représentants de la société civile. El Himma y parle dans une darija fluide et accessible, avec un accent marrakchi prononcé. Ses messages sont clairs : “Il faut absolument que vous réussissiez les élections de 2007 dans la légalité et la transparence. Vous donnerez ainsi la preuve que vous êtes capables de gérer l’autonomie”. Monsieur le ministre sera-t-il entendu ?


Presse. Le Journal Hebdo à vendre ?

Elle court, elle court la rumeur sur la vente du Journal Hebdomadaire. Et elle souffle deux nouveaux noms : ceux de Hassan Mansouri, un ancien de la maison et familier des affaires royales, et de Mohamed Chahid Slaoui, haut cadre de l’Ona. Tous deux seraient intéressés par un rachat en commun de l’hebdomadaire. “Le Journal n’est pas à vendre”, dément Ali Amar, le directeur de la publication. La rumeur est pourtant persistante, puisque Mansouri et Slaoui viennent de rejoindre la liste des acquéreurs possibles, annoncée depuis quelques semaines dans la presse, où figurent Hassan Alaoui, patron du mensuel Economie&Entreprises et Anas Sefrioui, le boss du groupe Addoha.


Elections. Partis politiques, levez-vous !

La Fondation Friedrich Ebert organise un deuxième round des face-à-face entre les partis politiques et la société civile, à l’approche des élections. Le 10 juillet, deux panels seront organisés à Rabat sur la politique économique et la liberté culturelle. Les priorités des partis correspondent-elles à celles de l’électeur ? Quelle place accordent les partis à la liberté d’expression, de parole et de création ? Le volet économique (Quelles marges de manœuvre dans la conception et l’exécution des programmes ?) sera débattu, entre autres, par Lahcen Daoudi (PJD), Najib Akesbi (PSU), Ali Belhaj (ADL). Dans la culture, interviendront Mohamed El Gahs (USFP) et Mohamed Yatim (PJD). ça promet !


Sacralités. Le mois de la colère

Il aura fallu peu de temps à l’hyperactive INSAD (Instance nationale de solidarité avec les détenus du 1er mai) pour faire parler d’elle. Créée au lendemain de la vague d’arrestations qui avait touché sept militants syndicalistes et membres d’associations, pour “atteinte aux valeurs sacrées du royaume”, la coalition a d’abord appelé à la tenue de mini-grèves de la faim et de sit-in sévèrement réprimés par les Forces auxiliaires. Aujourd’hui, l’Instance récidive et lance “le mois de la colère”, du 1er juillet au 6 août. “Dans ce cadre, nous avons initié une campagne internationale de solidarité visant à recueillir un million de signatures”, lance Samira Kinani, membre du secrétariat de l’INSAD.


Politique. Les vœux (et rêves ?) du PPS

Mardi dernier, les grands pontes du PPS ont levé le voile sur le programme du parti pour les prochaines élections. Outre la lutte contre la corruption et la valorisation de la femme, les “camarades” se sont engagés à créer 400 000 emplois par an, à réduire la population pauvre à moins de trois millions de citoyens et le taux d’analphabétisme à 15%. Le tout, financé par de prochaines privatisations et la “re-fiscalisation” de l’activité agricole, entre autres. Sur le plan politique, le PPS souhaite “une répartition claire des prérogatives de l’institution monarchique”, ce qui impose une “révision de la Constitution, basée sur des critères internationaux de respect des droits de l’homme, avec une réelle indépendance de la justice”. Ambitieux, les camarades !


Nabyl Lahlou. Empereur au féminin

Trente-quatre ans après son baptême du feu, la pièce de théâtre L’Empereur Schrischmatury (attention à l’orthographe !) sera donnée pour la première fois… en langue arabe, fruit de sa traduction, il y a deux ans, par son auteur, Nabyl Lahlou (qui, interprétait aussi le rôle principal). La première représentation se déroulera au théâtre Mohammed V de Rabat le 12 juillet. “À 21 heures, insiste Lahlou, car nous fermons les portes 5 minutes après !”. La comédienne Sophia Hadi, qui succède à son époux sur scène, interprétera le rôle masculin de l’empereur. Une raison suffisante pour aller jeter un œil… à 21 heures tapantes !


Italie. Examen royal

Les étudiants en arabe de l’Université des langues de Turin (Italie), dont quelques Marocains, n’auraient jamais pu imaginer ce qui les attendait comme sujet d’examen en cette fin d’année. Le Jour J, Madame le professeur leur a demandé de traduire, de l’italien vers l’arabe, une lettre signée Mohammed VI, dans laquelle le souverain la félicitait pour son travail de traduction effectué sur les célèbres “Voyages d’Ibn Battouta”. Une traduction que la chercheuse aurait mis plusieurs années à peaufiner et dont elle avait envoyé un exemplaire au souverain. Plutôt sympa.


Ansar Al Mahdi. Pas de caméras, svp

Le procès de la cellule Ansar Al Mahdi est en train de tourner à la farce, après l’audience du vendredi dernier. Dès l’ouverture de la séance, deux avocats de la défense, Mustapha Ramid et Mohamed Tarek Sbaï, ont exigé le retrait des caméras, installées à l’intérieur de la salle d’audience, à l’insu des avocats eux-mêmes et des 52 personnes poursuivies dans l’affaire. Pourtant, selon l’article 303 du Code pénal, “le président d’audience peut, après avoir eu l’avis du Parquet, ordonner l’utilisation de tout appareil photo ou d’enregistrement” lors des audiences. Rendez-vous est pris le 29 septembre prochain, date de la prochaine audience.


Maroc-Israël. Svp, pensez à Abbas !

Les Israéliens aimeraient bien voir Mohammed VI rendre visite au président palestinien, Mahmoud Abbas, dans son quartier général à Ramallah. C’est du moins ce que rapporte le Jerusalem Post, qui explique que l’Etat hébreu, comme les Etats-Unis, voudraient ainsi légitimer la présidence d’Abou Mazen, qui n’a pas encore l’appui formel de tous les pays arabes. Le quotidien israélien précise aussi que le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, Aaron Abramovitch, avait effectué en mai dernier une visite de vingt-quatre heures à Rabat, pour avoir une réponse. ça devait être non.



3 questions à Brahim El Mazned
[Directeur artistique du Festival (de la culture amazighe) Timitar]


La 3ème édition de Timitar se clôture ce samedi. Ne craignez-vous pas que l’évènement devienne l’occasion de porter des voix “séparatistes” amazighs ?
Je pense surtout que la culture amazighe fait partie intégrante du patrimoine marocain. Mais dans un pays où on aspire à un idéal démocratique, on ne peut pas empêcher le débat. A titre personnel, je pense que le Festival s’en est tenu à sa mission en vulgarisant la culture amazighe. Ceux qui pensent le contraire agissent ainsi pour fragiliser notre projet culturel. De plus, les faits parlent pour nous. Cette édition n’a pas dérogé à la règle. Nous n’avons aucun incident majeur à déplorer malgré les quelque 100 000 festivaliers quotidiens. C’est ce qu’on devrait retenir.

Vous pensez donc que culture et politique sont incompatibles ?
Non, pas forcément. La culture revêt toujours une dimension politique. Et Timitar n’échappe pas à cette règle.

Le Festival Timitar ne risque-t-il pas d’aseptiser la cause amazighe, en lui faisant revêtir une dimension folklorique ?
Quand nous avons eu l’idée de lancer Timitar, nous avons décidé de ne pas nous inscrire dans une logique folklorique. Ce qui ne nous a pas empêchés de rendre hommage à des artistes qui vendent des centaines de milliers de disques, ni d’offrir au public un plateau digne de ce nom. Cela n’a rien de folkorique, parce que la cause amazighe est un tout.


IER. Le geste de l’UE

Les recommandations de l’IER au sujet de la réhabilitation des régions victimes des années de plomb sont entrées en vigueur. L’Union Européenne accordera 3 millions d’euros pour financer les réparations destinées à ces régions, en vertu d’une convention de financement signée jeudi dernier en présence de Driss Jettou. Dans le sillage de cette opération, figure aussi la mise en route de la couverture médicale des victimes, que feu Driss Benzekri a signée sur son lit d’hôpital. Quant aux indemnisations personnelles, on retiendra ce chiffre divulgué par le nouveau président Ahmed Herzenni : 90% des décisions d’indemnisation ont été mises en oeuvre.


Casablanca. Le Vélodrome démoli ?

La démolition du Vélodrome de Casablanca, monument architectural des années 20, serait à l’ordre du jour. Il y eut d’abord des rumeurs, puis quelques articles parus dans la presse, et qui semblent inquiéter les membres de l’association Casa Mémoire. “Ce n’est toujours pas confirmé, mais il n’y a jamais de fumée sans feu”, commente Mohamed Tanji, son vice-président, qui a d’ailleurs débattu de cette question lors de la dernière réunion de l’association. “Et s’il s’avère que c’est vrai, nous ferons tout pour empêcher ce massacre”, poursuit Tanji. Du côté de la ville, on affirme fermement que “rien de tout cela n’est prévu pour le moment”. Pour le moment ?


PJD. Normalisation ? Où ça ?

Invité de l’émission Moubacharatane Maâkoum (2M) du mercredi 4 juillet, Abdelaziz Rebbah, secrétaire général de la jeunesse du PJD et membre du secrétariat général du parti, a réaffirmé la ligne dure du parti contre toute normalisation avec Israël. Qualifiant l’aventure Belkora d’erreur, il a rappelé l’opposition du PJD à tout type de relations diplomatiques avec “l’entité sioniste [qui] tue les enfants palestiniens”. Le même jour, le ministre des Affaires étrangères Mohamed Benaïssa rencontrait, dans un hôtel parisien, son homologue israélienne Tzipi Livni. On attendait un commentaire de la part du responsable islamiste, en vain. Il faut reconnaître que ni l’animateur Jamaâ Goulahcen, ni notre confrère Jamal Berraoui, n’ont fait le lien.


Manouzi. La lumière, enfin ?

La famille Manouzi, dont le fils Houcine est porté disparu depuis le 29 octobre 1972, rencontre, ce samedi 7 juillet, le nouveau président du CCDH, Ahmed Herzenni. “Ce sera l’occasion de rappeler que nous attendons toujours l’éclaircissement du cas de Houcine, et de celui des 66 autres cas encore en suspens, sans quoi le dossier restera une tache noire dans le processus de réconciliation”, nous a déclaré Abdelhak Manouzi, frère du célèbre disparu. Par ailleurs, Alain Martinet, militant des droits de l’homme et avocat de Houcine Manouzi depuis 1975, a effectué le déplacement de France pour assister à la réunion. Le même Martinet avait déclaré, il y a quelques années déjà, qu’il espérait prendre sa retraite après la résolution du cas de son client. Puisse-t-il être entendu !


Polémique. Oualalou dit (presque) tout

Savez-vous ce que possède Oualalou comme biens ? Une résidence principale à Hay Ryad et une autre, secondaire, dont l’emplacement n’a pas été spécifié. Voilà tout ce qu’il a accumulé, après trente ans de bons et loyaux services en tant qu’universitaire, député et enfin ministre des Finances. “Je suis propriétaire à moitié de mon domicile à Hay Ryad et je possède une résidence secondaire achetée après la vente de mon ancien appartement de l’Agdal”, a déclaré le ministre en direct sur l’émission Hiwar, en réponse à une polémique initiée par l’incorrigible Mohamed Ziane. Dans la leçon de transparence administrée par Oualalou, il y a eu un -tout petit- oubli : le compte bancaire de Monsieur le ministre des Finances et les biens au nom de sa petite famille. Pas grave ?


Studio 2M. Ntifi out ?

Vous l’avez sûrement remarqué : Imad Ntifi n’est plus l’animateur-vedette de Studio 2M. Les raisons de sa disparition ? “La direction n’aurait pas apprécié le fait qu’il ait déserté son bureau depuis deux mois, sous prétexte qu’il montait sa propre société de production”, explique un cadre de la chaîne de Aïn Sebaâ. Imad Ntifi serait donc si absorbé par ses nouveaux projets de businessman qu’il en aurait oublié son statut de salarié à 2M ? Informations contestées par le principal intéressé, qui affirme qu’il ne sait pas pourquoi il a été écarté ! Mais que ses fans se rassurent : il ne sera pas au placard longtemps. Son autre émission, Ahl Al Maghna, reprend au mois d’Août.


Sécurité. Marhba FBI, CIA, etc.

Robert Mueller, le directeur du FBI, a effectué une visite particulièrement remarquée à Rabat le vendredi dernier. Le patron du bureau fédéral, qui dispose d’une antenne à Rabat depuis 2003, a rencontré les ministres Mohamed Bouzzoubaâ et Chakib Benmoussa. Avec le premier, Mueller a abordé des questions sensibles, comme la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et le crime organisé transnational. Même topo avec Benmoussa, qui a examiné avec le responsable américain les moyens de “favoriser les échanges d’informations et d'expertise et de poursuivre les personnes recherchées”, selon la communication officielle. La visite du patron du FBI succède à celle, effectuée il y a quelques mois à peine, par le patron de la CIA, Michael Hayden. Que nous vaut cet intérêt manifeste des deux grands services américains ?


Essaouira. Une fondation pour tous

La rentrée 2007 promet du changement à Essaouira. La rumeur évoque la création d’une fondation qui prendrait sous son aile les festivals de la ville, à partir de l’année prochaine. “L’idée d’une fondation est un peu prématurée, s’empresse de tempérer le parrain de la ville, André Azoulay. C’est une idée parmi d’autres. Il y a aujourd’hui un certain nombre de festivals dans la ville, et comme il y en a d’autres à venir, il faut trouver le moyen d’en rationaliser l’existence et d’en assurer la pérennité. En réalité, c’est un chantier ouvert depuis 2005. Disons que jusque-là, on travaillait assez lentement”. C’est donc à la rentrée que la question sera concrètement posée…


Code de la presse. Elyazghi dit non

Le secrétaire général de l’USFP, Mohamed Elyazghi, a clairement manifesté l’opposition de son parti aux mesures privatives de liberté que contient le projet de Code de la presse. “Nous sommes contre toute peine de prison, quel que soit son motif. Nous nous y opposerons au gouvernement et au Parlement”, a-t-il déclaré lors du Grand Oral de Sciences-Po (en partenariat avec TelQuel et Al Ahdath Al Maghribiya). Le ministre ne comprend pas pourquoi “le projet est resté au SGG et n’est pas revenu au Conseil de gouvernement pour amendement”. Les relations tendues entre l’USFP et le secrétaire général du gouvernement, Abdessadek Rabiî, sont un secret de polichinelle. Reste à vérifier si son opposition au Code de la presse, dans sa formule actuelle, est une vraie promesse ou une simple manœuvre électorale.


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Humeur. Humour tchèque

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Dans son édition du 4 juillet, L’Express a publié en couverture un dossier dont le titre ne laisse pas de place au doute : “Ben Barka était un agent de l’Est”. Rien que ça. L’enquête nous explique, en gros, que l’opposant marocain roulait pour les services tchèques (oui, tchèques !), qu’il avait le sobriquet de “Cheikh”, qu’il percevait un “salaire” de 1500 Francs (2000 DH) par mois à partir de l'automne 1961… et qu’il a suivi une formation spécialisée à Prague (codes, liaisons radio, filature) en mars 1965, soit sept mois avant son enlèvement et son assassinat à Paris. Toutes ces révélations ahurissantes sont le fait d’un journaliste tchèque, un certain Petr Zidek. Elles ont été jugées suffisamment crédibles pour être reprises sur le fil de l’agence AFP. Le tout me fait l’effet de plusieurs hectolitres de lait ingurgités sans respirer : j’ai envie de vomir. Besoin irrépressible. Quoi, Ben Barka, un vulgaire flicaillon égaré à Prague ? Allons, allons. Bien sûr, l’esprit moderne, cartésien, est celui qui aménage toujours une marge pour le doute, de manière à tout rendre possible, même les histoires les plus farfelues. Ben Barka, après tout, n’est pas Dieu. Mais on ne va pas s’amuser à tout mélanger. Cet homme sincère a dédié sa vie à un combat juste. Le mort qu’il est n’a même pas eu droit à une tombe. Ses assassins n’ont jamais été inquiétés. Et des Etats ont ligué toutes leurs puissances respectives pour taire, encore et toujours, l’effroyable vérité sur ce qui s’est passé. Tous ces gens qui nous veulent du bien n’ont pas arrêté de nous alimenter régulièrement en mauvaises blagues, destinées à décrédibiliser l’homme, à le banaliser, de façon à “normaliser” ce qui lui est arrivé. Une manière de nous dire : “Arrêtez de vous en faire, cet homme ne vaut pas plus que ses assassins”. Non, messieurs les blagueurs, ça ne passera pas, et pas plus aujourd’hui qu’hier, ou encore demain.



VITES !

Abbas El Fassi peut respirer. La deuxième plainte déposée contre lui par l’Association des victimes d’Annajat n’a pas été jugée recevable. “Le ministre de la Justice vient pourtant de déclarer (à l’hedomadaire Al Ayam) qu’El Fassi était directement responsable du scandale Annajat”, soutient le représentant de l’Association. Entre ce que dit Bouzoubaâ et ce qu’il fait…


Après les mosquées, Ahmed Toufiq s’attaque… aux cimetières, régulièrement soumis aux pillages. Le ministre a créé une commission (composée de fonctionnaires des Habous, de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires générales du gouvernement) pour trouver des solutions, avant tout sécuritaires, au problème.


Le prochain numéro du magazine Capital, diffusé sur M6, consacrera un reportage au bras de fer entre la société espagnole FADESA et les associations écologiques de l’Oriental. Au menu, également, le pillage du sable de Saïdia et la dégradation (voire la disparition) de la forêt de Tazergraret. Amis verts, à vos postes le 15 juillet.


L’un des derniers exilés politiques marocains, Mohamed Baroudi, a été inhumé le 27 juin à Bruxelles. Arrivé en Belgique dès 1966, Baroudi a dédié sa vie à la défense des droits des citoyens d’origine étrangère (pas seulement marocains) et à la lutte pour la démocratisation dans leurs pays d’origine.


Le microcosme politique attend de pied ferme le programme du PJD, que les amis de Saâdeddine El Othmani promettent pour le 12 juillet. Surtout que c’est la saison des programmes… et de la surenchère (sur les promesses d’emploi, notamment). Alors, messieurs du PJD, vous promettez du travail pour combien de Marocains ?


Commentant son refus de se produire à Tel Aviv, la chanteuse d’origine algérienne Souad Massi a épinglé les pays arabes en déclarant à Aujourd’hui le Maroc : “Beaucoup font du commerce avec Israël (…) mais quand un artiste veut faire des choses, il est critiqué, je trouve ça vraiment hypocrite”. Voilà qui est dit.


La promotion de caïds, qui devrait sortir de l’Ecole des cadres cet été, est partie suivre un stage de 10 jours en Italie, histoire de découvrir l’administration territoriale transalpine… et de décrocher un peu, après des examens de fin d’année particulièrement éprouvants. Repos.


Après Assahifa, deux autres publications sont menacées de disparition. Le quotidien Yawmiyat Annass, qui a déjà cessé de paraître une première fois (alors qu’il s’appelait Sawt Annass) et l’hebdomadaire Al Ousbouiya Al Jadida, dirigé par Abdelaziz Koukas, ancien rédacteur en chef… d’Assahifa. Tenez bon, confrères.
 
 
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