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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Alan Johnston
et Ismaïl Haniyeh.
(AFP)

Gaza. Johnston libéré grâce au Hamas


Enfin libre ! Le journaliste britannique de la BBC, Alan Johnston, a été libéré dans la nuit de mardi à mercredi après avoir passé 114 jours en captivité. La libération de Johnston a été obtenue suite aux pressions du Hamas, qui contrôle ce territoire. C’est une victoire pour le mouvement de Haniyeh qui montre sa capacité à mettre fin à l’anarchie sécuritaire dans la bande de Gaza. Le Hamas, qui détient le pouvoir à Gaza depuis le 15 juin, a visiblement réussi là où l’Autorité palestinienne a échoué durant les mois précédant le coup de force du Hamas.

Juste après sa libération, Johnston a quitté la bande de Gaza, il a traversé le point de passage d’Erez pour se rendre au consulat britannique. Il devait regagner Londres mercredi. “Sans les pressions vraiment fortes du Hamas (…), je serai encore dans cette pièce pour longtemps”, a-t-il déclaré, se montrant reconnaissant envers le mouvement du premier ministre limogé, Ismaïl Haniyeh. Le Hamas aurait fait une offre importante pour assurer la libération du reporter.

Alan Johnston, 45 ans, avait été enlevé le 12 mars dernier par un groupe extrémiste se présentant comme l’Armée de l’Islam et dirigé par un chef de clan, Mumtaz Doghmush. “J’étais comme enterré vivant, éloigné du monde et parfois, c’était vraiment terrifiant”, a confié le journaliste. Pâle, encore sous le choc, amaigri, les traits tirés, Alan Johnston a précisé que pendant sa longue captivité, il n’a pratiquement pas vu la lumière du soleil, vivant sous la menace de “gens très dangereux et imprévisibles”. Ces derniers avaient menacé de “l’égorger comme un agneau” si des islamistes détenus en Grande-Bretagne et en Jordanie n’étaient pas libérés. Une vidéo avait été diffusée à la fin de juin montrant Johnston ceint d’explosifs que ses ravisseurs menaçaient d’actionner en cas d’intervention armée.

Gênée, la communauté internationale salue la libération de Johnston en remerciant le Hamas du bout des lèvres. Dans une conférence de presse, Haniyeh a souhaité qu’un accord mette fin à la détention du soldat israélien, Gilad Shalit, en échange de la libération des détenus palestiniens en Israël.


Argentine. Ce sera Cristina !

Cristina, la femme du président argentin, Nestor Kirchner, se présente comme candidate… à la succession de son époux aux présidentielles d’octobre prochain ! Très sagement, Nestor Kirchner a choisi de se retirer de la course, préférant favoriser le renouveau. Selon les sondages, la victoire de Cristina, 54 ans, fait peu de doutes, même si les enquêtes placent… son mari en meilleure posture pour l’emporter ! L’opposition argentine, très désunie, ne semble pas en mesure de contrecarrer la marche victorieuse des Kirchner.
Souvent comparée à Hillary Clinton, Cristina Kirchner partage avec la candidate démocrate américaine une formation d’avocate, un mandat de sénatrice, un mari président, des idées “progressistes” et une même ambition politique. En Argentine, d’autres femmes ont eu des destins nationaux avant elle, à commencer par la fameuse Eva Peron, l’icône de la politique argentine.


États-Unis. Le sommet du homard

Les quelques jours de détente dans la station balnéaire de Kennebunkport devaient décrisper les relations russo-américaines au sujet du bouclier anti-missiles. Parties de pêche et repas en famille – avec du homard, spécialité locale - auront fait illusion. Dans un premier temps, Poutine a surpris en proposant de partager avec les Etats-Unis une station-radar exploitée par la Russie en Azerbaïdjan, plutôt que de voir les Etats-Unis déployer un bouclier en Pologne et en République tchèque. “Si nos propositions sont acceptées par les Etats-Unis, souligne Poutine, cela va améliorer la sécurité internationale (…). Mais cela va surtout changer la nature de notre relation”. Et dans le cas, plus probable, de rejet de l’alternative russe, le vice-premier ministre Sergeï Ivanov a menacé Washington d’une “réplique asymétrique et efficace”.


Iran-Venezuela. Solidarié anti-américaine

L’Iran et le Venezuela ont scellé leur alliance, fondée sur l’antiaméricanisme, en posant, lundi, la première pierre d’une co-entreprise de production de méthanol en Iran. Le projet, situé sur les rives du Golfe à Assalouyeh (sud), sera détenu à parts égales par l’Iran et le Venezuela. Le projet, d’un coût de 700 millions de dollars, aura une capacité de production de 1,65 million de tonnes de méthanol par an. L’entreprise doit être prête d’ici quatre ans. Un projet similaire doit être lancé au Venezuela. L’objectif de cette co-entreprise est d’ouvrir les marchés pakistanais et indien au Venezuela. L’Iran, lui, lorgne le marché sud-américain. D’après Chavez, “la coopération des pays indépendants aura un effet important dans la défaite de l’impérialisme et la victoire des peuples”.


France. Brahim Deby assassiné

Le fils aîné du président tchadien, Idriss Deby, a été retrouvé mort dans le parking de son immeuble à Courbevoie, près de Paris. Brahim Deby aurait été victime d’un “guet-apens dans le cadre d’une affaire de droit commun, liée sans doute à des activités délictueuses”, estiment les enquêteurs. Des hommes l’auraient attendu dans le parking et asphyxié “probablement de poudre blanche provenant d’un extincteur”. Brahim Deby, 27 ans, était connu de la police française, notamment pour des affaires de stupéfiants. Il avait été condamné en juin 2006 à six mois de prison avec sursis pour “port d’arme” et “détention de drogue par le Tribunal correctionnel de Paris”.



Lu pour vous.
Mission impossible [ÉGYPTE]

Editorial, Al Ahram Hebdo, le 3 juillet

Réussira-t-il là où tout le monde a échoué ? La question est sur toutes les lèvres après la nomination de l’ex-premier ministre britannique, Tony Blair, comme nouvel émissaire du Quartette international sur le Proche-Orient. Le Quartette a demandé à Blair de collaborer avec le président palestinien Mahmoud Abbas à l’édification du futur Etat palestinien. Mission d’autant moins facile avec la division des Palestiniens en deux entités, depuis le coup de force du Hamas dans la bande de Gaza, le 15 juin dernier (…).
Tony Blair peut se prévaloir de son expérience internationale et de son sens de la négociation. Mais il devra effacer la perception négative qu’a de lui une partie du monde arabe, en raison de son alignement total sur la politique du président américain George W. Bush, du rôle de la Grande-Bretagne en Irak et de son soutien à Israël dans la guerre contre le Liban l’été dernier.
Toujours est-il que Tony Blair a fait du conflit israélo-palestinien l’une des priorités de la fin de son mandat. Il a toujours appuyé le président Abbas, pour son soutien à la “vision des deux Etats”. Encore faut-il qu’il surmonte l’intransigeance et la politique d’obstruction systématique d’Israël qui avaient conduit à la démission de son prédécesseur, James Wolfensohn. L’ex-président de la Banque mondiale avait jeté l’éponge, frustré de ne pouvoir faire avancer les choses. C’est dire si la mission de Blair relève presque de l’impossible !



Japon. Bombe A, sujet tabou

Le ministre japonais de la Défense, Fumio Kyuma, a démissionné mardi, après avoir commenté les bombardements atomiques du Japon en 1945, un sujet qui demeure ultrasensible 60 ans après la guerre. Kyuma a soulevé une tempête de protestations en déclarant que les bombes, qui ont fait plus de 310 000 morts, étaient “quelque chose qui ne pouvait être évité” si on voulait empêcher une invasion du Japon par l’URSS. Selon lui, les Américains pensaient que le recours à l’arme nucléaire “précipiterait la capitulation du Japon et empêcherait ainsi l’Union soviétique de déclarer la guerre” à l’archipel. “Je n’en veux pas aux Etats-Unis”, a-t-il ajouté. Si les propos de Kyuma correspondent aux thèses défendues par plusieurs historiens, ils ont été pourtant interprétés, dans un pays traumatisé et farouchement anti-nucléaire, comme antipatriotiques” et une justification de l’usage de la bombe A.


VITE !

Le chef d’Al Qaïda au Maghreb islamique (ex-GSPC), Abdelmalek Droukdel, poursuivi pour “adhésion à un groupe terroriste armé”, a été condamné à la prison à vie par contumace, mardi, par le Tribunal criminel de Bouira, en Algérie.

 
 
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