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Par Jean Berry,
envoyé spécial à Agadir
Timitar. Des racines et des décibels
Résolument moderne, sans jamais oublier sa dimension amazighe ni tomber dans le folklore, lédition 2007 du Festival Timitar fut aussi loccasion de prendre des nouvelles des musiciens du Souss. Retour en images.
Fatima Titrit
Originaire de Haha et formée au sein de la troupe de Mohamed Albenssir, elle fut lune des dernières raïssate à accompagner le maître. Après le décès de ce dernier, il y a une douzaine dannées, elle a pris le devant de la scène au sein de son propre groupe. Pourtant installée à Casablanca, elle revisite et perpétue la musique des troubadours du Souss et la poésie amazighe, avec un orchestre qui intègre guitares électriques et une batterie très afro, pour une fusion détonante et très rythmée. Une artiste en devenir. |
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Izenzaren
Malgré la présence, le même soir sur la scène Al Amal, de Gilberto Gil et Nass el Ghiwane, un seul prénom était sur toutes les lèvres en ce samedi de clôture : Abdelhadi. Le légendaire chanteur un peu illuminé, qui habite toujours, avec ses deux chiens,une grotte de Sidi Rbat, petit village de pêcheurs de la région de Tiznit, a même menacé, au dernier moment, de ne pas jouer. La place Al Amal affichait en tout cas complet jusquà la fin de son concert, tard dans la nuit. Cest autour dun tajine de moules quil avait préparé lui-même que je lai convaincu de revenir vers son public, se souvient Brahim El Mazned, qui tente aujourdhui de le persuader denregistrer un nouveau disque, le premier depuis une quinzaine dannées. Alors, bientôt le retour de la légende ? La suite lan prochain. |
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Hoba Hoba Spirit
Abdessamad Bourhim et Othmane Hmimar, deux des nouveaux membres de la Haïha music division, menée par Réda Allali. Après un morceau final aux côtés des Amarg Fusion, les Hoba senvolaient au petit matin pour un concert à Madrid aux côtés dOjos de Brujo. Leur tournée-marathon dune trentaine de dates les mènera en fin de mois au Paléo festival, à Nyon, lun des plus grands rassemblements européens, où ils côtoieront Rachid Taha, Björk, Muse ou les Arctic Monkeys. Un pied posé chez les plus grands, un rêve qui se réalise
De quoi regonfler le moral de troupes fatiguées par les voyages incessants : à peine écoulées les copies de Trabando, les Hoba rentreront en studio bientôt pour préparer sa suite. Avis aux amateurs. |
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Amarg Fusion
Succès mérité pour les fils du pays sur la scène Bijaouane. Amarg Fusion, cest une bouffée dair frais, une bonne humeur communicative, beaucoup de simplicité aussi. On a découvert à Timitar deux de leurs nouveaux morceaux, dont un très beau reggae baptisé Argan, en forme dappel à la sauvegarde de cet arbre que le chanteur Ali Faïq voit lentement se raréfier dans sa commune dAït Milk. Morceau qui donnera son titre à leur prochain album, co-produit par lassociation Timitar et quon attend (avec impatience) pour début 2008. Côté perso, Ali sest bien remis de son petit accident cardiaque. Il quittera bientôt Aït Milk pour Agadir, pour mieux se rapprocher de ses musiciens. |
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Gilberto Gil
Ici en compagnie du directeur artistique du Festival, Brahim El Mazned, quelques minutes après son concert, lactuel ministre de la Culture brésilien nétait pas à Agadir en visite officielle, mais bel et bien en tant que musicien. En voyage artistique donc, avant de reprendre la route pour une tournée européenne. Ce qui ne la pas empêché daborder en conférence de presse la liaison aérienne qui a disparu entre les deux pays, ou encore les politiques publiques que nous pouvons construire ensemble pour stimuler la mobilité de nos artistes. Après quelque vingt-cinq disques en une quarantaine dannées, le fondateur (avec son ami Caetano Veloso) du mouvement tropicaliste présentait sur scène son nouveau projet Banda Larga, que lui ont inspiré la globalisation culturelle et lavènement de lère numérique, un condensé terriblement groovy et dansant des rythmes brésiliens, tourné vers la modernité, avec des musiciens plutôt jeunes. Si ses activités politiques lui ont laissé peu de temps ces dernières années, confiait-il, le mythique guitariste et chanteur sest remis récemment à la composition. Qui sen plaindra ? |
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Ahwash Ouintejgal
Balance berbère, ou le sound-check du bendir, à la braise tout simplement. Ici pas besoin de table de mixage : cest tout le contraste de la rencontre des musiques traditionnelles amazighes, rurales et originelles, avec celles dartistes internationaux et électriques. Drapés de djellabas blanches, les hommes de Ouintejgal, petit bled de la province dOuarzazate, situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Taznakht, sont les dépositaires de la tradition du ahwash du Souss oriental. Un nom à retenir, et un village à visiter
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Tiken Jah Fakoly
Le guerrier ivoirien du reggae, exilé à Bamako suite à des menaces de mort et à lassassinat de plusieurs de ses proches, a une nouvelle fois appelé à la libération du Continent noir, drapé dans une cape aux motifs africains. Sur scène, lartiste a lancé des messages sans équivoque aux dirigeants corrompus et autres dictateurs de tout poil, pourfendant la funeste intrusion des pays du Nord (et notamment de lancien colonisateur français) dans les affaires africaines, dans le droit fil de ses albums aux titres révélateurs, comme Mangercratie ou Françafrique. Un reggae synonyme dinsurrection et dappel au soulèvement. On en a marre... LAfrique en a marre, marre, marre. |
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Tumi and the Volume
Ils sont lune des révélations de lannée 2007 et les représentants dune scène sud-africaine en plein essor. Tumi Molekane, rappeur né, a réuni autour de lui The Volume, un trio guitare basse batterie de haut vol, qui évolue entre soul, funk et jazz aérien, un peu déconstruit. Sur leur album éponyme (2006), on retrouve aussi claviers et cuivres, pour un hip hop cultivé et novateur, aux instrumentaux soignés et audacieux. Une vraie découverte. |
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Style Souss
Après leur création aux côtés de Watcha Clan et Amarg Fusion, donnée à lInstitut français dAgadir et à LBoulevard, les représentants du rap amazigh fêtaient leurs débuts solo sur une grande scène... Belle récompense pour léquipe de Aziz Akouz (à gauche), neveu de Omar Sayed de Nass El Ghiwane, qui est également lorganisateur de concerts hebdomadaires dédiés aux jeunes groupes de la région, chaque samedi sur la place du Prince héritier Moulay El Hassan, et qui prépare pour lan prochain un projet de festival dédié aux musiques urbaines. Toujours dans une logique de soutien aux artistes émergents, son studio baptisé Souss Records doit bientôt ouvrir ses portes. Bon vent. |
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