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Musique. Le Clan de Fès
N° 282
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

Musique. Le Clan de Fès

Fez City Clan
(DR)

Depuis sa révélation lors du Boulevard des jeunes musiciens en 2005, le groupe Fez City Clan continue son petit bonhomme de chemin. Portrait d’une des formations les plus prometteuses du hip hop marocain.


“MC Anou, give me the flow !”, lance L-tzack, membre fondateur de Fez City Clan à son acolyte, qui ne se fait pas prier pour aligner son phrasé. C’est que du haut de ses 11 ans, le petit Anouar, qui peut s’enorgueillir d’être le plus jeune rappeur “pro” du royaume, a déjà derrière lui cinq années de carrière, débutée au sein du FCC depuis sa
création. Comme ses cinq “homeboys”, il a fait le déplacement jusqu’à Casablanca, pour participer aux cours de relaxation, de respiration et d’improvisation, dispensés par l’actrice Amal Atrach, l’ex-Aouicha de la sitcom Lalla Fatéma, au complexe culturel de Sidi Belyout. “Histoire de parfaire notre jeu de scène”, argumente un membre du groupe.

La machine à “rapper”
“Cela leur permet aussi de “déconnecter”. Parfois, ils sont tellement pris par le travail qu’ils en oublient même de manger”, plaisante Ghizlaine Andalous, la jeune manager du groupe. Car derrière leur dégaine de mauvais garçons, les FCC sont en fait de vrais “premiers de la classe”, capables d’enchaîner studieusement 6 à 7 heures de travail.

Réuni autour de DJ Toto, aîné de la bande, Fez City Clan voit le jour en 2001. La formation en est encore à ses premiers pas et se fait les dents dans les discothèques de la ville, recevant un accueil favorable auprès du public. Mais il faudra attendre quatre longues années pour voir les espoirs de succès se concrétiser. Les Fez City Clan sont conviés à l’édition 2005 du Boulevard des jeunes musiciens, en tant que révélation, et décrochent le premier prix dans la catégorie Tremplin.

Son “diplôme” dans la poche, le groupe attaque son premier album dès son retour au bercail. Fès - c’est son titre - finit par voir le jour le 25 Avril 2006. Un album confectionné à douze mains, où chacun des membres appose ses propres textes, tantôt inspirés du quotidien marocain, tantôt “du mal être de la jeunesse marocaine”. En guise de campagne promotionnelle, le Clan donne une représentation dans une boîte de nuit. Au terme de la soirée, une centaine de CD sont vendus, pour le plus grand plaisir de V-wanted, L-tzack, Comoriano, Seigneur M, Mc Anou et DJ Toto. Dérisoire ? “À l’époque, le groupe voguait de galère en galère. Aucun de nous ne roulait sur l’or et chaque dirham était le bienvenu”, se souvient cet ami de la bande. Ce petit pécule, comme leurs premiers cachets, sont directement investis dans l’équipement d’un studio de production. “Aujourd’hui, nous sommes propriétaires de notre propre studio, Fez City Clan Records, que nous mettons à la disposition des groupes de la région”, explique DJ Toto.

Dans la cour des grands
En 2007, Fez City clan refait son apparition au Boulevard. Mais cette fois, c’est en tant qu’invité que le groupe monte sur la scène du RUC. Les Fassis présentent quelques titres du maxi “Arde l’Baizz Nass”, dont la sortie est prévue en août. Succès assuré pour la formation, qui avait attiré l’attention de la linguiste Dominique Caubet et de la cinéaste Farida Belyazid quelques mois auparavant. Le duo s’était alors improvisé parrain du groupe, le choisissant comme “coup de cœur” pour le tournage du documentaire Casa Nayda.

Une heureuse rencontre en appelant une autre, c’est dans un compartiment de train que l’ancien manager du groupe fait connaissance avec un certain Len White, qui a travaillé sur les effets spéciaux de Matrix Revolutions et Spiderman 2. L’informaticien américain se lie d’amitié avec les membres du groupe, allant jusqu'à leur proposer gracieusement quatre journées de travail pour la réalisation du clip de la chanson “Mgharba fl’beat”.

Les choses se bousculent pour Fez City Clan, conviés dans l’urgence par les organisateurs du Festival des musiques sacrées de Fès, suite au désistement d’un des groupes initialement prévus dans la programmation. “Bouche-trou”, diront les mauvaises langues ? “Opportunité à saisir”, se contente de répondre leur manager…

 
 
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