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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le succursale casablancaise
de Bank Al-Maghrib.
(AIC PRESS)

Crédits. L’immobilier toujours en vedette

L’Institut d’émission vient de rendre public son rapport annuel sur le contrôle, l’activité et les résultats des établissements de crédit. Les chiffres relatifs à l’endettement des ménages sont de loin les plus frappants. En fait, le tiers des crédits à l’économie sont contractés par les ménages, soit 116 milliards de dirhams. Par rapport au revenu national, les dettes de ces agents économiques pèsent pour 18%, soit 2 points de plus comparativement au niveau de 2004. Mieux encore, 65% des dossiers de crédit ont concerné les ménages dont les revenus sont inférieurs à 4000 dirhams. En termes de volume, cette catégorie
cumule à elle seule 53% des encours de crédit. Les trois quarts du volume des crédits aux ménages sont distribués par les banques. La raison : ce sont les prêts immobiliers qui cartonnent. Ce type de prêt continue d’ailleurs à doper les encours bancaires avec une progression de 28%, en 2006, pour un encours de 73 milliards de dirhams. Mieux encore, la production des crédits à l’habitat en 2006 a avoisiné les 25 milliards de dirhams, soit une hausse de 40% par rapport à l’année précédente. Devant cet engouement pour les crédits immobiliers, Bank Al Maghrib a revu à la baisse le taux plancher. Il passe ainsi à 4,64% pour les crédits d’une durée inférieure à 7 ans et 5,07% pour les prêts à plus long terme. C’est la deuxième fois que la Banque centrale a recours à ce mécanisme au cours de cette année. Le but étant évidemment de réduire les charges d’intérêt pour les ménages vulnérables. Mais pour cela, il faudrait que les établissements bancaires jouent le jeu.


Wana. Encore un crédit

Après un emprunt bancaire syndiqué de 3 milliards de dirhams, Wana revient à la charge pour lever 1,2 milliard de dirhams. En fait, c’est le holding SNI qui devra mettre sur le marché des titres obligataires, pour mobiliser ce montant, qui sera affecté au programme d’investissement de l’ex-Maroc Connect. Les conditions : une maturité de 10 ans et une prime de risque de 90 points par rapport au taux des bons du Trésor de même maturité. Cette levée de fonds devrait affecter la situation financière de la SNI. Suite à cette opération, les dettes de financement du holding s’élèveront ainsi à 2,8 milliards de dirhams, soit environ 40% de ses fonds propres. Et l’hémorragie Wana n’est pas près de s’arrêter, le programme de financement du troisième opérateur télécoms nécessitant davantage de fonds. Même l’ONA, l’autre actionnaire de la société, devrait passer à la caisse pour soutenir le petit poucet du groupe.


ST Microelectronics. L’usine marocaine condamnée

L’usine de Aïn Sebaâ de la firme franco-italienne ST Microlectronics devrait fermer ses portes dans deux à trois ans. C’est ce que prévoit le plan de restructuration annoncé récemment par le producteur de semi-conducteurs, qui emploie 2100 personnes au Maroc. La société tient néanmoins à rassurer. Une partie du personnel sera transférée sur le site-test Bouskoura 2000, mais l’essentiel de l’activité devra néanmoins être confié à des sous-traitants. Le Maroc n’est pas le seul pays touché par ce virage stratégique de la firme, puisque deux usines devraient également fermer aux Etats-Unis. Cette réorganisation de l'outil de production de ST Microelectronics devrait se traduire par la suppression d'environ 4000 postes à travers le monde, permettant au groupe de dégager 150 millions d’euros d’économie par an.


Téléphonie. Amazigh connexion

Abdeslam Ahizoune, membre de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), s’implique plus que personnellement dans la promotion de l’identité amazighe. Même l’entreprise dont il est le président du directoire s’engage dans la vulgarisation de cette culture. Maroc Telecom vient en effet de lancer sur le marché marocain deux téléphones mobiles utilisant le Tifinagh, l’alphabet du tamazight. Une première rendue possible grâce au concours de Sony Ericsson, qui a bien voulu relever ce défi technologique. Le travail de recherche et de conception a duré plus d’un an au sein des centres de recherche et développement du fabricant, selon l’opérateur de téléphonie. La collaboration des experts de la langue amazighe, mobilisés via l’IRCAM, a été évidemment indispensable. Félicitations ou plutôt… tambarki tassaâdite.


Dette publique. Emprunt à l’international

L’information a été révélée par la presse française. Le Maroc s’apprête à émettre sur le marché international un emprunt obligataire de 500 millions d’euros. Le taux sera de 5,375 % et l’échéance de remboursement fixée à 2017. Les chefs de file de cette opération sont les banques d’affaires JP Morgan et Citigroup, conseillées par le cabinet londonien Leboeuf, Lamb, Greene & MacRae. Comme conseil juridique, le Maroc a retenu le bureau parisien du cabinet d'avocats d'affaires, Simmons & Simmons. Un cabinet qui avait déjà conseillé le royaume pour son émission inaugurale sur les marchés internationaux en juin 2003. Une opération de 400 millions d’euros qui avait été couronnée de succès.



Pendant ce temps, le peuple….
Pain bénit

“Zid jouj derial !”. À l’écoute de cette sommation, Hicham lève lentement les yeux. Il se retrouve nez à nez avec son Soussi armé d’un boulet de 2 kg. Hicham s’exécute et apprend au passage que les 10 centimes supplémentaires dans le tarif de son menu “big-ftour” habituel correspondent à la hausse du prix du pain. Pourtant, il n’a pas senti le coup venir. “Ziada pour la baguette et pas une seule matraque à l’horizon ?”, s’étonne notre héros, qui se serait barricadé chez lui s’il avait eu vent de cette décision. Un réflexe commun à tous les Marocains. L’augmentation du prix du pain a toujours été associée à la révolte de Casablanca en 1981. Driss Basri n’a-t-il pas qualifié les dizaines de manifestants tombés à l’époque de “Chouhadae koumira” ? Les autorités ne considèrent-elles pas cette décision comme le summum des mesures impopulaires ? Ce même gouvernement n’a-t-il pas tenté de contrer la dernière hausse (en 2004) pour laquelle les boulangers se sont battus toques et ongles ? Toutefois, Hicham approuve cette hausse, qui rend à la baguette basique un minimum de dignité face au pain aux olives. Surtout, la décision est économiquement justifiée : le risque de pénurie de farine est bien réel. Hicham se réjouit davantage que le système de subvention commence à atteindre ses limites. Il n’en a jamais vraiment compris la logique : “Même les plus riches profitent de ce système de subvention des produits”, peste-t-il. Mais il se dit que ce sera difficile de révolutionner tout un système construit sur l’assistanat : du pain pas cher pour les démunis, des rentes bien fructueuses pour les nantis. Et, surtout, une paix royale pour les gouvernants.



OFF.

Annoncée il y a quelques semaines déjà, la société de crédit à la consommation Taslif vient de finaliser l’acquisition de sa concurrente Salaf. La signature de l’acte de cession est intervenue le 12 juillet dernier. Montant de la transaction : 150 millions de dirhams. Une cagnotte qui sera mobilisée grâce à la prochaine augmentation de capital de Taslif.

 
 
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