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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Sami Yusuf passe sur Rotana, pas sur Iqraâ”

Antécédents
Hicham Abkari
Directeur du théâtre Mohammed VI
à Casablanca
(TNIOUNI / NICHANE)

1966. Naissance à Casablanca.
1989. Major de promotion en Littérature française (université Aïn Chok)
2000. Directeur adjoint du centre culturel Sidi Belyout.
2003. Crée la “Moroccan underground foundation”.
2006. Directeur général du théâtre Mohammed VI à Casablanca.
2007. Directeur artistique du Festival de Casablanca.

Smyet bak ?
Abdelkbir Abkari.

Vous êtes tous des génies dans la famille ?
Oui, c’est un nom que nous portons bien.

Smyet mok ?
Rkia Abiri.

Nimirou d’la carte ?
BE 45 594.

Vous avez d’abord été connu comme organisateur de tournois de breakdance. Aujourd’hui vous êtes M. le directeur du théâtre Mohammed VI à Casablanca. C’est ce qu’on appelle rentrer dans le rang ?
Jamais. Je garde ma liberté. J’ai encore une grande marge de manœuvre qui me permet de m’impliquer dans plusieurs projets. Et je me marre toujours autant. Cela fait 16 ans que je fais le métier d’animateur culturel. Cela finit par créer des réflexes qui ne disparaissent pas du jour au lendemain. C’est un peu comme cet avant-centre qui tire sans regarder les buts.

Vous faites référence au foot parce que vous fréquentez de plus en plus Mohamed Ammor (ex-dirigeant du Raja et actuel président du Festival de Casa) ?
Ça n’a rien à voir. Et M. Ammor n’est pas qu’un mordu de football.

Vous voulez dire que le Festival de Casablanca est plus simple avec un footeux qu’avec une femme d’affaires (Miriem Bensaleh) ?
Elle est encore dans le comité. Mohamed Ammor est un gestionnaire. C’est un financier avant d’être un dirigeant de club sportif. Et puis vous semblez l’oublier, le Festival est une entreprise qu’il faut savoir gérer. Chacun est responsable de quelque chose. C’est du management moderne. Il n’y a donc aucune rupture et la cohésion du groupe est ce qui compte le plus. En plus, c’est pas mal, un footballeur. Il a l’habitude des foules et des réunions houleuses.

L’invitation de Sami Yusuf a créé une petite polémique. Pourquoi ne voulez-vous pas avouer que c’est pour ménager les susceptibilités des élus islamistes ? Il n’y a pas de mal à faire de la politique de temps à autre…
Ce n’est pas vrai. Sami Yusuf a un grand public. C’est une star dont les CD s’arrachent à Derb Ghallef. Ses clips passent sur Rotana et non pas sur Iqraâ. Il a donc un véritable public au Maroc et à Casablanca plus particulièrement. Ce public a le droit d’accéder à sa star. Et vous semblez oublier une chose : les chants religieux de Sami Yusuf sont majoritairement en anglais. Les gens ne comprennent donc rien aux paroles. Ils aiment la voix et la mélodie. C’est aussi simple que ça.

On a tendance à oublier qu’il y a un théâtre à Casablanca. À qui la faute ?
Au manque de communication et aux gens qui ne veulent pas trop bouger de chez eux. Il y a non pas un, mais neuf théâtres à Casablanca. Et ils sont pleins tous les soirs.

Vous comptez même Casper et ses amis ?
Non, les théâtres ne sont pas peuplés que de fantômes. Il y a des communautés pour chaque style de théâtre. C’est un peu comme les clubbers. On se refile les tuyaux sur les bonnes pièces, même si cela reste limité à un cercle restreint d’initiés. Les théâtres ne communiquent pas assez et n’ont pas accès aux médias. Certains ne disposent même pas de fax ou de connexion Internet. Dans ces conditions, il est difficile de coordonner et d’éditer un guide de spectacles par exemple. Mais croyez-moi, même quand on a programmé un ballet russe, la salle était archi-comble.

Et vous trouvez normal que les taxis ne repèrent votre théâtre que grâce au marché de gros ?
J’ai vécu la même chose au théâtre de Sidi Belyout. À l’époque, le repère était la gare de la CTM. Aujourd’hui, les taximen connaissent le théâtre de Sidi Belyout. C’est une question de temps.

Votre théâtre ne dispose pas de sonorisation, ni de système d’éclairage. Vous n’auriez pas mieux fait de l’appeler “Salle des fêtes Mohammed VI” ?
Ce bâtiment a été construit pour être un théâtre, mais pendant des années, rien n’a été fait pour le doter des équipements basiques. La sonorisation et l’éclairage sont en cours de réalisation. En attendant, nous nous sommes attaqués au basique : les canalisations, la mise en marche des monte-charges, l’entretien des différents pavillons du théâtre, la sécurité, etc. Résultat : même sans éclairage et sans sono, des troupes demandent à jouer chez nous. Et il nous arrive d’en refuser pour non disponibilité de dates. Il faut de tout pour faire un théâtre.

 
 
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