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Par Meryem Saadi
Portrait. Notre dame des ondes
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Latifa Akherbach sattelle
désormais à dépoussiérer
la Radio nationale et, surtout,
à la faire aimer.
(AFP)
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Après avoir dirigé lISIC, Latifa Akherbach a pris, depuis mars dernier, la tête de la Radio nationale (ex-RTM), où lattend un grand chantier de modernisation.
La restructuration de la Radio nationale nécessitera beaucoup de temps et defforts, mais cest un chantier passionnant, auquel je crois et dans lequel je compte minvestir totalement, explique Latifa Akherbach, à propos de sa nouvelle mission au sein de la SNRT. En sinstallant dans le fauteuil de directrice de la Radio nationale, elle sait quelle naura pas la tâche facile. Pas de quoi effrayer cette femme des médias, qui a réalisé un parcours professionnel pratiquement sans faute.
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Latifa Akherbach voit le jour en 1960 dans la ville de Chaouen. Mais cest à Marrakech quelle grandit et obtient un baccalauréat section
Sciences mathématiques. Surprenant pour une future enseignante en journalisme ? Pas le moins du monde, puisquelle avoue avoir toujours été sensible au verbe : Jai toujours aimé la littérature et je considère quallier les lettres à la rigueur scientifique permet à la personne de développer une grande ouverture desprit. En 1979, elle intègre lInstitut supérieur de journalisme de Rabat (ancêtre de lactuel ISIC), et rencontre lhomme de sa vie lors dun stage au journal Al Maghrib, aujourdhui disparu, à la rubrique culture. La preuve que la culture peut mener à tout, même à lamour et au mariage, plaisante-t-elle.
Après quatre ans de brillantes études, elle senvole en France pour poursuivre son cursus universitaire. À Paris, elle semploie à satisfaire sa soif de culture, visitant sans arrêt théâtres, bibliothèques et musées. Mais son souvenir le plus marquant restera la découverte de lOpéra : Cétait comme un rêve devenu réalité ! Moi, fille du peuple, je navais jamais imaginé quun jour je pourrais mettre les pieds dans un tel endroit, se souvient-elle.
Lenseignement, mon amour
De retour au pays après six ans dabsence, elle commence à enseigner à lISJ et met en place pour la première fois loption Communication dentreprise au sein de cet établissement. Cest alors le début dune grande histoire damour entre lenseignante et ses étudiants, qui durera près de 20 ans.Jadore lenseignement. Je ressens un plaisir immense à voir des jeunes évoluer sous mes yeux. Grâce à eux, je me sens vraiment utile, explique Latifa Akherbach, qui a vu passer dans sa salle de cours plusieurs générations détudiants, aujourdhui journalistes confirmés. Même lorsquelle devient directrice de lISIC en 2003, elle continue à enseigner la presse écrite, histoire de rester proche de ses étudiants. Avec son staff, en particulier Benaïssa Asloun, son alter ego masculin, elle tente de redorer le blason de lISIC, alors perçu comme une antichambre de ladministration. Jai essayé de faire de lISIC davantage quune structure denseignement, un véritable lieu dépanouissement personnel, argumente-t-elle. Objectif : revaloriser le diplôme de lunique établissement public denseignement du journalisme du pays.
Cest ainsi que pendant ses quatre années à la tête de lISIC, Akherbach initie des activités parallèles, met en place des cours darts plastiques et de musique, multiplie les partenariats avec des organismes étrangers
Du jamais vu dans le vénérable institut, ce qui ne manque pas de faire grincer des dents quelques vétérans de létablissement.
Un nouveau challenge
En mars dernier, lorsque le président de la SNRT, Faïçal Laraïchi, cherche un nouveau patron pour doper le pôle Radios du groupe public, cest à Latifa Akherbach quil fait appel. Elle se retrouve ainsi face à un nouveau challenge : repenser une structure imposante (450 salariés et 10 stations régionales) confrontée à un nouvel environnement concurrentiel, boosté par la vague de nouvelles stations privées. Il faut que la Radio nationale arrive à se positionner en tant que radio fédératrice, qui représente un Maroc pluriel, explique la nouvelle directrice. Une radio généraliste, qui devra satisfaire, à travers ses différentes stations, émettant en arabe, en français et en tamazight, la plupart des Marocains, quels que soient leur position géographique, leur origine ou leur degré denseignement. Mais pour atteindre cet objectif, il faut tout dabord régénérer la culture dentreprise de la Radio nationale et libérer lesprit dinitiative de ses collaborateurs, poursuit-elle. Un effort de longue haleine, mais qui commence déjà à porter ses fruits. Pour sen convaincre, il suffit de caler son poste sur lune des stations du groupe. |
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Radio nationale. La mue a commencé
Sans faire de bruit, la radio publique est en train de faire sa mue, rendue nécessaire par lexplosion du paysage radiophonique marocain. Et la chose est visible (et surtout audible) sur sa grille de programmes. Celle-ci a vu depuis quelques mois se multiplier les nouveaux concepts, toutefois plus ou moins réussis. Il y a, bien évidemment, lincontournable VIP, émission-phare animée par le sémillant Noureddine Karam, quon ne présente plus. La station a également cédé à la vogue des talk-shows en lançant lémission ça reste entre nous, animée par un team hétéroclite de chroniqueurs et de journalistes, sous la baguette de Karam, indéniablement la valeur sûre de la station.
Les artistes de la nouvelle scène se sont aussi fait une place sur les ondes de la radio publique, via lémission Urban Mag (samedi de 18 à 20h), qui entend marcher sur les plates-bandes dune certaine station musicale. Idem pour Pink&Blue, émission interactive dédiée aux jeunes, où les auditeurs débattent de thèmes de société tels que la fidélité ou léducation
Du jamais entendu sur la vénérable station. La partie arabophone nest pas en reste, avec lutilisation remarquée de la darija par les animateurs. Cette langue est même utilisée pour toute la tranche matinale entre 6 et 9 heures.
La Radio nationale a même poussé le souci dadaptation jusquà concocter une grille spécifique pour la saison estivale, dotée démissions originales, dont une qui a pensé aux auditeurs qui ne partent pas en vacances. Comme quoi, beaucoup ont enterré trop vite la mamie des radios
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