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N° 284
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Réformer avant de mobiliser

Les échanges de la rencontre organisée par la Fondation Friedrich Ebert ont abordé une question qui se présente, à mon sens, ainsi : si l’on s’accorde pour constater la désertion du champ politique par les citoyens, on diffère sur la prescription du remède. Alternatives a formulé de façon heureuse cette problématique : “Mobiliser le citoyen pour crédibiliser le politique, ou crédibiliser le politique pour mobiliser le citoyen ?”
2007 Daba, ainsi que les ONG concernées par la chose publique, poursuivent le louable objectif de dynamiser la vie politique. Toutefois, se contenter d'inciter les citoyens à s’enrôler dans les partis, et amener ces derniers à revoir leur communication, peut s’avérer un exercice sans résultat significatif, qui mettrait en avant la responsabilité des partis, et passerait sous silence celle des autres acteurs dans l'affligeante désaffection des citoyens. Cet examen critique est requis avant d'annoncer des programmes dont on se demande avec quels leviers ils seraient mis en œuvre une fois ces partis au pouvoir.
Le respect de l'intelligence des citoyens et de leur exigence d’un champ politique sain ne peut se suffire de communication, aussi astucieuse soit-elle, ni d’améliorer l’image des partis, mais l’assurance d'élire un Parlement de façon transparente, selon un mode de scrutin qui donne naissance à des majorités cohérentes, desquelles émanera un exécutif fort, comptable devant le vote populaire. Autrement dit, lorsque le système de gouvernance politique sera revu en profondeur. La nature et l'étendue du pouvoir de la monarchie, l’aire de pouvoir du gouvernement, le mode de scrutin pour l'élection des représentants de la nation, l'accès au pouvoir d’une majorité forte, sont autant de questions abordées dans mon ouvrage Y a-t-il un avenir au Maroc, me demanda Yasmina. Les occulter ne satisfait guère les exigences de rigueur intellectuelle et du courage politique. Une telle démarche est sans conséquence lorsqu’elle relève d’un cheminement individuel. Elle est peu compréhensible lorsqu’elle vise à convaincre et mobiliser les autres.

Rida Lamrini, écrivain, Rabat.



Un seul gouvernement : le roi !

Je tiens à féliciter M. Sadki pour son courrier courageux (Courrier, TelQuel n° 283), relatif à l’utilité des prochaines élections et que j’approuve à 100%. En effet, pourquoi toute cette comédie ? Ce n’est un secret pour personne : c’est le roi qui règne et qui gouverne, aidé par ses conseillers. À quoi servent ces pseudo-parlementaires et ces soi-disant ministres, sinon à faire carrière et à prendre soin de leurs petites affaires, au détriment des intérêts du peuple ? Et je le confirme : ne pas voter aux prochaines élections est un acte responsable, qui fera peut-être réfléchir ceux qui gouvernent. Peut-être prendront-ils conscience que le temps est venu de cesser de nous prendre pour des attardés mentaux.

Yassine Yahya, Casablanca.



Douce France…

Je vous écris pour revenir sur l’histoire poignante de Fatima Charbi (“Rêves de retour”, TelQuel n° 283). Le nouveau président français dit vouloir favoriser l’intégration des immigrés. Est-ce en les expulsant du sol français qu’il le fera ? Fatima ne méritait-elle pas de poursuivre ses études en France ? Au lieu de cela, les institutions bien pensantes ont décidé qu’elle ferait mieux de servir d'annuaire aux gens qui l’ont rejettée, pour un salaire de misère. Elle est belle la morale, elle est belle la France, terre d’accueil et de culture. Et dire que M. Sarkozy est lui-même un fils d’immigrés. Cela, c'est toujours bon de le rappeler.

François Truchon, Casablanca.

 
 
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