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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

Administration. Caïd Academy

La parade de la 42ème promotion
de l’EPC du ministère de l’Intérieur.
(TNIOUNI / NICHANE)

L’Ecole des cadres du ministère de l’Intérieur, bientôt rebaptisée Institut royal pour l’administration territoriale, a entamé sa mue. Au menu, un nouveau programme et une remise à niveau pour former la nouvelle génération de caïds.


Vendredi 20 juillet. Il est 17 h 30 quand les limousines rutilantes de hauts commis de l’Etat pénètrent dans l’enceinte de la base aérienne des FAR de Kénitra. Objet de la visite : La cérémonie de remise des diplômes de la 42ème promotion de l’Ecole de perfectionnement des cadres du ministère de l’Intérieur, qui a formé en une quarantaine
d’années plus de 3000 caïds, corps consulaire, inspecteurs dans l’administration territoriale et autres cadres des divisions préfectorales et provinciales.

Mais en fait de cérémonie, il s’agit plutôt d’annoncer la réforme de cet établissement, désormais baptisé Institut royal de l’administration territoriale (IRAT) à partir de la prochaine “rentrée scolaire”. Dans le rôle de maître de cérémonie, on retrouve un Chakib Benmoussa tout sourire. Le ministre de l’Intérieur était accompagné de quelques “collègues” du gouvernement, dont la présence est pour le moins curieuse. Que venaient faire, dans une telle manifestation, Fathallah Oualalou, ministre des Finances, Mohand Laenser, ministre de l’Agriculture, et surtout, Abbas El Fassi, ministre sans portefeuille ? “Il faut bien qu’il s’occupe”, souffle avec perfidie une voix dans l’assistance. Toujours est-il que le quartet ministériel a “passé en revue” les 94 lauréats en tenue d’apparat, avant d’échanger quelques paroles avec des membres du corps enseignant.

Partenariat avec l’ENA
Quelques minutes plus tard, le directeur de l’école fait son allocution, perturbé par un effet Larsen insupportable. On y apprend notamment que l’école a été créee en 1965 à l’initiative de défunt roi Hassan II, mais surtout que l’établissement est en plein chantier. “Le but est d’en faire une structure digne des standards internationaux, et de délivrer aux nouvelles recrues un diplôme équivalent à un master en administration du territoire”, note ce responsable.

Quant aux recrutements, les responsables annoncent une nouvelle politique de sélection. Dans les faits, le ministère de l’Intérieur, par le biais de ses recruteurs, pioche dans les ressources humaines des autres ministères, “ce qui n’est pas du goût de tout le monde”, confesse ce gouverneur.

“Le programme pédagogique de l’établissement est en pleine refonte, explique Amine Lemzouri, directeur des études à l’Institut. Nous avons inscrit de nouvelles matières au programme, comme l’éducation civique et morale, la pratique du commandement, l’éducation physique, et la connaissance des droits de l’homme, en plus d’un partenariat avec la très prestigieuse Ecole nationale d’administration en France”.

Plus de femmes
Par ailleurs, et pour la première fois de son histoire, l’IRAT accueillera, et de manière systématique, des étudiantes. “Il est probable que dans deux ans, vous rencontriez des femmes caïds dans une préfecture”, lance cet officiel.

Mais les promesses ne s’arrêtent pas là. Côté préoccupations matérielles, les responsables s’engagent à construire deux amphithéâtres et une médiathèque, et à équiper les chambres des étudiants d’une connexion Internet.

Plus tard, c’est au tour de Chakib Benmoussa d’entamer son discours et de préciser que la réforme a été initiée lors d’un discours royal en octobre 1999, rappelant que celle-ci s’inscrit dans le cadre de l’INDH. Il faudra néanmoins attendre sept ans pour voir le projet aboutir. Une fois le discours achevé, Benmoussa accueille sur l’estrade fraîchement dressée les majors de promotion et adresse quelques mots de félicitations aux nouveaux lauréats. Ces derniers se remettent en rang et reprennent en chœur le chant de l’Ecole, avant d’entamer une sorte de parade militaire, digne d’un camp d’entraînement de GI. Pour parfaire ce tableau, certains officiers ont troqué leur tenue d’apparat pour un treillis militaire, rappelant que les cadres de l’Institut ont également un statut d’officier de réserve.

19 h00 : fin des festivités. Le défilé laisse place à un buffet gargantuesque, auquel les nouveaux promus sont conviés. Pendant ce temps-là, la fanfare de la Marine royale accompagne le buffet sous un inattendu “Heal the world” de Michael Jackson, rehaussé de cuivres et de tambours. Un journaliste téméraire tente de converser avec un des diplômés. Peine perdue, après lui avoir expliqué qu’il ne saurait piper mot sans l’accord de son supérieur, il s’évanouit dans la foule des uniformes.

 
 
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