Drogue. La saga du clan Echeeri
Abderrahim Ariri : "Tout éditeur aurait fait la même chose"
Administration. Caïd Academy
Télé-réalité. Succès et désillusions
Reportage. Le tribunal de la Moudawana
Société. La plage des pauvres
États-Unis. La torture, sous conditions
Pakistan. Musharraf s'accroche
Tourisme. La manne des "Seniors"
Sami Yusuf. Le crooner halal
Rap Palestinien. Au pied du Mur
Zakia Tahiri. Cinéaste multicartes
Portrait. Notre dame des ondes
N° 284
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine.

(DR)

Documentaire. El Ejido dérange

El Pais, El Mundo, La Gaceta de Almeria… La presse espagnole a solidairement attaqué, cette semaine, El Ejido, la loi du profit, le documentaire de Jawad Rhalib, pour lequel il avait obtenu le prix du meilleur documentaire au Fespaco 2007 à Ouagadougou. Le documentaire, témoignage d’un groupe de travailleurs maghrébins sur leurs conditions de vie dans les serres agricoles de la province d’Almeria, au sud de l’Espagne (17 000 ha de terres bâchées), a suscité une violente réaction de la part du maire d’El Ejido, Juan Encisco, qui a affirmé sur les colonnes du quotidien El Pais, le 24 juillet, que le documentaire fait partie “d’une campagne orchestrée par les pays centre-européens pour discréditer la production maraîchère de la province”. Objet de la polémique : une affirmation réitérée dans le documentaire et selon laquelle “les exploitants refusent de pourvoir les travailleurs émigrés en papiers”. Le quotidien madrilène a en outre ajouté que Rhalib a omis de préciser dans son documentaire que “la majorité de ceux qui ont rompu leurs contrats dans le secteur agricole appartient à la vague du dernier processus de régularisation de 20 000 étrangers”. Pour sa part, la COAG, organisation agraire alliée à la mairie d’El Ejido, a accusé le documentariste, sur La Gaceta de Almeria, le même jour, de “falsifier la réalité” et a appelé à prendre
des mesures pour interdire sa diffusion sur Arte en mai 2008. Bien évidemment, il n’y a jusqu’à aujourd’hui aucune réaction officielle du côté marocain…


Sortie. Pottermania, acte 4

Alors qu'il poursuit ses études à Poudlard, Harry Potter réalise que la communauté des sorciers est loin d'être convaincue du retour du menaçant Voldemort. Ce dernier est épaulé par le ministre de la Magie Cornelius Fudge, à l'origine d'une campagne de désinformation. Afin de maintenir le héros sorcier hors d'état de nuire, Fudge place un nouveau professeur à Poudlard. Dolorès Ombrage, c'est son nom, prétend inculquer aux apprentis sorciers des cours de “self-défense” contre les forces du mal, alors qu'en réalité, elle surveille les moindres faits et gestes de Dumbledore, le seul sorcier que Voldemort n'ait jamais craint. Celle qui se fait appeler la Grande Inquisitrice de Poudlard semble également décidée à mener la vie dure à Harry. Mais celui-ci, épaulé par ses amis Ron et Hermione, fonde “L'Armée de Dumbledore”, pour se préparer à la guerre qui s'annonce... Pottermaniaque, ce film de 2h17 tient toutes ses promesses et résume fidèlement un ouvrage massif, ce qui en soi constitue une performance.

Harry Potter et l'Ordre du Phénix, au Mégarama.



Maânouni. Président du Caire ?

Ahmed Mâanouni a dû finalement attendre un quart de siècle pour voir arriver son heure de gloire. Après avoir baptisé la création de la World Cinema Foundation à Cannes, en mai dernier, aux côtés de Martin Scorsese, le réalisateur du désormais film culte Al Hal (Transes) est aujourd’hui pressenti pour présider le jury du film arabe du Festival international du Caire, prévu du 27 novembre au 7 décembre 2007. Le comité d’organisation du Festival devrait rendre sa décision la première semaine d’août. Rappelons à ce titre que la manifestation cairote a entrepris, depuis 2002, de recentrer son identité autour des cinémas et cinéastes d’Afrique.


Concert. La voix de Zahra

Des accords folks, quelques notes de jazz, un peu de soul, une voix délicate et mélodieuse, des textes spontanés, griffonnés sur un coin de table en français, en arabe ou en tamazight et enregistrés sur un petit magnéto… La musique de Zahra Hindi respire la fraîcheur et la simplicité. Née à Khouribga et installée en France depuis 14 ans, cet auteur- compositeur est une parfaite autodidacte. Elle a appris sur le tas, au fil des ses passions pour Oudaden, Bob Dylan ou encore Ali Farka Touré. Elle chante des histoires humaines, puisées dans son vécu, comme cet Orsoul, chantant la désillusion d’une femme, sa propre mère, “à qui on a dit qu’on allait la marier et qu’elle serait heureuse”. Son premier album ne sera dans les bacs que l’année prochaine, mais la carrière de la musicienne semble d’ores et déjà lancée. Sa page sur myspace.com revendique quelque 50 000 visiteurs. L’artiste a ouvert pour Neneh Cherry et Anis à l’Olympia, chanté au très couru Momo Kemia’s Bar à Londres et se produira pour la première fois au Maroc cet été.

En concert, le 8 août au festival des Calèches à Marrakech.



Cinéma. Objectif 2020

Produire une quarantaine de films par an et porter le volume des productions internationales tournées au Maroc à 200 millions de dirhams, à l’horizon 2020. Ce sont les objectifs d’une stratégie nationale adoptée le 24 juillet au cours d’une réunion présidée par le premier ministre Driss Jettou, en présence du ministre de la Communication Nabil Benabdellah, du directeur du Centre cinématographique marocain, Noureddine Saïl, et de professionnels du secteur. Pour rappel, l’urgence d’un plan d’action avait été évoquée lors dernières Assises nationales du cinéma (tenues le 19 juin), suite à la présentation des résultats d’une enquête commandée par le CCM. Celle-ci évoquait également la fermeture d’un tiers des salles de cinéma durant la période 1994-2005. À ce titre, le ministre de la Communication a annoncé “la construction de salles pluridisciplinaires dans plusieurs villes” pour booster la distribution cinématographique.


Theatre. Le come-back de Ferhati

Jilali Ferhati n’a pas perdu la main. La rue Shakespeare, pièce de théâtre qui signe son retour à ses premières amours, a été applaudie cette semaine au Festival national du théâtre de Meknès. Ferhati peut donc souffler, lui qui avouait appréhender la réaction du public à ce come-back sur les planches. Hommage à Tanger, la ville natale du metteur en scène, La rue Shakespeare est, pour rappel, le troisième et dernier volet d’une trilogie, “Hôtel Tanger”, écrite par Zoubir Benbouchta et dont les deux premières parties avaient déjà été mises en scène. Une dernière représentation estivale de la pièce a été programmée pour le 1er août à Chefchaouen, mais le metteur en scène promet une petite tournée à la rentrée 2007, à partir de la mi-octobre. Entre-temps, Ferhati se consacrera à l’écriture de son prochain projet de long-métrage…


Expo. Le Maroc dans la BD belge

L’exposition “le Maroc et son histoire dans la bande dessinée européenne” se sera finalement contentée de quelques planches de bédéistes belges, fournies par la délégation Wallonie-Bruxelles et découvertes au premier Festival universitaire de la BD de Kénitra, du 10 au 12 juillet. La série a compté, comme œuvre “majeure”, une seule et unique planche, croquant la grande porte de Meknès, signée Franquin, le géniteur de Spirou et Gaston Lagaffe. Pas un seul extrait du “Crabe aux pinces d’or”, la dernière aventure “coloniale” de Tintin, et dont les péripéties se déroulaient – essentiellement- dans le Maroc sous le protectorat. Du reste, les oeuvres des autres dessinateurs relèvent plus de l’illustration orientaliste que de la bande dessinée, mais valent tout de même le coup d’œil.

Jusqu’au 31 août, à la galerie du Conseil régional de Rabat.



Star’Ac Maghreb. Hajar voulait le million !

Hajar Adnan aurait été écartée de la tournée de la Star Academy Maghreb pour cause de gourmandise ! La lauréate de la première édition de l’émission de télé-réalité, ou plus précisément son père, aurait “exigé un million d’euros” à Karoui & Karoui, souffle-t-on dans les couloirs de la société de production, en guise de cachet pour sa participation à ladite tournée, sous peine de rompre “les engagements contractuels de sa fille”. De son côté, la société de production a démenti la rumeur, sans pour autant livrer une autre explication du retrait de Hajar. Aux dernières nouvelles, celle-ci envisagerait à son tour de porter l’affaire en justice. De quoi faire entrer cette première Star’Ac Maghreb dans les annales de la franchise cathodique… par la force de la loi !


ouarzazate. Bauer ne viendra pas

Le premier clap devait se faire dans la région d’Ouarzazate à la fin de ce mois… si ce n’était le veto de la Fox. La chaîne américaine, commanditaire de la célébrissime série 24 heures chrono, s’est opposée au tournage d’une partie de la septième saison au Maroc : ses cols blancs ont jugé le déplacement trop coûteux pour le budget de la série, dont le taux d’audience commence à montrer des signes d’essoufflement. Finalement, le tournage se fera à Los Angeles. Un changement de site qui a obligé la production à revoir de fond en comble l’intrigue de cette septième saison, dont les faits devaient initialement se dérouler en Afrique. Ce sont les groupies de Kiefer Sutherland qui doivent être déçues…


Le livre.

George, le père hypocondriaque, sombre dans l’alcool. Jean, la mère, s’accommode de sa culpabilité et se laisse embarquer dans une aventure amoureuse avec l’ancien collègue de son mari. Jamie, le fils homosexuel, panique à l’idée de s’engager avec son petit ami. Et Katie, la fille têtue, fait une crise prénuptiale à la veille de son mariage. Mais lorsqu’elle annonce sa décision d’annuler le mariage, toute la famille Hall perd la tête. Second roman de Mark Haddon –son premier avait fini best-seller mondial -, Une situation légèrement difficile se lit comme on peut regarder une comédie de mœurs à l’anglaise. Facilement, vite, le sourire aux lèvres et le dimanche seulement.

Une situation légèrement délicate, Mark Haddon ; Editions Nil.




Humeur.
Bandia

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Qui a dit que le crime ne payait pas ? Certainement pas Mouammar Kadhafi. L'ineffable président libyen vient de pulvériser le record de la rançon la plus élevée au monde : un réacteur nucléaire et 460 millions de dollars. Tel est le prix payé par l'Europe et la France pour obtenir la libération des six infirmières bulgares et du médecin palestinien détenus en otage en Libye depuis huit ans. Qui a dit que le ridicule ne tue pas ? Certainement Nicolas Sarkozy. Il a dépêché sa femme Cecilia charmer “notre ami, le colonel”. Et que ne ferait-on pas pour un ami ? Ainsi, en prime, Mouammar a eu droit à une photo souvenir avec le président français, venu lui rendre une visite de courtoisie. À coup sûr, le cliché le plus drôle de l'année. En costume blanc sur chemise noire, lunettes de soleil sur le nez, Kadhafi y a des allures de rock star vieillissante. Pas Mick Jagger, n'exagérons rien. Plutôt un sosie brun et frisé de Johnny Hallyday. Sarkozy, lui, sourit de manière mécanique, repu de son autosatisfaction de premier de la classe. Un Chirac en miniature. De Kadhafi ou de Sarkozy, qui était le bouffon de l'autre ? Le preneur d'otages ou le farfadet ? Les deux, sans doute. Mouammar et Nicolas devraient, à ce propos, envisager une carrière comique en duo dans le concert des nations. La fameuse photo marque les débuts d'un couple prometteur. Les Kachbal et Zeroual de la diplomatie internationale…



Le retour des anges
Les anges de Satan, d’Ahmed Boulane, retrouvera les salles cet été. Une sortie pensée pour le public MRE à partir du 1er août, au 7ème Art à Rabat, et au cinéma Lutétia à Casablanca. Le réalisateur est également en négociation avec des salles de Tanger et de Marrakech.


Une date pour Lola
Reportée à cause des délais de doublage, la sortie de Whatever Lola wants, dernier long-métrage de Nabyl Ayouch, a finalement été fixée au 19 décembre 2007. Le budget du film a aussi subi une rallonge : 710 000 euros de plus que les 9 millions initialement prévus.


Marocains à Oran
Deux films marocains, Heaven’s doors, des frères Nouri, et What a wonderful world, de Faouzi Bensaïdi, seront en lice au premier Festival du film arabe d’Oran, du 28 juillet au 3 août. Le Maroc y sera également représenté par Rachid El Ouali et Fatima Kheir, respectivement président du jury courts-métrages et membre du jury longs-métrages.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés