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N° 284
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

L’ OCP, mastodonte public,
se restructure au prix fort.
(AIC PRESS)

OCP. La restructuration de tous les records

L’enjeu est énorme : 33 milliards de dirhams. C’est ce que devrait coûter le programme de restructuration de l’Office chérifien des phosphates, qui porte essentiellement sur les retraites. Pendant des décennies, les cotisations des retraités de l’OCP, gérées en interne, ont été utilisées comme des fonds propres de l’Office, qui s’en servait pour ses programmes d’investissement ou encore pour renflouer les caisses de l’Etat. Aujourd’hui, le montant des dettes de retraites est supérieur à la capitalisation même de l’OCP. Ce qui revient à dire que les retraités sont, théoriquement, les vrais propriétaires de cette entreprise
publique. La solution prônée aujourd’hui est donc une externalisation de cette caisse de retraite. À l’instar de plusieurs autres établissements publics, c’est le Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR), géré par la CDG, qui hérite de cette manne. Mais vu l’ampleur du montant, la CDG devra prendre des sûretés capitalistiques contre le financement d’un tiers du déficit. La caisse a d’ailleurs mandaté la banque d’affaires JP Morgan pour trouver la solution idoine pour cette prise de participation. Trois pistes sont explorées : une participation directe dans l’OCP, une participation dans les filiales Maroc-Chimie et Maroc-Phosphore ou encore monter un holding de tête, où la caisse serait actionnaire. Parallèlement à cette convention, qui vient d’être signée pour les retraites, l’Etat vient aussi de concéder à l’Office la suppression de la taxe à l’export. Une requête demandée, en vain, par tous les directeurs qui se sont succédé à la tête de l’OCP. Le manque à gagner pour le budget de l’Etat est estimé à 700 millions de dirhams.


Immobilier. Le must du luxe

Sotheby’s International Realty, la filiale de la célèbre maison de vente aux enchères (spécialisée dans l’immobilier de luxe), s’implante au Maroc. Elle vient d’ouvrir deux bureaux à Casablanca et Tanger. Avec ses 7200 partenaires de ventes dans près de 400 représentations à travers le monde, c’est un poids lourd de l’intermédiation immobilière. Au Maroc, son premier marché est la commercialisation du projet “Al Houara” à Tanger. Un complexe touristique de luxe qui pèse 660 millions de dollars d’investissement, réalisé par Qatari Diar, filiale du Conseil supérieur des affaires économiques et d’investissement du Qatar. Ce projet, qui sera prêt en 2009, prévoit des appartements pour 2 à 7 millions de dirhams et des villas pour 30 à 50 millions de dirhams. Enfin, pour acquérir l’un des six palais du projet, il faudra débourser 100 millions de dirhams. Fortunes moyennes s’abstenir.


Aérien. Embouteillage céleste

Les accords d’Open Sky, en vigueur au Maroc aujourd’hui, continuent à attirer les compagnies aériennes sur les aéroports du royaume. Spanair, la compagnie low-cost espagnole, vient de se positionner sur la ligne très fréquentée de Madrid - Casablanca. Sur le même registre, Ryanair (qui dessert déjà Oujda et Agadir au départ de Paris) vient d’annoncer le lancement de deux nouvelles lignes à destination de Fès et Marrakech. Ainsi, trois vols hebdomadaires seront assurés sur ces destinations à partir du 30 octobre prochain, au départ de Marseille. L'objectif est de transporter 60 000 passagers par an pour un chiffre d'affaires prévisionnel de 2,6 millions d'euros.


Maroc Telecom. Une santé de fer

La contribution des dernières acquisitions de Maroc Telecom commence à se faire sentir dans les comptes de l’opérateur historique. Au terme du premier semestre, la filiale de Vivendi a dégagé un chiffre d’affaires de 1,12 milliard d'euros, en hausse de 20%. Cette hausse s’explique par le développement des activités mobiles et Internet au Maroc, mais aussi par la croissance soutenue des filiales Mauritel (27% de hausse de chiffre d’affaires), Onatel (+17%) et Gabon Telecom (+8%). Idem pour le parc d’abonnés, qui passe, grâce aux nouvelles recrues, à 11,7 millions de clients, soit une progression de 31%. Ces performances sont satisfaisantes aux yeux des analystes des plus grandes banques d’affaires internationales, qui gardent les yeux rivés sur la valeur cotée à la Bourse de Paris.


Tabacs. La Régie change de propriétaire

L’onde de choc de l’offre publique d’achat amicale d’Imperial Tobacco sur le groupe franco-espagnol, Altadis, touche évidemment le Maroc. Altadis est en effet propriétaire de 100% de la Régie des Tabacs, qu’elle avait payée entre 2004 et 2006 pour plus de 18 milliards de dirhams. La Régie marocaine contribue significativement aux performances d’Altadis. À titre d’exemple, pour les résultats du groupe au premier trimestre de cette année, la filiale marocaine a réalisé un chiffre d’affaires de 47 millions d’euros, soit 12% de l’activité du groupe sur la branche cigarettes. Mieux encore, la Régie des Tabacs affiche un des meilleurs taux de croissance des filiales du groupe. Le Britannique Imperial Tobacco hérite donc d’une filiale… en bonne santé.



Pendant ce temps, le peuple….
Folie des grandeurs

Faisant 1m50, Mehdi a toujours été complexé par sa petite taille. Et son défaut anatomique a tendance à s’aggraver ces derniers temps. La cause : à chaque fois qu’il ouvre un journal marocain, il tombe sur un gros titre qui annonce un grand événement. Il y a deux semaines, c’était le plus grand drapeau au monde : 74 m sur 47. Un grand bout de tissu sans utilité prouvée, à moins d’y tailler un string pour King Kong. Et aujourd’hui, on promet au monde (pour avril 2008 à Rabat) le plus grand buffet jamais réalisé. Mehdi ne sait pas encore combien de tonnes de denrées vont être utilisées pour cette grande bouffe, mais il est certain qu’il y aura de quoi nourrir le quartier Akkari pendant une semaine. Mehdi plaint les observateurs du Guinness Book, contraints, à chaque nouvelle prouesse marocaine, de faire escale dans le plus beau pays du monde pour valider les records les plus idiots du monde. Des performances vaines, car les Marocains se lassent vite de leurs grands projets. Il se souvient toujours de cette piscine municipale de Casablanca, la plus grande du monde : 480 m de long, où même une Laure Manaudou perdrait son souffle. Une piscine qui a été d’ailleurs rasée pour construire la mosquée la plus chère au monde. Et les exemples ne manquent pas : la “Gsâa” du plus grand couscous du monde a longtemps gâché la corniche d’Agadir, la plus grande grille de mots fléchés au monde n’a jamais été remplie. Et enfin, le plus grand tajine au monde a été sans saveur. Il y a même un truc qui a été passé sous silence dans la région de Kétama : le plus grand joint au monde. Si ça se trouve, cette dernière prouesse est à l’origine de toutes les autres.



OFF.

Prévue intitialement fin mai, la transaction entre Poste Maroc et la CDG, au sujet de 35% du capital de Sofac Crédit, a finalement eu lieu cette semaine. Ce retard est dû aux tractations entre les deux parties au sujet des termes des relations commerciales. Sofac Crédit devrait en effet s’appuyer sur le réseau de Poste Maroc pour la distribution de ses produits.

 
 
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