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N° 284
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Le contingent de Casques bleus
marocains en Côte d’Ivoire est aujourd’hui cantonné dans
la base de Bouaké.
(AFP)

Soldats marocains. Attention, scandale sexuel !


L’information a fait les Unes des médias internationaux. Des Casques bleus marocains, appartenant à l’opération des Nations Unies en Côte d’ivoire (ONUCI), sont accusés d’abus sexuels sur des filles mineures en contrepartie d’argent. Certaines des victimes sont âgées de 13 ans à peine, et des enfants seraient nés de ces relations pédophiles… Alors que de nombreuses associations ivoiriennes de droits humains ont condamné fermement ces actes, l’ONU a pour sa part réagi en ordonnant, le 20 juillet, le cantonnement immédiat des 732 militaires
du contingent marocain dans sa base de Bouaké, en attendant les conclusions de l’enquête interne. Margherita Amodeo, porte-parole de l’ONU, a cependant précisé qu’une seule unité du bataillon marocain était impliquée dans les abus sexuels. Les Nations Unies, qui ont instauré pour leurs troupes le principe de la tolérance zéro envers de tels actes, veulent donner l’exemple. “Une mission conjointe ONU/Maroc est attendue la semaine prochaine en Côte d’Ivoire pour l’approfondissement de l’enquête”, a déclaré, à ce propos, le porte-parole de l’ONUCI lors d’une conférence de presse à Abidjan. En cas de mise en accusation des militaires marocains, ces derniers seront rapatriés et jugés au Maroc. “Nous sommes disposés à collaborer entièrement avec les Nations Unies”, assure cette source proche de la diplomatie marocaine, chargée de gérer cet épineux dossier.


Khattabi. Le geste de Mohammed VI

En tournée dans la région d’Al Hoceïma, Mohammed VI a inauguré un complexe d’habitations sociales portant le nom de “Abdelkrim Khattabi”. Serait-ce le vrai début de la réhabilitation de l’ancien émir du Rif ? “Khattabi mérite beaucoup mieux, souligne ce proche de la famille, mais c’est quand même la première fois qu’un roi du Maroc va aussi loin”. Pour l’anecdote, et toujours dans le cadre de la même tournée, Mohammed VI a inauguré, non loin du complexe Khattabi, une nouvelle caserne militaire construite sur un terrain de 17 hectares… acheté à la famille Khattabi. Tous ces petits gestes relancent, à leur manière, la grande question : à quand le rapatriement de la dépouille de Abdelkrim ?


Détenus islamistes. Casa, mon amour

Cinq nouveaux détenus islamistes de la prison de Kénitra ont entamé une grève de la faim, jeudi dernier. Ce qui porte à 41 le nombre de détenus islamistes en grève de la faim pour obtenir un transfert vers des prisons plus proches de leurs familles, à Casablanca notamment. Abderrahim Mouhtad, qui préside l’association de soutien Annasir, a rencontré Mohamed Lididi, secrétaire général du ministère de la Justice, pour débattre de la question. “M. Lididi m’a dit que les détenus, étant majoritairement de Casa, il était difficile de les transférer dans des prisons casablancaises déjà surpeuplées.” Une réponse technique. Diplomatique, diront d’autres.


Gendarmes. Souriez, vous êtes filmés !

Le “chasseur de Targuist” a encore frappé. Après avoir mis en ligne, le 8 juillet dernier, une vidéo montrant deux gendarmes en flagrant délit de corruption près de Targuist, dans la région d’Al Hoceïma, conduisant ainsi à leur arrestation, l’internaute a récidivé cette semaine en postant de nouvelles images montrant deux nouveaux agents de la Gendarmerie royale en plein racket, toujours au même endroit. Résultat : les deux agents ont été à leur tour déférés devant la justice ! “Si ça continue, la caméra cachée pourrait devenir la meilleure arme contre la corruption”, ironise à peine ce militant associatif de la région.


Maroc-Espagne. Hrig coûte que coûte

France 24 vient de diffuser cette semaine un reportage poignant sur les moyens utilisés pour passer clandestinement dans les enclaves espagnoles de Sebta et Mellilia, qui sont devenues, depuis les assauts de 2005, de véritables forteresses. Utilisant une caméra cachée, les reporters de la chaîne d’information sont partis, entre autres, à la rencontre de mécaniciens et de tôliers qui font du “customizing” de véhicules de passeurs leur spécialité. Pour 300 dirhams seulement, ces derniers improvisent des cachettes difficiles à découvrir dans le coffre, sous le capot ou le plancher, voire dans la boîte à gants. Pour ce qui est du voyage, il faudra débourser entre 600 et 2000 euros.


Sahara. Khat Achahid n’est pas mort

On n’en avait plus entendu parler depuis le premier round de négociations qui a réuni le Maroc et le Polisario à Manhasset. Et le voilà qui réapparaît à nouveau. Dans un communiqué officiel, Khat Achahid (mouvement qui conteste l’actuelle direction du Front) annonce que ses cadres boycotteront les travaux du prochain congrès du Polisario (reporté de deux mois). “Ce congrès est complètement illégal et la direction qui résultera de ses travaux l’est tout autant”, affirme le communiqué. Pour la première fois, les rédacteurs du communiqué adoptent l’appellation “le Front populaire Khat Achahid” et invitent le secrétaire général des Nations Unies à considérer Khat Achahid comme le représentant légitime du peuple sahraoui. A quelques semaines du second round des négociations, le Maroc ne pouvait espérer un meilleur coup de théâtre.


Religion. Oulémas anglophones

Les futurs oulémas doivent maîtriser le français et l’anglais en plus de leurs connaissances de l’arabe et du Coran. C’est la nouvelle règle que Dar Al Hadith Al Hassania a imposé à tous les candidats désirant poursuivre leurs études en son sein. “Les candidats doivent au minimum obtenir la note de 12 sur 20 dans ces matières pour être admis à l’école”, explique Khalid Saqi, directeur-adjoint de l’établissement. Objectif : combattre l’intégrisme. Les responsables veulent former des oulémas trilingues, capables de discourir avec l’Occident et expliquer les fondements de la tolérance dans l’islam. Les étudiants recevront par ailleurs des cours sur les grandes religions, un programme lancé l’année dernière et qui comprend le judaïsme, le christianisme et le bouddhisme.


Elyazghi. Au nom du père

Omar Elyazghi a été finalement propulsé tête de liste de la circonscription Tanger-Asilah. Selon des sources à l’USFP, la candidature du fils de Mohamed Elyazghi, premier secrétaire du parti socialiste, a été validée dans la douleur. De son côté, Elyazghi père a officialisé sa décision de ne pas se présenter aux élections de septembre, abandonnant ainsi sa place en tête de liste dans la circonscription Rabat-Océan à Latifa Jbabdi, membre du bureau politique et ancienne du PSD. En refusant de briguer un mandat parlementaire, Elyazghi se positionne clairement en premier ministre potentiel. Et croise les doigts pour que le message soit bien reçu…


Stratégie. Tous contre la coke !

Une nouvelle stratégie de la DGSN (Sûreté nationale), concernant le trafic de cocaïne, a été mise en place, courant juillet. Pour la police, il s’agit de faire face à un trafic de plus en plus important. Ainsi, lundi dernier, dans la même journée, les agents de la DGSN ont fait avorter trois opérations de vente de quantités importantes de cocaïne à Rabat, Tanger et Laâyoune. Dans la foulée, des instructions ont été données aux services de sécurité pour renforcer la surveillance des frontières. À signaler par ailleurs que la cocaïne saisie était, dans certains cas, mélangée… à du sel.


Dopage. Dghoughi déballe

Le quotidien français Le Monde révèle que l’athlète marocain Aïssa Dghoughi a adressé un courrier officiel à la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), dans lequel il reconnaît avoir fourni des produits dopants à plusieurs coureurs de demi-fond récemment suspendus. Dghoughi, lui-même suspendu pour trois ans, accuse au passage l’ancien champion olympique Khalid Skah d’avoir fourni de l’EPO et des hormones de croissance à des athlètes d’origine marocaine, lors de stages d’entraînement à Ifrane. Contacté, le directeur technique de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA), Aziz Daouda, explique que “tous ces athlètes louaient des appartements en dehors des centres d’entraînement à Ifrane, de manière à échapper à tous les contrôles”. Le doute est quand même permis.



3 questions à Farida Belyazid
[Cinéaste]


Avec la linguiste Dominique Caubet, vous venez de réaliser le documentaire Nayda (sortie prévue pour la mi-août). Pensez-vous que la Nayda existe réellement au Maroc ?
C’est la question que je pose dans le documentaire. Je ne suis ni sociologue ni anthropologue, mais j’estime qu’il existe un mouvement musical et social chez les jeunes, qui sortent d’une certaine léthargie. Donc oui, Nayda existe réellement. Et ce n’est pas le propre du Maroc. Ce mouvement se déroule à l’échelle planétaire. C’est une sorte de réaction de toutes les rues du monde face à la mondialisation. En même temps, ce phénomène revêt une dimension très locale.

Et que dire des groupes de rap qui tiennent des propos conservateurs, parfois liberticides ? Participent-ils à la dynamique Nayda ?
Chacun exprime les choses qu’il ressent à sa manière. Le conservatisme, et même l’islamisme, sont aussi des modes de réaction face à cette mondialisation. Ils participent donc à ce mouvement.

Peut-on affirmer qu’il existe des similitudes entre le phénomène Nayda et la Movida du milieu des années 70 en Espagne ?
La Movida a été une vraie rupture dans l’Espagne d’après Franco, orchestrée par une population disjonctée. Au Maroc, on ne peut pas parler de changement radical. Les choses se font plutôt dans la continuité. Il existe donc une dynamique, mais elle est nettement moins brutale qu’en Espagne.


Campagne. Ça tourne chez les camarades

Le PPS a choisi d’appuyer sa campagne électorale par un film de 17 mn, intitulé “A’bbir (exprime-toi)”. L’idée en revient à Youssef Blal, jeune politologue affilié au parti (et fils de Aziz Blal, figure emblématique de l’ancien parti communiste), qui en a écrit le scénario. “Le film est à mi-chemin entre la fiction et la réalité. Il dépeint les problèmes de la jeunesse marocaine et propose quelques solutions”, nous explique cette source. Sans être devin, la solution la plus claire, selon le film et le parti, devrait être : participer à la vie active de son pays, via une adhésion aux ONG et aux partis politiques… A signaler, pour l’anecdote, que le film qui animera la campagne du PPS a été réalisé par Younes Reggab, fils du regretté Mohamed Reggab.


Elections. Les mesures de Benmoussa

Chakib Benmoussa a annoncé, lundi dernier, aux chefs de partis politiques, que le ministère de l’Intérieur a instauré des mesures disciplinaires, qui vont jusqu’au licenciement (waw !) des agents d’autorité accusés de fournir un soutien à des candidats aux élections législatives. Le ministre, accompagné à l’occasion par Fouad Ali El Himma, a précisé que “les départements de l’Intérieur et de la Justice travaillent de concert pour sanctionner toute entrave à la transparence des élections”. Le royaume autorisera par ailleurs 3000 observateurs, nationaux et étrangers, à suivre le déroulement du scrutin législatif du 7 septembre.


“Manque de respect au roi”. 4 ans fermes !

Douze mois de rallonge pour les cinq manifestants du 1er mai à Ksar El Kébir, accusés d’avoir “manqué de respect au roi”. La cour d’appel de Tanger a condamné les militants de l’AMDH, au courant de la semaine, à 4 ans de prison ferme pour “atteinte aux valeurs sacrées du royaume”, durcissant ainsi le premier jugement rendu par le Tribunal de première instance de Ksar El Kébir (3 ans de prison et 10 000 dirhams d’amende). La même semaine, deux autres manifestants, condamnés à Agadir pour les mêmes motifs, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. “Ils sont emprisonnés avec des détenus de droit commun. L’un d’entre eux a même été victime d’une tentative de viol”, affirme Elhoussine Oulhouss, responsable de l’AMDH à Agadir.


Saâd El Alami. Mon ami le Rossignol

La semaine dernière, Saâd El Alami était l’invité de Mostpha Alaoui, lors de l’émission Hiwar sur Al Aoula. Le ministre des Relations avec le Parlement y a défendu les chances du Parti de l’Istiqlal lors des prochaines législatives, et a exposé le bilan de son département ministériel. Lors des trente dernières secondes de l’émission, le ministre a gratifié l’audience d’une anecdote on ne peut plus croustillante. “A un moment, dans les années 70, Abdelhalim Hafez était interdit au Maroc. Et ce n’est qu’après une interview que j’ai réalisée avec lui au Caire qu’il a pu animer des soirées au Maroc”, a notamment raconté El Alami. Ah bon ?


Original. Fatwas sur la voie publique

Non, ce n’est pas une blague. Al Majliss Al Ilmi de Casablanca (une sorte de conseil religieux local) a organisé une campagne de communication d’un genre bien particulier. Du 22 au 28 juillet, les oulémas casablancais ont dressé des tentes sur les grandes artères casablancaises. Le Conseil y a exposé des ouvrages religieux politiquement corrects et ses oulémas y ont rendu des fatwas en temps réel. “Ils (les oulémas) sont à la disposition des citoyens pour répondre à toutes leurs questions. De cette manière, les gens ne seront plus à l’affût de fatwas venues d’ailleurs”, explique un membre du Majliss Al Ilmi de Casablanca. Selon ses organisateurs, l’opération en est à sa troisième édition. Un Roukn Al Moufti ambulant… Il fallait y penser !


Santé. Rupture de stock

Les immunoglobulines, anticorps pourtant vitaux, sont introuvables dans les centres de transfusion depuis la généralisation de l’AMO, qui a fait exploser de la demande. Al Ahdat Al Maghribia a souligné le problème dans l’une de ses éditions de la semaine, reprochant notamment à Noufissa Benchemsi, directrice du Centre national d’hématologie et de transfusion sanguine, de ne pas disposer du produit en quantité suffisante... Alors, qu’en est-il ? “Nous sommes en rupture de stock car le Maroc ne produit pas ce médicament et qu’il nous parvient en quantité limitée, répond l’intéressée. Et l’importation de ce produit ne relève pas de notre compétence”. Et les malades dans tout ça ?


PPS. Sqalli trahie par ses camarades

Séisme au PPS. La députée Nouzha Sqalli s’est retirée de la liste nationale des femmes, après avoir été placée en troisième position, derrière Gajmoula Bent Abbi et Amal El Amri. “Mon bilan parlementaire n’a pas été pris en compte. Ismaïl Alaoui (le SG du PPS) m’avait promis la première place, mais il a subi des pressions qui ne reposent sur aucun critère objectif”, proteste Sqalli, qui ne se présentera donc pas aux élections, mais restera quand même militante du parti. Une source au PPS explique que le choix des candidates a obéi à des considérations politiques. Gajmoula Bent Abbi est “la porte-parole des Sahraouis”, et Amal El Amri, figure de l’UMT, garantit le soutien de la centrale syndicale au parti. “Ce qui a compliqué les choses, c’est que Nouzha a toujours demandé la première place sur la liste et ne voulait plus passer le relais”, explique notre source.


Justice. Les “small fish” de Bouzoubaâ

Mercredi dernier, Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, répondant à une question orale à la Chambre des conseillers, déclarait que les affaires de corruption déférées devant le Parquet ont augmenté de 50% en 2006 par rapport à 2005, et impliquaient 5862 personnes. Tout en soulignant les progrès réalisés en la matière, Azzedine Akesbi, président de Transparency Maroc, estime pour sa part que les cas traités concernent pour la plupart des petites affaires, les “small fish”, comme il aime à les qualifier, alors que les gros bonnets n’ont jamais été réellement inquiétés par la justice. Pour rappel, dans le dernier classement de Transparency International, le Maroc occupait la 79ème position parmi 163 pays.


Trafic. Le mur marin

La semaine dernière, le général Abdelaziz Bennani, commandant de la Zone sud, a organisé à Agadir une réunion avec des armateurs. Objectif ? Les mettre à contribution dans la lutte contre le trafic d’armes, de drogues et l’immigration clandestine. Et comment donc ? En constituant, bateaux à l’appui, une frontière marine qui longerait la côte au large de Guerguerat (près de la frontière mauritanienne). Réaction de Abderrahman Yazidi, secrétaire général du Syndicat des officiers et marins de la pêche hauturière : “La marine royale nous demande de sacrifier un mois de pêche pour surveiller les côtes. C’est impensable”. Ben si, quelqu’un y a bien pensé…


RNI. Programme de charme

“Pour un Maroc fort et solidaire”. Tel est le slogan du programme du RNI, présenté jeudi dernier à l’opinion publique. Un programme qui s’articule autour de quatre piliers principaux, couvrant l’essentiel des défis majeurs qui attendent le Maroc à l’horizon 2012. Une feuille de route présentée (et sans doute élaborée) par les quatre membres du gouvernement que compte le parti : Salaheddine Mezouar, Rachid Talbi Alami, Anis Birrou, mais aussi Mohamed Boussaïd, qui a été particulièrement convaincant sur le volet du financement de ce programme, dont le coût est estimé à 180 milliards de dirhams. Outre ces quatre ministres du parti, des guest-stars ont aussi été de l’évènement, pour ne citer que Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Bensaleh ou encore Noureddine Ayouch. La politique change visiblement de visage.



Humeur. Le bug de l’année

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Quelque chose a changé au Maroc. Un doux séisme, une mini-révolution culturelle. Comment expliquer, sinon, que nos amis du Matin (du Sahara et du Maghreb) aient célébré, avec un jour de retard, le huitième anniversaire de la disparition de Hassan II ?? Ont-ils oublié ? Un buveur de lait s’est exclamé : “Ce n’est pas possible, une ligne s’est échappée du disque dur du Makhzen !”. Je n’irai pas jusque-là, par respect pour mes confrères : le disque dur n’a rien perdu de sa formidable mémoire, il a simplement “bogué”, le temps d’une journée… C’est humain. Et puis, ce n’est pas bien grave, puisque le résultat final est le même, un texte commémoratif digne des interminables écrits du grand Moulay Ahmed Alaoui. De l’extase à l’état pur. Extrait : “Il (Hassan II) restera celui qui, par son génie incomparable, lança la glorieuse Marche verte”. L’hommage est juste, puisque la Marche verte a été effectivement un coup (de poker) de génie, mais les pointes extatiques (“incomparable”, “glorieuse”) vous renvoient dans un climat mental exceptionnellement cotonneux, lénifiant. Vous vous sentez tout petit, sonné, hébété. Comme lorsque, à dix ans, les joues encore roses, beau et souriant, vous subissiez de plein fouet les anthologies de notre cher Moulay Ahmed… Non, la langue de bois a de beaux jours devant elle. Un autre buveur de lait m’a même assuré qu’il y a “des gens qui doivent aimer ça”. Et puis, en lisant “ça” dans les colonnes du Matin, certes avec un surprenant décalage de 24 heures, on ne peut pas dire qu’il y ait erreur sur la marchandise. On est bien dans la bonne boutique, celle de l’histoire magnifiée et des hommes déifiés. Un certain Maroc, finalement, immémorial, immatériel, qui n’existe que dans l’imaginaire de ses laudateurs.



VITES !

Le procès de notre confrère Abderrahim Ariri a rassemblé une foule bigarrée, brassant militants de gauche et islamistes. L’invité-surprise, parmi le public, aura été Rachid Ghoulam, dit le Rossignol (d’Al Adl Wal Ihsane) dont c’était le grand retour en public depuis l’affaire de mœurs dont il fut le malheureux acteur en avril dernier.


La DGST vient d’ouvrir une nouvelle direction à Tétouan. Les James Bond de la province de Tétouan, qui dépendaient jusqu’à présent de la juridiction de Tanger en matière d’espionnage, auront à contrôler un territoire plus large qui englobe Tétouan, le poste-frontière de Bab Sebta, Chaouen, Al Hoceïma et Nador.


La semaine dernière, une trentaine de stars du foot dont Pelé, Eto’o et Weah se sont donné rendez-vous au Cap, en Afrique du Sud, pour un match de gala en hommage à Nelson Mandela. Baddou Zaki était également sur la liste des invités mais n’a pas pu s’y rendre finalement “à cause d’une urgence de dernière minute”, nous a-t-il expliqué. Dommage !


13 tonnes de haschich, c’est la somme des saisies réalisées par la douane au poste-frontière du port de Tanger depuis janvier 2007. Selon la douane, la drogue a été saisie en 157 opérations (à raison de plus de 20 opérations par mois !), qui ont donné lieu à l'arrestation de 218 personnes.


ça se confirme. La séparation entre le groupe français Auchan et l’ONA est attendue dans les semaines à venir. ONA devrait récupérer la totalité du capital des holdings de tête de Marjane et Acima. Un cabinet d’audit international vient d’être mandaté pour déterminer le prix de l’opération de divorce.


Cocorico ! Répondant à la demande de nos très nombreux lecteurs sur le Net, TelQuel est désormais disponible en France depuis deux semaines. On peut le trouver dans une centaine de kiosques à travers l’Hexagone, dont une dizaine à Paris (pour plus de détails, www.trouverlapresse.com). Prochaines étapes : la Belgique et le Canada. Incha Allah…
 
 
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