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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Erdogan peut désormais compter
sur la confiance renouvelée
des électeurs turcs.
(AFP)

Turquie. La victoire d’Erdogan


Recep Tayyip Erdogan a remporté une éclatante victoire aux législatives anticipées, qu’il sera difficile aux élites laïcistes de contester. L’AKP, son parti, a remporté 47,6 % des voix aux législatives turques. Du coup, Erdogan a présenté lundi la démission de son gouvernement au président Sezer et devrait, en tant que chef du parti victorieux, être chargé de former la nouvelle équipe. Ce scrutin était censé dénouer la crise qui a opposé, au printemps dernier, Erdogan aux partisans de la laïcité, dont l’armée, qui soupçonnaient son
gouvernement de vouloir islamiser le pays en catimini. Comment Erdogan a-t-il réussi à sortir de l’ornière ? “Erdogan, qui s’est fait réélire comme un président, a fait une campagne ciblée sur M. Tout le monde, axée sur la vie quotidienne et vantant les résultats économiques du gouvernement. L’AKP a bien compris qu’il fallait élargir sa base électorale pour devenir un parti populaire”, souligne à l’AFP Jean Marcou, chercheur à l’Institut français d’études anatoliennes d’Istanbul. L’intervention de l’armée dans la crise, en avril dernier, a aussi eu un effet boomerang, avec un sursaut “démocratique” des électeurs qui a profité au parti au pouvoir. De fait, l’AKP, fondé en 2001 par d’anciens islamistes, est devenu aujourd’hui un parti ordinaire de centre droit, fréquentable, et qui a su convaincre des électeurs de tous les horizons. Les Turcs croient aujourd’hui qu’Erdogan a changé. L’homme avait très tôt brillé dans le parti islamiste d’Erbakan puis s’est fait élire maire d’Istanbul. Mais sa carrière s’interrompt lorsqu’il déclame un poème affirmant que “les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes”. Il est alors emprisonné pendant quatre mois. À sa sortie de prison, le gouvernement d’Erbakan est renversé. Le vent tourne. Erdogan affirme avoir tiré un trait sur son passé islamiste et clame son attachement aux valeurs pro-occidentales. Il a visiblement compris que sans une modernisation et le soutien de l’UE, il ne peut tenir tête à l’armée. Il fonde en 2001 l’aile réformiste de l’AKP. Il reste aux yeux des Turcs l’homme qui a arrimé la Turquie à l’Europe, et qui a remis en route l’économie du pays.


Libye. La diplomatie parallèle des Sarkozy

La libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien a placé Cécilia Sarkozy sur le devant de la scène. Au cours de ses visites- surprises en Libye les 12 et 22 juillet, elle a endossé l’habit inédit d’émissaire personnel du président français. Tout en se félicitant du dénouement heureux de l’affaire, des voix à gauche se sont offusquées de cette diplomatie parallèle, se demandant à quoi servait Bernard Kouchner. En l’absence de tout statut de la femme du président en France, chaque "Première dame" a dû définir le rôle qu’elle entendait jouer, du rôle de potiche à celui de diplomate “officieuse”. Le statut de Cécilia Sarkozy ? Mystère. On sait seulement que les négociations ont été “dures” et que le rôle de l’émir du Qatar a été fondamental. La Libye a fait monter les enchères : Kadhafi a réclamé la modernisation du centre de soins de Benghazi où les enfants contaminés sont soignés. Le leader libyen aurait aussi réclamé la reconnaissance de tous les pays européens, y compris ceux qui étaient en froid avec Tripoli.


Inde. Une femme présidente !

Pour la première fois de son histoire, l’Inde a une présidente femme. Pratibha Patil, une avocate de 72 ans, a été largement élue (aux deux tiers des suffrages) à la tête du pays et a prêté serment mercredi. Attaquée par ses adversaires, elle a axé sa campagne sur l’émancipation de la femme. Elle succède au président Abdul Kalam, 75 ans, connu comme le père du programme de missiles balistiques de l’Inde. C’est une révolution dans ce pays où les institutions sont dominées par les hommes, excepté les figures d’Indira Gandhi, premier ministre, et Sonia Gandhi, qui préside le Parti du Congrès au pouvoir. Pratibha Patil, jusque-là gouverneur de l’Etat du Rajasthan, a été préférée à Abdul Kalam comme candidate du Parti du Congrès. C’est un pas important en avant, au moins par la symbolique, que vient d’effectuer l’Inde en vue d’accéler sa modernisation.


Belgique. La fausse note de Leterme

La presse belge a fait ses choux gras de la “bourde” d’Yves Leterme, le nouveau premier ministre belge. Interrogé par la RTBF sur ce que commémorait la fête nationale belge, l’homme fort du CDV a répondu : “La proclamation de la Constitution”. Il s’agit en fait de la prestation de serment de Léopold Ier comme roi des Belges le 21 juillet 1831. L’affaire s’est corsée lorsque la chaîne lui a demandé d’entonner l’hymne national. Leterme a alors… confondu la Marseillaise avec la Brabançonne flamande ! Du coup, ces bévues en série ont éclipsé sa présentation d’un important document en vue de former une coalition démocrate-chrétienne. Il lui sera difficile de concilier les aspirations des néerlandophones avec celles des francophones, qui lui sont hostiles.


Climat. La météo s’emballe

Le temps devient fou, fou, fou. La canicule qui sévit sur le sud-est de l’Europe, avec des températures qui dépassent les 40°, a déjà fait 500 morts en Hongrie. En Roumanie, cette nouvelle vague de chaleur a fait 30 morts. Idem dans la moitié sud de l’Italie, où le thermomètre a atteint les 44° à Tarente et Catane. La Macédoine et la Serbie sont aussi affectées par de nombreux feux de forêt. Pendant ce temps, plus au nord, la Grande-Bretagne connaît les inondations les plus spectaculaires depuis 60 ans. Elles ont laissé des centaines de milliers de foyers sans eau potable ni électricité. Et en France, on guettait toujours l’arrivée du soleil…



Lu pour vous.
Le coût de l’incompétence [ALGÉRIE]

Chawki Amari, El Watan, le 23 juillet

Il fallait s’y attendre, le ministre de l’Agriculture algérien, Saïd Barkat, ne connaît pas le prix de la pomme de terre (…). Interpellé par d’autres ministres, M. Barkat a répondu que le légume coûtait 30 DA et qu’il n’y avait donc pas de problème. S’il n’y avait pas de problème, pourquoi alors chercher une solution ? Voilà pourquoi la pomme de terre est à 70 ou 80 DA, rien n’étant fait par M. Barkat pour faire baisser son prix. Tout le monde se plaint du prix excessif de cet aliment de base du panier algérien et même les supporters du Mouloudia en ont fait une chanson. En bon ministre, Saïd Barkat ne lit pas la presse, ne regarde pas les matches à la télévision et ne fait pas son marché lui-même. Doit-on lui en vouloir ? Pas forcément, puisque le ministre du Commerce ne doit pas savoir combien coûte un kilo de viande, tout comme le ministre du Logement ne connaît probablement pas le prix des appartements sur le marché et le ministre des Transports combien coûte un billet d’avion pour Oran. S’ils savaient combien sont chers tous ces produits qui ruinent les familles algériennes, ils feraient certainement quelque chose pour les faire baisser. Sauf que le ministre de l’Energie, lui, connaît le prix du baril de pétrole : il pourrait atteindre la barre des 100 dollars. Mais là, c’est différent, parce que, pour l’Algérie, le pétrole doit augmenter, c’est sa seule source de revenu. Le reste n’a pas d’importance.



Tunisie. Mohamed Abbou libéré

Le célèbre avocat et opposant tunisien Mohamed Abbou, condamné en 2005 à trois ans et demi de prison, a été libéré mardi. Âgé de 41 ans, Mohamed Abbou avait été condamné après avoir diffusé un article sur Internet, dans lequel il comparait la torture pratiquée dans les lieux de détention en Tunisie aux sévices américains dans la prison d’Abou Ghraïb, en Irak. Une autre condamnation concernait des “violences” suite à la plainte d’une avocate. En octobre 2005, Mohamed Abbou s’était cousu la bouche d’agraphes, dans sa cellule, pour protester contre le régime de Ben Ali et “le triste sort” de son pays. Cette libération survient à la veille du 50 ème anniversaire de la république. Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, a salué la libération de Abbou, en qui il voit un “prisonnier politique, jugé pour ses idées”, et espère qu’elle “ouvrira la voie à une décrispation du système.”


VITE !

Tony Blair s’est envolé pour le Moyen-Orient comme émissaire du Quartette pour relancer le processus de paix israélo-palestinien. Il s’est rendu en Jordanie, a rencontré MM. Abbas et Olmert. Mais il a exclu de s’entretenir avec des responsables du Hamas.

 
 
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