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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Mehdi Sekkouri Alaoui

Histoire. Il était une fois le débarquement


En commémoration du
centenaire du débarquement français à Casablanca, le collectionneur Mohamed Tangi prépare une exposition inédite sur cet évènement majeur de notre histoire. En exclusivité, TelQuel vous présente un aperçu de ces documents uniques.


Début du 20ème siècle. Il n’y a plus de place au doute : le Maroc est définitivement dans la ligne de mire de l’impérialisme français. “L’Hexagone étant saturée, les Français se devaient de se trouver de nouvelles ressources, mais aussi de nouveaux marchés”, explique l’historien Mohamed Maârouf Daffali. On assiste alors à une colonisation progressive du royaume : de grands projets de construction sont confiés aux entreprises française, alors que la douane du port de Casablanca se retrouve entre les mains du pouvoir français, tout comme la gestion de la police de la ville. Et le tout va provoquer de violentes réactions nationalistes. Le 19 mars 1907, un célèbre médecin français est assassiné à Marrakech. L’ordre est alors donné aux troupes françaises, installées le long de la frontière algérienne, de prendre d’assaut la ville d’Oujda, qui était jusqu’ici un symbole de résistance à l’occupation. En apprenant la nouvelle, les Casablancais réagissent en s’attaquant le 30 juillet de la même année à la voie ferrée, faisant ainsi neuf morts dans le déraillement d’un train, parmi lesquels figurent trois français. Il n’en fallait pas plus que que les Français enclenchent leur machine de guerre. “C’était le prétexte qu’il leur fallait pour poursuivre leur visées hégémoniques”, ajoute Daffali. Le 5 août, aux premières lueurs de l’aube, la flotte française envoyait ses premiers obus sur Casablanca. Le débarquement pouvait commencer…
Ces quelques documents, faisant partie de la collection privée de Mohamed Tangi, retracent, par l’image, quelques instant de cet épisode d’histoire. Ils feront dans quelques semaines l’objet d’une exposition. En voici un extrait en avant-première.


En pleine guerre contre les “indigènes”, les militaires français transforment une mosquée casablancaise, dans un quartier “conquis”, en hôpital de garnison.


Une rue casablancaise, entièrement dévastée par les bombardements de la flotte française.


Couverture du journal français L’illustration, du 25 août 1907. Une ruelle de Casablanca jonchée de cadavres, après un bombardement et le débarquement des forces françaises à Casablanca.


La Une du journal “Le Matin” du 7 août 1907. Sans commentaire.


L’attaque du chemin de fer, le 30 juillet 1907, causant la mort de neuf Européens, dont trois français, et qui a été le prétexte invoqué pour le débarquement des forces françaises.


Dessin paru dans ke supplément illustré du Petit journal, du 7 août 1907. On y voit notamment la victoire des forces françaises et la reddition d’un combattant marocain.


Un bataillon français dans les tranchées, creusés dans les alentours de la ville de Casablanca.


La flotte française dans la baie de Casablanca, forte de plusieurs bâtiments de guerre et de 1500 hommes, prépare la prise de la ville.



Portrait. La mémoire de Casablanca

C’est l’histoire d’un Casaoui pas comme les autres, qui a promis à sa ville de lui restituer fidèlement son passé. Passionné, voire obsédé par cette promesse, Mohamed Tangi, la cinquantaine entamée, sillonne le monde depuis une quinzaine d’années, à la recherche de l’histoire de son Casablanca natal.
Photographies, coupures de journaux, films, cartes postales, livres, affiches, correspondances, vidéos, objets décoratifs… Tangi amasse tout ce qui a un rapport avec Dar El Beida. Son bureau du centre ville, où trônent des centaines de ses trophées de chasse, rendrait certainement jaloux les plus grands musées internationaux. Et pour transmettre sa passion à d’autres Casablancais, il n’hésite pas à y organiser des visites guidées. En nourissant l’espoir d’inaugurer, un jour, un espace permanent dédié à son Casablanca bien-aimé .

 
 
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