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Un dossier de Fahd Iraqi
Spécial Élections. Les programmes au banc d'essai
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Les preuves de soutien
à Ariri nont pas manqué
tout au long de sa détention.
(AIC PRESS)
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Des partis qui proposent de vrais programmes électoraux ? Du jamais vu au Maroc ! Mais s'agit-il véritablement de vision politique ou seulement de promesses électoralistes plus ou moins réalistes ? Pour le savoir, TelQuel les a décortiqués, avec l'aide d'experts. Et livre ses conclusions.
De mémoire de non-électeur, jamais les urnes n'ont porté de meilleure toilette. Autrement dit, le cru 2007 des législatives s'annonce nettement moins rébarbatif que les précédents. Au-delà de l'enjeu de cette deuxième échéance électorale de la nouvelle ère (ce sont les |
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résultats qui feront la différence), la campagne s'est muée, et c'est une première, en une véritable course aux
programmes.
C'est manifestement l'approche en vogue du moment. Pour une fois, les partis se sont prêtés au jeu, pour mettre noir sur blanc leurs engagements vis-à-vis des électeurs. Un minimum dans une démocratie, une nouveauté pour le Maroc qui prétend en devenir une. La nouveauté de l'exercice est d'ailleurs palpable dans les proses des différentes formations politiques. Des 505 commandements de l'USFP, aux 66 mesures du MP, en passant par les 67 pages de prêche du PJD, il y en a pour tous les goûts, même pour les amateurs de numérologie.
Et quand il s'agit d'objectifs chiffrés (autre grande nouveauté), les propositions sont parfois trop ambitieuses, souvent irréalistes, sinon fantaisistes. Il faut avouer néanmoins que des pistes intéressantes peuvent être dénichées ici et là. Et sur plusieurs points, l'unanimité est quasiment acquise : réformer la justice, réviser la fiscalité, augmenter le budget de la santé, améliorer le système éducatif, etc. On verra bien jusqu'à quel point tout cela se traduira sur le terrain. Car nous n'avons d'autre choix que de les prendre au mot. C'est pour cela que les programmes de sept partis sont passés au crible dans les pages qui suivent. L'exercice ne pouvait être exhaustif, si l'on considère qu'une trentaine de formations sont de la bataille législative. Mais le choix a été porté sur les partis qui risquent de se retrouver demain aux affaires : cinq font partie de la coalition gouvernementale sortante, et les sept représentent quasiment les deux tiers du Parlement. Et pour tenter de décortiquer leurs programmes respectifs, des experts, triés sur le volet, ont été appelés en renfort. Chacun, dans son domaine de prédilection, s'est penché sur l'une des cinq thématiques jugées prioritaires : gouvernance, croissance, emploi, éducation et santé. Le but est de proposer une grille de lecture qui pourrait aider les électeurs (dont vous) à juger sur pièces. Une grille où les propositions sont évaluées, les faiblesses pointées et les contradictions relevées. Mais le plus difficile a été d'essayer d'interpréter (voire de comprendre) quelques formules ponctuées d'une délicieuse langue de bois. Car, programmes ou pas, nos hommes politiques sont toujours de véritables artisans en ébénisterie. |
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à lexception de LAlliance
PSU-PADS-CNI, aucun parti nose
demander une réelle réforme
constitutionnelles,
rééquilibrant la répartition des
prérogatives entre le roi, le
gouvernement et le Parlement.
(TNIOUNI / NICHANE)
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Gouvernance.
La réforme constitutionnelle, incontournable ?
Justice, corruption, libertés publiques, administration et Parlement sont des thèmes qui reviennent sans cesse dans les programmes des partis. Mais quand il s'agit de la refonte des institutions constitutionnelles (et donc du pouvoir du roi), chaque parti s'y prend à sa manière.
Alliance PSU-PADS-CNI
Courageux
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Fidèle à ses idées d'extrême gauche, l'Alliance promet une réforme constitutionnelle qui garantit une réelle séparation des pouvoirs. Le premier ministre devra être issu d'une majorité élue et veiller à l'application du programme contracté avec les électeurs (et non celui défini par le roi). Il devrait voir ses fonctions s'élargir pour nommer les hauts fonctionnaires, les gouverneurs et les walis, ainsi qu'à la révocation d'un membre du gouvernement. Concernant la Chambre des conseillers, l'Alliance ne s'arrête pas uniquement à sa réforme, demandant sa suppression pure et simple. En revanche, le pouvoir du Parlement devra s'étendre à des décisions cruciales, comme la déclaration de guerre ou encore l'Etat d'exception. Le groupement des partis de la gauche non gouvernementale plaide aussi pour une révision du Code électoral et pour la limitation des pouvoirs accordés au ministère de l'Intérieur vis-à-vis des partis. Finalement, rien que du classique dans la vision démocratique de ces formations.
MP
Décevant
Les propositions sont pour l'essentiel concentrées autour de l'administration, pour laquelle le parti promet une réforme plus rigoureuse et plus efficace. Le MP n'en dira pas plus à ce sujet et ses rares propositions restent très vagues. Le mot Constitution est également banni de son programme, alors que le parti établit un diagnostic assez intéressant des raisons majeures des blocages que connaît l'action publique : «Décalage entre le pouvoir d'action que confère la majorité et l'incapacité d'assumer pleinement ce pouvoir». Pourtant, il se contente de proposer une vague réforme des institutions représentatives
qui ne débouche sur rien de concret. Le parti est aussi le seul à ne pas évoquer dans son programme une réforme de la justice. Plus décevant encore, il ne demande pas une constitutionnalisation du tamazight comme langue nationale. Serait-ce un calcul politicien, visant à balayer toute caractéristique identitaire d'un parti où les leaders (comme une bonne frange de la base électorale) sont amazighs ? En tout cas, c'est une carte dont se prive gratuitement (bêtement ?) le MP, puisque plusieurs autres formations politiques ont soulevé sans détour la question amazighe.
Istiqlal
Évasif
Bien qu'il prône un renforcement des pouvoirs du premier ministre (logiquement au détriment de ceux du roi), le PI préfère parler de réforme politique, au lieu dévoquer ouvertement une réforme constitutionnelle. Son programme relatif au concept de régionalisation contient néanmoins des pistes prometteuses. Le parti s'engage ainsi à réduire le nombre de régions, et à instaurer une plus forte implication de l'action gouvernementale dans le suivi des actions des différentes régions, qui feront l'objet d'un contrat-programme avec l'Etat (une idée qui revient chez plusieurs partis). Ainsi, le PI propose l'organisation d'un Conseil de gouvernement mensuel dans une région, conseil qui serait consacré au développemOn ne sait par quel miracle le PPS compte atteindre son objectif de placer le Maroc dans le top 20 des pays les moins corrompus au monde. Le pays étant classé 79ème, selon l'indice de Transparency International, la pente paraît pratiquement insurmontable en cinq ans ! Un parti aux affaires depuis dix ans (pendant lesquels la corruption s'est justement aggravée) était censé être conscient de cette réalité. Ce n'est visiblement pas le cas. En plus, quand il s'agit de mesures, on n'en retrouve même pas les plus élémentaires (répandues sur les textes de tous les autres partis) sur le programme du PPS, comme la mise en place d'une instance indépendante pour lutter contre la corruption. Les autres propositions s'avèrent également peu détaillées et souvent habillées de formules absconses. Exemple : Opérationnaliser de façon accrue l'institution du premier ministre ! Pour les initiés, il s'agit d'un ersatz de proposition de réforme constitutionnelle.
ent de celle-ci. Le parti évoque aussi la nécessité de reconsidérer les attributions de la Chambre des conseillers, en limitant sa composition aux représentants des régions. Néanmoins, cette proposition a la faiblesse de ne pas être adossée à une réforme de l'instance régionale élue. Et le parti ne met jamais sur la table du débat une révision du Code électoral.
PJD
Paradoxal
Sur ce volet, une précision chirurgicale caractérise le programme du PJD. À titre d'exemple, quand le texte évoque l'indépendance de la justice, il va jusqu'à préciser dans le détail la future composition du Conseil supérieur de la magistrature. Idem quand il parle de l'élargissement des pouvoirs de contrôle du Parlement et de ses compétences législatives. Sa proposition de fixer un délai constitutionnel pour la publication des lois dans le Bulletin officiel ou pour la promulgation des décrets pourrait être une solution efficace au manque de célérité dans l'adoption effective des lois. Révision du Code électoral, corrélation entre la nomination du premier ministre et le résultat des urnes sont d'autres propositions (assez détaillées de surcroît) renvoyant à une réforme constitutionnelle clairement évoquée par le parti. L'implication du gouvernement dans certaines décisions, aujourd'hui concentrées entre les mains du roi, est poussée jusqu'à promettre la réglementation de l'Etat d'exception. Sans surprise, les islamistes jouent la carte de la religion. Religion qui devrait, selon le PJD, servir de référence essentielle à toute loi, via l'implication de deux oulémas dans le Conseil constitutionnel. Paradoxalement, quand il évoque le volet des libertés publiques, le parti parle de principes universels, dans la mesure où il prévoit le renforcement de la place des conventions internationales relatives aux droits de l'homme dans le texte constitutionnel. Cela dit, le parti est dans son rôle. Il ne fallait pas compter sur lui pour parler de laïcité, un thème d'ailleurs littéralement boycotté par tous les partis.
PPS
Indéfendable
On ne sait par quel miracle le PPS compte atteindre son objectif de placer le Maroc dans le top 20 des pays les moins corrompus au monde. Le pays étant classé 79ème, selon l'indice de Transparency International, la pente paraît pratiquement insurmontable en cinq ans ! Un parti aux affaires depuis dix ans (pendant lesquels la corruption s'est justement aggravée) était censé être conscient de cette réalité. Ce n'est visiblement pas le cas. En plus, quand il s'agit de mesures, on n'en retrouve même pas les plus élémentaires (répandues sur les textes de tous les autres partis) sur le programme du PPS, comme la mise en place d'une instance indépendante pour lutter contre la corruption. Les autres propositions s'avèrent également peu détaillées et souvent habillées de formules absconses. Exemple : Opérationnaliser de façon accrue l'institution du premier ministre ! Pour les initiés, il s'agit d'un ersatz de proposition de réforme constitutionnelle.
RNI
Technique
Plus royaliste que le roi, le programme du RNI ne prévoit aucune réforme constitutionnelle qui tendrait vers le renforcement des pouvoirs ou la représentativité du premier ministre. Même les mesures avancées concernant la justice sont davantage d'ordre technique que constitutionnel. Toutefois, quelques propositions relatives à la modernisation de l'administration sont assez séduisantes, comme celle de réserver 1,5% de la masse salariale de la fonction publique à la formation continue des fonctionnaires. En termes de régionalisation aussi, le RNI apporte des idées à creuser. Exemple : la création d'un ministère chargé de la régionalisation, des collectivités locales et de la décentralisation. Une scission par rapport aux compétences actuelles du ministère de l'Intérieur, qui se retrouverait cantonné aux seules fonctions sécuritaires. Venant du RNI, ce point est surprenant. Depuis l'opposition sous Hassan II, qui avait essayé, en vain, de négocier ce démembrement de l'Intérieur, la question n'a jamais été remise sur le tapis.
USFP
Peu crédible
Cest le seul parti à clamer haut et fort
son soutien à la Commanderie des croyants, comme s'il éprouvait le besoin de rassurer en haut lieu. Ou plutôt de ménager son avenir, en se garantissant une représentativité dans le futur gouvernement. L'USFP - comme tant d'autres - ne parle pas ouvertement de réforme constitutionnelle, mais tout simplement de renforcement des pouvoirs du premier ministre, notamment dans son rôle de coordination et d'orientation du travail gouvernemental. Néanmoins, il limite ses propositions concrètes à l'attribution au chef de gouvernement le pouvoir de nommer les hauts fonctionnaires, dont logiquement les gouverneurs et les walis. Plutôt timide
Par rapport à la justice, l'USFP réduit le principe de séparation des pouvoirs à une simple refonte du règlement intérieur du ministère de la Justice. Mais après tout, le parti ne peut être crédible sur ce volet, vu que le bilan de son ministre sortant est difficilement défendable. |
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Avec Omar Bendourou
Professeur à la Faculté de droit de Rabat, il a enseigné pendant plusieurs années à la Faculté de droit de Genève et a effectué plusieurs séjours scientifiques à l'étranger. Il a publié plusieurs ouvrages relatifs au régime politique marocain et aux libertés publiques dont Libertés publiques et Etat de droit au Maroc. |
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Les grandes idées
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PI
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MP
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PJD
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PPS
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RNI
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USFP
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PSU
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Renforcement du pouvoir du premier ministre
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oui
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-
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oui
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oui
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-
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oui
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oui
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Réforme de la Chambre des conseillers
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oui
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-
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oui
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oui
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-
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-
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-
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Renforcement du pouvoir de contrôle
du Parlement
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oui
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-
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oui
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oui
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oui
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Renforcement des libertés
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oui
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oui
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-
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oui
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oui
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Renforcement de la décentralisation régionale
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oui
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-
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oui
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-
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oui
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oui
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oui
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En matière de croissance,
les propositions du PJD
et du RNI semblent les
plus convaincantes.
(TNIOUNI / NICHANE)
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Croissance.
Le gros point d'interrogation
Structurellement atone, trop sensible aux chocs internes et externes, la croissance est le talon d'Achille de l'économie marocaine, tirant vers le bas les autres indicateurs. Pourtant, les partis se sont livrés à une véritable surenchère dans l'annonce de taux de croissance prévisionnels. Sauf que lorsqu'il s'agit de convaincre, les arguments tiennent peu compte des défaillances du système.
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Alliance PSU-PADS-CNI
Symbolique
Mettre en place un impôt sur les grandes fortunes. Voici une proposition cohérente avec l'esprit de la gauche et qui a toute sa place dans le débat. Le groupement de partis de gauche est le seul à la proposer clairement. À part cela, l'Alliance se contente de scander des slogans que l'on retrouve chez la plupart des autres formations politiques (fiscalité spécifique aux petites entreprises, réglementation de la gestion déléguée, réformer les secteurs qui obéissent à un système d'agréments ou de concession
). Le trio appelle également à une reconsidération du système de privatisation. Une proposition qui vient bien tard : les plus beaux bijoux de famille de l'Etat ont déjà changé de mains, si ce n'est pour la privatisation des terres de la Sodea/Sogeta que l'Alliance recommande clairement de stopper. Il fallait s'attendre à voir le PSU&Co tirer sur cette corde politique de l'affectation des ressources publiques.
MP
Électoraliste
Une technopole par région. C'est la recette - du moins la plus consommable - que propose le MP pour booster la croissance. Néanmoins, sa vision reste très vague. L'idée aurait eu du sens si le parti avait pris la peine de cadrer les atouts et faiblesses de chacune des régions, de manière à concilier complémentarité et concurrence entre ces différentes technopoles. Le MP aurait pu aussi pointer le découpage administratif (16 régions) qui ne correspond pas forcément à la distribution des moyens de production sur le territoire. À la place, le parti opte pour la facilité des thèmes électoralistes. Ses propositions pour le monde rural, destinées à son électorat traditionnel, sont assez légères. Exemple : quand il promet de réduire la superficie agricole réservée aux céréales de 5 à 3 millions d'hectares, il joue sur le sentier battu de la faible productivité de ces cultures. Et sa proposition d'affecter ces surfaces à l'arboriculture et autres cultures alternatives ne suffit pas pour constituer une véritable stratégie. De toute manière, le parti de Mohaned Laenser peut difficilement convaincre dans le domaine agricole
vu le bilan du ministre sortant. Certaines de ses propositions sont presque surréalistes, comme ce programme pour débloquer, au cas par cas, la problématique des terres collectives.
Istiqlal
Discutable
La révision du mode de calcul de la patente est une proposition qui va certainement beaucoup plaire aux entreprises. Le mode actuel (basé sur la valeur des actifs) constitue un véritable frein à l'investissement. Le PI s'est largement inspiré du dernier rapport de la Banque mondiale sur la croissance, ce qui rend son programme relativement intéressant. Seulement, certaines de ses propositions ont besoin d'un sérieux recadrage. En matière de réforme de l'IS, par exemple, le parti opte pour un impôt progressif en fonction des bénéfices dégagés. Une formule périlleuse, qui pourrait favoriser la fraude fiscale. Surtout que les catégories de revenus sont très fragmentées (quatre tranches) et les décalages parfois trop importants entre chacune d'elles. Exemple : le taux d'imposition passe de 2,5% à 15% une fois la barre des 100 000 dirhams de bénéfices dépassée. D'autres formules du PI s'apparentent au dopage étatique. C'est le cas de la proposition de subventionner 100 entreprises championnes (le concept est paradoxal) pour appuyer l'écoulement de leurs produits à l'international à hauteur de 250 à 500 millions de dirhams. La proposition des autres partis, qui optent plutôt pour un fonds commun pour la promotion des exportations, s'avère plus cohérente, même si elle n'a pas connu de véritable succès par le passé. Enfin, le PI ne manque pas de faire un clin d'oeil au bilan de ses ministres sortants, comme quand il s'engage à accélérer les grands chantiers d'infrastructure.
PJD
Rusé
Deux ministères seulement pour chapeauter les affaires économiques, dispersés aujourd'hui entre plusieurs départements. La configuration semble plus adaptée pour un pays qui cherche à réaliser, autant que possible, des économies sur ses dépenses publiques. La formule peut même s'avérer plus adaptée que l'atomisation actuelle des fonctions, qui engendre des doublons ou des confusions de chiffres, voire un processus de prise de décision pas toujours cohérent. Le PJD a aussi eu l'intelligence de reprendre des idées de la Banque mondiale comme l'identifiant fiscal unique par citoyen. Mais dans certaines de ces propositions, il va plus vite que la musique. À titre d'exemple, le PJD s'engage à récupérer dans leur intégralité les arriérés d'impôts estimés à 11 milliards de dirhams (bon courage !). Le parti propose aussi d'abaisser le seuil d'éligibilité aux conventions d'investissement avec l'Etat des 250 millions de dirhams actuels à 100 millions de dirhams. Le bon sens aurait voulu d'attendre l'évaluation du programme en cours, avant d'aller plus loin. Comme attendu, le PJD n'oublie pas ses principes islamiques. Il promet ainsi une révision de la loi bancaire, de manière à permettre la mise en place de banques islamiques. Un challenge dur à relever sachant que Bank Al-Maghrib bloque toujours le lancement des produits islamiques. Mais le PJD a raison d'insister, vu le potentiel d'attrait de capitaux du label halal.
PPS
Peut mieux faire
La création de deux holdings publics : c'est peut-être la seule proposition concrète apportée par le PPS. Deux groupes publics qui devraient regrouper les participations de l'Etat dans le domaine commercial et financier, en vue d'améliorer leur efficacité. Seulement, en voulant simplifier la lecture de ces participations, le parti se complique la vie. Il aurait pu tout simplement proposer un renforcement des mécanismes de contrôle des entreprises publiques s'il estime qu'elles ne sont pas suffisamment performantes. Hormis cette proposition, le programme du PPS ne fait que reprendre les thématiques classiques qui reviennent chez la quasi-totalité des partis. Sur certains points, il se montre même plus timide que ses rivaux. Illustration : le PPS propose de doter le fonds de promotion des exportations d'un budget de 100 millions de dirhams, alors que d'autres partis proposent jusqu'à cinq fois ce montant.
RNI
Jouable
Le parti bleu plaide pour la refonte de la Loi organique des Finances, de manière à répartir les postes budgétaires en fonction des régions et non pas des secteurs. Il faut reconnaître que cette option est l'une des solutions efficaces pour un ancrage effectif de la culture de régionalisation économique. Elle est également compatible avec l'idée de pôles industriels régionaux défendue par le parti. Ceci même si, techniquement, la proposition a besoin de plus de précisions. Par ailleurs, le choix de la douzaine de secteurs que le parti promet de développer est largement (pour ne pas dire directement) inspiré du plan Émergence. Le parti prend aussi à son compte le programme Rawaj, lancé récemment pour le développement du commerce intérieur. Une manière d'assumer pleinement le bilan de ses ministres sortants (notamment celui de Salah eddine Mezouar), ce qui donne une certaine honnêteté à ce programme. Néanmoins, les propositions sont parfois excessivement ambitieuses, sinon irréalistes, comme cette suggestion de déplacer toutes les activités industrielles implantées aujourd'hui dans les périmètres urbains vers des zones industrielles. Il en faudra, des déménageurs
USFP
Utopiste
Lintégration du secteur informel est l'une des principales propositions des socialistes. Tous les partis jouent cette carte, mais l'USFP s'aventure à promettre le rapatriement de 25% de ce secteur vers l'économie formelle. Et c'est ce qui rend peu crédible son programme. L'approche qui consiste à considérer l'informel comme un stock à épurer (dans 20 ans, si on s'en tient aux prévisions de l'USFP) ne tient pas compte de l'évolution de ce secteur, en perpétuel recyclage. Les mesures proposées sont en plus soit déjà existantes (le financement via une caisse de garantie, alors que le micro-crédit cartonne), soit insuffisantes, comme la loi sur la très petite entreprise. En plus, le parti d'Elyazghi pèche par l'utilisation à outrance de formules politiciennes. Des expressions - à couper le souffle - comme mettre en place une politique monétaire conforme aux grands choix économiques du pays et oeuvrant pour l'encouragement des exportations peuvent se résumer plus simplement à une libéralisation du taux de change. Unique idée originale dans le programme : la proposition d'orienter une partie de la manne des marchés publics (20% du volume) à des entreprises moyennes nationales. Le parti aurait pu pousser le raisonnement plus loin, en suggérant une discrimination positive régionale. |
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Avec Kamal Mesbahi
Enseignant-chercheur, il est consultant auprès d'organismes nationaux et internationaux. Il a publié plusieurs études sur des thèmes aussi divers que l'analyse de la pauvreté ou le coût de la corruption. Il est aussi membre du réseau des chercheurs arabes affiliés à Transparency International. |
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Ce quils vous promettent (taux de croissance)
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Actuel*
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PI
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PJD
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PPS
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RNI
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4,6%
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6%
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7%
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6%
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6,5%
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*Moyenne entre 2002 et 2006
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Le chômage des jeunes diplômés :
voici le vrai casse-tête que les
partis devront résoudre.
(AFP)
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Emploi.
L'éternel spectre du chômage
De nombreux partis annoncent des taux de chômage cibles pour 2012
souvent incompatibles avec leurs propres promesses de création d'emploi. En outre, le vrai problème de l'insertion des jeunes diplômés sur le marché du travail a été quasiment occulté dans les programmes des formations politiques.
Alliance PSU-PADS-CNI
À contre-courant
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Alors que d'autres partis requièrent l'allégement des effectifs des collectivités locales, l'Alliance de gauche prône la mise en place de programmes destinés à ces collectivités, en vue de créer de l'emploi pour les jeunes chômeurs. Le groupement promet par ailleurs de porter le salaire minimum à 3000 dirhams d'ici la fin de la prochaine législature. Ce sont les entrepreneurs qui vont être contents ! Ce SMIG devrait d'ailleurs servir de référence pour la pension de retraite minimale (50% au moins), qui sera financée par une taxe de solidarité. Par rapport à la création d'entreprise, le groupement des partis de la gauche non gouvernementale propose d'accorder des avances sans intérêts aux porteurs de projets. Un mécanisme pratiquement déjà en vigueur, puisque la plupart des initiatives lancées dans ce sens prévoient une sorte de différé de remboursement.
MP
Intéressant
Le Mouvement populaire est certainement le parti qui a le mieux compris le poids de l'IR dans le recrutement des cadres. Il est d'ailleurs le plus généreux du côté de la baisse de la tranche supérieure de cet impôt, en s'engageant à le réduire de 1,5 point chaque année. Néanmoins, quand on sait qu'un point de l'IR correspond à un manque à gagner de 400 millions de dirhams pour le Budget de l'Etat (soit 3 milliards de dirhams pour toute la législature), on ne peut que douter de la faisabilité d'une telle promesse. Surtout que le MP n'évoque à aucun moment les modalités de financement de son programme. Dans la même veine, le parti s'engage à réduire le délai de création d'une entreprise en le ramenant à 3 jours, contre 11 actuellement. Là encore, on peut se demander par quel miracle cet objectif pourrait être atteint. Pour le reste, la prose du MP comporte quelques engagements à prendre au sérieux, comme la création d'un incubateur d'entreprises par université. Il s'assigne aussi comme objectif de réduire le taux de chômage des diplômés de l'enseignement supérieur de 27% à 18% (soit un tiers de moins), notamment à travers l'exonération des charges sociales pendant les deux premières années d'embauche, par une requalification à la carte des diplômés chômeurs ou encore par le renforcement de l'intermédiation sur le marché du travail. Des idées à creuser
Istiqlal
Trop facile
Comme plusieurs autres partis, le PI ne met pas en adéquation ses promesses en matière de création d'emploi et son taux de chômage cible. Ses engagements quant à la création d'emploi sont quasiment en ligne avec les réalisations de la dernière législature (1,2 million d'emplois créés entre 2002 et 2007). Le parti semble donc prendre ces réalisations pour acquises, puisqu'il ne détaille quasiment pas les moyens à mobiliser pour atteindre cet objectif. Idem quand s'il s'agit de promettre une diminution du nombre d'emplois d'enfants de 60%. En fait, la faiblesse du PI dans ce domaine n'est pas pour surprendre. Il faut se rappeler que Abbas El Fassi, secrétaire général du parti, était en charge de ce portefeuille lors de la législature précédente. Son passage a été plus marqué par le scandale Annajat que par une véritable dynamisation du marché du travail.
PJD
Ambitieux
Cest l'axe le moins étoffé du programme du PJD. Cela dit, son contenu est assez précis dans l'approche. Outre le développement du programme Qualification & Stages, pour lequel le parti s'engage à insérer 100 000 diplômés stagiaires dans les entreprises, le PJD promet de lancer deux autres programmes. Le premier, baptisé Initiatives, consiste en un soutien aux associations oeuvrant pour l'incitation des initiatives d'entreprise. Le deuxième, dénommé Encadrement, devrait concerner les diplômés qui ont traversé une longue période de chômage. Pour ce dernier, il prévoit une bourse mensuelle de 900 dirhams par stagiaire pendant une période de deux ans, avec un objectif de 50 000 bénéficiaires. Le réalisme du PJD apparaît aussi à travers la distinction qu'il met entre chômage urbain et chômage rural, une singularité par rapport aux autres partis. Le PJD promet ainsi de ramener le taux de chômage urbain à 12% et celui du milieu rural à 2,5%. Il promet également de revenir sur la méthodologie de calcul de ces taux. Le parti propose aussi une refonte totale des organes d'intermédiation, comme l'ANAPEC, sans rentrer trop dans les détails, si ce n'est en mentionnant l'élargissement de son conseil d'administration. Cependant, le parti d'El Othmani s'engage à couvrir 20% des nouveaux postes de travail via cet outil d'intermédiation. Cela dit, l'ambition de créer 350 000 emplois en moyenne par an semble trop optimiste.
PPS
Bâclé
Tout porte à croire que, dans son programme, le PPS n'a pas tellement pris au sérieux le volet emploi. En effet, il promet pas moins de 400 000 nouveaux emplois en moyenne chaque année. Un chiffre plutôt fantaisiste, d'autant que le parti s'engage à ramener le taux de chômage à moins de 8%. Problème : sur la base de 2 millions d'emplois créés durant la législature, le taux de chômage (selon des projections réalisées sur la base des chiffres actuels du Haut commissariat au plan) serait ramené à moins de 4% ! Les éminences grises du parti devraient réviser leurs cours d'arithmétique
Et la seule mesure concrète que le parti a pu avancer dans ce domaine est d'exploiter le potentiel de création d'emploi dans l'économie sociale (coopératives, artisanat, micro-crédit et ONG de tout genre). Un peu de sérieux, camarades !
RNI
Original
On décèle deux originalités dans l'approche du RNI. D'une part, c'est le seul parti qui a basé ses objectifs sur deux scénarios. Le premier tient compte des années de vaches maigres, où l'objectif de création d'emploi par an est de 220 000 seulement (soit moins que la moyenne de la législature en cours). Un objectif assez frileux -voire inquiétant, mais qui donne de la crédibilité au programme. Le scénario optimiste va, lui, jusqu'à 300 000 emplois par an. Autre singularité du parti : la volonté de se concentrer sur les régions offrant le moins d'opportunités d'emploi, en partant d'un constat à retenir : 12 régions du royaume (sur 16) n'offrent que 30% des opportunités. Une approche en ligne avec la vision globale de son programme, construit sur le concept de la régionalisation. Une autre idée intéressante concerne la mise en place de mécanismes permettant de compenser provisoirement les pertes d'emploi pour des raisons économiques. Cependant, le parti s'entête à reconduire le programme Mouqawalati d'encouragement à l'auto-emploi, qui est pour l'heure un fiasco patent. On comprend mieux la démarche lorsqu'on se rappelle que son initiateur est un ministre du RNI. Enfin, les propositions du parti en matière de baisse de l'IR (à raison d'un point par an) semblent raisonnables. D'autant que le RNI annonce un modèle de financement de son programme qui tient la route.
USFP
Démagogue
Le parti de la gauche gouvernementale met la barre très haut, en promettant la création de 400 000 emplois par an. Un niveau qui aboutirait à un taux de chômage inférieur à 5%
soit pratiquement le plein emploi ! Mais le parti oublie de s'engager sur un quelconque chiffre par rapport à cet indicateur. Et il a bien raison de le faire : aucune approche pour générer un tel volume d'opportunités de travail n'est avancée. Unique argument de l'USFP : le Maroc a déjà réalisé des avancées importantes dans plusieurs secteurs d'activités. Un peu léger
Le parti préconise aussi une réduction de 5 points du taux de l'IR et une révision des taux d'imposition aux salaires inférieurs à 4000 dirhams par mois. Cela dit, l'USFP joue à l'avant-gardiste en annonçant, dans le domaine de l'emploi, deux initiatives louables mais relativement démagogiques : une loi au sujet du travail domestique et une obligation pour les entreprises employant plus de 50 personnes de réserver 5% des postes de travail aux handicapés. Les mauvaises langues diront que c'est le programme de l'USFP qui a besoin de béquilles. |
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Avec Lahcen Achy
Professeur à l'INSEA depuis 1989, il est co-auteur de plusieurs ouvrages dont Globalisation, emploi et distribution des revenus dans les pays en développement (2006). Ce chercheur du réseau Economic Research Forum, basé en Egypte, est aussi consultant pour plusieurs organismes internationaux comme la Commission européenne ou la Banque mondiale. |
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Ce quils vous promettent (taux de chômage)
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Actuel
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PI
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MP
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PJD*
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RNI
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USFP
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10%
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6%
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8%
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7,7%
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8%
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7%
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*Moyenne entre urbain et rural
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Généraliser la scolarisation :
un défi que peu de partis
se lancent
avec sérieux.
(AIC PRESS)
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Éducation.
Pauvre école
S'appuyant implicitement sur les travaux de la COSEF, les partis promettent monts et merveilles en matière d'éducation. Leurs programmes restent néanmoins peu convaincants quand il s'agit de répondre à une question cruciale : comment garantir une école qui ne forme pas que des illettrés ?
Alliance PSU-PADS-CNI
Sonnette d'alarme
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Combler un besoin de 120 000 enseignants dès la rentrée prochaine. L'engagement de l'Alliance de gauche à pallier à court terme un tel déficit sonne comme un avertissement au ministère des Finances ! Il est d'ailleurs l'un des rares partis (avec le PJD) à défendre la formation initiale et continue du corps enseignant et à proposer des mesures explicites en faveur du personnel de l'éducation. Le trio pèche néanmoins par omission, en négligeant la question du financement d'un tel projet. Par ailleurs, conforme à ses idées de gauche, l'Alliance met souvent l'accent sur l'éducation à la démocratie.
MP
Calculateur
Mis à part ses propositions d'impliquer les entreprises dans l'éducation, les idées du Mouvement populaire restent peu détaillées dans les différents volets de la thématique. Le parti veut ainsi soustraire des compétences au ministère de tutelle pour les transférer aux conseils provinciaux (construction et maintenance des écoles), et propose de rendre les enseignants comptables des résultats. Bien évidemment, le parti pense à défendre la langue amazighe
mais pas plus que les autres formations politiques.
Istiqlal
Le grand néant
Cest le seul parti à ne présenter aucun objectif concernant l'enseignement préscolaire, alors que tous les autres s'engagent sur un taux précis. Le PI aurait-il oublié que c'est l'un des principaux handicaps qui entravent la généralisation de la scolarisation ? Même concernant les aspects relatifs à la pédagogie, L'Istiqlal n'émet que très peu de propositions, en dehors du constat que le problème du système éducatif reste entier. Il a fallu combien d'études aux cadres du PI pour arriver à cette conclusion ?
PJD
Trop prudent
Le parti ne prend pas de risques en termes d'objectifs. Il s'engage sur des taux respectifs de scolarisation dans le primaire et le second cycle de 95 et 85%, alors que la plupart des autres partis parlent d'une généralisation pure et simple. Plus encore, le PJD ajoute que ces taux ne peuvent être atteints qu'en 2012 et uniquement en poursuivant l'effort actuel. Cela sous-entend que le parti assume qu'il puisse encore y avoir, en 2012, des enfants non scolarisés
bien que leur scolarisation soit obligatoire !
Et quand les engagements du PJD dans ce volet sont suffisamment chiffrés, ils frisent le surréalisme. Exemple : le parti s'engage à assurer un taux d'encadrement d'un professeur pour 25 élèves. Le seul moyen d'atteindre une telle moyenne serait
de réduire drastiquement le nombre de scolarisés !
PPS
Léger
Langue de bois, quand tu nous tiens
Adopter une loi de programmation nationale pour améliorer la gouvernance et le financement du système éducatif : c'est ce genre de mesures, qui ne signifient rien de concret, qu'on retrouve dans le programme du PPS concernant l'éducation, hormis quelques objectifs basiques (communs à tous les partis). Difficile de faire plus léger
RNI
Peu convaincant
Un million de cartables par an pour les enfants dans le besoin. Quand il s'agit de lutte contre l'analphabétisme, les Bleus se montrent pour le moins ambitieux, en proposant une réduction du taux d'analphabétisme à 15% à lhorizon 2012. Il faut reconnaître cependant que le bilan de leur secrétaire d'Etat, actuellement en charge de cette mission, peut rassurer. Le RNI propose également un ensemble de mesures pour combattre l'abandon scolaire.
USFP
Périlleux
LUSFP propose un appui financier aux familles pauvres pour la scolarisation de leurs enfants jusqu'en 5ème année primaire. Excellent ! Et après ? Plus grave, le parti d'Elyazghi semble faire fi des effets pervers d'une telle démarche : adieu la planification familiale, si l'allocation est fonction du nombre d'enfants. L'amélioration du niveau de vie des citoyens est une nécessité certes, sauf que conditionner ces aides à la scolarisation peut se révéler périlleux. L'expérience de l'aide alimentaire a été suffisamment éloquente à ce niveau. Pour le reste, le parti essaie de jouer la carte du bilan de son ministre sortant. Il est d'ailleurs le seul à faire allusion au projet Génie, consistant en l'introduction des nouvelles technologies et la réduction de la fracture numérique. |
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Avec Aziza Chbani
Professeur de l'enseignement supérieur, elle est aussi consultante auprès de plusieurs organismes nationaux et internationaux. Elle a également contribué à la partie Enseignement supérieur du rapport du cinquantenaire. |
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