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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri
(avec agences)

Les dossiers chauds de la rentrée

(AFP)

Un Irak meurtri, des élections américaines incertaines, une Europe en plein doute et un Moyen-Orient toujours aussi troublé… Zoom sur les sujets qui risquent de faire l'actualité des prochains mois.


Moyen-Orient.
Nouvelle donne dans la région
L'Irak est dans l'impasse. Les prochains mois seront cruciaux pour la survie du gouvernement d'union nationale. Cela suppose un accord sunnites-chiites contre les jihadistes. Quant aux Américains, ils croient
toujours à leur “stratégie cohérente” avec un volet politique (installer la démocratie, faire participer les sunnites au pouvoir, marginaliser les groupes insurgés) et militaire (former les troupes irakiennes, reconstruire le pays). En Israël, on assiste à une nouvelle donne avec l'arrivée de Shimon Peres à la présidence. Exit Katzav. Sharon, lui, est toujours gravement malade. Leur effacement jette une ombre sur la région. L'actuel premier ministre, Ehud Olmert, est toujours sur un siège éjectable, accusé par plusieurs rapports d'être l'un des principaux responsables de la débâcle israélienne face au Hezbollah au Liban en juin 2006. Côté palestinien, les choses ne vont pas mieux et la perspective de la création d'un Etat palestinien en 2009 s'éloigne de plus en plus. Mahmoud Abbas peine à faire respecter son autorité face à l'aura d'Ismaïl Haniyeh. Vainqueur par les urnes, dominateur à Gaza par les armes, le Hamas est toujours considéré comme un paria par la communauté internationale, au point que son rôle dans la libération du reporter britannique A. Johnston a mis dans l'embarras l'UE et Washington. Au Liban, Serge Bramertz a remis fin juillet son rapport aux Nations Unies concernant l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. La Syrie sera-t-elle de nouveau accusée ? Rien n'est moins sûr. En Iran, Mahmoud Ahmadinejad conserve sa popularité. Mais on ne sait comment se résoudra la crise nucléaire, dans laquelle le président iranien souffle le chaud et le froid, en alternant bravades envers la communauté internationale et semblant de collaboration avec l'AIEA. Enfin, en Turquie, l'éclatante victoire d'Erdogan ouvre un nouveau chapitre dans l'équilibre du pouvoir entre les islamistes modérés et le camp laïc, largement soutenu par l'armée.


Europe.
L’Union Européenne dans le doute

L’Union européenne, élargie à 27, perd de son influence et de sa cohésion. La Bulgarie et la Roumanie ont fait leur entrée dans l’UE, qui a adopté un traité constitutionnel le 23 juin à Bruxelles. Enfin ! C’est l’Allemagne qui a présidé l’UE au premier semestre et le Portugal prend le relais jusqu’à la fin de l’année. La bonne santé de ses échanges et un début de reprise économique ont permis à l’Allemagne de relancer une Europe destabilisée après le non français et hollandais au traité constitutionnel. Le continent voit aussi le départ de Jacques Chirac et de Tony Blair. Ils sont remplacés par deux atlantistes convaincus : Nicolas Sarkozy et Gordon Brown. Le premier a l’ubiquité de l’air et de la poussière. Il fait s’entredéchirer ses adversaires à gauche, signe le traité constitutionnel de l’UE et dénoue, le temps d’un voyage, la crise des infirmières en Libye. Quant au nouveau premier ministre britannique, il a déjà eu droit au baptême de feu du péril terroriste, après les attentats manqués de Londres.
La Russie, elle, veut (re)devenir un partenaire incontournable des grandes décisions. Mais Moscou souffle le chaud et le froid. Fournisseur stratégique des Européens en gaz (Allemagne en tête), Moscou est pointé du doigt par les Britanniques dans l’affaire Litvinenko. En outre, Poutine voit d’un mauvais oeil l’installation du bouclier antimissiles américain en Europe et menace, en représailles, de viser des cibles en Europe. Sur le plan intérieur, des élections à la Douma sont prévues le 2 décembre. Le président russe devrait aussi désigner son successeur avant fin 2007.


Asie.
La Chine en plein boom

La Chine reste concentrée sur sa croissance économique, qui atteint des niveaux exponentiels. Elle a investi l’Europe et l’Afrique. Elle revendique aujourd’hui le statut de puissance mondiale et de bouclier économique et militaire de l’Asie. Les Etats-Unis, l’Europe et la Russie commencent à en ressentir les contrecoups. Sur le plan commercial, l’Empire du Milieu a fait main basse sur le textile. Les importations de vêtements chinois ont bondi de 48 % en Europe et de 75 % aux Etats-Unis en 2005. Un nouveau raz-de-marée est attendu fin 2007. Reste que le pays est critiqué pour son manque de démocratie locale. Le Congrès du Parti communiste chinois, prévu en novembre, apportera-t-il du nouveau sur ce chapitre ? Il est permis d’en douter.


États-Unis.
Une présidentielle à haut risque

La fin d’année s’annonce tendue avec l’approche des élections présidentielles, en novembre 2008. George W. Bush, affaibli par ses errements, a perdu la majorité au Congrès et doit adopter un profil bas pour éviter une fin de mandat désastreuse. Le croisement des calendriers militaire et électoral risque de coûter cher au président américain, qui a misé son capital politique sur la guerre en Irak. Jusque-là, Bush a certes reconnu des erreurs dans cette guerre, mais il a surtout annoncé un renfort de plus de 20 000 soldats, s’entêtant dans sa stratégie offensive. Washington a aussi remanié l’équipe chargée des affaires irakiennes, avec notamment le remplacement de John Negroponte par John McConnell à la tête des renseignements. L’opinion américaine est de plus en plus hostile à son président et se prononce en faveur d’un retrait. La date d’avril 2008 est même évoquée pour le début du rapatriement des GI’s.
Cette année a aussi vu se préciser les profils des candidats démocrates pour 2008 : en janvier, Hillary Clinton a formé un “comité exploratoire présidentiel”. Barack Obama a également posé les premiers jalons d’une possible candidature à l’investiture démocrate pour la Maison Blanche. Les prochains mois devront départager les deux candidats à la candidature.


Amérique Latine.
Les Latinos se rebiffent

En Amérique du Sud, les présidents “populistes” continuent d’avoir la cote et le continent s’émancipe de la tutelle de l’Oncle Sam. La communauté andine a complètement fusionné avec le Mercosur dans la Communauté sud-américaine des nations. Au Venezuela, Hugo Chavez a été réélu pour un troisième mandat. Il signe des contrats d’armements avec l’Iran et la Russie. Au Mexique, la contestation populaire contre le président Calderon est grandissante. On vit aussi très mal la construction d’un mur sur la frontière avec les Etats-Unis. En Argentine, Cristina Kirchner est donnée favorite pour succéder… à son mari aux élections présidentielles du 27 octobre prochain.


Terrorisme.
Al Qaïda se redéploie

Le terrorisme a franchi un nouveau palier cette année. Oussama Ben Laden est réapparu en juillet dans une vidéo sur un site des services américains. Et Al Qaïda se serait repliée au Pakistan, où ses membres suivraient des formations intensives. Le terrorisme islamiste risque malheureusement de frapper encore. Il a touché cette année l’Afrique du Nord (Maroc et Algérie), où il serait bien implanté, ainsi que l’Europe (Royaume Uni), l’une de ses cibles de choix. Et bien sûr au Moyen-Orient, puisque l’Irak est devenu le premier front du jihad international. Aujourd’hui, plus que la Palestine, c’est l’Irak qui cristallise le plus les fantasmes et les frustrations des jihadistes et qui les pousse à passer à l’acte. Autre difficulté : le profil du terroriste est de plus en plus difficile à établir. Les attentats manqués de Londres et l’arrestation de médecins d’origine asiatique, parfaitement intégrés, le prouvent. Quel sera le prochain pays visé ?



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