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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Abdellatif Jouahri.
(AIC PRESS)

Bank Al-Maghrib. Les quatre vérités de Jouahri

Comme on pouvait s’y attendre, Abdellatif Jouahri n’a pas été tendre avec le gouvernement dans le rapport annuel de l’Institut d’émission. Le gouverneur de la Banque centrale n’a pas hésité à formuler ses remarques concernant aussi bien les domaines financiers que le système de production. La principale inquiétude de Jouahri reste surtout l’aggravation des tensions inflationnistes, relevées aussi bien par l’indice du coût de la vie que par celui de l’inflation sous-jacente. Pour lui, les chiffres s’écartent de la tendance modérée observée au cours des dix dernières années. Le deuxième souci - on l’aurait deviné
- concerne l’envolée des cours boursiers. “La progression des cours semble disproportionnée par rapport aux performances des entreprises cotées. L’ampleur de la hausse appelle à la vigilance quant aux risques qui seraient liés à la formation d’une bulle spéculative”. Sur un autre registre, Bank Al-Maghrib tire la sonnette d’alarme quant au “risque de crédit”. Il continue, selon la gardienne du temple, à constituer le risque principal de l’activité bancaire à côté du risque majeur des taux d’intérêt. Néanmoins, l’endettement des ménages s’est élevé, à fin 2006, à près de 20%, un niveau d’endettement global qui, selon Bank Al-Maghrib, reste modéré et “largement en deçà de ceux enregistrés dans plusieurs pays”.


Pétrole. Un nouvel accord

Le sous-sol marocain intéresse de plus en plus de monde. La Société Cabre Maroc Limited vient de signer avec l’ONHYM un accord pétrolier relatif à la zone d'intérêt dite “FES”. Cet accord porte sur un permis on-shore d'une superficie de près de 2000 km2. D'une durée de validité initiale de dix-huit mois, l'accord prévoit le forage d'un puits d'exploitation. Il fait suite aux travaux de reconnaissance menés par Cabre Maroc au cours des douze derniers mois dans le cadre d'une autorisation de reconnaissance. Cabre Maroc est actuellement co-titulaire, avec l'ONHYM, de trois concessions d'exploitation et de deux permis de recherche (Gharb Sud et Gharb Centre). Après cette signature, le domaine minier de l'Office en partenariat compte 20 accords pétroliers et huit contrats de reconnaissance avec 25 sociétés.


Bourse. La CGI vole la vedette

Un franc succès pour l’introduction en Bourse de la CGI. L'action de la filiale immobilière de la CDG a été sursouscrite presque 143 fois. L'opération, qui a concerné 20% du capital, soit 3 681 600 actions, a suscité l’intérêt non seulement des investisseurs domestiques, mais également des fonds américains et arabes. Cette ouverture du capital intervient dans le cadre de l'accompagnement et de l'appui du plan d'action stratégique de la CGI, qui couvre la période 2007-2009. Forte d'une cinquantaine d'années d'existence, l’entreprise est en passe de consolider son positionnement dans un secteur dont le potentiel de développement est encore important. À noter que la première cotation est programmée pour le 10 août.


Investissements. Seize projets approuvés

La Commission des investissements n’est pas encore en vacances. Une nouvelle réunion a été tenue le 1er août sous la présidence du premier ministre. Au total, une trentaine de projets d’investissement ont été examinés, dont 16 ont été approuvés. D'un montant total de 5,29 milliards de DH, ces projets, qui permettront la création de 3320 emplois, concernent différents secteurs, à savoir, le tourisme, l'immobilier, l'industrie pétrochimique, l'agroalimentaire et la communication. De janvier à août 2007, la Commission des investissements a tenu au total six réunions, au cours desquelles elle a approuvé 57 projets d'investissement portant sur un montant de 64,05 milliards de DH et permettant la création de 36 346 emplois. À ce rythme, le gouvernement aspire à doubler le niveau des investissements réalisé en 2006.


Commerce extérieur. Le déficit se creuse

La balance commerciale a bouclé les six premiers mois de l’année sur un déficit d’environ 10,4 milliards de dirhams. Il s’aggrave de 22% par rapport à la même période de l’année 2006. L’explication est à chercher du côté des importations. En effet, celles-ci ont progressé 2,6 fois plus vite que les exportations. Nos achats à l’étranger se sont ainsi accrus de 12,6% à 116,9 milliards de dirhams, tandis que les exportations marocaines n’ont augmenté que de 4,8%, à 59,4 milliards de dirhams. La hausse des importations est principalement imputable à l’achat de véhicules industriels. Toutefois, les acquisitions de biens d’équipement, qui renseignent sur les efforts d’investissement, se sont accrues de 10%. Le taux de couverture ressort donc à 50,8%, contre 54,6% à fin juin 2006.



Pendant ce temps, le peuple….
Touriste à domicile

Zehraoui est le seul des 30 millions de Marocains à redouter les vacances. À la limite, il envie les 6 millions de pauvres qui ne se soucient que peu du concept. Car pour Zehraoui, vacances renvoient directement à voyage. Et son problème, c’est qu’il n’a pas de projet bien précis. Partir à l’étranger ? Il aurait pu. Il n’a pas le profil d’un potentiel “herrag”, mais il n’a ni la patience de poireauter pour le visa, ni la carte bleue internationale pour dénicher les bonnes affaires sur lastminute.com. Voyager au Maroc ? Trop tard. Il n’y a pas d’offres de dernière minute justement et même en s’y prenant une dizaine de jours à l’avance, il n’a pas réussi à caser un séjour dans un hôtel potable du royaume (comprenez 4 étoiles au moins). Pourtant, il est prêt à y mettre les moyens. Certainement beaucoup plus que le retraité scandinave qui s’offre la semaine en demi-pension à Agadir pour moins de 200 euros. Zehraoui veut bien admettre que c’est un prix de gros, qui permet d’assurer aux hôteliers un taux de remplissage correct. Il sait bien que c’est grâce à cette formule que l’objectif des 10 millions de touristes en 2010 semble à notre portée. Mais il conclut aussi qu’il y a là un sérieux problème de capacité d’accueil. Les hôtels ont beau pousser comme des champignons, le rythme actuel ne semble pas suivre la demande en haute saison. Et le parent pauvre reste évidemment le touriste local. Zehraoui n’a alors d’autre choix que de se rabattre sur une destination non encore touchée par le tourisme de masse : son propre appartement. Et le séjour y est gratuit !



OFF.

L’avenir de la compagnie d’assurances Essaâda sera fixé vers le 15 septembre. Une réflexion est menée actuellement sur la possibilité d’une fusion avec la CNIA. Selon des sources proches du dossier, l’option la plus probable est de garder les deux marques tout en procédant à la fusion des back-offices des deux entités. Ce projet devrait clôturer le processus de restructuration d’Essaâda, entamé depuis son acquisition par le groupe Saham.

 
 
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