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N° 285-286
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Abderrahim Ariri, dans l’enceinte
du Tribunal de 1ère instance
de Casablanca.
(TNIOUNI / NICHANE)

Affaire Al Watan. Le (mauvais) feuilleton de l’été


L’affaire Al Watan Al An n’a pas encore livré tous ses secrets. Dernier coup de théâtre : la convocation pour témoignage du général Mohamed Belbachir, ancien patron du 5ème Bureau (les renseignements militaires). L’information, relayée par la MAP puis par le journal télévisé d’Al Aoula, est même parue en Une du Matin du Sahara. “Cela n’est pas anodin. La théorie du règlement de comptes entre services ne fait que se préciser. En plus, la large diffusion d’une information pareille peut nuire au déroulement normal de l’affaire”, estime un
observateur. Le jeudi 2 août 2007, le Tribunal de première instance de Casablanca a refusé à nouveau d’accorder la liberté provisoire au journaliste Mostapha Hormatallah. “Il n’y a pas de raisons légales à ce refus. Hormatallah dispose de toutes les garanties nécessaires. En plus, le procureur a commis une grave erreur en acceptant de prolonger une garde-à-vue. Cela devrait invalider purement et simplement les poursuites dont font l’objet Abderrahim Ariri et Mostapha Hormatallah”, ont notamment plaidé les avocats des deux journalistes. Dans une précédente audience, ces mêmes avocats ont exprimé leur stupéfaction en découvrant que “les documents dits secrets” avaient disparu du dossier d’instruction. “Sur quoi vous êtes-vous basés pour accuser Ariri et Hormatallah de recel ? Comment avez-vous pu le faire alors que vous n’avez même pas eu accès aux documents objets de la poursuite ?”, a notamment signalé le bâtonnier Abderrahim Jamaï. Après la séance du 7 août, le Tribunal correctionnel de Casablanca a mis en délibéré au 15 août le jugement contre les deux journalistes, alors que les huit militaires, poursuivis dans le cadre de la même affaire, ont été condamnés par le Tribunal militaire de Rabat à des peines allant de 6 mois à 5 ans de prison ferme.


Coup de théâtre. Le candidat El Himma

Mardi 7 août, un communiqué officiel du Cabinet royal annonce la “démission” du ministre délégué à l'intérieur, Fouad Ali El Himma. Raison invoquée : “M. El Himma souhaite se présenter aux élections, comme n'importe quel citoyen marocain”. Selon toute vraisemblance, l'ex-ministre délégué à l'Intérieur se présentera à Benguerir, où il a déjà été élu en 1995 en tant que “SAP” (Sans appartenance politique). Mais cette fois, El Himma devra se trouver une couleur politique, la nouvelle loi électorale interdisant toute candidature indépendante. On parle déjà du RNI et du MP. Certains observateurs croient même entrapercevoir l'identité du futur premier ministre, “politique et issu des urnes”, comme l'a promis Mohammed VI…


Immigration. Le bon grain et l’ivraie

Un imam d’Al Hoceïma a fait un prêche très imagé, il y a deux semaines, pour critiquer les herragas qui ont fait de la région leur issue de sortie vers l’Espagne voisine. Il a affirmé que “la migration illégale est, de l’avis des oulémas, comparable à l’acte qui consiste à pénétrer par effraction dans le domicile d’autrui, en violation des règles de bienséance communément admises”. Des cambrioleurs sans manières, en somme. Pas comme les MRE en situation légale qui, toujours selon cet imam, “sont pleinement conscients du fait d’être les ambassadeurs de leur religion, de leur glorieux pays, de leur civilisation authentique”. Si vous le dites...


Mroud. Laânigri et les généraux

Le roi a procédé, en milieu de semaine, à la promotion d’une nouvelle vague d'officiers supérieurs des FAR. Dans le lot, ce sont ainsi 13 officiers supérieurs qui ont été promus au grade de général. Une première, selon une source proche du sérail, puisqu’il est de notoriété publique que chaque année, le nombre de promus à ce grade ne dépasse généralement pas celui des doigts d’une main. Parmi les nouveaux généraux figure, notamment, le colonel-major Haddou Hajjar, qui commandait les Forces auxiliaires et qui est aujourd’hui l’adjoint de Laânigri. Reprendra-t-il les rênes de l’inspection générale des FA à la place de Hamidou Laânigri ?


Militaires – journalistes. Tenez vos langues !

Des sources fiables attestent du lancement d’une vaste campagne d’information… dans toutes les casernes du pays. Objectif avoué : dresser une liste exhaustive des relations de parenté du personnel de l’armée avec des journalistes ! Hommes de troupe et officiers ont dû ainsi répondre à des questions précises sur la nature du lien de parenté, les rapports réciproques et la possibilité d’avoir été interrogé par le journaliste sur des questions sensibles. Par la même occasion, les soldats ont été prévenus qu’ils risquaient gros s’il leur arrivait de “papoter” sur des sujets liés à l’armée… Inutile de le préciser : cette malheureuse campagne est l’un des dégâts collatéraux de l’affaire Al Watan Al An.


Basri. Alerte (médicale) maximale

Driss Basri a encore une fois été orienté vers les urgences de l’hôpital Paul Brousse de Paris, en fin de semaine dernière. “L’homme a été pris en charge pour une hématémèse (hémorragie digestive), due à une rupture des varices oesophagiennes, conséquence d'une cirrhose du foie avancée”, précise une source médicale au sein de l’hôpital. Cet épisode a obligé Basri à annuler, ou au moins à reporter, le voyage qu’il comptait effectuer aux Etats-Unis, pour voir sa famille et notamment son fils Hicham, qui passe le plus clair de son temps à gérer la fortune familiale à partir de New York. Le fils Basri, qui évite les déplacements en France, n’a plus remis les pieds au Maroc depuis ce fameux mandat d’amener dressé contre lui en janvier 2005.


Elections. Stop au marketing religieux

À l’occasion de la journée nationale des droits humains, le Centre marocain pour la démocratisation des élections, créé en 2002, annonce qu’il enverra, incessamment, un mémorandum aux différents partis politiques, ainsi qu’au roi. Entre autres “revendications d’urgence”, le CMDE demande aux représentants politiques de ne plus utiliser les symboles religieux, ainsi que les lieux de prière à des fins électorales. “En 2002, les tracts du PJD commençaient systématiquement par un Bismillahi rahmani rahim, dans le but de donner un caractère sacré à leur projet. C’est dangereux et cela finit par biaiser le jeu démocratique”, nous a expliqué Moulay Ahmed Douraïdi, au nom du CMDE.


Sidi Moumen. Le cyberman décoré

Mohamed Faïz, le héros malgré lui de l’attentat terroriste de Sidi Moumen en mars 2007, a été décoré par le roi le jour de la Fête du trône. Les autres victimes ont reçu les mêmes honneurs. “On m’a appelé quatre jours avant la cérémonie, pour me dire de me préparer pour recevoir un Ouissam”, raconte l’ex-patron du cybercafé, tout ému par “ce geste royal”. Ému, donc, mais pas spécialement disert. “Je ne peux pas vous parler de la discussion que j’ai eue avec Sa Majesté, parce que ce genre de choses doit rester secret”. Allez, pour les plus curieux, on signalera que l’échange royal a consisté (pour le roi) à féliciter le “cyberman” et à lui demander s’il a bien reçu le don qui lui a été adressé.


Jorvan Vieira. Le héros irakien

L’Irak vient d’être sacré, à la surprise générale, champion d’Asie (de football). Et devinez comment s’appelle l’heureux coach de l’équipe victorieuse ? Jorvan Vieira, que l’on connaît très bien au Maroc, puisqu’il a été longtemps l’adjoint d’El Mehdi Faria, notamment durant le fameux Mondial 1986. Jorvan a également été l’un des commentateurs attitrés des matches de foot sur 2M. Le plus retentissant dans l’exploit du sympathique entraîneur d’origine brésilienne, c’est que, comme l’a révélé le bi-hebdomadaire France Football, l’homme n’avait pris en main la sélection irakienne… que deux mois avant la coupe d’Asie. Chapeau bas !


USFP. Quinze femmes en colère

La guerre des listes nationales a touché l’USFP de plein fouet. Quinze candidates se sont retirées d’un seul coup pour protester contre “le favoritisme” qui aurait prévalu dans le choix des premières places. En fait, la liste du Parti de la rose sera dirigée par des militantes appartenant à la base, ou carrément des nouvelles recrues. Aïcha Belarbi et les parlementaires sortantes Fatima Belmouden, Rachida Benmassoud, Fettoum Kouddama et Amina Ouchelh ont toutes jeté l’éponge. “Les membres du bureau politique n’ont pas respecté le critère de la continuité. Leur choix était purement clientéliste”, proteste une démissionnaire. “En plus, ils ont retardé la communication de la liste nationale pour nous empêcher de rebondir à travers les listes locales, déjà bouclées”, continue notre source.


CIH. Zahidi condamné

L’ancien patron du CIH (Crédit immobilier et hôtelier), en fuite en Espagne depuis 2001, vient d’être condamné à 10 ans de prison par contumace, pour “détournement de fonds publics”. Jointe par téléphone, l’épouse de Moulay Zine Zahidi, qui serait gravement malade, s’est déclarée “pas du tout surprise par ce verdict qui repose sur une enquête orientée, qui a permis par-dessus tout à un Driss Lachgar (ndlr : président de la commission d’enquête parlementaire) de se mettre en avant”. Et d’ajouter : “Mon mari a été un grand serviteur de l’Etat, mais il a été lâché par le Makhzen. Aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix que de publier (dans la presse espagnole) les preuves que nous détenons pour assurer notre défense et pouvoir faire la part des choses”.


Coupure d’électricité. La colère de la SNRT

La SNRT (Société nationale de radiodiffusion et de télévision) a demandé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les parts de responsabilité de la Redal dans la coupure d’électricité intervenue lundi 30 juillet, au soir, dans certains quartiers de Rabat, et qui avait entraîné l’interruption des programmes d’Al Aoula pendant près d’une heure. Fait très rare : les directeurs de la chaîne, et à leur tête Fayçal Laraïchi, arrivés en urgence sur les lieux, ont attendu près d’une heure les techniciens du distributeur… Trop, c’en était trop : “C’est de l’incompétence. On ne peut pas se permettre de courir le risque de priver tout le pays de transmission”, nous confie une source à la SNRT. Affaire à suivre.


Sahara. Abdelaziz, comme d’hab’

Mohamed Abdelaziz n’a pas perdu une seconde. Lundi 30 juillet 2007, quelques heures seulement après la diffusion du discours du trône de Mohammed VI, le chef du Front Polisario a adressé une missive au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon. En gros, Abdelaziz refuse le plan marocain. “Le Maroc veut fixer, de manière unilatérale, les règles du jeu et décider, seul, du résultat des négociations. Tout cela est de mauvais augure pour le second round des négociations, qui s’ouvrira bientôt à Manhasset”, a conclu Abdelaziz. Le contraire, de sa part, eût été étonnant… L’ambiance sera donc tendue à New York, d’autant que le Polisario revient avec une nouvelle équipe de négociateurs. La première a été jugée “trop conciliante”.


Nadia Yassine. Serial épistolière

Nadia Yassine a mis en ligne sur son site Internet, courant juillet, un pamphlet au titre évocateur : “Desperate Makhzen : Lettre à qui de droit” ! Morceaux choisis : “La pègre du ministère de l’Intérieur, notamment celle qui détient les ficelles de la plus en plus prestigieuse DST, a épuisé tous ses moyens en cette année 2007 et retombe dans les vieilles pratiques vomitives (…) Je crois que le Makhzen se trompe d’ennemi, de stratégie, de sens, d’histoire et de siècle. Si vous êtes dotés de matière grise, économisez-la pour les crises à venir, et ne comptez pas sur vos magouilles électorales pour absorber vos déconfitures prochaines et laver votre linge qui n’en est plus un, ce sont des haillons que nul détergent ne peut blanchir désormais”. Pour le style et la finesse du vocabulaire, elle repassera.


Foot. Prolongations sans fin…

Le Tihad Athlétic Sports (TAS) avait raté sa montée en GNF II, face au club Chez Ali (CACAS), sur le gazon plus ou moins verdoyant du stade de Safi. Le club casaoui l’a finalement obtenue sur tapis très vert. La Commission des statuts et règlements du GNF amateur a statué, la semaine dernière, en faveur du TAS qui avait émis des réserves techniques, suite au remplacement du gardien de Chez Ali après le temps réglementaire et avant la séance des tirs au but. Mais quelques jours après la décision de ladite commission, coup de theâtre : le bureau de la Fédération a décidé tout simplement de faire rejouer le match de barrage. Ce qui est certain, c’est que la rencontre ne sera pas arbitrée par Mohamed Guezzaz, “coupable” du cafouillage à l’origine de ce feuilleton footballistique.



3 questions à Nourredine Ayouch
[Président de 2007 DABA]


Êtes-vous satisfait du nombre d’inscrits sur les listes électorales pour les législatives de septembre 2007 ? Cela colle-t-il avec vos prévisions ?
2007 Daba n’a pas fait d’estimations quant au nombre d’inscrits sur les listes électorales. Le ministère de l’Intérieur s’attendait à une augmentation de 1,5 million de personnes inscrites par rapport à 2002, chose qu’il affirme avoir réalisée. À titre personnel, je pense qu’on aurait pu tabler sur trois millions. Pour cela, il aurait fallu agir davantage au niveau des universités, dans les maisons de jeunes et dans les autres lieux de rassemblement de cette catégorie de la population, qui semble avoir perdu goût au vote.

Le jour du vote, pensez-vous que le taux de participation sera supérieur à celui de 2002, qui se situait autour de 50% ?
Pour 2007, je pense qu’un taux de 55% serait plus que satisfaisant. Cela est réaliste, mais il faudrait que tout le monde se mobilise, la société civile comme les partis. Mais surtout, il faudrait que le roi appelle le peuple à aller voter.

Qu’adviendra-t-il de 2007 Daba après les élections ? Envisagez-vous de suivre les réalisations des partis ou bien comptez-vous mettre les clés sous le paillasson ?
Ce n’est pas la vocation de 2007 Daba de suivre les réalisations des partis. Quand l’Association aura terminé sa mission, elle cessera tout simplement d’exister.


Affaire Abouali. Un juge à la trappe

Rkia Abouali, toujours en détention, a eu finalement la peau du juge Leftah, dans l’affaire de mœurs qui ébranle la justice meknassie depuis des mois. L’homme a été limogé, mercredi dernier, par la Commission disciplinaire du ministère de la Justice, pour les relations sexuelles qu’il entretenait avec la fille de Tighsaline. L’instance n’a cependant pas retenu le motif de corruption, malgré les preuves filmées et distillées à la presse par Rkia. Le procureur Cherif Ouazzani, accusé par la bonne d’Abouali d’être le père de son enfant, a été disculpé par la Commission pour “manque de preuves”. Et les tests d’ADN, messieurs, ça sert à quoi ?


Insolite. L’avion oublié

Fin juillet, 120 personnalités (parmi lesquelles Mohammed VI) ont répondu présent à l’invitation de TMSA (l’Agence spéciale Tanger Méditerranée) et se sont rendues à la ville du Détroit. Objet de cette very important délégation ? L’inauguration de Tanger Med. Ces invités, triés sur le volet, ont pu visiter les nouvelles infrastructures portuaires tangéroises, avant de se voir signifier que l’avion censé les reconduire à Casablanca… n’a pas été affrété. La raison ? “Un manque de coordination évident entre la compagnie aérienne et TMSA”, estime cet invité. Résultat : l’avion de remplacement n’a décollé qu’avec trois heures de retard. C’est ce qu’on appelle avoir du plomb dans l’aile.


Télévision. À nos héros oubliés

On lui cherche encore un nom, mais cela ne l’empêchera pas de faire son baptême de feu. Elle, c’est l’émission télé de 2M, consacrée aux personnalités qui ont marqué l’histoire du Maroc. “Nous sommes en phase de documentation et de repérage. Nous commencerons le tournage à la fin du mois, pour être prêts pour une diffusion durant le ramadan”, explique Abderahim Tafnout, rédacteur en chef de ce nouveau programme. Celui-ci honorera, en 52 minutes, le souvenir du résistant rifain Abdelkrim Khattabi, le sociologue français naturalisé marocain Paul Gascon, le célèbre disparu Mehdi Ben Barka et bien d’autres “icônes oubliées”. Le premier numéro sera consacré à Mokhtar Soussi, le premier ministre des Affaires islamiques du Maroc de l’indépendance.


Rap. À khasser, khasser et demi

Le Maroc Telecom Tour des plages avait un air d’Intifada, le week-end dernier, lors de l’étape tangéroise. Le rappeur Bigg, tête d’affiche de la tournée, a reçu des jets de pierre et des bouteilles d’eau remplies de sable lors de son concert. Celui qui se fait appeler El Khasser ne s’est pas démonté et a tenu à rester sur scène, avant de vivre une sortie décrite comme très houleuse. Les H-Kayne, autres protagonistes de la soirée, ont dû également subir la mauvaise humeur des spectateurs. Le public rap de Tanger est réputé difficile et plutôt inamical envers ceux qui viennent défier dans son fief Muslim, la star du rap local. Mais pas d’inquiétude, ces enfantillages passent avec l’âge.


“Atteinte aux institutions”. Action, réaction

Août a beau être bien installé, le 1er mai n’est toujours pas oublié. L’instance nationale de solidarité avec les militants, condamnés pour “atteinte aux valeurs sacrées du royaume”, organise à Ksar El Kébir, ce samedi, un meeting de protestation contre l’aggravation des peines prononcées par la Cour d’appel de Tanger. Un 1er mai également omniprésent à Agadir, où les deux militants, condamnés pour les mêmes motifs, ont mis fin, ce mardi, à leur grève de la faim après avoir obtenu gain de cause. Ils ont été finalement transférés à la prison d’Aït Melloul, dans une cellule commune, loin des prisonniers de droit commun. “Ce sont des détenus politiques. Que l’Etat l’admette !”, explique Elhoussine Oulhouss, responsable de l’AMDH à Agadir.


People. La tigresse et la panthère

Haïfa Wehbe serait-elle moins dangereuse que Nancy Ajram ? Peut-être, pour les autorités d’Agadir. Ces dernières ont ouvert les bras à Haïfa, qui se produira le 18 août dans la ville du Souss, après avoir refusé l’organisation d’un concert de Nancy Ajram, prévu fin juillet. Du côté du staff de Méditel, sponsor de l’évènement non autorisé, on dit ignorer le pourquoi du comment. Agadir a sans doute eu peur de vivre la mésaventure de Marrakech, quand Nancy Ajram avait bloqué Jamaâ El Fna et ses alentours, provoquant au passage des débordements au sein de la foule. Haïfa, d’ailleurs, chantera en espace clos pour 500 spectateurs payants. Une garantie contre les excès lubriques ?


Discours du trône. La retransmission divise

Pour plusieurs radios privées, le discours du trône du 30 juillet 2007 a constitué un véritable baptême de feu makhzénien et un casse-tête certain. Fallait-il, tout comme les médias officiels, passer le discours en direct, ou pouvait-on se contenter d’en rendre compte lors des différents bulletins d’information ? Finalement, plusieurs opérateurs ont joué la carte de la prudence et ont préféré passer l’intégralité du discours en direct. Seules exceptions, Atlantic Radio et Hit Radio, qui ont poursuivi leur programmation habituelle. “Le cahier des charges stipule que nous ne sommes tenus de diffuser ce genre d’informations (ndlr : discours, messages d’alertes, etc.) qu’à la demande des autorités compétentes. Personne ne nous a rien demandé cette fois”, explique Younès Boumehdi, patron de Hit Radio.



Humeur. L’été

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

J’ai beaucoup de respect pour ceux qui ne font rien de leur été. Comme moi ! L’un de mes projets les plus intéressants est de revoir, enfin, “Les Fraises sauvages” de Bergman, cet immense mais triste cinéaste décédé en fin de semaine. La première fois que j’ai entendu parler de ce film, c’était dans un autre film, de Woody Allen je crois, l’un des fans déclarés du maître scandinave. Plus tard, j’ai commis l’imprudence de voir Les fraises sauvages au ciné club “le plus proche”, et je me souviens des mots du présentateur. “Attention, ce film n’est pas pour tout le monde”. Et moi j’étais tout le monde ! Les Fraises sauvages, qui ressemblait, comme l’ensemble de la filmographie bergmanienne, à une épreuve mentale, s’est vite avéré un obstacle infranchissable. Bergman, je n’ai rien compris à son onirisme mais j’ai aimé parce que le nom sonnait bien à mon oreille. Comme Antonioni d’ailleurs, le très grand cinéaste de Blow up, que j’ai commencé par prendre pour l’ancien footballeur vedette de la Squadra Azzura. Quelle honte ! En fait, j’ai dû découvrir les cinémas encore plus extrémistes de Tarkovski, Pasolini, Bunùel et surtout, surtout, Oshima (c’est vraiment quelque chose de découvrir L’empire des sens dans une salle comble au départ, pratiquement vide à l’arrivée) pour me faire pardonner et revenir, absous, affranchi, vers Bergman. Bergman, finalement, a eu la bonne idée de mourir aux portes de l’été, mon été. Antonioni aussi. Grâce à ces deux artistes d’exception, je tiens enfin un début de réponse à ceux qui n’arrêtent pas de me demander : “Qu’est-ce que tu fais, l’été ?”. Ça sera, dans l’ordre, Les Fraises sauvages et Blow up pour commencer. Aucune idée précise pour la suite, hormis le projet de lire, enfin en entier, L’Amour est un chien de l’enfer de Bukowski. Bon été, mes amis.



VITES !

Depuis mai 2006, 819 membres d’Al Adl Wal Ihsane sont passés devant les tribunaux, poursuivis dans 165 dossiers. Le chiffre est tiré du site officiel de la Jamaâ du Cheikh Yassine (aljamaa.com). Les amendes décidées contre les adlistes, toujours d’après la même source, s’élèveraient au total à près 5 millions de dirhams !


Contrairement à Mohamed Elyazghi (USFP) et Ismaïl Alaoui (PPS), qui ont renoncé à briguer un siège au Parlement, Abbas El Fassi compte bien représenter l’Istiqlal à Larache. À notre confrère Aujourd’hui le Maroc, il a déclaré “qu’on ne peut pas être un homme politique et ne pas avoir la confiance des électeurs”. Bien sûr…


Le Parti de la Oumma compte se présenter aux élections, même s’il attend toujours le récépissé du ministère de l’Intérieur. “Nous irons aux urnes et si l’Intérieur nous en empêche, nous l’affronterons”, a affirmé Mohamed Marouani, S.G de ce petit parti islamiste. Voilà Benmoussa prévenu.


Le prochain Festival d’Asilah accueillera deux poids lourds de la politique internationale : Kofi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU, et Josep Borrel, ex-président du Parlement européen. Les mauvaises langues diront que Benaïssa, patron du Festival, fait dans les has-been.


L’Algérie concurrencera peut-être bientôt le Maroc en terme de fumette. L’Office algérien de lutte contre la drogue a constaté, selon l’AFP, l’introduction de la culture du pavot et du cannabis par des narcotrafiquants étrangers et locaux. Une solution logique pour ne plus dépendre de leurs fournisseurs marocains.


Le votant nouveau est arrivé ! Selon l’Intérieur, 1 600 000 Marocains se sont inscrits pour la première fois sur les listes électorales. Portrait de l’électeur new look : Il a moins de 35 ans pour plus des trois-quarts des inscrits. C’est un homme dans plus de 50% des cas, avec un niveau d’études du secondaire pour plus du tiers.


“Ya Fouadi !”. C’est ainsi que le journaliste Khalid Jamaï s’est adressé, dans une lettre ouverte, à Fouad Ali El Himma, lui disant tout le bien qu’il pensait de lui. Les subtilités de la langue arabe sont telles qu’on ignore si Jamaï entendait : “Ô mon Fouad” ou “Ô mon cœur”. On a tout de même une petite idée sur la question.


Tous les moyens sont bons pour quitter le plus beau pays au monde. Mardi dernier, quatre jeunes marocains âgés de 23-24 ans, ont essayé de traverser le détroit de Gibraltar à l’aide… planches à voile. Malheureusement pour eux, les harragas, qui se faisaient passer pour des amateurs de windsurf, ont été arrêtés au large de Sebta.
 
 
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