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N° 287
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“La plupart du temps, je végète au Maroc”

Aziz Daouda
Directeur technique de la CAA
(TNIOUNI / NICHANE)

Antécédents

1951. Naissance à Rabat.
1971. Entraîneur national adjoint.
1978. Élu à la Fédération Royale Marocaine d'Athlétisme.
1979. Doctorat en Sciences de l'activité physique au Canada.
2006. Quitte la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme.
2006. Rejoint la Confédération africaine d’athlétisme en tant que Directeur technique.

Smyet bak ?
Ahmed Belhoussine.

Smyet mok ?
Lalla Mina Makhloufi.

Nimirou d'la carte ?
A 178 076.

On n’entend presque plus parler de vous. Vous êtes à la retraite ?
Pas complètement. J’occupe désormais la fonction de directeur technique à la Confédération africaine d’athlétisme. Ce qui me laisse beaucoup de temps pour me reposer. La plupart du temps donc, je suis là au Maroc, à végéter.

Vous avez fait découvrir Saïd Aouita aux Marocains. Comment c’est arrivé ?
J'ai découvert Aouita en 1978. Après quatre années de travail en commun, Saïd a établi un record personnel de 3 minutes 32 au 1500 mètres. Cette performance m’a encouragé à contacter un journaliste sportif pour lui présenter l’exploit. Ce dernier a choisi de titrer, en Une, “Le Maroc bat l’Allemagne en demi-finale de la Coupe du monde”. Le lecteur ne pouvait comprendre un titre aussi énigmatique qu’en lisant l’article en pages intérieures. En fait, le journaliste en question voulait signifier que le temps réalisé par Aouita équivalait à une victoire en demi-finale de la Coupe du monde contre une grande nation du foot. C’était une manière pédagogique de faire connaître Aouita aux Marocains.

Depuis votre départ de la Fédération, de nombreux cas de dopage ont été révélés. C’est parce que vous n’êtes plus là pour surveiller ce petit monde ?
Du temps où j’officiais à la Fédération, je veillais au strict respect des règles en la matière. Aujourd’hui, je suis incapable de vous commenter ce qui se passe. C’est un comportement qui m’échappe.

Les résultats des Marocains aux championnats du monde sont pour le moins décevants (une médaille d’argent). Comment expliquez-vous cette bérézina ?
Il faut bien reconnaître que les Marocains n’ont décroché aucune médaille dans leurs disciplines phares, à savoir le 1500 m et le marathon. Mais je préférerais ne pas me prononcer avant la fin de ces championnats.

Est-ce parce que vous n’avez pas préparé la relève ?
La relève est bel et bien là. C’est un problème de professionnalisme et de compétence. J’estime que j’ai laissé une grande équipe. Les résultats obtenus par les athlètes marocains durant la saison 2006 en sont la preuve. Mais il ne faut pas compliquer les choses. Quand les résultats sont décevants, c’est qu’on était mal préparés, point barre.

Vous avez entraîné une certaine Fatima El Faqir, qui est votre épouse aujourd’hui. Vous vous êtes servi de votre statut de directeur technique pour la conquérir ?
Pas du tout. Je n’étais qu’un simple étudiant quand j’ai rencontré ma future femme à la Faculté de Rabat. Mais au fait, vous êtes bien renseigné, comment avez-vous eu le nom de ma femme ?

Il faut croire que vous êtes un Marocain connu. Cette information est sur une page qui vous est consacrée sur Wikipédia.
Eh bien c’est une fierté pour moi, que mes enfants puissent dire que leur papa est sur Wikipédia.

Vous avez quitté la Fédération en même temps que les généraux. Est-ce une simple coïncidence ?
C’est faux. Je suis parti bien après. J’ai senti que je n’étais plus à ma place, qu’il y avait un manque de considération pour mon travail. On a même cherché à s’attaquer à ma personne, alors que je pense avoir été un bon commis de l’Etat. D’autres ont même considéré que les résultas de mon travail étaient le simple fait du hasard. Aussi, j’ai décidé de me retirer.

Il paraît que vous avez été approché par des chaînes sportives étrangères. Qu’en est-il ?
J’ai décliné toutes leurs propositions, car je suis un fervent défenseur du Maroc. Je suis un nationaliste pur jus et non un mercenaire. Pour le cas de la Confédération africaine, c’est une exception, car cela ne concurrence pas le Maroc. Nous oeuvrons pour le continent africain.

 
 
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