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N° 287
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le siège casablancais de la CGI.
(AIC PRESS)

Bourse. La CGI casse la baraque

Une nouvelle performance pour le titre CGI, incontestable tube de l’été à la Bourse de Casablanca. La filiale immobilière de CDG Développement a en effet battu tous les records. D’abord au niveau des souscriptions : avec une demande manifestée par 57 600 investisseurs, de 23 nationalités différentes, pour cette méga-opération de 3,5 milliards de dirhams, le taux de satisfaction s’est établi au-dessous de 1%. En d’autres termes, pour la valeur introduite à 952 dirhams, il fallait souscrire en moyenne (car cela dépend des tranches) pour près de 100 000 dirhams, pour se voir attribuer une seule action.
Mais la CGI a surtout surpris par son parcours fulgurant en Bourse. En moins de douze séances, le cours de l’action a plus que doublé, pour dépasser actuellement les 2100 dirhams. “Les séances démarrent par une offre d’achat qui se chiffre en millions de titres et des propositions de vente d’une poignée de milliers d’actions. Le prix flambe et la valeur finit souvent réservée à la hausse. Passé le délai maximum, elle finit donc par ouvrir pour gagner d’un seul coup au moins 18%, au grand bonheur de ceux qui ont pu exécuter effectivement leurs ordres”, explique ce gestionnaire. Ce parcours atypique a déjà permis à plusieurs investisseurs de réaliser de confortables plus-values. Et la saga CGI ne fait que commencer. Des analystes tablent sur une poursuite de la hausse du cours, et certains le voient même dépasser rapidement la barre des 3000 dirhams. D’ailleurs, pour booster le cours, la technique est bien rodée : multiplier les grands effets d’annonce. Il ne serait d’ailleurs pas exclu d’entendre bientôt le lancement de nouveaux grands projets attribués à la CGI.


Lait. Qui va traire la vache ?

Les droits de douane sur le lait passent de 102,5 à 2%, une mesure qui devrait rendre encore plus hilarante la Vache qui rit. Mais cette baisse vertigineuse ne porte que sur le lait UHT, les droits de douane sur le lait en poudre restant plus limités (de 60 à 35%). Le ministère de l’Agriculture explique que cette disposition a été prise pour parer à toute éventualité de pénurie en lait pendant le mois de ramadan, période de forte consommation, vu la flambée du prix du lait sur le marché international. Il est cependant difficile de croire que les cours mondiaux aient connu des progressions dans de telles proportions. Cette généreuse révision à la baisse profitera-t-elle réellement au consommateur où ne servira-t-elle qu’à engraisser les opérateurs ? À défaut d’une baisse des ventes, ce ne sont que ces derniers qui en tireront profit. À leur tête, la Centrale Laitière (leader avec 60% de parts de marché), considérée d’ailleurs comme l’une des principales… vaches à lait du groupe ONA.


Poste. Un agrément bancaire limité

La Poste vient de décrocher son agrément bancaire… ou presque, puisque le sésame qui lui permettrait de concurrencer pleinement le secteur bancaire reste limité. En effet, lors de son dernier conseil d'administration, Poste Maroc a finalisé la création d'une nouvelle filiale nommée “Finaposte”. Cette entité devrait reprendre, dès le 1er octobre prochain, la gestion des comptes chèques-postaux (CCP) et des mandats, qui relevaient auparavant de la Trésorerie générale du royaume. “Cette décision est motivée par le souci de protéger les déposants de comptes chèques-postaux contre les risques, à l'instar des déposants des banques, ainsi que par l'urgence de lancer l'activité du découvert”, déclare Anas Alami, directeur général de Poste Maroc.


Immobilier. Emaar démarre la commercialisation

Arrivé en force depuis un peu plus d’un an, le gigantesque holding immobilier de Dubaï, Emaar, vient de démarrer ses activités commerciales au Maroc. 287 unités (entre villas et appartements), situées dans un site de rêve à Tanger, sont proposées à la vente depuis la fin de la semaine dernière. Et encore, ce n’est que la première tranche (qui nécessitera tout de même 100 millions de dollars d’investissement) d’un gigantesque projet baptisé Tinja, faisant l’objet d’une convention d’investissement de 5,34 milliards de dollars. Pour ce complexe immobilier, le bâtisseur émirati fait cavalier seul, contrairement à d’autres projets pour lesquels il a noué des partenariats avec des groupes marocains.



Pendant ce temps, le peuple….
Cash ou pierre ?

Quelques jolis petits coups boursiers sur Addoha, BMCE, la CGI et hop : Adil se retrouve avec un joli pactole. Le plus gros magot qu’il ait jamais possédé de toute sa vie. Alors, il se pose mille questions par jour, hésitant sur ce qu’il va faire de tout cet argent. Le réinjecter en Bourse ? “Oho”, lui conseille son épicier soussi, heureux de le voir enfin payer une ardoise sur laquelle il avait fait une croix. S’offrir un appartement ? “Il n’y a pas mieux qu’un chez soi”, lui répond son propriétaire, lassé de courir chaque mois après le loyer. Adil trouve cette dernière idée intéressante, au point d’approfondir la question : combien la banque pourrait-elle lui accorder comme crédit ? “Il faut d’abord combler ton découvert”, lui répond sa banquière, fatiguée de rejeter ses chèques en bois massif. Saïd finit par abandonner cette piste. Pour se consoler, il se dit que ce n’est surtout pas le moment d’investir dans l’immobilier vu le prix du mètre carré. Il va même jusqu’à tabler sur un krach immobilier et financier à moyen terme. Il ne s’attend évidemment pas à vivre une crise de prêt hypothécaire à l’Américaine, où le grand écart entre la finance et l’immobilier a entraîné un séisme de magnitude 10. “Tel que c’est parti, ce n’est pas l’explosion d’une bulle que l’on risque, mais plutôt celle d’un champignon atomique”, se dit Adil. Le portefeuille boursier, qui l’autorise aujourd’hui à parler comme un George Soros à la petite semaine, prouve d’ailleurs que beaucoup de richesse virtuelle s’est récemment créée. Adil décide donc de profiter de sa richesse tant qu’elle est bien réelle, en choisissant la plus simple des options : repartir en vacances sans durée déterminée et tout claquer.



OFF.

Deux grosses opérations boursières sont attendues d’un moment à l’autre. Il s’agit d’abord de Salafin, la filiale de crédit à la consommation du groupe BMCE, mais aussi des deux compagnies d’assurances Atlanta et Sanad. Pour cette dernière opération, le marché reste perplexe : les deux compagnies vont-elles fusionner avant leur introduction, ou seront-elles introduites séparément ? Une question à 1,8 milliard de dirhams, le montant de cette gigantesque OPV.

 
 
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