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N° 287
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Plus de candidats, plus de bureaux
de vote… mais plus de votants ?
(AFP)

Elections. Les chiffres de l’Intérieur


L’USFP et l’Istiqlal sont les seuls partis à avoir couvert toutes les circonscriptions électorales, 95 en tout. C’est ce qui ressort du dernier bilan du ministère de l’Intérieur, concernant la préparation du scrutin du 7 septembre. Trente-trois partis sont entrés en compétition à travers 1870 listes. Le PJD ne sera présent que dans 94 circonscriptions, soit une circonscription de moins que l’USFP et l’Istiqlal. Selon un responsable de ce parti, il s’agit de Casablanca-Anfa, où “les frères” ont cédé leur place au candidat de Forces Citoyennes, Abderrahim
Lahjouji, dans le cadre d’une alliance “où leur rôle n’a pas été tenu en considération par le ministère de l’Intérieur” (sic !). Le reste du classement réserve bien des surprises. Ainsi, le FFD présente des candidats dans la majorité du pays (94 listes), suivi du PPS (92), du RNI (91), du MP (90) et de l’UC (80). Le Parti travailliste a présenté 69 listes, tout comme le MDS de Mahmoud Archane. Quant au PSU, il ne sera présent que dans 68 circonscriptions. La course s’annonce serrée, surtout que la présence des Sans Appartenance Politique (SAP) sera plus forte qu’en 2002 (13 listes). Pour ces échéances, l’Etat veut jouer au facilitateur. Les électeurs qui n’ont pas pu retirer leurs cartes à temps auront toujours la possibilité de le faire le jour du scrutin au sein des bureaux de vote, dont le nombre a d’ailleurs augmenté (38 687). Il y aura un bureau de vote pour 400 électeurs, selon l’Intérieur, qui promet d’annoncer les résultats définitifs 48 heures après le vote. Il faudra tenir parole !


Sans blague ? Al Adl ne votera pas

Fidèle à sa tradition, la Jamaâ Al Adl Wal Ihsane, du cheikh Yassine, a demandé à ses membres de boycotter les élections législatives de 2007, sans pour autant appeler la population à en faire de même. “Ce n’est pas une surprise, les responsables de la Jamaâ ne reconnaissent pas la légitimité des élections. Appeler la population à boycotter les élections, ce serait pour eux une manière de rentrer dans le jeu électoral”, note l’islamologue Mohamed Darif. Même son de cloche du côté du mouvement islamiste : “Le jour où nous aurons des élections transparentes et honnêtes, nous changerons de position”, peut-on lire sur le site de l’association. Pour le coup, on n’est pas pressé.


Corruption. Mieux vaut prévenir…

La tant attendue Instance centrale de prévention de la corruption devrait bientôt faire son baptême de feu. Et c’est Abdeslam Aboudrar, actuel numéro deux de la CDG, qui est pressenti pour la diriger. Cette organisation tripartite sera composée de représentants de l’administration, du secteur privé et de la société civile, réunis sous la houlette de la primature. Pour Azzedine Akesbi, président de Transparency Maroc, également partie prenante dans la future instance, “il s’agit d’une revendication ancienne. C’est une avancée significative, même si nous aurions souhaité une agence totalement indépendante”. Faut pas trop en demander non plus…


Hacking. L’Istiqlal piraté

De toute évidence, un bidouilleur en informatique n’aime pas Abbas El Fassi, le patron de l’Istiqlal. Il y a quelques jours, le parti a eu la mauvaise surprise de découvrir que son site Internet avait été piraté. “Il a été inaccessible pendant 24 heures. À chaque tentative de connexion, un message bizarre s’affichait, portant le sigle : “SSES”, témoigne un cadre du parti. Le hacker n’a pas été identifié, mais les Istiqlaliens s’interrogent sur le timing de cette attaque. Coïncidant avec le début de la campagne électorale, l’attaque a eu lieu au moment où le parti projetait de diffuser les vidéos de ses passages télé sur son site.


Trop rare. Une juive aux élections

Maguy Kanon, une marocaine de confession juive, se présente aux élections au sein du Parti du centre social, petite formation créée en 1982 (mais qui n’a été légalisée qu’en 1999). Ce n’est pas une première : le Maroc a déjà élu cinq parlementaires de confession juive, mais la candidature de Maguy reste un signal fort dans le contexte de radicalisation religieuse. Kanon, qui est en tournée électorale dans le Maroc profond, affirme cependant qu’elle y a été bien accueillie. “Insister sur le fait que je suis juive est une atteinte à ma citoyenneté. Si je suis candidate, c’est parce que je suis marocaine”, explique-t-elle. Personne ne dira le contraire…



3 questions à Abdellah Tourabi
[Chercheur - spécialiste en mouvements islamistes]


Vous suivez la campagne électorale avec une équipe de chercheurs en sciences politiques, quels sont les enseignements de la première semaine de terrain ?
Il y a un énorme décalage entre le désintérêt du public et la compétition entre les candidats. Pourtant, les partis ont sorti l’artillerie lourde : programmes, réactivation des alliances…
On assiste surtout au retour en force des notables au détriment parfois de militants reconnus, comme cela a été le cas pour la liste nationale du PPS.

L’un des enjeux du scrutin est le poids des islamistes. Peut-on envisager que le PJD arrive en tête des élections ?
Alors même que le PJD sera présent dans 94 circonscriptions sur 95, le raz-de-marée n’aura pas lieu. L’ingénierie de l’Etat dans le découpage électoral et le mode de scrutin proportionnel joueront leur rôle et toute majorité ne pourra être que relative.

Quel sera le poids du grand absent du scrutin de 2007 : Al Adl Wal Ihsane ?
Al Adl et toutes les forces issues du mouvement islamiste (PJD, Al Badil Al Hadari, Annahda Wal Fadila) sont au centre de l’élection. Annahda pourrait grignoter des voix au PJD, notamment dans le Nord ou à Casablanca. Mais si Al Adl ne participe pas aux élections, dont il conteste la légitimité, le principe de la nûsra conditionne un soutien objectif des partis islamistes, notamment le PJD.


Question pour un champion. Qui sucre votre café ?

Dimanche dernier, le PSU n’est pas passé inaperçu lors de la diffusion, sur la première chaîne, de son spot pour les législatives. Durant les sept minutes que dure le clip, l’économiste Najib Akesbi, membre du PSU, explique les méfaits de “l’économie de rente”, passant en revue le problème de la corruption, du clientélisme, du chômage et bien d’autres. De passage devant une épicerie, Akesbi interpellait le téléspectateur en ces termes : “Savez-vous qu’une société unique détient le monopole de la production du sucre ? Sans doute la connaissez-vous et sans doute savez-vous à qui elle appartient”. Oui, oui à l’ONA ! Alors on gagne quoi ?


Hay Hassani. Le PJD chahuté

Le PJD aurait-il perdu la virginité politique qu’on lui accorde habituellement ? Oui, pour certains habitants de Hay Hassani, qui ont accueilli avec des insultes les représentants de la formation islamiste en campagne électorale. “Voleurs !”, ont crié certains, comme ils l’auraient fait pour n’importe quel parti politique usé par l’exercice du pouvoir. Le PJD commence d’ailleurs à souffrir des mêmes maux que les autres formations. Ainsi, le même jour, on a pu voir un militant du PJD faire campagne pour El Othmani, avant de retourner sa veste et rejoindre dans la foulée les supporters d’Annahda Wal Fadila, parti islamiste concurrent. ça fait désordre.


ONG. L’ASM sur la paille

L’Association le Sahara marocain fermera-t-elle bientôt boutique ? Aux dernières nouvelles, l’ONG que préside le trublion Réda Taoujni est en pleine crise financière. “Nous passons actuellement par une zone de turbulence, car nous n’arrivons pas à éponger nos dettes qui s’élèvent à plus d’un million de dirhams”, explique Taoujni. Et d’ajouter : “Alors que des associations fantoches sont généreusement soutenues, l’Etat marocain, non seulement ne nous permet pas de recevoir des fonds de l’étranger, mais nous met quotidiennement des bâtons dans les roues pour nous rendre plus dociles”. C’est sûr, caresser dans le sens du poil rapporte plus…


Athlétisme. Baba Vs Baala

Et d’une médaille, et probablement que d’une, pour les athlètes marocains participant aux Championnats du monde d’Osaka au Japon. Hasna Benhassi a sauvé l’honneur, en remportant la médaille d’argent du 800 m, mardi dernier, réitérant sa performance des Championnats du monde de Helsinki. La veille, lors de la demi-finale du 1500 m, son homologue Youssef Baba, bousculé par le français Mehdi Baala lors du sprint final, a pu voir la piste du stade Nagai de très près, puisqu’il s’est littéralement rétamé, ne finissant pas la course. Après que la Fédération marocaine a porté réclamation, Baba a été repêché, tandis que Baala a été disqualifié. La Fédé marocaine n’aurait peut-être pas dû se donner tant de mal, Baba ayant fini bon dernier lors de la finale.


Economie. Maroc, vin sur vin

Selon l’hebdomadaire français le Journal du Dimanche, le Maroc, qui s’est lancé depuis quelques années dans la production vinicole de qualité, fait désormais partie des nouveaux “eldorados du vin”. C’est tout bénéfice pour l’économie marocaine, compte tenu des perspectives de croissance d’un secteur en plein boom. Ainsi, la consommation mondiale devrait croître, toujours selon le JDD, de 10% par an dans les années à venir, le vin étant devenu une boisson à la mode. Cette bonne nouvelle pour le Maroc devrait hérisser davantage le poil de barbe aux pourfendeurs de Bacchus sous nos cieux. Suivez mon regard…


Atteinte aux sacralités. Les MRE aussi

La semaine dernière, un MRE a été inculpé pour atteinte aux sacralités dans la ville de Youssoufia. Motif ? Une rixe avec les policiers dans l’enceinte du tribunal, où Driss El Baïz était présent pour des raisons personnelles. Quand le substitut du procureur s’est présenté au MRE, celui-ci, en pleine crise d’hystérie, aurait déclaré : “Ana ma kan 3kal la 3la naïb el malik la 3la malik”, selon un responsable de l’AMDH à Youssoufia. Dans la foulée, l’homme a été interpellé. Selon une source locale, “El Baïz a des problèmes psychiatriques et de nombreux documents médicaux en attestent”. Et de rappeler qu’un cas similaire s’était déjà produit à Youssoufia. Un individu, arrêté pour le même motif, avait été relaxé suite à une expertise psychiatrique attestant qu’il n’était pas responsable de ses actes.


Scrutin. L’UC sans femme

Le parti de l’UC participera-t-il aux élections sans une liste nationale réservée aux femmes ? Probablement. Depuis que le ministère de l’Intérieur a rejeté cette liste en raison de la présence d’une candidate qui n’a pas encore atteint l’âge légal de participation (23 ans), le parti de Mohamed Labied est dans l’expectative. Selon lui, il ne manquait qu’un mois à cette candidate pour atteindre l’âge autorisé, laissant entendre que l’Intérieur manque réellement de souplesse. L’UC a intenté un recours en justice, mais nul ne sait s’il aura gain de cause. Le scrutin approchant à grands pas, le parti préfère d’ailleurs se concentrer sur les listes locales. Et “advienne que pourra”, affirme un cadre du parti.


Islamistes. Laâbi se fâche

Un “pacte pour la démocratie” circule actuellement dans le milieu des intellectuels marocains. Ce document, rédigé par l’écrivain Abdellatif Laâbi, appelle au rassemblement des forces démocratiques pour combattre “les forces obscurantistes” lors des prochaines élections. Sans les nommer directement (on se demande pourquoi, d’ailleurs), ce document s’élève contre les islamistes, qu’il qualifie de “fossoyeurs de l’espérance”, ou encore de “déferlante obscurantiste voulant régir notre société selon un modèle encore plus archaïque et ayant dans sa ligne de mire toutes les valeurs pour lesquelles le mouvement progressiste a combattu”. Reste que cet appel intervient un peu tard. Le compte à rebours du prochain scrutin a déjà commencé. “Cette initiative dépasse l’échéance du 7 septembre”, se justifie Abderrahim Harouchi, un des signataires. Ok, c’est où qu’on signe ?


People. Hollande piégé à Asilah

Mardi 28 août, le tribunal de Nanterre a condamné la société Mondadori, propriétaire de l’hebdomadaire Closer, à verser 15 000 euros à la nouvelle compagne de François Hollande, à titre de dommages et intérêts pour préjudice moral. La raison ? Le magazine people avait publié en Une, courant août, des photos d’elle en compagnie du patron du PS sur une plage d’Asilah. L’ex de Ségolène Royal y passait des vacances en amoureux à l’invitation d’une personnalité artistique marocaine. Notons pour l’anecdote que la dulcinée de Hollande est accessoirement journaliste, dans un hebdo people pas franchement connu pour son respect de la vie privée.


El Othmani. “Moi pas débattre”

L’entrée en politique de notre ex-confrère Anouar Zyne ne passe pas inaperçue, puisque le candidat UC inonde le quartier Hay Hassani des 10 000 exemplaires de son quotidien de campagne “Anouar Al Hay Hassani”. Zyne a même franchi un pas en proposant... un débat d’idées en direct avec Saâdeddine El Othmani, retransmis par une station radio. “Un débat d’idées, d’homme à homme, tête de liste contre tête de liste, projet contre projet”, précise Anouar Zyne. Le leader islamiste a déjà reçu un fax officiel l’invitant à accepter ce débat, mais il n’y a guère de chance qu’il y donne suite… Dommage pour Zyne, dont le slogan de campagne est “Nous pouvons l’impossible” (lire aussi le dossier Spécial élections p 22).


Football. Des Verts et des pas mûrs

Fin août, alors qu’ils devaient rentrer de leur voyage en Suisse où ils disputaient un tournoi de foot, deux Rajaouis, Mouhcine Yajour et Saïd Fattah, n’ont pas embarqué dans le vol retour à destination de Casablanca, où les attendait la sélection olympique en partance pour la Guinée. “Fattah devrait finalement rentrer au Maroc. Quant à Yajour, nous avons reçu une demande de billet de sortie de la part d’un club de 2ème division suisse, que nous avons refusé”, nous a déclaré le président du Raja, Abdellah Ghallam. Et de préciser : “On ne peut pas parler de hrig, les deux joueurs disposent d’un visa valable jusqu’au 9 septembre, ils sont donc encore en situation régulière”. Rien de bien grave, pour le moment…



Humeur. Sympathy for...

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

L’annonce du décès de Driss Basri par la télévision marocaine a dépassé l’entendement par son aigreur et sa légèreté. Pas de magazine spécialisé, ni même de micro-trottoir, l’information a eu droit à un temps d’antenne aussi ridicule qu’un vulgaire flash sur les derniers changements horaires en Birmanie. En quelques phrases anodines, agrémentées de méchantes piques (sur la falsification des élections et la violation des droits de l’homme sous Basri), le tout balancé bien après la page internationale, l’ancien homme fort du régime a été “plié” et sa mort définitivement consommée. Ce traitement inqualifiable a de quoi nous faire aimer ce bonhomme que l’on a tant détesté de son vivant. Tout de même ! Basri de Zettat, comme on l’appelle, a régné pendant près d’un quart de siècle aux côtés de son “géniteur”, le défunt Hassan II, une éternité durant laquelle cette même télévision trouvait le moyen de le glorifier tous les jours. Elle louait sa gestion des élections, depuis toujours “transparentes”, son respect des principes des droits de l’homme (n’a-t-il pas fait partie de la toute première mouture du CCDH, créé par Hassan II ?), etc. Pour la télévision, Si Driss était donc tout à la fois, et aujourd’hui il n’est absolument rien… Entendons-nous bien : sur la démocratie, les élections, les droits de l’homme, Basri a participé à une supercherie dont les Marocains étaient bien conscients, malgré les délires dithyrambiques de la télévision. Il est donc heureux que la boîte à images se “réveille”, aujourd’hui, pour remettre les pendules à l’heure. Mais alors, qu’elle le fasse dans les règles de l’art, en arrêtant de faire de l’homme fraîchement décédé le bouc émissaire et le cache-misère de tout un système, un régime. Autrement, on risque bien de se prendre de sympathie pour notre ami de Zettat.



VITES !

Installé comme chaque été dans le nord du pays (près de la ville de Mdiq), Mohammed VI a reçu un hommage bien particulier le 21 août dernier, jour de son 44ème anniversaire. Des dizaines de yachts se sont alignés au large de la résidence royale pour souhaiter, à coups de cor de brume, un happy birthday marin à Sidna.


Le Maroc a choisi son poulain dans la course à la présidence du FMI. Un communiqué publié sur le site web du ministère des Finances marocain a désigné sans grande surprise Dominique Strauss-Khan comme le favori du royaume. Pour rappel, DSK est né au Maroc.


Animateur des Matins de France Culture, le journaliste franco-marocain Ali Baddou s’apprête à entamer une nouvelle aventure dans le paysage audiovisuel français. Le lundi 3 septembre 2007, il rejoint en tant que chroniqueur littéraire parmi l’équipe de l’émission phare de Canal +, le Grand Journal.


Youssef Hajji, le milieu offensif des Lions de l’Atlas, fait un début de saison étincelant dans le championnat français. Acteur dans neuf des onze buts inscrits cette saison par l’AS Nancy, second au classement de Ligue 1, il est classé dans le top 5 des joueurs les mieux notés par le bi-hebdomadaire spécialisé France Football.
 
 
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