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N° 287
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Moqtada Al Sadr
(AFP)

Irak. Moqtada Al Sadr calme le jeu


Le chef chiite Moqtada Al Sadr a créé la surprise ce mercredi, en annonçant une trêve unilatérale de six mois face aux troupes américaines. Al Sadr a ordonné à ses troupes (l’Armée du Mahdi compterait plus de 60 000 miliciens) de cesser leurs attaques armées contre les soldats de la coalition. La décision intervient un jour après des heurts impliquant les miliciens de l’Armée du Mahdi dans la ville sainte de Kerbala. Engagé dans une lutte pour le leadership de la communauté chiite, Moqtada Al Sadr ménage ainsi une sortie de crise
pour ses adversaires de la même communauté, notamment le premier ministre Nouri Al Maliki et son allié le Conseil suprême islamique irakien (CSII). Les analystes insistent également sur la volonté du chef chiite de réaffirmer son autorité sur ses miliciens. “L'armée du Mahdi compte trop d'éléments incontrôlés dans ses rangs, et al-Sadr veut s'en débarrasser, tout en reprenant le contrôle total de sa milice”, explique M. Hiltermann, expert de l’International Crisis Group, assurant qu'il s'agit pour le leader chiite d'un “problème purement interne”. Ce changement tactique ne semble pas pour l’instant remettre en cause la stratégie de l'Armée du Mahdi, qui appuie sa légitimité sur l’usage de la violence. Pour rappel, Moqtada Al Sadr, fils de l’ancien opposant au régime de Saddam Hussein et théoricien de la “révolution sociale”, l’Ayatollah Mohammed Sadek Al Sadr, avait émergé comme une des étoiles montantes de la scène irakienne dès les premiers mois de l’invasion américaine. Maniant à la fois le discours religieux et les armes, Moqtada s’est imposé au centre de l’échiquier politique irakien, au-delà même de son fief de Sadr City, dans la banlieue de Bagdad. Le jeune homme (30 ans) n’a cessé de clamer sa résistance face à l’armée américaine, là où l’autorité religieuse chiite suprême, le marjiaâ Ali Sistani, avait semblé collaborer. Le commandement américain en Irak a accueilli la nouvelle avec prudence, après les premiers signes de redéploiement des miliciens de l’Armée du Mahdi, qui ont levé les barrages et déserté les rues de Bagdad.


Algérie. Le crépuscule des généraux

Le général-major Smaïn Lamari, un des hommes forts de l’“Algérance”, est décédé dans la nuit du lundi à mardi à l’hôpital militaire de Aïn Nadja, à Alger. Considéré comme l’un des proches du patron des services de renseignement (DRS), Mohammed “Toufik” Mediene, Lamari faisait du groupe des officiers qui ont organisé le coup d’Etat contre la victoire électorale du Front islamique du salut, après le succès de ce dernier lors des législatives de 1991. Après une longue éclipse médiatique, le président de la république, Abdelaziz Bouteflika, qui doit au général Lamari son élection et le soutien à sa politique de concorde civile, a fait une apparition remarquée lors des obsèques, mardi après-midi. Une manière de couper court à toutes les rumeurs sur son état de santé.


Turquie. Gül, président islamiste

Avec 339 voix en sa faveur lors du troisième tour de scrutin (une majorité de 276 voix suffisait), l’ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül a été élu par le Parlement, mardi, président de la république laïque turque. Gül, un des leaders du parti islamiste modéré l’AKP, devrait prendre ses fonctions en fin de semaine. L’armée, garante de la laïcité, a accueilli l’élection avec froideur. Ses relations avec le nouveau président risquent de rester tendues. Dans un message adressé à l’armée, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a affirmé que la Turquie avait “plus que jamais” besoin d'unité. Pour le quotidien turc Milliyet, “l'élection de Gül constituera un tournant dans l’histoire politique de la Turquie, qui devrait nous rapprocher encore un peu plus de la maturité démocratique.”


France. Bernard Lagaffe

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a gagné le surnom de “Gaffeur”, après ses déclarations à l’hebdomadaire Newsweek, réclamant le départ du premier ministre irakien Nouri Al Maliki. Interrogé sur l'existence d'un “fort sentiment” en Irak en faveur d'un départ du chef du gouvernement irakien, il avait répondu : “Oui. Je viens d'avoir Condoleezza au téléphone il y a dix ou quinze minutes et je lui ai dit qu’il devait être remplacé.” Al Maliki avait réclamé des excuses de la France. Kouchner a alors esquissé des regrets lundi, avant de réaffirmer l'après-midi même, lors d'un discours devant les ambassadeurs de France, l’éventualité d'un départ d’Al Maliki. “Peut-être qu’il nous quittera bientôt”, a-t-il déclaré.


Etats-Unis. Adios Gonzales

Deux semaines après le départ de “l’Architecte” Karl Rove, principal conseiller de George W. Bush et artisan de ses victoires électorales, le président américain a perdu son deuxième ami texan, en la personne d’Alberto Gonzales, secrétaire à la justice. Gonzales est sous le coup d’une enquête parlementaire initiée par les Démocrates, après avoir démis, abusivement, neuf procureurs fédéraux. L’ancien avocat de Houston, propulsé à la tête du Département de la Justice, ne laissera pas un souvenir impérissable. Il aura même réussi à faire regretter son prédécesseur John Aschroft. Le chef démocrate du Sénat, Harry Reid, a fustigé un homme “qui manquait d'indépendance, de jugement et de courage pour dire non à Karl Rove”, ajoutant que “la démission ne veut pas dire fin de l'histoire”.



Lu pour vous.
La crise de 1929 n’aura pas lieu [FRANCE]

Daniel Cohen, Le Monde, 28 août 2007.

“Comprendre la crise de 1929 est le Graal de l'analyse économique.” Ces propos furent tenus par Ben Bernanke, l'actuel président de la Fed. (…) Revenons à la crise de cet été. A l'image du processus à l'oeuvre dans les années 1930, les meilleures banques ont refusé de refinancer celles qui leur paraissaient menacées. (…) Comment en est-on arrivé à un tel point de méfiance ? Le système des crédits hypothécaires américains permet à un ménage déjà endetté de souscrire un nouvel emprunt aussitôt qu'augmente la valeur de son bien immobilier. Tout va bien tant que les prix montent. Lorsque les prix commencent à baisser, les ménages dont l'encours de la dette se révèle supérieur à la valeur du bien acheté laissent à leurs créanciers une hypothèque dévaluée. (…) La crise de cet été est le point culminant d'un cycle ouvert lorsque Alan Greenspan vient aux affaires, en 1987. Confronté à un krach majeur, il réagit en inondant l'économie américaine de liquidités, et déclenche une période d'exubérance qui débouchera sur la bulle Internet tout d'abord, et la bulle immobilière ensuite. (…) L'heure d'une redéfinition des objectifs de la politique monétaire vient de sonner. (…) Soit on veut à tout prix éviter que la crise ne s'aggrave, en ce cas, il faudra baisser les taux d'intérêts. Soit on veut surtout éviter un nouveau cycle de crises financières, et il faut en ce cas maintenir le cap. On aimerait meilleur choix : 1929 aujourd'hui ou demain...



Pakistan. Bhutto et Sharif, le retour

La rumeur d’un possible retour d’exil de l'ex-premier ministre Benazir Bhutto au Pakistan enfle. Un accord serait intervenu entre celle-ci et le président, le général Pervez Musharraf. “Nous sommes très contents que le général Musharraf ait pris la décision d'écouter le peuple du Pakistan en acceptant de quitter l'uniforme”, a affirmé Benazir Bhutto, mercredi, à l'agence Associated Press (AP). “Je m'attends à ce qu'il quitte le poste de chef de l'armée avant l'élection présidentielle, mais c'est au président de le dire.” Cette nouvelle intervient après la décision de la Cour suprême, autorisant le retour au pays de Nawaz Sharif, le 22 août, ex-premier ministre également en exil et farouche opposant de Musharraf.


VITE !

La polémique autour de la Garde des sceaux, Rachida Dati, ne faiblit pas. Après les déboires judiciaires de ses deux frères, impliqués dans des affaires de drogue, la ministre française de la Justice a dû accepter la démission de son directeur de cabinet Michel Marquer, qui venait de remplacer Michel Dobkine, démissionnaire en juillet.

 
 
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