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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“Voter, c’est choisir le candidat le moins con”

Hamid Faridi.
Cinéaste.
(AIC PRESS)

Antécédents

1968. Naissance à Casablanca.
1987. Obtient son bac lettres.
1993. Master en journalisme et communication.
1994. Concepteur rédacteur à Shem’s publicité.
2001. Crée sa société de production.
2007. Réalise son premier long-métrage, Le vélo.

Smyet bak ?
Abdallah ben Hammou.

Smyet mok ?
Tam Sellami.
Nimirou d'la carte ?
BE 436 347.

Vous êtes passé de la publicité au cinéma. Un film est-il plus facile à vendre qu’un shampoing ?
Les idées de la publicité sont destinées à une consommation immédiate, alors qu’on tente de produire de l’éternel pour le cinéma. On se sent donc plus responsable et c’est beaucoup plus stressant que la publicité.

Lors de l’avant-première du Vélo, vous avez présenté votre film comme une réponse à l’obscurantisme ambiant. A trop vous prendre la tête, vous ne surestimez pas votre métier de cinéaste ?
Non, je le prends au sérieux. Un matin, je me suis réveillé avec un étrange sentiment d’urgence. Il fallait que je présente mon film, quitte à ne pas attendre la mouture finale. Je me suis rendu compte qu’autour de moi, on racontait tellement de conneries à propos de l’islam. Je refuse la lecture figée et rétrograde que certains font de la religion. J’ai fait l’école coranique et, pour moi, l’islam a ramené une notion extraordinaire : la liberté. Le film traite le thème de l’héritage au sujet duquel un ijtihad s’impose. C’est donc en sentant cette urgence que j’ai sorti mon film.

Et quelle catastrophe nous avez-vous épargnée ainsi ?
Ceux qui ont vu mon film ont compris qu’il n’y avait pas de fatalisme dans la religion. J’ai plaidé, comme d’autres esprits libres, pour plus de rationalité dans notre rapport avec la religion. C’est la somme de petites voix, comme la mienne et la vôtre, qui fera que, demain, dans notre pays, l’islam soit considéré comme une foi et une pratique religieuse apaisée. Qu’on cesse de se crisper dès qu’on parle de religion.

Si je vous dis que je vous trouve plus intéressant que votre film, vous le prendrez comment ?
C’est normal. Quand je m’exprime, je n’ai pas de plateau à gérer. Beaucoup de contraintes liées à un tournage de cinéma disparaissent. En plus, ce n’est qu’une première tentative et j’espère que la prochaine fois, je ferai un meilleur film.

Pas sûr puisqu’à côté, vous voulez écrire un roman, monter un one man show et ouvrir un café littéraire. Vous savez, dans la vie, il faut parfois choisir !
Je crois que nous faisons partie d’une génération à qui on n’a rien donné, qui a dû tout prendre toute seule, sa place au bus, son nom sur une liste, etc. Quand je sens que je peux donner vie à un projet, je fonce. Mais il y a des priorités. Actuellement par exemple, je veux tout liquider pour me consacrer à mon roman pendant le mois de ramadan. Une histoire d’amour inavoué, qui dure 50 ans entre une khadem et son maître, et qui s’intitule “La femme de personne”.

Vous êtes un aâroubi trop intellectuel, dites donc…
Il y a une part d’intellect dans tout ce qu’on entreprend. En plus, j’ai une telle tendresse pour la paysannerie que votre question me flatte. Je partage ma vie entre la ville et la campagne et bien souvent, mes chevaux me parlent mieux que certains intellectuels dans les salons de Rabat ou de Casablanca.

Vous êtes le créateur de la rose qui figure sur le logo de l’USFP. C’est une fierté zaâma ?
J’ai restylisé la rose qui existait déjà sur le logo de l’USFP pour le rendre plus sexy. Avec le recul, je me rends compte que le logo actuel est cohérent avec leurs discours d’aujourd’hui.

Et le parti, vous pouvez le rendre plus sexy ?
C’est une autre histoire. Mais je constate que les partis ont fait, cette fois, un incroyable effort pour communiquer, se faire entendre et, pourquoi pas, convaincre.

Cela a surtout fait le beurre de publicitaires…
Tous les partis ne sont pas passés par des publicitaires. Mais ils se sont donné du mal pour trouver l’argument qui va faire mouche. Ils ne l’ont pas toujours trouvé, mais c’est un commencement à encourager.

Qu’est-ce qui vous décidera à voter le 7 septembre ?
Je me dis : que je le veuille ou pas, ces gens qui se présentent auront à gérer mon quotidien. Voter, c’est avoir au moins la possibilité de choisir le candidat le moins mauvais, le moins con, le moins menteur, en attendant le candidat idéal.

 
 
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