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Par Youssef Ziraoui
Football. Henri Michel, le revenant
Lenfant prodige est de retour. Celui qui a entraîné léquipe du Maroc durant cinq années revient à la tête du onze national. Objectif déclaré ? Une qualification pour la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud
et plus si affinités.
Cela fait plaisir de rentrer au pays !. La phrase nest pas extraite du témoignage dun MRE, dans un film publicitaire de la Fondation Mohammed V. Il sagit en fait des premiers mots lancés par le nouveau sélectionneur de léquipe marocaine de football, Henri Michel, ce mardi 4 septembre, lors de sa rencontre avec la presse. Celle-ci sest |
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déplacée en masse pour (re)découvrir le revenant, celui-là même qui avait coaché léquipe nationale cinq années durant, de 1995 à 2000.
La nouvelle est tombée quelques semaines plus tôt : Les prospections de la FRMF ont abouti à la nomination de M. Henri Michel en qualité de nouveau sélectionneur de léquipe nationale A. Lintéressé prendra ses fonctions à dater du 1er septembre 2007, peut-on lire sur le site de la Fédération royale marocaine de football. À cinq mois du démarrage de la Coupe dAfrique des Nations 2008 au Ghana, Henri Michel a une mission toute simple : faire reprendre du poil de la bête à des Lions de lAtlas quelque peu émoussés. En contrepartie, il lui sera reversé un salaire mensuel de 450 000 DH.
Adieu Fakhir
Michel succède ainsi à Mhammed Fakhir, dont le départ, moult fois annoncé, a été finalement entériné dans un communiqué laconique de la FRMF. On y apprend que lancien coach des FAR aurait lui-même demandé à être déchargé de ses fonctions à la tête de la sélection. Démissionnaire, Fakhir ? Pas si sûr.
Pour cet observateur sportif, il sagit ni plus ni moins que dune mise au placard. On a poussé Fakhir vers la porte. En février dernier déjà, la presse sest fait lécho de tractations entre la Fédération et des entraîneurs étrangers. Les Français Didier Deschamps, Luis Fernandez et Roger Lemerre auraient été approchés, de même que lAllemand Wilfried Schäffer. Mais si ces prises de contact seront classées sans suite, les jours de Fakhir à la tête du onze national sont comptés. Lété ne sera pas plus clément pour ce dernier : la Fédération annule une conférence où le sélectionneur était censé présenter son plan daction pour la CAN 2008, et récidive en annulant un match contre lArabie Saoudite.
Même sil aurait souhaité prolonger son CDD, Fakhir a fini par plier bagage, après avoir enduré une série dhumiliations et avalé dinnombrables couleuvres.
Mais comme solde de tout compte, lancien entraîneur des FAR aura tout de même réussi sa dernière mission : qualifier léquipe nationale à la CAN 2008, sans essuyer la moindre défaite.
Fakhir, on sen serait douté, na pas assisté à la présentation de son successeur, Henri Michel. Dès son arrivée, ce dernier a tenu, pour joindre laction à la parole, à se mettre à louvrage sans plus tarder. Une semaine après sa prise de fonction officielle, Michel devra affronter le Ghana, une rencontre amicale pour préparer la phase finale de la CAN. Un match à ne pas à prendre à la légère. Le plus important, cest de se préparer au mieux pour cette rencontre, affirme-t-il. Le premier match est capital pour la suite des événements. Il détermine par ailleurs la marche à suivre.
En attendant, Michel devra composer avec la liste de joueurs sélectionnés par Fakhir. Par la suite, il aura tout le loisir dimprimer sa touche personnelle, notamment en faisant appel à des joueurs du championnat local, ou en dénichant des talents évoluant en Europe. Je souhaiterais réitérer lexpérience si le contexte me le permet, a-t-il annoncé.
Objectifs ambitieux
Pour lheure, Michel déclare avoir contacté plusieurs joueurs : Jai même pu leur exposer brièvement mon programme. Il y a des noms que je connais et avec qui le courant passe. Prévisible, quand on connaît le personnage : Henri Michel a le contact facile. De plus, cest quelquun de plutôt accommodant, assène Najib Salmi, journaliste sportif. Un détail qui a son poids. Et ce nest pas la Fédération marocaine qui sen plaindra, elle qui avait dû faire face aux exigences démesurées dun certain Philippe Troussier, dont le passage en tant que sélectionneur naura marqué la postérité que par sa rapidité.
Côtés objectifs, Henri Michel ne cache pas ses ambitions : Il ne faudrait pas que les Marocains se focalisent sur la CAN. Je pense quils méritent mieux. Lenjeu véritable, cest la Coupe du monde. Cest dans une telle compétition quon mesure la valeur dune équipe. Lallusion à la CAN nest pas fortuite. On se souvient quHenri Michel avait subi un véritable lynchage médiatique, suite à lélimination des Lions de lAtlas au premier tour de la CAN 2000, avant de quitter précipitamment son poste de sélectionneur. Sept ans plus tard, il saisit loccasion pour sexpliquer : Le public marocain nétait pas à Lagos. Il na pas pu se rendre compte des difficultés que nous avons endurées là-bas, du climat aux conditions du séjour. Ajoutez à cela le fait que nous avons joué contre un favori (Ndlr, le Nigeria), à domicile. Mais aujourdhui, la page est tournée.
Le lendemain de sa conférence, au petit matin, Michel a embarqué pour la France, afin de rejoindre son effectif et entamer les préparatifs de son premier match. À bientôt soixante ans, Henri Michel a derrière lui un palmarès plus quhonorable. De plus, les statistiques parlent pour lui : il a réussi à qualifier toutes les équipes quil a entraînées à la phase finale dune Coupe du monde. Pourvu que ça dure... |
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Palmarès. Un bilan parlant
Avec l'équipe nationale marocaine, Henri Michel peut se vanter d'un bilan plutôt positif : 31 victoires pour seulement 9 défaites. Il faut dire que l'homme est un habitué des bonnes performances. À chacun de ses passages à la tête d'une sélection ou dans un club, Michel a rempli son contrat. Sa meilleure performance reste la troisième place de l'équipe de France, lors du Mondial 1986. De 1995 à 2000, il prend la tête de l'équipe nationale, qu'il qualifie à la Coupe du monde 1998.
Trois ans plus tard, Michel prend les rênes de la sélection tunisienne, où il réitère l'exploit. Il revient au Maroc pour entraîner le Raja de Casablanca, avec lequel il décroche la Coupe de la CAF en 2003. Enfin, en 2006, il conduit la sélection ivoirienne en finale de la Coupe d'Afrique des nations, perdu devant lEgypte aux pénalties. Au passage, il qualifie les éléphants à la phase finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne. De bon augure pour le Maroc ? |
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