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N° 288
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

La police danoise a arrêté huit
suspects, soupçonnés de liens
avec Al Qaïda.
(AFP)

Terrorisme. L’Allemagne et le Danemark visés


Le Vieux continent a encore tremblé. En l’espace de deux jours, le Danemark et l’Allemagne ont déjoué des attentats de grande envergure. Au Danemark, un attentat à la bombe a été évité lundi, après l’arrestation par les services de sécurité de huit hommes soupçonnés de liens avec Al Qaïda. Il faut dire que ce pays scandinave est dans le collimateur des extrémistes. Présent militairement en Irak et en Afghanistan, il s’est aussi attiré la vindicte du monde musulman après l’affaire des caricatures du prophète.

En Allemagne, les autorités ont annoncé mercredi l’arrestation de trois islamistes présumés, liés à Al Qaïda, qui préparaient des attentats contre des cibles américaines notamment. D’après le procureur général fédéral, Monika Harms, l’Allemagne a échappé aux “plus graves attentats” jamais préparés dans le pays, au moins équivalents à ceux de Madrid et Londres. Surveillés depuis six mois, les suspects ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à confectionner les bombes. Les trois personnes, deux Allemands et un Turc, sont des membres présumés d’une cellule allemande d’un mouvement islamiste né en Ouzbékistan, l’Union du jihad islamique, lié à Al Qaïda. Ils visaient des cibles américaines, dans des aéroports (Francfort), des pubs ou des discothèques, à l’aide de voitures piégées.

D’après les experts, la piste pakistano-afghane semble tenir la corde. Les connections entre les personnes arrêtées en Allemagne et au Danemark, et la zone frontalière pakistano-afghane montrent que ce territoire est bien l’un des centres de gravité du nouveau terrorisme islamiste. Les volontaires venus d’Occident y sont entraînés et enrôlés. Dans un rapport publié à la mi-juillet, les services américains avaient estimé qu’Al Qaïda avait réussi à se restructurer dans les zones tribales pakistanaises. Mais, soumise à une traque intensive en Occident, la mouvance islamiste ne veut pas répéter les erreurs qui ont conduit à la destruction par l’aviation américaine des camps d’entraînements en 2001. “Désomais, l’heure est aux structures souples, discrètes, difficiles à détecter”, explique le chercheur français Dominique Thomas.


Liban. Nahr Al Bared aux mains de l’armée

Le dramatique feuilleton libanais de l’année est terminé, après avoir tenu l’affiche pendant plus de quinze semaines. Lundi, l’armée libanaise a annoncé officiellement avoir repris le contrôle du camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al Bared, après des opérations de nettoyage et de déminage. Après trois mois de résistance, les derniers miliciens du Fatah Al Islam se sont rendus. Le chef de l’organisation, le Palestinien Chaker Al Abssi, serait tombé dans l’assaut final. Un groupe de radicaux, profitant du chaos, s’est néanmoins enfui. Les affrontements avaient débuté le 20 mai lorsque Fatah Al Islam avait lancé des attaques meurtrières contre des soldats près du camp. Jusqu’alors, les 12 camps de réfugiés palestiniens étaient inaccessibles à l’armée et la sécurité y était assurée par les mouvements palestiniens. Mais le premier ministre Fouad Siniora, qui s’était engagé à reconstruire Nahr Al Bared, a annoncé que le camp passerait “sous l’autorité de l’Etat libanais”.


Algérie. Attentat raté contre Bouteflika

Un attentat suicide visant le cortège de Abdelaziz Bouteflika a fait, selon un bilan provisoire, seize morts et plus de 70 blessés, jeudi à Batna, dans l’est de l’Algérie. Selon des témoins, le kamikaze s’était joint à la foule attendant le passage du président, près d’une mosquée du centre-ville. Trahi par sa fébrilité, le kamikaze a essayé de fuir, jetant la bombe qu’il dissimulait dans un sac en plastique. La charge a alors explosé dans la foule, 45 minutes avant le passage du convoi présidentiel. Apparemment bouleversé, le président algérien est apparu à la télévision dans la soirée. Il s’en est pris aux “intégristes qui n’ont pas d’autre choix que la réconciliation nationale”. Après les attentats meurtriers contre des bâtiments officiels en avril et juillet dernier, le pouvoir algérien semble en peine dans son combat contre le terrorisme.


France. Les confessions de Cécilia

Faut-il la croire ? Cécilia Sarkozy est revenue sur la libération des infirmières bulgares en Libye dans un entretien paru mardi dans le quotidien régional L’Est Républicain. “À mon niveau, il ne s’est agi que de contreparties d’ordre médical”, a affirmé Cécilia Sarkozy. “J’ai offert à l’hôpital de Benghazi des médecins chargés de former leurs homologues palestiniens, des équipements, des traitements contre le sida et des visas rapides pour que ces cas urgents puissent venir se faire traiter en France”, a-t-elle ajouté. La Première dame de France a également déclaré refuser de se rendre à une audition de la commission parlementaire sur cette affaire. Mais la gauche ne l’entend pas de cette oreille…


États-Unis. Larry Craig, sénateur lâché

Le sénateur américain ultraconservateur Larry Craig a été contraint de démissionner après dix-sept ans passés sur la colline du Capitole. En juin dernier, dans les toilettes de l’aéroport de Minneapolis, le sénateur de l’Idaho a été arrêté par un policier en civil, qu’il a approché pour avoir des relations sexuelles avec lui. Dans un premier temps, Craig avait plaidé coupable, espérant que l’affaire serait tue. Mais cette semaine, le scandale a filtré dans les médias, mettant fin à la carrière de ce sénateur particulièrement hostile aux homosexuels. Pour le parti de l’éléphant, qui a bâti sa politique sur des valeurs religieuses et morales, le coup est dur. Du coup, les Républicains n’ont rien fait pour retenir leur ami.



Lu pour vous.
Le grand retour de Rafsandjani [FRANCE]

Pierre Rousselin, Le Figaro, 5 septembre 2007

Le grand retour de Rafsandjani au cœur de la république des mollahs montre que les sanctions contre l’Iran ont un effet réel : elles ont exacerbé la lutte sourde mais intense pour le pouvoir à Téhéran. L’ancien président Rafsandjani est un conservateur. Mais, à l’inverse d’Ahmadinejad, c’est un pragmatique, hostile à l’isolement de son pays auquel conduit la politique d’invectives et de confrontation d’Ahmadinejad.
L’élection de Rafsandjani à la tête de l’Assemblée des experts n’est pas un événement anodin. En en prenant le contrôle, Rafsandjani se pose ouvertement en rival d’Ahmadinejad et en successeur possible du guide suprême, l’ayatollah Khameneï. La lutte entre conservateurs et modérés est une constante en Iran. L’élection d’Ahmadinejad, en 2005, avait mis un terme à la période réformiste qu’incarnait son prédécesseur Khatami. Désormais, le pendule revient vers les modérés.
Il y a de bonnes raisons à cela. L’économie iranienne se dégrade à toute allure en l’absence d’investissements étrangers dans les secteurs clés. L’essence est rationnée parce que le pays est incapable de raffiner son brut. Les promesses populistes faites par Ahmadinejad aux plus démunis sont restées lettre morte. Quant aux classes dirigeantes, elles s’inquiètent de voir l’intransigeance du président compromettre l’avenir du pays, quand la République islamique ferait mieux d’attendre sagement de cueillir les fruits des déboires américains.



Nucléaire. La Corée du Nord, bon élève

Après quatre ans de laborieuses tractations, la Corée du Nord semble faire de gros efforts sur le chemin de la dénucléarisation. Mais à en croire les experts, l’abandon total de son arsenal n’est pas pour demain. “Pyongyang a accepté de faire l’inventaire complet de tous ses programmes nucléaires et de les démanteler avant la fin de l’année”, a annoncé dimanche, à Genève, Christopher Hill, le principal négociateur américain sur ce dossier. La Corée du Nord avait débuté sa dénucléarisation dans le cadre de l’accord de février, qui prévoit en échange une importante aide énergétique. Après avoir fermé en juillet son site de Yongbyon, Pyongyang doit à présent déclarer tous ses programmes et les désactiver. Washington promet d’ôter la Corée du Nord de “l’axe du mal” si elle tient ses promesses. Le retrait de cette liste, qui conditionne toute aide de la Banque mondiale, est une revendication importante de Pyongyang.


VITE !

Les groupes Suez et GDF ont fusionné après 554 jours de tergiversations. Le fruit des noces, un joli bébé baptisé “GDF Suez”, géant mondial dans le secteur de l’énergie, devrait voir le jour à la mi-2008 et peser 72 milliards d’euros.

 
 
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