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Par Karim Boukhari
Musique. La radio à Manu
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Manu Chao, troubadour
altermondialiste.
(DR)
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Après les ratages des trois dernières années, les surs ennemies du PAM, 2M et SNRT, croiseront à nouveau le fer pour capter laudience ramadanesque. Petit round-up des grilles.
Bonne nouvelle, le cinquième album solo de Manu Chao est sans surprise, c'est-à-dire remarquable, et il est en train de casser la baraque dans le seul endroit de la planète où le chanteur franco-espagnol nest pas encore une star : lAmérique de Bush. Il y a eu le cultissime Clandestino, la confirmation Proxima estacion esperanza, le live Radio Bemba sound system, et le très intimiste |
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Sibérie métait contée, sans compter la parenthèse du magnifique Dimanche à Bamako, avec le duo Amadou & Mariam. Aujourdhui, il nous faudra se résoudre à passer en boucle La Radiolina, un album rafraîchissant où chacune des 21 plages pèse plus lourd quune bonne partie de la production pop actuelle.
La première écoute dégage le hit Rainin in paradize, au beat très rock, dans lequel lancien leader des Mano Negra passe en revue les paradis terrestres, c'est-à-dire les régions de monde où la guerre bat son plein (Irak, Palestine, etc.). En dehors du gros son, parfaitement taillé pour les radios américaines, le texte, le phrasé et le message semblent sortir tout droit du mythique So much trouble in the world de Bob Marley. Oui, Marley, lautre icône altermondialiste avant lheure. Dans la même veine contestataire, Chao chante Politik kills et personne, à lécoute de ce morceau aérien, naura envie de le contredire.
Si Besoin de la lune, Siberia et 13 Dias semblent provenir des chutes du génial Sibérie métait contée, La vida tombola creuse le sillon ultra latino, mémorable, des premières amours solo de Chao : Clandestino bien sûr. Mélodie entêtante et refrain répété à linfini, guitares fines, arrangement foisonnant, La vida tombola, indiscutable sommet de lalbum, résume pourquoi cet artiste est essentiel. Ses chansons sont si immédiates quune seule écoute suffit pour les fredonner sous la douche.
Me llaman calle, A Cosa, Mundoreves, Otro mundo, Amalucada vida sont les autres plages cool de lalbum, le genre dhymnes tranquilles, destinés à être repris en chur par tout un peuple en liesse. La Radiolina offre par ailleurs son quota de rocks avec Panik panik ou The bleeding clown, dont la nervosité ne déparerait pas sur un album de Mano Negra. Et comment ne pas retenir les instrumentaux qui ponctuent lalbum, avec mention très spéciale pour Mala fama, qui sonne comme une procession funèbre au Mexique.
Un dernier CD
Pour ceux qui ne sont pas encore familiers de lunivers du maître de Barcelone, La Radiolina, compilation de genres et de registres musicaux, constitue un joli moyen de faire connaissance. Il faudra vite courir lacheter (lors dun voyage à létranger ou par le biais dun proche expatrié
à moins de disposer dune carte de paiement internationale, auquel cas un achat sur le Net est vivement recommandé), parce quil risque dêtre le dernier de lartiste. Dans une interview parue sur lhebdomadaire Les Inrockuptibles, Manu explique en effet que, désormais, il mettra en ligne ses prochaines chansons au fur et à mesure quelles sont prêtes, sans attendre den composer suffisamment pour publier un album. Rien détonnant de la part dun artiste dont lavant-dernier disque était distribué
dans les kiosques à journaux accompagné dune hallucinante BD.
Si La Radiolina risque dêtre lévénement musical de lannée, cest que Manu Chao, en plus dêtre un bricoleur de génie, est un parfait citoyen du monde. Français installé en Espagne, il chante dans toutes les langues (même en arabe) et adopte une attitude qui lui vaut partout le respect. Lire cette déclaration publiée par Les Inrockuptibles : La dernière télé, je ne lachète pas. Mes vieilles tennis, je les aime, je ne vois pourquoi je les changerais. Les marques, je men fous, jai la même moto depuis quinze ans. Mon appart, je ladore, mais la taulière ne veut pas le vendre alors je le loue. Loin, très loin, des standards du show-biz et du tout marketing, le lutin fou ferait un tabac si, daventure, le festival de Casablanca ou Essaouira, voire LBoulevard, arrivaient à le convaincre de faire un petit tour dans le plus beau pays du monde. En attendant, longue vie à La Radiolina. |
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