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N° 289
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Darija, quand tu nous tiens !
Nos dirigeants ne manquent décidément pas de toupet ! Que dire de Nabil Benabdellah, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ? Dans une interview à un quotidien francophone de la place, il a affirmé qu’Ahmed Benchemsi avait fait preuve de dsara (insolence) pour justifier la saisie de Nichane. Nabil Benabdellah a utilisé une expression en darija, alors que l’entretien se déroulait en français. Pourquoi donc ? Tout simplement parce qu’il n’a trouvé aucun équivalent suffisamment parlant dans la langue de Molière. La situation aurait pu être des plus comiques si Benchemsi ne risquait la prison… à cause d’un édito écrit en darija. Je n’aurai qu’un mot à dire : “ioua baz !”

Hakim Bencheikh, Casablanca.



Elle est où ma carte d’électeur ?
Je vous écris pour vous raconter mon histoire, celle d’une citoyenne marocaine qui n'a pas eu le droit de voter aux dernières élections. Je suis originaire d'Agadir, où j'ai voté en 2002. Résidente à Casablanca depuis un an et demi, je me suis logiquement inscrite sur les listes électorales de l’arrondissement de mon quartier. Je demande donc, selon la nouvelle procédure, que l'on retire mon nom de la liste d'Agadir. Mais quand je suis partie récupérer ma carte d'électeur à la commune… pas moyen de la retrouver. On m’informe alors que c’est probablement le moqadem du quartier qui l’avait retiréé pour me la livrer chez moi… alors qu’on ne cesse de répéter que c’est aux citoyens de récupérer leurs cartes en personne. On m’assure aussi que, le cas échéant, ma carte sera disponible dans le bureau de vote le jour des élections.
Le jour J, je me dirige donc vers un premier bureau de vote, puis un second… pour en visiter cinq au total. Et toujours pas de trace de ma carte, ni même de mon nom sur les listes. Résultat : je n’ai pas pu voter !
Je me demande donc si la faiblesse du taux de participation n’est pas également due à ce genre d’incidents.

Lamia Bouzari, Casablanca.



Des élections pour rien ?
Voilà. Les fameuses élections dont on nous parle depuis des mois sont passées. Et qu’en est-il sorti ? Certes, elles se sont déroulées dans une transparence applaudie par les observateurs nationaux et internationaux. Certes, la déferlante islamiste tant redoutée n’a pas eu lieu. Voilà pour le positif, car il y a aussi du négatif. À commencer par un taux de participation ridicule, qui nous force à relativiser les résultats de ces élections. Et quels résultats ! La victoire (courte) d’un parti pas franchement révolutionnaire, et la reconduction certaine de la majorité sortante, avec probablement les mêmes têtes et, forcément, les mêmes politiques. Est-ce cela le changement et le renouveau que les Marocains veulent et attendent ? Je ne le crois pas. Seul regret, Driss Jettou, le meilleur premier ministre que le Maroc ait eu depuis des décennies, devra quitter ses fonctions.

Mustapha Guessous, Casablanca.

 
 
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