Exécutif. En attendant le gouvernement...
Algérie. La violence, encore et toujours
Marchés. Des urnes et des thunes
Portrait. Le retour du couple éternel
Musique. La radio à Manu
N° 289
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Reverra-t-on Bziz sur
l’écran d’Al Aoula ?
(TNIOUNI / NICHANE)

Al Aoula. Humour sauce “Vintage”

La petite lucarne se regarde dans le rétroviseur : Qachbal et Zeroual, Dassoukine et Zaâri, Bachir Skirej, Abderraouf et, peut-être, le duo Baz et Bziz… Les humoristes des années 80 ressusciteront ce ramadan, déterrés par Al Aoula, pour la conception d’une capsule de cinq minutes quotidienne, programmée à la rupture du jeûne et baptisée Dehk Lwala (littéralement “le rire des anciens”). Simple nostalgie, concurrence à une certaine 2M qui accueille cette année le come-back de Abderraouf ou encore pénurie de matière pour alimenter la grille de ce ramadan ? Certainement tout cela la fois. “C’est très difficile de faire rire tout le
monde, de trouver un humour commun à un grand-père et un adolescent. On a donc essayé de satisfaire tous les goûts, des plus jeunes avec une sitcom comme Mademoiselle Kamilia, et des plus âgés avec Dehk Lwala”, explique-t-on à la chaîne r’batie. La nouvelle capsule accueillera par la même occasion quelques uns de ces humoristes (parmi les survivants en tout cas), pour leur poser la question inévitable : que sont-ils devenus ? La posera-t-on alors à un certain Bziz ? Rien n’est moins sûr. Ce dernier ne semble d’ailleurs pas prêt à revenir sur ses positions “d’éternel censuré”. “Qu’on reprogramme ces archives est une excellente chose pour la télé, mais ç’aurait été encore mieux d’offrir du nouveau de ces mêmes artistes. Et surtout, cela n’efface pas mes dix-huit ans d’interdiction d’antenne”, a-t-il commenté.


Sortie. La troisième Bourne

Pas de mémoire, pas de passé, pas de pays : Jason Bourne était l’exécuteur rêvé de la CIA (La Mémoire dans la peau). Mais liquidez sa copine (La Mort dans la peau), et le docile blondinet tueur se retourne contre l’organisation qui l’a manipulé, pour se venger et, au passage, empêcher ses ennemis de nuire encore plus à autrui. Voilà pour dédramatiser, car ce troisième volet se chargera très bien tout seul de vous mettre les nerfs en pelote dès les premiers plans (Moscou, de la neige, du sang, brrrr). Avec le mérite d’un scénario tortueux à souhait (mais suffisamment accessible pour qui prend la saga en route), La Vengeance dans la peau, de Paul Greengrass (Vol 93), est un excellent compromis : trame d’espionnage classique, mais mise en scène moins conventionnelle (quoique 24 heures Chrono n’est pas très loin...), on passe plus de temps à Tanger qu’à New York, et le côté lisse et figé de Matt Damon, d’habitude énervant, sert finalement bien son personnage de Terminator invincible et bourné (pardon, borné). Réussi.

La vengeance dans la peau, au Mégarama.



Téléfilm. Le choix de Sofia

Qu’elle est loin, la Star Ac’ ! Après une apparition aussi brève que kitsch dans Iznogoud, Sofia Essaïdi se (re)prend au sérieux et tourne Aïcha, téléfilm de 90 minutes, pour France 2, signé par l’excellente Yamina Benguigui, à qui l’on doit le documentaire Mémoires d’immigrés (1998) et Inch’Allah Dimanche (2001), Grand Prix du premier Festival de Marrakech. Sofia y campera la fille aînée des Bouamaza - famille française d’origine algérienne installée dans une cité de la banlieue parisienne -, étouffée par la dictature communautaire à l’ombre des barres d’immeubles. Aïcha, une parfaite bent dar’houm en apparence, un concentré de colère à l’intérieur : le rôle parfait pour passer le périph’ de la célébrité.


Casa Cinéma. Du Caramel pour Persépolis

Casa Cinéma, deuxième volet du festival bidaoui, qui investira la ville du 31 octobre au 6 novembre, s’ouvrira avec Caramel, de Nadine Labaki, petit bijou cinématographique où les histoires de femmes du Liban d’aujourd’hui se croisent dans un salon de beauté défraîchi de Beyrouth. Encore mieux, l’équipe du film est attendue à Casa, où elle pourrait rencontrer, avec un peu de chance, celle de Persépolis. Prix du jury du 60ème Festival de Cannes, l’excellent “destin animé” porte à l’écran la BD culte (et autobiographique) de Marjane Satrapi, où une ado iranienne se frotte aux premières années de la révolution islamique, avant de redécouvrir la vie moderne en Europe. Ceci n’est qu’une mise en bouche : Casa Cinéma accueillera une centaine de projections dans toute la ville, entre salles de quartier et écrans improvisés là où il n’y en a pas. L’équipe compte aussi sur le pont de ce long week-end (le mardi 6 novembre est férié) pour célébrer une vraie “rentrée populaire du cinéma”.


Faouzi Bensaïdi. Deux prix et une comédie

Après en avoir fait le titre de son film, Faouzi Bensaïdi peut le fredonner : “What a wonderful world !”. Et pour cause. Le cinéaste a raflé, cette semaine, les deux plus prestigieuses récompenses au Festival du film d’Alexandrie, en l’occurrence le Grand prix et le Prix de la meilleure mise en scène. Cette double consécration intervient à point nommé pour conforter le réalisateur, dont l’approche “expérimentale” n’avait pas fait l’unanimité à la projection du film au FIFM 2006. “Ce n’était pas un film facile, ni dans sa réalisation, ni dans son positionnement, commente Bensaïdi. Alors, oui, recevoir ces deux prix est rassurant, d’autant que dans l’usage des festivals, c’est un signal fort”. Prochaine étape : un retour aux sources, celles des planches avec… une comédie musicale ! “Une expérience dans le même esprit que le film, urbain et moderne, un mix entre l’opéra sonore, la comédie visuelle et la pièce de théâtre”, souffle-t-il. Rendez-vous pour la première, en novembre 2007.


ARTE. Jamais deux sans trois

Après Tracks, c’est au tour de Metropolis, le magazine culturel d’Arte, de glisser une caméra indiscrète dans le petit monde de la scène alternative marocaine. De l’engagement d’une jeunesse qui n’hésite plus à prendre la parole à l’absence d’une véritable industrie du disque, Metropolis passe en revue les revendications et les failles de la scène urbaine et part à la rencontre de quelques-uns de ses promoteurs. Hicham et Momo reviendront donc sur la genèse de L’Boulevard, premier festival alternatif de cette envergure. La caméra laissera place ensuite aux témoignages du coup de cœur rap 2006, Mobydick, et du déjanté groupe de fusion Haoussa pour raconter leurs histoires. Que la musique soit une arme de révolte culturelle, c’est bien. Qu’elle suscite une ruée socio-médiatico-politique, c’est encore mieux.

Samedi 15 septembre sur Arte, à 18h



2M. Le réveil des endormis

Deux longs-métrages annoncés puis retirés de la grille de 2M au ramadan 2006, seront cette année les stars du mardi soir de la deuxième chaîne. Il s’agit d’abord de L’enfant endormi, de Yasmine Kessari, déprogrammé parce qu’il n’était pas encore sorti dans les salles de cinéma. Le film revient sur le mythe du “ragued” à travers l’histoire d’une jeune fille de Taourirt, dont le mari émigre clandestinement au lendemain de leurs noces, après l’avoir mise enceinte. Le second, Le grand voyage, d’Ismaïl Ferroukhi, “sanctionné” à cause d’un conflit avec l’un des co-producteurs (Casablanca Films), suit un fils d’immigré qui a décidé d’accompagner son père à la Mecque, en voiture. Un émouvant road-movie qui fut primé à la Mostra de Venise 2005. Moralité : mieux vaut tard que jamais !

Les mardi 25 septembre et le 9 octobre sur 2M.



Parution. Trêve de rêves

Salima Aït Ben Salem : c’est ainsi que Samira El Ayachi, 27 ans, “beurette” de la ville de Méricourt, a nommé l’héroïne de son premier roman. “Un prénom lourd à porter”, explique l’auteur de La Vie rêvée de Mademoiselle S. (Editions Sarbacane). Dans cette autofiction doublée d’un road-trip, des mines françaises au désert marocain, Salima est tiraillée entre son obligation de réussite et ses rêves à la Amélie Poulain. Samira, elle, marquée par “Céline, Duras et le surréalisme” et encouragée par Azouz Begag (Le Gone du Chaâba), s’interroge : “A quel âge on perd nos rêves, cette matière première pour se construire”. Les siens se portent bien : monteuse de projets Musiques actuelles à l’Aéronef de Lille, Samira chante sur le titre Nos Affaires de ses potes MAP. Talent à suivre.


Chaâbi. Buen Gusto Social Club

Dix ans après Buena Vista Social Club, c’est le chaâbi algérois qui s’offre une rencontre au sommet de ses vieux rescapés (Ahmed Bernaoui, René Perez, Abdelkader Chercham…), à travers la sortie, le 10 octobre, de l’album El Gusto. Mis en boîte en 2006 dans la ville blanche voisine, l’opus est produit par Damon Albarn, chanteur de Blur et co-créateur du projet Gorillaz, mais aussi fervent supporter des musiques du monde via son label Honest Jons (qui a signé le batteur nigérian Tony Allen et enregistré Mali Music). Lancé par la jeune Algéro-irlandaise Safinez-Bousbia, le projet El Gusto, qui veut sortir le grand chaâbi du cercle des mélomanes nostalgiques, inclut une tournée de Marseille à Berlin et de Londres à New York, avant la sortie d’un film en 2008.


Le livre.

Au XVIème siècle, un musulman du nom de Hassan Al Wazzân, capturé par des pirates espagnols, est conduit à Rome et offert comme esclave au pape. Sa position de diplomate arabe et son instruction lui épargnent la servitude et lui valent la situation de prisonnier privilégié. Circulant librement et ayant accès aux manuscrits de la bibliothèque vaticane, il est sollicité pour des traductions de textes arabes. Après plusieurs mois de captivité, il est catéchisé et baptisé Jean Léon, plus connu sous le nom de Léon L’Africain. Vingt ans après le roman d’Amine Maâlouf, ce nouveau récit de voyages offre la lecture d’une historienne, Nathalie Zemon Davis, partie sur les traces d’Al Wazzân de sa Grenade natale en Andalousie jusqu’en Italie, en passant par le palais du sultan de Fès, dont il était ambassadeur.

Léon l’Africain, un voyageur entre deux mondes ; Nathalie Zemon Davis Ed Payot et rivages




Humeur.
Abbas no pasa

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Il est facile de se moquer de Abbas El Fassi. On devrait donc toujours s’abstenir de tourner le big boss de l’Istiqlal en ridicule, car c’est cruel et sans gloire. Il n’a d’ailleurs pas besoin de coup de main, puisqu’il le fait très bien tout seul. Abbas El Fassi ne peut être sujet de moquerie, parce qu’il traîne tant de maux du Maroc sur son dos qu’on pourrait le comparer à une ambulance. Et on ne tire pas sur les ambulances, comme chacun sait. On leur cède gentiment le passage, en espérant ne plus avoir à les croiser ni à entendre leur sirène stridente. Cette mansuétude était possible tant que Abbas El Fassi se cantonnait à son poste de ministre d’Etat. N’y faisant rien, à part des ronds de jambes, il ne pouvait nuire à personne, sinon à la couture de son pantalon. C’est beaucoup moins vrai depuis la victoire de l’Istiqlal aux élections. Subitement, des experts se sont mis à évoquer Abbas El Fassi comme premier ministre possible, sans même ponctuer leur pronostic d’un grand éclat de rire, ni être militants à l’Istiqlal. Abbas El Fassi va peut-être, bientôt, trouver à s’occuper. C’est plutôt inquiétant, même si les analystes politiques lui accordent peu de chances. Le risque zéro n’existerait pas, à en croire des spécialistes versés plutôt dans les catastrophes naturelles. Prions ensemble, mes frères.



Le dernier prix
Hamid Basket a reçu, la semaine dernière, le Prix spécial du jury du Festival d'Al Ismaïlia pour son court-métrage muet Akhir sarkha (Le dernier cri). Une récompense qui s’ajoute au prix du mérite au Festival de Las Palmas et celui du jury à Martil. De bon augure pour Habibti Tanja, le premier long-métrage que Basket s’apprête à tourner.


Soirée DVD
Pour tout savoir sur la Film Industry (30 films produits par Ali n’ Productions et la SNRT), rendez-vous le 29 septembre sur Al Aoula. En présence des réalisateurs, comédiens et techniciens, bandes-annonces, sketches anti-piratage, démos d’arts martiaux et chorégraphies issus des films seront présentés par Hassan El Fad et la jeune Najla Dari.


En arabe dans le texte
“L’Espagne a traduit en un an autant de livres que le Moyen-Orient en mille ans”. Ce constat a suffi à la fondation émiratie Kalima pour se spécialiser dans la traduction en arabe d’œuvres étrangères. L’organisation arabo-arabe, qui s’installe au Maroc fin 2007, table sur la traduction d’une centaine de classiques par an ! Amen.

 
 
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