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N° 289
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Mohammed VI, lors de la présentation
des différents projets, objets des
conventions d’investissement.
(DR)

Investissements. “Happy end” pour le gouvernement

L’équipe gouvernementale ne pouvait espérer meilleure clôture pour son mandat. Elle était quasiment au complet, mercredi dernier à Casablanca, pour signer, sous l’œil du souverain, sept conventions d’investissement totalisant une enveloppe de 30 milliards de dirhams. Le tiers de ce montant concerne l’aménagement, par le groupe espagnol Fadesa, de la “Plage Blanche” à Guelmim, dernière station balnéaire du Plan Azur. Trois autres projets touristiques d’envergure font partie de la liste des conventions. Le premier est initié par le groupe émirati Reem Investments, pour la construction du complexe
touristique intégré Atlas Garden à Marrakech. Le deuxième concerne une nouvelle station balnéaire à Oued Chbika (Tan Tan), pour lequel le groupe égyptien Orascom déboursera 6 milliards de dirhams. Enfin, le dernier projet porte sur l’aménagement de la station touristique d’Ouarzazate, qui coûtera 5,4 milliards de dirhams à un groupement composé du Belge Thomas & Piron et des Marocains Palmeraie de Marrakech et BMCE Bank. L’ensemble de ces projets touristiques devrait permettre la création de quelque 21 000 emplois. L’industrie n’est pas en reste. Trois conventions ont été signées avec des investisseurs nationaux et internationaux, pour une enveloppe de près de 750 millions de dirhams. Elles concernent la réalisation, par Afriquia Gaz, d’un centre de stockage de butane et de propane à Jorf Lasfar, l’extension de l’unité de production de faisceaux de câbles de Valeo à Bouznika et, enfin, l’augmentation de la production de détergents de la société Industries Marocaines Modernes (Procter & Gamble) à Mohammedia.


Immobilier. Le Maroc continue de séduire

Rien ne semble plus arrêter la frénésie immobilière au Maroc. Cette semaine, le royaume a été cité par “Global Proprety Group” - second plus important groupe d'immobilier industriel au monde, né récemment de la fusion de quatre sociétés - parmi les destinations les plus prometteuses pour le tourisme et l’immobilier. Le groupe place le Maroc à pied d’égalité avec des pays comme l’Italie ou la Turquie en termes d’opportunités d’investissement dans ces secteurs. “La montée en force de ces trois pays s'explique en partie par le boom touristique qu'ils connaissent, en particulier suite à l'augmentation des vols low-cost”, indique Global Proprety Group. Parallèlement, les investisseurs internationaux continuent à s’implanter au Maroc. Cette semaine, le groupe Pierre et Vacances a annoncé son intention de prendre pied à Marrakech, via un projet de 129 appartements haut de gamme dans la Palmeraie.


Formation. Un aérocampus pour 2009

Des tractations assez poussées sont actuellement menées entre le Groupement des industriels marocains aéronautique et spatial (GIMAS) et un institut européen pour la création d’un aérocampus spécialisé dans l’aéronautique à Nouacer. Cet institut, qui devrait ouvrir ses portes en 2009, devrait coûter la bagatelle de 55 millions de dirhams. Il devrait accueillir quelques centaines d’étudiants, de manière à faire face à la demande du secteur dans les années à venir. Le Maroc espère doubler les emplois dans ce secteur (5000 actuellement) d’ici 2012. Il faut dire que depuis l’arrivée des plus prestigieux noms de l’aéronautique européenne (pour ne citer que EADS ou Creuzet), le royaume se sent pousser des ailes.


Bouregreg. Et de deux pour les Emiratis

Après la tranche Amwaj, qui est revenue au groupe Emaar, les Emiratis récidivent dans le cadre du gigantesque projet de l’aménagement de la vallée du Bouregreg. Cette fois-ci, c’est Al Maabar International Investments qui vient de signer pour l’aménagement de la tranche baptisée Bab Al Bahr. Comme premier apport, le groupe d’Abu Dhabi devrait décaisser 100 millions de dirhams des 4 milliards que devrait coûter l’enveloppe d’investissement du projet. A titre de rappel, cette tranche d’une trentaine d’hectares devrait comporter des projets résidentiels, touristiques et de loisirs sur une surface d’environ 500 000 m2. A cela s’ajoute une Cité des arts et des métiers, conçue comme un musée à ciel ouvert, pour l’artisanat de Rabat – Salé.


Assurances. Elalamy s’endette encore

Le groupe Saham, propriété du président de la CGEM, Moulay Hafid Elalamy, se prépare à contracter un prêt de près de 1,3 milliard de dirhams. Un montant qui devrait essentiellement permettre le financement d’une augmentation de capital de 800 millions de dirhams pour sa compagnie d’assurances, la CNIA. Le reliquat devrait être affecté à consolider les dettes du groupe, qui avoisinent actuellement les 460 millions de dirhams. A titre de rappel, ce sont ces mêmes financements (contractées essentiellement auprès d’Attijariwafa bank) qui lui avaient permis d’acquérir la CNIA en 2005. Et là encore, c’est la banque de l’ONA qui lui ouvre les vannes en s’engageant à mobiliser 70% de cet emprunt.


Bourse. Benjelloun se paiera-t-il CFG ?

Alors que le marché semble hésitant, du mouvement est ressenti chez les brokers. D’abord, une nouvelle société de Bourse vient de décrocher son agrément pour l’activité d’intermédiation. Il s’agit d’Integra Brokrage, qui appartient à la société Tunisie valeurs. Outre cette implantation étrangère dans l’activité, une fusion de taille serait en cours de préparation. Des bruits de couloirs parlent en effet de tractations entre Othman Benjelloun et les fondateurs de CFG Group, pour la reprise de la banque d’affaires. Ce n’est pas la première fois que le magnat de la finance a des vues sur CFG, dont il est indirectement actionnaire via sa compagnie d’assurances. Mais cette fois, il y a de fortes chances que les négociations aboutissent. Il faut dire que la salle des marchés de BMCE Capital, si chère à Benjelloun, est à la traîne deriière d’Attijariwafa, qui avait profité de la fusion BCM-Wafabank.



Pendant ce temps, le peuple….
“Daret”

La roue tourne, le calendrier grégorien et hijri aussi. Et de nouveau, Majd est confronté à la double razzia : ramadan - rentrée scolaire. Avec ses trois rejetons à scolariser pour un salaire de 5000 dirhams, il est en banqueroute même s’il jeûne 24/24. Que faire alors ? Vendre sa voix pour le richissime “mouqawel” du quartier, qui se représente au Parlement ? Sa fierté le lui interdit, surtout qu’un modique billet bleu ne règlerait en rien son problème. Contracter un crédit ? Majd paie toujours les frais de scolarisation de la rentrée 2006, le mouton du dernier Aïd El Kébir et le frigo qui va avec. Des traites qu’il doit encore traîner quelques mois et qui absorbent la moitié de son salaire. Majd sait que son banquier est toujours prêt à jouer le jeu. La dernière fois, ce dernier lui a même suggéré de racheter ses crédits par un nouveau… prêt. Mais Majd en a assez des taux bancaires à 13%, sans compter la redoutable assurance décès. Il décide alors de prendre ses finances en main. Il propose à ses voisins le concept de “daret”. En gros, de se rassembler pour cotiser mensuellement dans une cagnotte qui tourne entre eux, selon un ordre établi par tirage au sort. C’est une véritable forme d’emprunt appelée la tontine, du nom du financier italien Lorenzi Tonti, qu’il a introduite en 1650. Avec son taux à 0%, Majd la considère comme plus islamique que les produits alternatifs que Bank Al-Maghrib hésite tant à approuver. Le hic : dans son immeuble, il y a un véritable “risque système”. Déjà, pour le niveau du son de la télé, ses voisins en arrivent aux mains. Alors, un défaut de paiement suffirait pour que la tontine tourne à la guillotine.



OFF.

Prévus avant le mois de ramadan, les produits bancaires islamiques devraient attendre encore quelques semaines. Seulement, cette fois-ci, c’est quasiment certain, la directive autorisant les banques à commercialiser ces produits, dits alternatifs, devrait être publiée par Bank Al-Maghrib avant la fin du mois de septembre. Les banques peuvent ainsi profiter de la deuxième quinzaine du mois sacré pour lancer les produits Ijara, Mourabaha et Moucharaka.


Malgré un investissement de plus d’un milliard de DH, le Terminal 2 de l’aéroport Mohammed V, à Casa, ne fait pas l’unanimité. L’ONDA n’aurait pas prévu de rampe montante, à l’usage des handicapés ou de personnes chargées de bagages. Quant aux compagnies, elles se plaignent de l’emplacement de leurs comptoirs et la longueur du trajet entre les points d’enregistrement et la salle d’embarquement.

 
 
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