Exécutif. En attendant le gouvernement...
Algérie. La violence, encore et toujours
Marchés. Des urnes et des thunes
Portrait. Le retour du couple éternel
Musique. La radio à Manu
N° 289
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Mustapha Hormatallah,
à sa sortie de prison.
(AFP)

Affaire Al Watan. Epilogue en vue


Mustapha Hormatallah entrevoit le bout du tunnel. Condamné le 15 août dernier à huit mois de prison ferme pour “recel de documents obtenus à l’aide d’un crime”, suite à la publication d’un dossier intitulé “les rapports secrets derrière l’état d’alerte au Maroc”, le journaliste d’Al Watan Al An a été remis, mardi, en liberté provisoire. “Je suis heureux d’être libre et de retrouver ma famille après avoir été injustement privé de liberté, alors que je n’ai fait que mon boulot de journaliste”, a déclaré ce dernier à l’AFP, visiblement en forme, à sa
sortie de la prison de Oukacha où l’attendait sa famille, son comité de soutien et quelques confrères. Et d’ajouter, sourire aux lèvres, qu’il avait vécu “dans une cellule avec 70 autres détenus, sans télévision, ni journaux. C’est une expérience”. Le directeur de la publication d’Al Watan Al An, Abderrahim Ariri, condamné dans la même affaire à six mois de prison avec sursis, s’est dit pour sa part “heureux et soulagé”, ajoutant “qu’il est préférable de ne pas faire trop de commentaires en attendant le dénouement final”. Reporters sans Frontières, qui s’est largement mobilisée aux côtés des deux journalistes, s’est félicitée, dans un communiqué publié le même jour, “que le juge ait enfin accepté de mettre un terme à l’emprisonnement d’un journaliste, une situation qui était inacceptable. Nous espérons maintenant que Mustapha Hormatallah sera acquitté en appel, c’est la seule issue honorable à ce procès qui a déjà considérablement nui à la situation de la liberté de la presse au Maroc”. Verdict définitif : le 18 septembre.


Observatoire. Le rapport sans les noms !

Le dernier rapport de l’Observatoire des élections a soulevé l’ire du président du CCDH, Ahmed Herzenni, qui l’a qualifié de “nihiliste”. “Il peut dire ce qu’il veut, nous avons fait notre travail”, rétorque un membre du réseau. Le document a dénoncé l’utilisation de l’argent et l’intervention frauduleuse de certains agents de l’Etat. Il a critiqué l’administration territoriale qui n’est pas allée au bout de sa démarche en arrêtant le processus judiciaire enclenché contre certains fonctionnaires et candidats. L’ampleur de ces dépassements sera étayée par des chiffres dans le rapport définitif qui sortira dans un mois. Mais le réseau ne donnera aucun nom ou indication sur les lieux des fraudes. Dommage !


Fraude. Electeur ou travelo ?

Le bureau de vote 149 de la commune rurale de Lamramer, dans la région d’Essaouira, serait-il un repère de drag-queen ? On pourrait le croire à lire une dépêche de la MAP, tombée le jour du scrutin. Selon l’agence, un homme déguisé en femme a tenté de voter avec la carte d’électeur de sa chère maman. Il a été démasqué et arrêté, ajoute la MAP, qui n’oublie pas de souligner, au passage, que les autorités marocaines tiennent à des élections “exemptes de fraudes”. Et surtout pas sur le sexe des anges. Les responsables du bureau 149 n’ont pas su dire si l’homme avait déjà voté avec sa propre carte. Ni pour qui d’ailleurs...


El Kzabri. Mosquée Academy

Omar El Kzabri, l’imam rossignol, est de retour. Durant le ramadan, il animera les “tarawihs” à la Mosquée Hassan II de Casablanca, entouré, comme à son habitude, par une foule impressionnante qui vient l’écouter en pleurant à chaudes larmes. “J’officierai à la Mosquée Hassan II tous les jours, sauf les vendredis où j’irai prêcher à Sidi Maârouf”, précise la star du minbar. Comme à chaque ramadan, les sorties de l’imam seront accompagnées d’un déploiement des forces de l’ordre afin de prévenir les débordements d’une foule enfiévrée qui traque chaque détail de sa vie. Avis à ses fans, El Kzabri s’apprête à publier ses souvenirs dans un journal de la place (Assabahia).


Faits-divers. Investissements MRE

L’argent mène à tout et partout. Un braqueur d’origine marocaine, complice dans l’attaque d’un fourgon blindé commis dans la région parisienne il y a 4 ans, a blanchi une partie du butin, estimé à 1,9 million d’euros, sous nos cieux. Comment ? En investissant dans des valeurs sûres : une épicerie, un cybercafé et un salon de coiffure. Il a été arrêté par la police française qui, ayant eu vent de son petit business au Maroc, concentrait ses investigations sur le magnat du petit commerce. L’homme, dont le procès s’est ouvert cette semaine en France, projettait aussi de construire un hôtel-restaurant au Maroc. Du sûr, toujours du sûr.


Police. Les flics se fâchent

Les services de Charqi Draiss ont promu 9000 policiers d’un seul coup, tous appartenant aux grades inférieurs. Une première dans l’histoire de la DGSN, intervenue sur ordre du roi, nous informe-t-on au sein de la Direction. Mais très vite, les exclus sont montés au créneau en fustigeant cet avancement qui aurait profité aux promotions récentes en oubliant les anciens contingents. Ces derniers, pour protester, envoient des communiqués anonymes aux journaux ou font des déclarations en off. Ils auraient même créé un site web servant de “porte-voix” à tous les flics mécontents. “Cette promotion a touché 29% de l’effectif global des policiers. Il reste bien évidemment 21 000 mécontents”, rétorque la Direction de la DGSN.


Match. El Himma Vs PJD

Comme prévu, le passage de Fouad Ali El Himma sur 2M, en début de semaine, n’est pas passé inaperçu. Pour son baptême de feu télévisuel, le nouveau député des Rhamna a notamment déclaré qu’il parlait “au nom de la majorité silencieuse des Marocains”, avant d’attaquer violemment le PJD, coupable à ses yeux “d’avoir remis en cause le processus électoral sous prétexte d’usage massif de l’argent”. Le PJD a aussitôt réagi en exigeant un droit de réponse sur 2M. Le lendemain, Abdelaziz Rebbah, membre du secrétariat général du PJD, donnait la réplique au “copain du roi”. D’autres leaders du parti ont également répondu à El Himma. Abdelilah Benkirane, élu PJD à Salé, a notamment déclaré : “Nous respections M. El Himma parce qu’il travaillait aux côtés du roi. Mais il n’a qu’à se préparer à la confrontation aujourd’hui”. Le match ne fait que commencer.


Elections. Mon Rif mal élu

Les législatives sont semées d’embûches à Nador. Depuis quelques jours, les militants rifains des droits de l’homme font circuler des vidéos montrant plus d’un millier de personnes réclamer “l’organisation de nouvelles élections”. Rien que ça ! Les habitants de Midar (3 sièges) qualifient les législatives du 7 septembre de “truquées et non représentatives de la volonté populaire”. “Des urnes restaient ouvertes et sans cadenas, des agents d’autorité intervenaient sans vergogne et des bandes armées de couteaux attendaient les électeurs à la sortie des bureaux de vote”, explique Chakib El Khyari, président de l’Association du Rif pour les droits de l’homme.


Grève. Les mineurs font grise mine

Dans la nuit du 10 septembre, la centaine d’ouvriers en grève depuis deux mois, devant la mine de Jbel Aouam dans le Moyen Atlas, a été dispersée par les forces de l’ordre. “Cet assaut violent et surtout illégal montre la connivence entre les autorités et notre patronat”, commente ce militant local. Au final, ce sont 29 mineurs qui ont passé le reste de la nuit dans les locaux de la gendarmerie à Khénifra, avant d’être inculpés le lendemain pour “rassemblement non autorisé et entrave à la liberté de travail”. En attendant le début du procès le 17 septembre, les 29 mineurs ont reçu les soutiens de l’AMDH et d’Attac Maroc.


Parlement. L’union fait la droite

Le Mouvement Populaire a annoncé son union parlementaire avec le Parti de l’Environnement et du Développement d’Ahmed Alami, le Parti du Renouveau et de l’Equité de Chakir Achehbar et le MDS de Mahmoud Archane. Les quatre formations, avec leurs 62 députés, sont pour l’instant la première force politique au Parlement et peuvent briguer la présidence de l’hémicycle. Il s’agit en fait d’un tour de passe-passe. Avant les élections, ces partis s’étaient engagés à adouber les candidats que le MP ne pouvait accréditer, faute de place. Les élections achevées, les Harakis ont récupéré leurs “poulains” et ont fait bénéficier les partis-hôtes de leur parapluie parlementaire.


Insolite. Striptease istiqlalien

Etrange scène que celle qui s’est produite la semaine dernière devant l’antenne du Parti de l’Istiqlal à Salé. Une personne s’est présentée devant le local… dans le plus simple appareil. Objet de ce déplacement remarqué ? L’individu réclamait de se faire rétribuer en espèces sonnantes et trébuchantes pour sa participation à la campagne du parti de Abbas El Fassi. “Un responsable du Bureau exécutif de l’Istiqlal, témoin de la scène, a pris la poudre d’escampette en apercevant le personnage dénudé”, nous a déclaré une source locale. Au parti des notables, même pour les réclamations, une tenue correcte est exigée...


Annahj. Les rouges broient du noir

“Le Parlement sera illégitime et impuissant”, a déclaré mercredi, devant quelques journalistes, Abdallah El Harif, le secrétaire général d’Annahj Addimocrati. Sous le regard d’un Marx poussiéreux, l’éternel refuznik réclame l’annulation des résultats électoraux et, fidèle à son credo, exige une réforme de la Constitution pour un Parlement renforcé. Mais cette fois, le parti appuie sa revendication sur un “taux d’abstention estimé à plus de 80%” , qui soulignerait la “crise profonde du système”. Les appels au boycott des élections, lancés par des militants d’Annahj à leurs électeurs, y seraient-ils pour quelque chose ?


Fatima Charbi. Retour en France

Elle n’y croyait “presque plus”. Après dix mois d’attente à Casablanca, Fatima Charbi (TelQuel N°283), lycéenne de 20 ans expulsée de France le 13 novembre 2006 avec grand bruit médiatique, après dix-sept jours en centre de rétention, a enfin obtenu son visa du Consulat de France à Casablanca. Fini le centre d’appels où elle travaillait “pour patienter” : la jeune Marocaine est rentrée mardi à Montluçon (France), où elle vivait depuis sept ans, rejoignant son père qui y résidait légalement, mais à qui le regroupement familial avait été refusé pour “ressources insuffisantes”. Lundi, elle reprendra ses cours au lycée de la ville, en Bac Pro Chimie, grâce à une aide financière des autorités locales.


Jackass. Les frappés débarquent !

Johnny Knoxville, initiateur du phénomène Jackass - et auteur du film qui porte le même nom - suscite des vocations au Maroc. La semaine dernière, une dizaine de vidéos ont été postées sur Youtube.com, où l’on pouvait admirer les exploits des adeptes marocains de l’humour idiot. Entre le jeune qui s’élance à toute vitesse contre un mur (ça fait mal !), l’amateur de coups de râteau ou encore le skater fou qui se rétame sur le bitume volontairement, c’est à qui sera le plus maso. La palme de la bêtise se jouera certainement entre le tandem qui pratique le “saute-barrière” en caddie et le quidam spécialisé en cramage de poils de zizi. C’est donc ça enfoncer des portes pas encore ouvertes ?


Sahara. Electeurs sans carte

Jeudi 6 septembre 2007, à la veille des élections, plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant la bachaouiya de Laâyoune pour réclamer leurs cartes d’électeurs, introuvables depuis plusieurs semaines. Les manifestants seront finalement tous chassés à coups de matraques par des éléments des forces auxiliaires. “Certains sont revenus plusieurs fois chercher leurs cartes, sans résultat”, explique un militant associatif, qui ajoute : “Ils ont peur que des gens les aient achetées, afin d’éviter toute surprise à quelques candidats favoris”. Dans les rues de Laâyoune, on parle de milliers de cartes subtilisées (entre 3000 et 15 000). Certains habitants envisagent même de porter plainte, afin qu’une enquête judiciaire soit ouverte.


Ondes. Radio Oukacha !

La radio publique a trouvé sa bonne action du ramadan. Elle s’intitule “Des jeûneurs derrière les barreaux”. L’émission, diffusée le lundi soir, veut dénicher les talents cachés dans les prisons marocaines. Selon l’animateur Samir Raïssouni, chaque pénitencier a son lot d’artistes “manqués”. Ainsi, à la prison casablancaise de Oukacha, un détenu condamné à perpétuité est l’auteur de trois pièces de théâtre, dans lesquelles jouent ses compagnons de geôle. La prison d’Aït Melloul à Agadir est, quant à elle, réputée pour ses sculpteurs sur pierre. Raïssouni a rallié à sa cause quelques artistes et sportifs, dont Hanane El Fadili, Aziz Bouderbala ou encore Salaheddine Bassir.


El Himma. Le journaliste de Sa Majesté

L’ancien ministre délégué à l’Intérieur, et nouveau député des Rhamna, Fouad Ali El Himma, serait sur le point de se lancer dans les médias. C’est du moins ce que vient de divulguer l’association Le Sahara marocain, dirigée par Réda Taoujni, qui parle du “lancement à Casablanca d’un groupe de presse qui comprendra au début deux quotidiens, l’un arabophone et un autre francophone”. L’entourage d’El Himma préfère pour le moment faire dans la discrétion, en évoquant un quotidien régional et non national : “Nous réfléchissons à la création d’un journal en langue arabe, couvrant la région de Marrakech-Tensift et qui donnera sa chance à des journalistes locaux”.



3 questions à Abdelmajid Belghazal
[cteur associatif et membre du Corcas]


Les élections du 7 septembre ont reconduit les mêmes noms au Sahara. Cela cache-t-il une crise des élites ?
Oui, c’est même révélateur d’une crise de gestion politique. Pendant plus de 30 ans, le ministère de l’Intérieur a fabriqué des élites sahraouies conciliantes qu’il plaçait dans des partis dits administratifs. Malheureusement, aujourd’hui, même les partis démocratiques s’arrachent ces notables.

Les nouvelles élites font-elles peur à l’Etat ?
Elles sont souvent accusées par les élites traditionnelles d’être sensibles aux thèses indépendantistes. Malheureusement, le débat actuel, portant sur la réconciliation entre Sahraouis d’ici et d’ailleurs et sur l’autonomie, a légitimé le retour des caciques corrompus. L’élément tribal est également revenu en force, avec toutes les dérives que cela implique.

Le Sahara a connu des taux de participation records. L’appel au boycott du Polisario n’a donc pas eu d’écho cette fois-ci ?
Sauver l’honneur de la tribu a été plus fort que l’appel du Polisario. Nous n’avons pas eu de duel électoral mais tribal. Les gens ont voté pour le triomphe de leur tribu face aux tribus rivales. Le taux de participation aurait même flirté avec les 75% si les non-Sahraouis avaient eux aussi voté en masse. Mais ils ont préféré boycotter des élections tribales où ils ne se reconnaissent plus.


Téléréalité. Souad la Koh-lantaise

La semaine dernière, une beurette d’origine marocaine a remporté la finale du jeu de télé-réalité Koh-Lanta. Sur le plateau télé de TF1, Souad, alias Jade, a fondu en larmes quand le présentateur l’a questionnée sur son père. Interviewé par Télé Loisirs, son petit ami Olivier explique : “Jade n'a pas revu son père depuis plusieurs années. Il n'a jamais voulu accepter sa relation avec un non-Marocain. Il a même voulu la renvoyer au Maroc (…) Mais si Jade a fait Koh-Lanta, c'est d'abord pour lui, (…) Pour l'instant, son père n’a pas bougé, mais j'espère que ça viendra”. Les 55 000 euros remportés par sa fille devraient peut-être le convaincre.


Maguy Kakon. Vaincue, mais heureuse

“Je suis pleinement satisfaite !”, claironne Maguy Kakon. Cette juive marocaine qui se présentait aux élections législatives sur la liste nationale du minuscule Parti du centre social, a échoué dans sa course à la députation, tout comme les autres candidats de sa formation. La formation se félicite tout de même d’avoir obtenu 30 000 voix réparties entre Tanger, Casablanca, Marrakech et Essaouira. Maguy Kakon se dit d’autant plus heureuse que sa campagne électorale s’est passée sans incident, au grand dam des médias étrangers qui l’ont suivie, selon elle, “en espérant assister à (son) agression. Ils n’ont pas eu droit à ce scoop !”


Salafistes. Retour d’appétit

La grève de la faim menée par cinq détenus islamistes de la prison de Toulal à Meknès depuis le 1er septembre, vient de prendre fin. Condamnés en 2003 à des peines allant de huit à cinq ans d’emprisonnement dans le cadre du procès de la Salafia Jihadia, les grévistes ont accepté de se nourrir au terme d’une brève rencontre avec le procureur général à Meknès. Ce dernier aurait, selon l’association Ennassir de soutien aux islamistes, répondu favorablement aux revendications des grévistes : levée de l’isolement, rétablissement du droit de sorties quotidiennes dans la cour de la prison, restitution de leurs effets personnels, etc.


Sitcom. Mazemazelle se fait désirer

“Le rendez-vous à ne pas rater ce ramadan”, dit le programme d’Al Aoula. Mais le ftour se fera sans Mazemazelle Kamilia, la sitcom de Narjiss Nejjar, où Kamal, un blédard, se grime en fille modèle pour trouver une colocation. Décors acidulés, ton décalé… voilà qui aurait détonné sur les écrans du mois sacré. Mais “les premiers épisodes livrés ne sont pas à la hauteur du pilote”, déclare la SNRT, qui n’en avait reçu, à la veille du ramadan, que trois sur les trente prévus. Les téléspectateurs se contenteront de Chrikti Mouchkili de Fatima El Jabii, une histoire d’hôtel repris par le concierge et la femme de ménage. Mais au final, qu’il s’agisse d’une pointe de puritanisme de la première chaîne ou d’un gros retard de la réalisatrice, un mot s’impose : dommage.


Le sniper de Targuist. Ripoux 3, la suite

Et de trois pour le Sniper de Targuist ! Le vengeur masqué a choisi le jour des élections législatives, pour balancer sur Youtube.com, une nouvelle vidéo montrant trois agents de la gendarmerie en flagrant délit de corruption dans la région d’Al Hoceïma, accompagnée cette fois-ci, et c’est une première, de leurs noms, prénoms et grades. Les autorités doivent être aussi des fans de Youtube.com puisque les intéressés ont été aussitôt mis aux arrêts. Evoquées cette semaine, entre autres, par Le monde, Libération et LCI, les prouesses de notre Robin des bois national ont, semble-t-il, fait des émules. Des extraits signés “Le chasseur anonyme”, montrant des douaniers en plein racket à la frontière entre Nador et Melilia, sont également disponibles depuis quelques jours sur le même site.



Humeur. Je n’ai pas voté

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Je fais partie de ceux qui avaient mieux à faire que d’aller voter, le 7 septembre. Oui, c’est malheureux. J’aurais pu faire le déplacement, ne serait-ce que pour dire non à un candidat comme Abdelbari Zemzmi, passé haut la main dans ma circonscription. Ou alors pour apporter ma voix au PSU, PPS ou USFP. Je n’ai rien fait de tout cela et me voilà réduit à constater les dégâts : à devoir assumer qu’un Zemzmi, dont le discours revient à ranger les Marocains entre croyants et athées, représente les gens de mon quartier. Triste sort. Je suis dépité qu’il soit député, ce n’est pas drôle. Vous vous rendez compte ? Zemzmi a gagné un ticket que les Marocains ont refusé à des gens comme Mohamed Sassi ou Saïd Saâdi. Le Maroc de 2007 aurait donc plus besoin de l’Imam d’El Hamra, dont la seule ambition est de nous faire faire les cinq prières quotidiennes, que de l’idéologue inspiré de la gauche et de l’auteur du Plan d’intégration de la femme. Quelle joyeuse perspective ! Je n’ai rien contre cet homme que j’ai eu l’occasion d’interviewer un jour, mais je ne crois pas que son programme s’écarte des préceptes “Dieu, la Sunna, la Charia” et des tableaux halal / haram. Je doute qu’il en vienne à plaider, un jour, pour une monarchie qui gouverne moins, une parfaite égalité femmes – hommes, un Maroc où les écoles et les hôpitaux seraient au moins aussi nombreux que les mosquées. Ce n’est pas lui qui défendra un Code de la presse débarrassé des cadenas qui mettent à mal notre marge de liberté. Non. Maintenant, il faut accepter sa victoire parce que c’est la démocratie. C’est ce que des gens comme vous et moi, mais qui ont choisi de se rendre aux urnes, ont décidé le 7 septembre. Aujourd’hui, je ne me sens pas bien, et Zemzmi n’y est pour rien.



VITES !

Le roi a reçu séparément, jeudi, les leaders des six partis ayant obtenu plus de 20 sièges au Parlement (PI, PJD, MP, RNI, USFP et UC). Les échanges ont porté, d’après nos informations, sur le déroulement des élections. Les deux sujets de l’heure (premier ministre et coalition gouvernementale) n’ont pas été abordés. Aucun rendez-vous ultérieur n’a été fixé.

Lee Murray, l’auteur présumé du braquage du siècle en Angleterre (53 millions de livres) n’est pas sûr de finir ses jours au Maroc. Ce mercredi, la Cour suprême a mis en délibéré sa décision sur la nationalité et l’extradition du Britannique d’origine marocaine, qui purger une peine à Salé pour des délits commis au Maroc.

Le patron de Ynna Holding, le milliardaire Miloud Chaâbi, a eu droit, dans l’Economiste, à un message de félicitations de la part de ses employés, à l’occasion de son élection à Essaouira sous les couleurs du PPS. “L’ensemble du personnel” n’a pas oublié de féliciter également son fils Faouzi, élu à Rabat.


2007 Daba devrait publier un communiqué pour livrer son explication du faible taux de participation aux élections. L’association reconnaît n’avoir pas bien interprété les chiffres de son dernier sondage, selon lesquels 70% des Marocains étaient prêts à aller voter. “Peut-être qu’ils ont, après coup, choisi de ne pas aller voter”, analyse un membre de l’association.


L’équipe olympique marocaine de football ne gardera pas un souvenir impérissable de son séjour au Cameroun. Mal logés, mal nourris et défaits par les locaux, les Olympiens ont eu la frousse de leur vie, quand l’une des ailes de l’avion censé les ramener au bercail a pris feu. De mauvais augure pour la suite…


La Jamaâ Al Adl Wal Ihsane de Cheikh Yassine n’aura pas mis longtemps à livrer son analyse des élections législatives. Dès le lendemain du vote, Fathallah Arsalane, son porte-parole, s’exprimait sans surprise sur le site Internet du mouvement : “Ces élections n’étaient qu’une action folklorique, qui n’avait aucune crédibilité”.


Les 380 pilotes de la RAM auront une touche écarlate sur leurs uniformes bleus. Selon un membre de l’association qui les regroupe, ils porteront tous, à partir de ce samedi, un brassard rouge en signe de protestation contre leurs conditions de travail, et n’hésiteront pas expliquer le geste aux passagers intrigués.


La semaine dernière, une charge explosive a été découverte devant la porte du consulat du Maroc à Bastia en Corse, a rapporté l’AFP. La tentative d’attentat n’a pas été revendiquée. Ces dernières années, la Corse a été le théâtre de nombreux actes de violence perpétrés à l’encontre de la communauté maghrébine.
 
 
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