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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

George W. Bush change
de cap en Irak.
(AFP)

États-Unis. Semaine décisive pour Bush


C’est un tournant dans la stratégie irakienne de George W. Bush. Le président américain devait annoncer, jeudi, qu’il allait diminuer de 30 000 hommes le contingent américain en Irak, fort de 170 000 hommes, d’ici juillet 2008. Il a entendu le témoignage du général David Petraeus, commandant de la force multinationale en Irak, qui a recommandé, lundi devant le Congrès, le retrait des 30 000 hommes dépêchés en renfort en 2007. Et les autres, l’essentiel des forces US ? “D’autres retraits suivront”, promet le général.

Outre Petraeus, Ryan Crocker, l’ambassadeur des Etats-Unis en Irak, était lui aussi soumis aux questions du Congrès. Tous deux ont fait état de “progrès”, mais insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de stabilisation. Le général Petraeus a recommandé un calendrier de retrait qui se superpose au calendrier électoral américain, avec l’élection présidentielle en novembre 2008 (30 000 hommes) et l’arrivée d’un nouveau président en janvier 2009 (10 000 hommes). Des promesses vagues qui ont fait sortir les Démocrates de leurs gonds. “J’ai l’impression que le général Petraeus prépare un plan pour une présence américaine longue d’au moins dix ans en Irak”, a déclaré Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants. Les déclarations de Petraeus et de Crocker ont surtout éludé des questions cruciales comme la hausse des violences entre chiites et sunnites, la reconstruction du pays et la mainmise sur les ressources pétrolières à Kirkouk. Le mouvement de Moqtada Sadr n’a pas accordé beaucoup de crédit à Washington, suite à cette annonce. Il a juré mercredi de poursuivre la lutte jusqu’au départ du dernier GI d’Irak.

Bush a choisi de lâcher la bride dans son effort de guerre. Il sait que 60% des Américains réclament un retour des GI’s, que les Démocrates l’attendent au tournant et que le Pentagone est divisé sur la question. Ce passage de ses chefs militaires devant le Congrès a coïncidé avec la commémoration du 11-Septembre. Commémoration à la veille de laquelle Ben Laden a refait son apparition dans une vidéo, barbe teintée de noir. Il y faisait l’éloge de l’un des 19 pirates de l’air.


Belgique. La tentation de la partition

La Belgique serait-elle au bord de l’implosion ? Trois mois après les élections législatives, le pays n’a toujours pas de gouvernement fédéral. Le 23 août, le Flamand Yves Leterme, grand vainqueur des élections, s’est révélé incapable de former une équipe. Depuis, le pays s’enfonce dans la crise. Beaucoup espéraient pourtant un cabinet d’union, une “orange bleue”, entre les frères ennemis flamands et wallons. Impossible. Yves Leterme exige plus de pouvoir pour la Flandre, qui s’estime méprisée et dépassée par la Wallonie. L’homme demande un transfert de compétences du fédéral vers les régions, notamment concernant la justice, la sécurité sociale, la fiscalité… Les Wallons ont riposté en exigeant un élargissement de la région bruxelloise à plusieurs communes, dans le but d’assurer la continuité entre Bruxelles et la Wallonie. Et la situation ne cesse de s’envenimer. Mercredi, la ville flamande de Hal a interdit tous les panneaux bilingues !


Japon. Shinzo Abe jette l’éponge

Moins d’un an après son arrivée triomphale au pouvoir, Shinzo Abe a présenté sa démission mercredi. Le plus jeune premier ministre du Japon d’après-guerre quitte aussi la direction du Parti libéral démocrate (PLD), plus grand parti de droite japonais. Depuis la défaite du PLD aux élections sénatoriales du 29 juillet, Abe se savait en sursis, contesté au sein même de son propre camp. Son départ était devenu inévitable après une nouvelle baisse de sa cote de popularité (moins de 30% des Japonais lui faisaient confiance). Fin août, il avait pourtant bénéficié d’un regain de popularité après avoir remanié son gouvernement. Mais une série de scandales financiers touchant des membres de son cabinet ont gommé cette bonne impression. Il est reproché à celui qui prônait un “Japon décomplexé”, d’être trop éloigné des préoccupations quotidiennes des citoyens.


Pakistan. Nawaz Sharif refoulé

Sitôt rentré, sitôt refoulé. L’ancien premier ministre Nawaz Sharif, rentré lundi au Pakistan, après huit ans d’exil, a été renvoyé manu militari en Arabie Saoudite pour avoir refusé de montrer ses papiers. Sharif voulait revenir pour engager une bataille électorale contre le président Musharraf, dont il sait le pouvoir vacillant. Nawaz Sharif avait dirigé deux fois le gouvernement de 1990 à 1993 et de 1997 à 1999, avant d’être évincé par un coup d’Etat en douceur du général Musharraf, le 12 octobre 1999. En 2000, il avait accepté d’être exilé pour dix ans en Arabie Saoudite, en signant un accord avec le Pouvoir, contre l’abandon d’une peine de prison à vie, pour corruption et trahison. Mais cet accord avait été invalidé fin août par la Cour suprême, qui l’avait autorisé à rentrer.


Russie. Poutine prépare sa succession

Surprise. Mercredi, le premier ministre russe, Mikhaïl Fradkov, a claqué la porte. Il dirigeait le gouvernement depuis mars 2004. Poutine a accepté sa démission et présenté à sa place la candidature d’un parfait inconnu : Viktor Zoubkov, haut responsable du ministère des Finances. Zoubkov, 65 ans, a travaillé dans les années 90 à la mairie de St-Pétersbourg et y a côtoyé Poutine. Ces changements à la tête du gouvernement constituent une première étape dans les grandes manœuvres pour la succession de Poutine. Reste à savoir quelle est la portée du choix d’un inconnu, technicien des Finances, pour un poste considéré comme un tremplin potentiel vers le fauteuil présidentiel.


VITE !

Le Liban a réclamé lundi une aide internationale de 382 millions de dollars pour reconstruire le camp palestinien de Nahr Al Bared, dévasté par plus de trois mois de combats et où les premiers réfugiés ne pourront pas rentrer avant au moins six mois.

 
 
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