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N° 290
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Karim Boukhari et Driss Bennani

Abbas premier ministre. Aïe !

Saluant avec déférence
le roi Mohammed VI.
(AFP)

C’était sa dernière chance. Il vient d’exaucer le rêve de sa vie. La soumission, son ultime credo, a fini par faire la différence.


Abbas El Fassi ne pouvait rêver meilleur cadeau d'anniversaire : le 18 septembre, jour de ses 67 ans, il a appris qu'il allait devenir le 14ème premier ministre de l'histoire du Maroc indépendant. Annonce confirmée le lendemain, quand le roi a reçu, à Rabat, le secrétaire général du Parti de l'Istiqlal. à l’ahurissement général.

A l'Istiqlal, et en dehors d'un cercle très restreint, regroupé autour des
anciens du parti, personne n'avait vu le coup venir. “Il (Abbas) était favori, mais on pensait que sa nomination allait être différée de quelques jours encore puisque, jusqu'en début de semaine, sa candidature n'était pas la seule en lice”, explique cette source de l'Istiqlal.

L'autre (sérieux) postulant s'appelait Toufiq Hjira, et semblait bien tenir la corde. Karim Ghellab rapidement éliminé de la course parce que jugé “rigide et peu rompu aux négociations politiques”, Adil Douiri également écarté pour la minceur de son vécu politique, il ne restait plus que le seul Hjira, fils d'un grand résistant de l'Oriental, comme dernier recours pour éviter la piste Abbas. “Abbas avait les faveurs du parti, Hjira avait davantage de partisans en dehors du parti”, poursuit notre source, comme pour signifier que la préférence de l'Istiqlal (Abbas plutôt que Hjira) a pu peser sur la décision finale du roi. à voir…

Dans tous les cas, la hiérarchie partisane et la logique démocratique ont été scrupuleusement respectées. Il n'y a rien à y redire. Au sein du parti, plusieurs sources évoquent volontiers le risque d'une grave crise interne si, comme on nous l'a expliqué, “le roi avait choisi un autre Istiqlalien à la place de Abbas”. Car, alors, Abbas aurait perdu la face et tout l'organigramme de l'Istiqlal, parti très à cheval sur la hiérarchie et le respect de son supérieur (de son aîné aussi), aurait été chamboulé avant l'heure. Un péril que les “sages” du parti, emmenés par le toujours influent Mhammed Douiri, ont tout fait pour épargner à leurs troupes.

Miraculé de l'ère hassanienne
Donc, c'est Abbas. Enfin ! A 67 ans, sa désignation à la primature ressemble à un aboutissement, une fin en soi. Dans son propre parti, où il ne compte pas que des amis, on rappelle combien le numéro Un de l'Istiqlal avait fait de la primature une question de vie ou de mort. “Le rêve, qui a commencé à se dessiner en 1998, avec l'arrivée de Abbas à la tête du parti, s'est transformé en obsession à partir de 2002, au moment des élections législatives”, résume notre source. Abbas ne pensait qu'à ça. En 2002, donc, il croyait son heure venue. A 62 ans, l'homme se voyait bien succéder à Abderrahmane Youssoufi à la tête du gouvernement. Mais le souverain, cette année-là, choisit de ne pas respecter la logique démocratique, ignorant royalement l'USFP et l'Istiqlal, pour désigner le technocrate Driss Jettou à la primature. Déprimé, frustré, échaudé par le scandale Annajat qui l'a rattrapé dans la foulée de son échec à la porte de la primature (lire encadré), Abbas a reporté ses espoirs, les derniers, sur une échéance : septembre 2007.

Pour bien comprendre l'obstination d'El Fassi, il suffit de s'arrêter sur quelques escales de son long CV. Deux fois ministre sous Hassan II, entre 1977 et 1985, Abbas est un parfait miraculé. A la fin de sa mission d'ambassadeur à Paris, où il a été en poste de 1990 à 1994, une des périodes les plus sombres de l'histoire des rapports franco-marocains, personne ne donnait cher de sa peau. Abbas semble alors condamné à végéter parmi les “jeunes” (à 54 ans quand même !) du vieux parti de l'Istiqlal. Son destin bascule pourtant sur un coup de dés, quand le secrétaire général du parti, M'hammed Boucetta, refuse à plusieurs reprises de devenir le premier ministre de Hassan II. “Par ces refus successifs (ndlr : justifiés par le maintien de Driss Basri comme ministre de l'Intérieur), Boucetta s'est attiré les foudres du Palais. Dire non au roi, c'était impensable. Aussi, personne n'a été surpris quand l'Istiqlal, aux élections de 1997, essuya l'un de ses plus grands échecs électoraux (21 élus à peine). C'était une forme de punition pour le parti, et le message était clair : Hassan II ne voulait plus de Boucetta à la tête de l'Istiqlal”. Tout s'est joué alors au 13ème congrès du parti, quand Boucetta, prié de se trouver un successeur plus conciliant, jeta son dévolu sur le “jeune” Abbas El Fassi, bien sûr avec la bénédiction du Palais.

Merci Majesté !
Miraculeusement porté à la tête de l'Istiqlal, Abbas El Fassi a tout fait pour s'y maintenir au moins jusqu'à septembre 2007. Un authentique exploit quand on sait que la formation politique a été traversée de plusieurs spasmes depuis les élections de 2002, comme nous le résume cette source à l'Istiqlal : “Depuis sa réélection au 14ème congrès de 2003, Abbas a dû faire face à une forte contestation interne qui aurait dû aboutir à la tenue d'un nouveau congrès…et à son propre départ, puisque les statuts du parti ne lui permettaient pas de briguer un troisième mandat”. A défaut d'amender les règlements du parti, Abbas a tenté et réussi, contre vents et marées, à repousser le congrès à l'après septembre 2007. Avec, vis-à-vis du peuple istiqlalien, un discours qui tient à peu près à ceci : “Laissez-moi une dernière chance et allons-y (aux élections 2007) groupés, unis, nous avons encore une chance de gagner”.

En l'occurrence, le numéro Un de l'Istiqlal a vu juste : il a gagné son pari. Sa première qualité, l'une des seules incontestables, aura été, comme l'explique cet observateur neutre, “de bien comprendre la mentalité et les rouages du système”. “Entre des islamistes populaires mais indésirables et des socialistes trop sûrs d'eux, il a compris qu'il y avait une brèche dans laquelle il pouvait parfaitement s'engouffrer”. Abbas a surtout eu la chance que le roi, cette fois, se soit tourné vers la logique démocratique. “Et qu'il (le roi) n'ait pas choisi un quadra à la place du chef, ce qui aurait plongé l'Istiqlal dans une crise profonde”, ajoute notre observateur.

Logiquement favori dans la course à la primature au lendemain du scrutin du 7 septembre, Abbas El Fassi n'a pas dérogé à ses habitudes. Aucun programme, aucune revendication, aucune réflexion personnelle. Sur les rêves de primature qui ont si longtemps peuplé ses nuits et jours, il se contente de répondre en toute circonstance : “Sa Majesté décidera”. Sur son programme, ses idées, il ânonne invariablement : “Les discours royaux me serviront de programme”.

“Abbas premier ministre ? Non, je ne crois pas, même si le roi respectait la logique démocratique”, répétaient de nombreux leaders politiques, il y a encore une semaine. Les meilleurs supporters de la candidature de Abbas, par un étrange retournement de situation, auront été les Istiqlaliens, même parmi ceux qui contestaient son leadership. “Il ne faut pas oublier, nous explique l'un d'eux, que c'est le secrétaire général du parti. Choisir un Premier ministre istiqlalien autre que lui aurait été une gifle pour lui, et pour tout le parti. Cela veut dire que nos structures, notre organisation, notre organigramme, ne servent à rien. Autant dire que le parti entier ne sert à rien, ce qui ne serait pas sérieux !”. “Imaginez Abbas El Fassi ministre dans un gouvernement conduit par un Istiqlalien de la 25ème heure (ndlr : allusion au tandem Karim Ghellab - Adil Douiri), enchaîne un autre dirigeant de l'Istiqlal. Comment voulez-vous que l'on explique cela à nos bases, comment voulez-vous que l'on nous respecte ?”.

C'est sûr, les “bonnes manières” auront été un facteur (de chance) de plus qui a plaidé en faveur de Abbas. Un Abbas que ses proches décrivent aujourd'hui comme “libéré, confiant, décidé”. Et, bien entendu, “fier de la confiance placée en lui par Sa Majesté”.



Il a déclaré à TelQuel*

… concernant les prérogatives du roi
“Il n'y a pas assez de maturité chez les partis politiques pour toucher aux prérogatives du roi. Je milite pour qu'Amir Al Mouminine soit le garant de ma liberté et de mon intégrité territoriale. En tant que citoyen, c'est à lui seul que je fais confiance”.


… concernant Jettou
“Les partis ne rassurent pas encore. Aujourd'hui, les gens font confiance à Jettou parce qu'ils ont l'impression que c'est le Premier ministre de tout le monde. Ce n'est malheureusement pas encore le cas des ministres partisans. Ce qui m'amène à réaffirmer que le roi est le seul garant de l'unité du peuple marocain”.


… concernant l'islam
“Le Premier ministre, les ministres et les partis ne parlent pas assez de l'islam au Maroc. Ne pas défendre notre religion et notre langue est une honte. Aujourd'hui, pour faire branché, on est obligé de parler en français. À ce rythme, nous deviendrons bientôt un peuple sans identité”.


… concernant la darija
“La darija n'est pas notre langue. On ne parle pas en darija et on n'écrit pas en darija pour faciliter la compréhension au plus grand nombre. Il y a aujourd'hui un complot pour mettre à mal l'unité des peuples arabes, en encourageant chaque pays à utiliser son propre dialecte. Il y a même un budget spécial pour ce plan machiavélique”.


… concernant sa fille
“Le renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers a toujours été entaché de corruption. On a toujours encouragé l'usage de l'argent pour casser une éventuelle majorité Istiqlal-USFP. D'ailleurs ma fille a écrit un article dans ce sens dans l'Opinion sous pseudo !”.

… concernant les élections de 2007
“En 2007, toutes les alliances sont possibles. Je n'exclue que deux courants minoritaires. Celui appelant à l'autodétermination du Sahara et l'autre prônant la laïcité”.

*Ces déclarations ont été recueillis par TelQuel à Rabat, en Janvier 2007.




Flash-back. La casserole Annajat

D’abord, un rappel des faits. En 2002, une société émiratie appelée Annajat propose aux jeunes Marocains 30 000 emplois à bord de luxueux bateaux de croisière. L'annonce peut paraître grossière, mais elle est relayée par la très officielle Anapec (Agence nationale pour la promotion de l'emploi et des compétences), dont le président du conseil d'administration n'est autre que le premier ministre de l'époque, Abderrahmane Youssoufi. Quelques jours plus tard, c'est Abbas El Fassi, alors ministre de l'Emploi, qui explique sur un plateau de télévision tout le bien qu'il pense de cette “opportunité historique”, relevant “tout l'intérêt qu'une telle opération peut susciter chez les jeunes Marocains”. Résultat : très vite, des dizaines de milliers de personnes se pressent aux différents bureaux de l'Anapec. Certains vont jusqu'à abandonner leurs petits boulots, leurs études, et courent derrière cette “opportunité historique”. Finalement, 30 000 personnes sont retenues et seul un dernier examen médical les sépare encore de l'embauche. Les consultations ont lieu dans une clinique casablancaise et coûtent 900 DH pour chacun d'entre eux.
Pendant ce temps, la cote de Abbas El Fassi monte en flèche. Partout où il passe, le secrétaire général de l'Istiqlal se présente comme “l'homme qui a créé 30 000 emplois d'un coup”. Mais l'attente des 30 000 heureux élus se prolonge. Certains perdent patience et tentent de contacter directement cette fameuse société émiratie. Problème : elle est introuvable. 30 000 personnes se seraient-elles faites arnaquer ? Le scandale éclate.
Les victimes de cette arnaque d'un nouveau genre s'organisent en coordinations régionales et demandent rapidement la tête de Abbas El Fassi, ministre de tutelle. Les manifestations se multiplient et l'affaire prend des dimensions inquiétantes. Des victimes vont jusqu'à déposer plainte contre Abbas El Fassi. La suite ? Mohammed VI nomme Abbas ministre d'Etat sans portefeuille et lui épargne, vraisemblablement, des poursuites judiciaires très encombrantes. Mais le drame des victimes n'est pas fini pour autant. Le 11 août 2005 voit tomber la première victime d'Annajat, un jeune homme de 30 ans, qui a décidé de mettre fin à ses jours, pendu à un olivier. Le scandale Annajat refait violemment surface. La responsabilité morale de Abbas El Fassi est même engagée par une partie de l'opinion publique.
Après un long silence, le vieux leader de l'Istiqlal décide enfin de réagir… pour jeter toute la responsabilité sur Abderrahmane Youssoufi, en retraite politique. “Je peux écrire un livre en deux jours pour tout déballer, mais ça fera beaucoup de mal à plusieurs personnalités. Abderrahmane Youssoufi a été le président du conseil d'administration de l'Anapec, le ministère de l'Intérieur a bien délivré des centaines de passeports. Tout ce beau monde est responsable”, clame Abbas El Fassi. Il va encore plus loin en révélant : “Lors d'une réunion informelle que Youssoufi avait l'habitude d'organiser, j'ai évoqué le dossier Annajat, qui en était à ses débuts. Il m'avait alors répondu : nous entrons en campagne électorale, ce n'est pas le bon moment pour parler de ce genre d'affaires”. Abbas El Fassi, fidèle à lui-même, a dû suivre “ces précieux conseils à la lettre” pour surfer, durant toute la campagne électorale 2002, sur ses exploits en tant que ministre ayant déniché 30 000 postes aux jeunes Marocains. Combien en créera-t-il maintenant qu'il est Premier ministre ?



Gouvernement. Succession ouverte

C’est le jeudi 20 septembre, soit le lendemain de sa désignation, que Abbas El Fassi a démarré ses consultations pour la constitution du futur gouvernement. Le roi ne lui a certes pas fixé de date butoir, mais l'approche de la rentrée parlementaire ne lui laisse pas beaucoup de temps. Normalement, El Fassi devrait démarrer par ses collègues de la Koutla, mais la tâche s'annonce d'ores et déjà ardue. L'USFP, touchée dans son amour propre, n'accepterait pas n'importe quel(s) portefeuille(s). “Pour sauver l'honneur, les leaders ittihadis comptent réclamer des départements importants et un nombre respectable de portefeuilles”, croit savoir ce militant USFP, en froid avec l'actuelle direction. “Mais El Fassi a une revanche à prendre, note ce chercheur en sciences politiques. Lors des deux gouvernements Youssoufi puis Jettou, l'Istiqlal a été lésé par rapport à l'USFP. El Fassi a aujourd'hui l'opportunité rêvée de rétablir l'équilibre”. Les négociations avec le PPS, l'autre partenaire de la Koutla, ne risquent pas d'être plus sereines. Le parti d'Ismaïl Alaoui, qui a amélioré son score au Parlement, dispose désormais d'un groupe parlementaire et compte peser de tout son poids pour faire mieux que 2002, où le PPS avait hérité du seul portefeuille de la Communication.
Plus à droite, le Mouvement populaire pèse déjà lourd dans la balance parlementaire avec 63 sièges, fruits de diverses alliances post-électorales. Mohand Laenser ne cache pas son ambition de décrocher la présidence du Parlement et placer certains de ses poulains au prochain gouvernement. Pas évident puisque selon plusieurs sources, “l'USFP voit d'un mauvais œil une alliance avec la Haraka et lui préférerait une coalition avec le RNI”. El Fassi aura bien du mal à trancher, et le risque d'aboutir à une impasse semble bien réel. Reste le RNI avec lequel, heureusement, les négociations ne devraient théoriquement pas poser de problèmes. Le parti de Mansouri, celui du juste milieu, a toujours trouvé le moyen de placer plusieurs éléments dans les gouvernements successifs.
En fait, ce sont les islamistes du PJD qui représentent la grande inconnue des négociations en cours. Théoriquement, El Fassi devrait les consulter. Dans une récente déclaration à TelQuel, Lahcen Daoudi avait affirmé pour sa part que “tout projet de changement passera nécessairement par une participation du PJD au gouvernement”. El Fassi abandonnera-t-il ses amis de la Koutla pour s'allier aux islamistes ? Utilisera-t-il le PJD dans la sourde bataille qui l'oppose à Mohamed Elyazghi ? Avec Abbas, tout, absolument tout, est possible.



Plus loin. Premier pion de SM

La nomination de Abbas n'est pas un scandale puisqu'elle se plie à la logique démocratique. Elle n'est pas une surprise puisque l'homme, qui en a fait une question de vie ou de mort, semble y avoir été préparé depuis l'époque hassanienne. Et si pour la presse indépendante, comme pour une bonne partie de la classe politique (qui n'osera sûrement pas le clamer), cette nomination est une énorme déception, c'est d'abord parce que Abbas ne représente pas les valeurs de progrès, de travail et de modernité. Celui qui s'est installé sur le trône de l'Istiqlal, depuis bientôt dix ans, a constamment été le prototype du “soumis”, incapable de bouger le petit doigt sans le feu vert de qui de droit. Le pire, c'est que sa soumission semble être la clé de voûte de son ascension, et rien dans son parcours ne prouve le contraire. Vendre aux Marocains cette adéquation (soumission = réussite) est une très mauvaise publicité pour un pays qui aspire à mieux. Maintenant, Abbas est là et sa nomination a le mérite de reposer le débat sur la Constitution. “Le roi nomme le Premier ministre”, c'est ce que dit la première phrase extraordinairement lapidaire de l'article 24. Il est temps d'enrichir la petite phrase, de spécifier par exemple que le premier ministre doit être le numéro Un (ou au moins issu) du parti vainqueur des élections. C'est le seul moyen de transformer la logique démocratique, que l'on applaudit aujourd'hui d'une seule main, en obligation et en acquis pour la démocratie. La consécration de Abbas renferme par ailleurs un piège gros comme une montagne. Elle risque de renvoyer le débat - la revendication d'un Premier ministre aux prérogatives élargies - aux calendes grecques. Car personne n'a envie de voir un Abbas, avec ses idées d'arrière-garde (il suffit de lire sa “pensée” sur la darija pour avoir des cauchemars toute l'année), aux pouvoirs élargis. Ce n'est pas un scoop, mais la ritournelle “Avec Abbas, la démocratie dormira au moins cinq ans” risque de devenir le tube du prochain quinquennat. Hélas !

Karim Boukhari et Driss Bennani

 
 
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