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Mohamed Aouzal. "Le professionnalisme serait la cerise sur le gateau"
Activisme. Sit-in sur Internet
Société. Ragued, le mythe jamais endormi
Egypte. Moubarak punit la presse
Belgique. Secousses dans le plat pays
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N° 290
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Une scène de WWW What a
wonderful world, de Faouzi Bensaïdi.
(DR)

Festival national du film. Bousculade au portillon

Cette 9ème édition du Festival national du film de Tanger est à marquer d’une pierre blanche : jamais la manifestation n’avait reçu autant de candidatures à la compétition officielle. Mais encore, en retirant les inéligibles, il restera au jury longs-métrages à départager 25 films cette année, dont certains – probablement aussi les plus attendus –viennent tout juste de quitter les salles de montage de la post-production. Ce sera donc une première projection pour En attendant Pasolini, de Daoud Aoulad Syad, parti dans le Sud scénariser les souvenirs d’une amitié amoureuse entre un figurant et le grand
réalisateur italien. WWW What a wonderful world, l’audacieuse fable de Faouzi Bensaïdi, accueillie avec scepticisme au FIFM, a eu le temps de s’en remettre après une double consécration au Festival du film d’Alexandrie. Autre récompensé, prêt pour la compétition, Les jardins de Samira, de Latif Lahlou, primé pour le meilleur scénario et du prix de la critique internationale au Festival des films du monde de Montréal début septembre. Sans compter, Wake up Morocco de Narjiss Nejjar, Deux femmes sur la route, le dernier Farida Bourquia, Où vas-tu Moshé ?, de Hassan Benjelloun, La beauté éparpillée de Lahcen Zinoun, Les anges de Satan d’Ahmed Boulane… Même le malheureux Tabite or Not Tabite de Nabyl Lahlou, qui n’est toujours pas sorti dans les salles, faute de distributeurs intéressés, se trouve une place sur les écrans de la compétition officielle.

Du 18 au 27 octobre, à Tanger.



Sortie. La cité des splendeurs

D’abord, il y a la tragédie d’un empire, l’un des plus grands de l’histoire. Dans la Chine de la dynastie Tang, au 10ème siècle, l’empereur se retrouve pris au piège d’un complot menaçant son règne et impliquant sa propre femme. Ensuite, il y a le drame familial, quand le fils aîné de l’empereur, enfant de son premier mariage, entretient une liaison secrète avec sa belle-mère, avant de tomber amoureux d’une jeune fille qui s’avérera être sa sœur. Et puis, il y a toute la splendeur d’un film à l’esthétique léchée. Dès le premier plan, les portes de la cité s’ouvrent pour découvrir un monde à la beauté irréelle, et jusqu’à la bataille sanglante qui ponctue le film, près de deux heures durant, Zhang Yimou joue la carte du spectacle. Il insiste sur le faste et la richesse, travaille les couleurs de chaque image, n’hésite pas à chorégraphier les batailles, allant jusqu’à sacrifier par moments le détail historique sur l’autel de la vision artistique. Mais le résultat est simplement époustouflant. À voir.

La Cité interdite, au Mégarama.



Avant-première. Ben Barka sur petit écran

Plus qu’un petit mois avant de voir Mehdi Ben Barka mourir. L’Affaire Ben Barka, le téléfilm du Français Jean-Pierre Sinapi vient d’être présenté en avant-première la semaine dernière au Festival de la fiction TV de la Rochelle en France. Pour rappel, à la différence de ses deux prédécesseurs (L’attentat de Yves Boisset et J’ai vu tuer Ben Barka de Serge Le Péron), L’Affaire Ben Barka a été jusqu’à scénariser l’assassinat de l’opposant marocain. France 2, commanditaire du téléfilm, a programmé sa diffusion pour le mois d’octobre. Et aux dernières nouvelles, aucune des deux chaînes marocaines n’a manifesté son intérêt pour l’achat des droits de diffusion.


Expo. De la démocratie au design

“Le design n’est-il pas l’expression même de la démocratie ?”. Ceci n’est pas une question mais une affirmation, sortie de la bouche de Hicham Lahlou, architecte d’intérieur de son état, devenu figure du design marocain, après avoir transformé des objets du quotidien marocain en œuvres d’arts, collectionnées par les musées. Alors, par quel “grand écart” intellectuel Lahlou a-t-il construit le lien entre design et démocratie ? Comment une théière peut-elle amener à une réflexion sur “l’universalité” ou encore séduire le musée Alessi en Italie et le musée du monde de Rotterdam, au point de vouloir l’acquérir ? Pour décrypter le travail - et la logique - de Lahlou, l’Institut français de Rabat organise une rétrospective autour de la carrière du designer, en partant de sa célèbre théière Koubba (vendue au prix peu démocratique de 600 euros) jusqu’à sa conception des prototypes du mobilier urbain d’Agadir en 2006.

“De la théière à la ville”. Du 3 octobre au 17 novembre, à l’IF de Rabat



Documentaires. Les choix d’Al Jazeera

Peu inspiré, le titre sonne un peu comme un film institutionnel de l’Office du tourisme, mais qu’importe ! “Ouarzazate, révolution du cinéma et essor du tourisme”, dont le tournage vient de s’achever, est le premier de quatre films commandés par Al Jazeera Documentaire au réalisateur Rachid Kacimi. Déjà auteur de Cabine Paradiso (2004), film sur les vieux projectionnistes marocains, présenté aux festivals de Berlin, Venise et New York, et de Little Maestro (2005), l’histoire d’un enfant de six ans à la tête d’une troupe Ahidous, primé à Munich, Kacimi tournera dès fin octobre pour Al Jazeera un portrait de Fatna El Bouih (Observatoire des prisons), un docu sur les mères célibataires et un autre sur les clandestins subsahariens à Rabat. Autre élue par la chaîne du Qatar, Bouchra Ijork, auteur de Karawane (2003), portrait d’un danseur libanais à Paris, réalisera quatre documentaires sur Chefchaouen, Hay Mohammadi, le hip hop marocain et le dramaturge et comédien Abdelhaq Zerouali.


Tournage. Le nouveau Naciri en préparation

Saïd Naciri retrouve le fauteuil de réalisateur pour le tournage de son prochain long-métrage. Les frangins, écrit par Naciri (puis réécrit par un scénariste français), raconte l’histoire d’amitié entre deux Marocains, un musulman et un juif et un troisième, turc chrétien, qui se retrouvent pris au piège d’une mafia de l’immigration clandestine sous le ciel parisien. “Les liens d’amitiés tissés entre les personnages, malgré leurs différences, leur permettront de se sortir des pires situations”, résume Naciri, qui y campera, forcément, le rôle principal. Pour le reste du casting, la liste n’est pas encore bouclée, même si le nom de Salaheddine Benmoussa est murmuré. Quant à la production, elle ne serait pas uniquement marocaine. “Un producteur français, présent à mon spectacle à l’Olympia, a été ébloui par le show”, fait remarquer modestement l’humoriste. Au point de risquer quelques billes dans l’aventure.


Nayda. Artistes herragas

Quatre jeunes artistes marocains (deux danseurs, un maâlem gnaoui et un percussion- niste), participant au collectif Nayda, ont disparu au lendemain de la représentation de la troupe à Bruxelles, en Belgique. Ce deuxième incident - après celui des musiciens du chanteur Barry en Espagne, l’année dernière - remet sur la table la question de l’octroi des visas aux artistes de la nouvelle scène. D’où la réaction de Momo Merhari, organisateur de L’Boulevard, qui tient à préciser que “les concernés ne faisaient pas partie des artistes sélectionnés et suivis par l’EAC Boulevard, (NDLR : partenaire du Bureau international de la jeunesse belge dans l’expérience Nayda)”. L’équipe de L’Boulevard et le groupe Amarg Fusion devraient (re)prendre la route de Bruxelles en octobre, où les Soussis se produiront sur la scène du “Festival de musique et de résistance”.


Parution. Le tailleur du roi

Pendant plus de 120 ans, des hommes d’une même descendance ont confectionné les jellabas richement ornées des sultans alaouites. Les Sasson, venus du Moyen-Orient vers la fin du 19ème siècle, pour s’installer dans le Tafilalet, sont “couturiers du sultan” de père en fils. D’Abraham, devenu le couturier de Hassan Ier en 1870, à son gendre Haïm Botbol qui a brodé pour Mohammed V, avant de passer la relève à ses enfants, Raphaël et Roger, chargés de confectionner les tenues de Hassan II. Derrière cette singulière saga, Albert Sasson, arrière petit-fils d’Abraham et professeur de biologie de son état, raconte l’histoire de cette famille juive marocaine, brossant par là le vécu de la communauté israélite du royaume, depuis le XIXème siècle.


Festival. À la mémoire de Saint Ex’

Longtemps épargné par la “festivalite” aiguë, le Sud s’apprête à inaugurer son troisième festival en un an. Après Laâyoune et Dakhla, c’est au tour de Tarfaya de sortir de la torpeur culturelle, à l’occasion de la célébration du 80ème anniversaire de la création de la ligne aéropostale qui reliait la ville de Toulouse à l’Amérique latine. Tarfaya, qui s’appelait à l’époque Cap Juby, était un point d’escale pour la traversée de l’Atlantique. D’où ce festival musical, pensé conjointement par la wilaya de Laâyoune - Boujdour - Sakia El Hamra et la Succession Saint Exupéry, pour rendre tous les ans hommage au père du Petit prince.

Du 30 septembre au 2 Octobre à Tarfaya.



Le livre.

Fuyant la brutalité et la violence de son vieux mari et l’incompréhension d’un père despotique, Yamna, à peine ses 15 ans bouclés, quitte sa montagne natale pour les rues de Fès, où elle erre des jours durant avant de rencontrer Sdi Moh, un riche propriétaire terrien qui la sauve de la précarité. Et la vie de la petite adolescente en guenilles se transforme en conte de fées. Une histoire somme toute déjà vue et lue, à laquelle l’auteur lui-même semble n’avoir accordé qu’un intérêt limité, affairé qu’il était à faire l’apologie des mille et une beautés de la culture amazighe, ses femmes douces et envoûtantes, ses hommes courageux et loyaux, ses festivités singulières… Qui a parlé de prospectus touristique ?

L’appel de la colline chauve Mohamed Taïfa ; Ed Marsam.




Humeur.
Daba dans le baba

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les gens sont injustes avec le publicitaire Nourredine Ayouch. Il avait une mission sacrée à la tête de l’association 2007 Daba : convaincre les gens d’aller voter. Aujourd’hui, on lui pourrit la gueule parce qu’il s’est troué pire que Benzekri en Coupe du monde (le goal, pas l’icône). Et alors ? Personne n’a fusillé Benzekri pour ses sorties coup de poing à la Grandaizer. Il était pourtant plus grave pour le Maroc d’être ridicule en mondovision, devant la planète entière, que de se planter dans le périmètre restreint des médias officiels, ni lus ni regardés à l’étranger. Ayouch prédisait à tous 70% de participants. Ils étaient 2 fois moins. C’est n’importe quoi, soit. Mais doit-on lapider Ayouch parce que la moitié de la carte électorale marocaine a disparu mystérieusement dans le Triangle des Bermudes ? Bien au contraire. Le nom de Nourredine Ayouch devrait être inscrit dans une bible de la pub, pour avoir démystifié le poncif du marketing, qui affirme qu’un homme politique se vend tout aussi bien qu’un gel douche. Grâce au plantage stratosphérique de 2007 Daba, chacun sait désormais qu’un électeur est bien moins cernable qu’une flambeuse de Carte bleue chez Marionnaud. On croit maîtriser jusqu’à l’hygiène intime de l’électeur, car on sait quel sel de bain a la faveur des lectrices de la presse féminine. Et puis, sans crier gare, l’électeur vous glisse entre les doigts, vicieux comme une savonnette achetée à la sauvette. En se baissant pour ramasser le savon, Daba se l’est pris dans le baba. Offrir ainsi son corps pour faire avancer la science, ça mérite au moins un Nobel...



Le reggae attendra
Le nouveau festival
souiri, Reggae4Africa, annoncé pour fin octobre, a été reporté. La cause ? Le chevauchement de ses dates avec celles d’un autre rendez-vous de la ville, les Andalousies atlantiques. Boom Shaka, Lauren Hill et Barrington Levy sont toujours au menu du festival, programmé désormais du 22 au 24 novembre.


Rock de Rabat
Les Sawlegen, jeune groupe de metal rbati, aperçus entre autres sur la scène de L’Boulevard en 2006, sont parvenus à aligner dix morceaux de hard aux mélodies orientales, pour boucler un album de metal marocain – trop rare sur la nouvelle scène - ambitieusement titré “Stories of an old Empire”.


Regards féminins
L’exposition “Arte y mujer en Marruecos” promène six regards de peintres et de photographes marocaines en Espagne. Après Mejorada del Campo, Aranjuez et Mostoles, Ahlam Lemssefer, Amina Benbouchta, Khadidja Tatna, Meryem El Adj, Leïla Ghandi et Fatima Mazmouz sont exposées à Henares jusqu’au 14 septembre.

 
 
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