Revoilà ramadan, et son rythme bien particulier. Durant la journée (forcément continue), les premiers signes de fatigue apparaissent entre midi et deux. En principe, une courte sieste y remédie, sauf que là, il y a incompatibilité horaire. Cest quon est censé travailler, aussi ! Mais le Marocain standard fonctionne au café et à la cigarette, entres autres (fâcheuses) manies. Len priver, cest fabriquer un individu aigri, hargneux et hyper- colérique.
Cest ce quon appelle le mramden (littéralement, enramadané). Cest ce personnage, notamment, quon retrouvera dans les administrations. Avez-vous déjà essayé de récupérer un certificat administratif durant le mois sacré ? Ne vous a-t-on jamais répondu quil valait mieux revenir ultérieurement parce que, voyez vous, le chef de service est absent ce matin, son adjoint est parti prier, la moitié des fonctionnaires est en congé-Omra et les secrétaires nont pas le droit de signer ?! Et ne vous êtes-vous jamais retrouvé en train de compatir, admettre que le moment était mal choisi, voire vous en excuser ?!! Lusager aussi est coupable ! Remplir sa tâche consciencieusement, faire preuve de professionnalisme, assurer correctement les missions dont on est chargé, ou simplement traiter ses vis-à-vis avec courtoisie
Tout cela devrait relever, normalement, du devoir religieux ! Ne dit-on pas que Al 3amalou 3ibada (le travail est une forme de dévotion) ? Jaurais voulu conclure par à bon entendeur..., mais il paraît que ventre affamé na pas doreilles...
Fadel Boucetta, Casablanca.
La vraie gifle
La gifle. Celle-là, cest la vraie. Abbas a finalement eu ce dont il rêvait depuis la nuit des temps : accéder au poste de Premier ministre. Tant pis pour lavenir du pays, puisque lessentiel, cest dêtre chef de gouvernement. Oubliées, les souffrances de milliers de jeunes, victimes du scandale Annajat, dont il est le premier responsable. Effacé, son bilan à la tête du ministère de lEmploi. Il na finalement excellé quen tant que ministre sans portefeuille, poste où, heureusement, il navait rien à faire.
Cette fois, jai vraiment peur pour mon pays. Jai peur de voir seffondrer les efforts du roi et du Premier ministre sortant. De voir les investisseurs rentrer chez eux, de voir les touristes se détourner de la destination Maroc, et de voir la corruption normalisée. Mais que voulez-vous ? Ainsi va la démocratie. Jai toujours pensé que, dans létat actuel des choses, ce ne sont pas des politiques qui feront sortir le Maroc du bourbier de la pauvreté, mais plutôt un roi clairvoyant et une équipe de jeunes compétents, des Ghellab et des Douiri. Jai peur que lavenir ne me donne raison...