Sefrou. Les (nouveaux) émeutiers de la Koumira
Interview. Mohamed El Ayadi
Reportage. Azemmour mon amour
Société. Good Morning Oukacha
Pakistan. Musharraf sur la corde raide
Assurances. Objectif : concentration
Cinéma. Films à la chaîne
Festival. Des mots pour le dire
N° 291
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine.

La victoire (1984), de Abbes Saladi.
(DR)

Exposition. Saladi, ça vous dit ?

Saladi orne les cimaises de l’Institut français de Marrakech depuis la semaine dernière. Un conseil : Courez-y ! C’est un évènement rare, puisque les expositions consacrées au peintre marrakchi se comptent sur les doigts d’une main depuis sa mort en 1992, à l’âge de 42 ans. “Quinze ans après, il était temps de lui rendre hommage”, souligne Kamal Moudene, en charge de l’évènement. L’idée sur les rails, il a fallu trouver des tableaux de Saladi à exposer, en passant un écueil de taille : la majorité des œuvres du peintre sont la propriété de collectionneurs d’art connus pour ne pas courir après la publicité. L’IF
de Marrakech a cependant réussi à réunir 17 œuvres, collectées auprès d’amis et de connaissances du peintre qui ont, bien entendu, requis l’anonymat absolu : “Les propriétaires des œuvres sont tous de Marrakech. Ils ont pour la plupart d’entre eux acheté leurs toiles directement à Saladi avant qu’il ne devienne célèbre. Certains tableaux datent même de l’époque où le peintre les vendait sur la place Jamâa El Fna”, précise Kamal Moudene. C’est une façon subtile de souligner que les œuvres exposées sont garanties halal, à l’opposé de beaucoup de tableaux du peintre en circulation ou bien au chaud dans des collections privées. C’est qu’avec Gharbaoui, autre plasticien mythique, Saladi fait les beaux jours des faussaires qui ont inondé le marché de faux du peintre, profitant de l’engouement qui a suivi sa mort.

Jusqu’au 10 novembre à l’IF de Marrakech.



Sortie. Violences adolescentes

Dans la banlieue riche de Los Angeles, Johnny et sa petite bande jouent aux durs en quête d'émotions fortes. Pour s'assurer le remboursement d’une dette, ces fils à papa encanaillés kidnappent le petit frère d’un dealer, avec lequel ils partageront trois jours de plaisirs interdits. Mais le drame n’est pas loin… S’inspirant d’un fait-divers, Nick Cassavetes (She’s so lovely, N’oublie jamais) s’attaque au phénomène de la nouvelle délinquance juvénile, dressant le portrait d’une certaine jeunesse américaine sans repères, qui bascule inéluctablement dans la violence. Avec un bonheur inégal. L’atmosphère “film de teenagers” qui s’assombrit peu à peu est une bonne idée, et Cassavetes a le bon goût de ne pas trop en rajouter dans le moralisme. La performance de Justin Timberlake, popstar pour midinettes, le range définitivement dans la colonne des acteurs. Pour autant, Alpha Dog laisse un arrière-goût de décor en carton-pâte, et le mécanisme de la descente aux enfers est laborieusement restitué par des scènes répétitives et des personnages aussi épais que du papier à cigarette. Dommage...

Alpha Dog, au Mégarama.



Radio. Dj El Mazned

Brahim El Mazned partage depuis le début du ramadan sa passion des musiques du monde avec les auditeurs de Radio Plus, station amazighe qui émet à Agadir et sa région. Le directeur artistique du festival Timitar anime, chaque vendredi soir, Atlas Azawan, une émission dont les trois premiers numéros ont été consacrés aux sons d’Asie centrale et d’Afrique de l’Ouest, régions du monde qu’El Mazned connaît bien pour y avoir bourlingué en quête de musiciens à programmer à Timitar. Le public gadiri semble apprécier ces sons d’ailleurs, puisque l’émission a de fortes chances d’être prolongée au-delà du ramadan. Les autres peuvent l’écouter sur www.radioplus.ma


Patrimoine. Mosquée sans rides

Plus de 1000 ans et un teint de jeune fille retrouvé. La Mosquée Quaraouiyine de Fès rouvrira ses portes à la fin du mois de ramadan, après un an de fermeture pour travaux. Le lifting, qui a coûté 21 millions de dirhams, a concerné les pavillons, les salles de prière, les coupoles de la nef centrale, les lustres et les fontaines, restaurés à l’identique et selon les règles de l’art. “La difficulté était d’éliminer tous les matériaux modernes (béton armé et briques modernes) utilisés au cours de la première restauration dans les années 50”, souligne Mounir Akesbi, conservateur des monuments historiques de Fès. Les artisans de la ville ont pu rattraper le coup car, comme l’ajoute ce dernier, “ils maîtrisent encore les techniques de construction à l’ancienne, avec mortier à base de chaux et briques traditionnelles”, qui prévalaient à l’époque de l’édification et des extensions successives de la mosquée.


Télé. Grand voyage sur petit écran

Le Grand Voyage, d'Ismaël Ferroukhi, sera en fin de compte diffusé sur 2M le 9 octobre. C'est ainsi que se clôture le différend né, ramadan dernier, entre la chaîne de Aïn Sebâa et le réalisateur. Ce dernier avait obtenu de 2M qu'elle déprogramme son film pour qu'il puisse vivre son cycle de vie normal : sortie sur grand écran, puis carrière sur le petit. Près de trois ans après sa réalisation, le film de Ferroukhi n'a toujours pas été projeté dans les salles marocaines, malgré les prix raflés dans les festivals étrangers. 2M, coproducteur du film, a fini par se lasser d'attendre une sortie hypothétique. C'est un bien pour un mal, le téléspectateur aura enfin l'occasion de vérifier ce qu’une poignée d'initiés savent déjà : Le Grand voyage est l'un des meilleurs films marocains de ces dernières années. C'est un road-movie poignant, narrant un voyage à deux (à la Mecque) : un vieux père malade et qui ne comprend rien au monde qui l'entoure, et son fils un peu rock'n roll, pur produit de la banlieue française. Ça valait la peine d'attendre trois ans, quoi !


Spectacle. Hassan II on Ice

Hassan II, pierre angulaire dans la vie de Jean-Paul II. Qui l’eût cru, à part, bien entendu, Le Matin du Sahara ? réponse : un fou furieux nommé Robert Hosseïn, metteur en scène de spectacles, spécialisé dans les fresques historiques à gros budget. À l’affiche depuis vendredi dernier à Paris, sa dernière création, “N’ayez pas peur !”, retrace le destin du pape polonais en 33 tableaux. Hassan II a droit au sien. Robert Hosseïn y brosse la rencontre du roi défunt et de Jean-Paul II à Casablanca en 1985, pour souligner l’ouverture au dialogue interreligieux du pape. Un journaliste de La Croix, quotidien chrétien, a qualifié la scène d’“intermède atypique : une danse orientale sur fond de rencontre du pape avec des représentants de l’islam marocain”. ça vaut peut-être un petit week-end à Paris...


Concours. Vidéo homemade

Avis aux cinéastes en herbe. La Cinémathèque de Tanger lance son premier concours “Cinéma Jeunes Talents” destiné à “découvrir et orienter les cinéphiles désirant passer derrière la caméra”, précise Mohamed Fettaka, en charge de l’opération. Les œuvres de tout genre et de tout format (documentaire, fiction, expérimental) sont les bienvenues, mais ne doivent pas excéder 10 minutes. Plusieurs cinéastes marocains ont été contactés pour faire partie du jury, qui primera trois œuvres parmi les 10 meilleurs travaux sélectionnés. Celles-ci seront projetées en public le 1er décembre au cinéma Rif de Tanger, siège de la Cinémathèque. Les candidats désireux de crever le grand écran doivent envoyer leurs films avant le 20 novembre.

Le formulaire d’inscription disponible par e-mail à
cinemajeunestalents@gmail.com



Cinéclub. Love story à Casa

Le film a fait un carton au box-office à sa sortie en 1942. Humphrey Bogart est devenu une star en y interprétant un patron de bar. Ingrid Bergman y tient son rôle le plus célèbre, dixit le site Internet officiel de l’actrice. Quel est mon titre ? Casablanca ! hurle-t-on en chœur et les doigts dans le nez. Cette question à la Trivial Pursuit est facile, puisque tout le monde a entendu parler du film, mais peu l’ont vu. “C’est l’un des films les plus célèbres au monde. On trouve même un bar nommé Casablanca en Lettonie. Pourtant, combien de Marocains ont vu l’oeuvre ?”, remarque Brahim El Mazned de l’IF d’Agadir, qui programme Casablanca le 6 octobre à 13h. Une séance de rattrapage pour donner de la substance à la culture Trivial Pursuit.


Blague. Le festival fantôme

Le Festival de l’humour francophone (avec Booder, Saïd Naciri, Anne Roumanoff, etc.) prévu à Marrakech a été de nouveau annulé. Annoncé une première fois en mai 2006, puis reporté à mai 2007, la manifestation, qui devait se tenir en novembre prochain, n’aura finalement pas lieu. Le communiqué des organisateurs avance “des raisons (…) relatives aux évènements actuels”, ne permettant pas “les garanties de sécurité nécessaires”. Quels évènements ? Les menaces d’Oussama Ben Laden ? Question sans réponse, les organisateurs étant injoignables au téléphone. Une chose est sûre : reporter trois fois un festival, c’est “prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages”, pour paraphraser Michel Audiard.


Le livre.

L’essayiste Rida Lamrini continue son tour des lieux de la réalité marocaine. Dans son dernier libelle consacré à la question de la réforme de l’université marocaine, l’auteur revient sur les travaux de la Charte nationale d’éducation et de formation. Tout en tirant un premier bilan optimiste des travaux de la COSEF, Lamrini plaide pour une accélération des initiatives publiques pour mettre à niveau le système universitaire en mettant l’accent sur la réforme des cursus et la formation continue. Sur un ton plus grave que dans ses précédents écrits, il défend aussi le développement de la recherche dans des domaines stratégiques ou la création d’un espace de vie étudiant, qu’il souhaite apolitique. À débattre.

L’Université marocaine, autrement, Rida Lamrini ; Ed. Marsam




Humeur.
Un jour sans faim

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Ramadan, c’est
tout sauf Las Vegas. 30 jours à tuer en lisant la presse. Ce n’est pas par soutien aux médias, quatrième pouvoir et tout le tralala. Le ramadan et l’ennui général qu’il dégage rendraient allergique à ces idées pas drôles même Robert Ménard de Reporters sans frontières. C’est juste que les journaux sont le seul loisir de ceux qui ne prient pas et tout le toutim. L’unique bouée de sauvetage dans le trou noir annuel, une lueur d’espoir esseulée dans ces jours sans fin. Pourtant, Dieu sait que le jeûne a des effets secondaires indésirables sur des quotidiens qu’on dévorait honteusement pour leurs faits-divers trash. L’atmosphère de piété couvre ces derniers d’un voile pudique et morose. Les drames humains nés de la violence et du sexe sont récurés de fond en comble, passés à l’eau de Javel et présentés bien amidonnés. Au fin fond de la campagne, scène habituelle du crime, il faut les chercher à la loupe, les traces de sang, de chique et de mollard. Tout n’y est plus qu’ordre, luxe, calme, sans la face obscure de la volupté. Il n’y a plus aucun zoophile ou gérontophile démasqués au grand jour. Mois de la charité oblige, les quotidiens font une fixation sur les hémodialysés, les catalysés, les éclopés et tout ce qui ressemble de près ou de loin à une bonne cause. Avec une maladie incurable, c’est encoremieux...



Numydia en concert
Aïta Marsaouia, malhoun, gharnati, fado et flamenco à la Villa des Arts de Rabat. Numydia y étrennera, samedi 29 septembre à 20h30, son album Chrouk Achark. Le premier opus du groupe r’bati est une tentative, trop rare, de fusion en dehors des sentiers battus gnaouis de “Lalla Mimouna”…


Le rabbin chanteur
Le festival des Andalousies atlantiques investit à nouveau Essaouira du 1er au 3 novembre. Le rabbin-chanteur Haïm Louk, né au Maroc, viendra de Los Angeles rejoindre - entre autres - le musicien oranais Maurice Medioni et Ben Omar Ziyyani. Expositions, projections et rencontres sont aussi au programme.


Paris bohême
Vous êtes peintre, musicien, danseur ou photographe ? Une résidence d’artistes à Paris vous tente ? La Cité internationale des Arts vous ouvre ses portes ! Dossier à envoyer à la Direction des Arts (17 avenue Michlifen, Agdal-Rabat), avant le 31 octobre. Renseignements : 037 67 10 09 / 037 20 92 50.

 
 
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