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Par Samir Achehbar
Elections. Les Yankees sen mêlent
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Le NDI, ONG proche du Parti
démocrate américain, a dépêché des
observateurs pour les élections
du 7 septembre.
(AFP)
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Le scrutin du 7 septembre intéresse les Américains. Désarçonnés par le semi-échec du PJD, chercheurs et journalistes abondent en analyses du système politique marocain. Un intérêt qui nest pas fortuit.
Depuis le fameux sondage de lInternational Republican Institute (IRI, proche du Parti Républicain), accréditant le PJD de 47% des intentions de vote, lintérêt des observateurs américains pour les législatives marocaines ne sest pas démenti. Tout au long de la campagne, journalistes, observateurs, ONG et chercheurs ont fait le plein |
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dimpressions. Et certains se sont fait une religion. Le mensuel The American Prospect, ouvertement positionné à gauche, ny va pas par quatre chemins : En réalité, le processus de réforme politique au Maroc nest quune parodie cynique, destinée à renforcer la poigne de la monarchie sur le pouvoir (
) Ces élections ont jeté un doute sur la position du Maroc comme le modèle de réforme au Moyen-Orient dont les Etats-Unis rêvent.
Dans un article diffusé sur la version web du mensuel et intitulé Le mythe de la démocratie marocaine, les chercheurs Shadi Hamid et Jeb Koogler sen prennent au modèle marocain : Même si les décideurs américains se sont empressés de placer leurs espoirs entre les mains dune monarchie éclairée, ce style de réforme par le haut na pas mené le Maroc vers la démocratie. Il len a plutôt éloigné. Pour le politologue égyptien Amr Hamzawy, auteur dun commentaire à chaud sur le site du Carnegie Endowment for International Peace, le grand récit de la continuité politique au milieu de réformes lentes et graduelles va une fois encore simposer (
) Il y a un clair paradoxe dans la politique marocaine : même si le pays a franchi un important pas vers louverture de la sphère politique, lintérêt populaire na cessé de décroître. Même son de cloche du côté de Hamid et Koogler : La plus grande victime nest pas lislam politique, mais bien limage doasis démocratique que le régime marocain a construite, et que les Etats-Unis ont acceptée sans la questionner.
Des ONG très politiques
Sur les colonnes du Washington Times (à ne pas confondre avec le prestigieux Washington Post), Ahmed Charaï, directeur du site lobservateur.ma, se fait le défenseur de la transition marocaine née dun consensus. Pour lui, ceci expliquerait un processus plus lent, plus long et moins spectaculaire. Du spectaculaire, cest précisément ce quattendaient les observateurs américains, les yeux rivés sur le résultat des islamistes du PJD. Pour Amr Hamzawy, le score du PJD est aussi une conséquence de la stratégie de modération choisie par le parti depuis le 16 mai 2003. Depuis 2002, le parti sest moins préoccupé de débats idéologiques et de thèmes religieux, par opposition aux mouvements politiques islamistes en Egypte ou en Jordanie.
Deux organisations (lIRI et le NDI) ont uvré à accompagner lintégration politique des islamistes légalistes et non violents. Le précurseur en la matière est le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), aujourdhui dirigé par lancienne secrétaire dEtat Madeleine Albright. Le NDI a effectué sa première étude de terrain au Maroc en 1993. Depuis 2001, lONG proche du Parti démocrate a choisi daxer ses efforts sur le PJD, avec lequel elle entretient de solides relations de travail. Ce nest pas le cas lIRI, qui a des rapports plus difficiles avec le parti dEl Othmani, à cause de ses liens avec le parti de George W. Bush.
Pour expliquer cette proximité surprenante entre les libéraux américains et les islamistes modérés marocains, il faut se rappeler que les Démocrates américains sont faiblement insérés dans les réseaux institutionnels classiques, dans lesquels prospèrent notamment la diplomatie partisane de lUSFP ou celle de lIstiqlal. Le Parti démocrate ne fait pas partie de lInternationale Socialiste et souffre du tropisme espagnol et arabe de lIstiqlal. Question de génération aussi : le PJD est considéré comme un parti jeune, plus à même dêtre rallié au projet de démocratisation du Moyen-Orient. Une chance pour les Américains dinfluencer lavenir politique dun pays ami. |
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