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El Othmani. "Nous sommes le premier parti au Maroc"
Elections. Les Yankees s'en mêlent
Mémoire. Tazmamart dans le rétroviseur
FMI. DSK, banquier du monde
Marocmétrie. Retards à l'allumage
Télévision. Sitcom et t ais-toi !
Cinéma. En route pour La Mecque !
Idées. Un conflit de façade ?
N° 292
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Le téâtre marocain a (enfin)
retrouvé sa place sur
la petite lucarne.
(DR)

Télévision. Théâtre cathodique


Le théâtre à la télé, un sacrilège ? Les Marocains ne sont pas de cet avis, à en croire les chiffres. “Le taux d’audience grimpe à chaque fois qu’une pièce de théâtre est programmée”, affirme le metteur en scène Abdelouahed Ouzri. Joignant le geste à la parole, il a donc monté Massarih (Théâtres), une nouvelle émission lancée sur Al Aoula. Le concept ? Une pièce récente et inédite à la télévision, précédée d’une brève présentation par Ouzri himself. Diffusée tous les vendredis à 1h00 du matin, pendant le mois de ramadan, Massarih devrait ensuite
se transformer en rendez-vous mensuel (le dernier vendredi du mois à 22h00). L’ambition est de “donner leur chance aux jeunes”, comprenez les metteurs en scène et comédiens (de tout âge) qui ne font pas partie des quelques habitués de la télévision publique. “Avec cette émission, nous allons élargir le public du théâtre”, se réjouit Abdelouahed Ouzri. Pour coller à cette volonté d’ouverture, la darija et le tamazight côtoient l’arabe classique sur Massarih, et les troupes sélectionnées s’écartent (enfin) du sempiternel axe Casa- Rabat. L’occasion d’apprécier le retour de Jilali Ferhati à ses planches originelles (avec Rue Shakespeare), ou de se tourner vers Agadir et son Izouran (Racines) de Farès Sourour. Du théâtre de boulevard traditionnel, où la danse et la musique accompagnent les situations comiques, au théâtre dit “de recherche”, plus sophistiqué, chacun aura sa place.


Sortie. L'asile au trésor

En quittant l'asile psychiatrique, Charlie (Michael Douglas) rentre retrouver sa fille Miranda (Evan Rachel Wood) et l’arrache à sa petite vie pour partir en quête d'un trésor qu’il dit enfoui…au-dessous du supermarché voisin. Derrière une apparence de comédie hollywodienne formatée, King of California est une fable souriante et poétique, plus originale et plus attachante qu'il n'y paraît. Pour autant, il n'y a pas de quoi crier au génie. Si les retrouvailles entre le père dingo et la fille rationnelle font mouche, c'est pour s'enliser ensuite dans une relation convenue. Et il est dommage que Mike Cahill, dont c'est le premier long-métrage, n'ait pas osé donner à une trame originale la mise en scène décalée et le grain de folie qu'elle méritait. À trop chercher le compromis entre imagination et respect du cahier des charges, le réalisateur finit par livrer un film hybride, qui ne va jamais au bout de son potentiel. Reste l'interprétation des deux acteurs principaux. Michael Douglas se lâche littéralement dans un rôle tout en exubérance, quitte à céder parfois à un inévitable cabotinage.

King of California, au Mégarama.



Cinéma. Une étoile est née

Elle a 25 ans à peine, sa filmographie ne dépasse pas les deux lignes, mais sa carrière promet une jolie ascension… hollywoodienne. Et pour cause. Zineb Oukach, jeune actrice marocaine, a tenu le second rôle féminin aux côtés des oscarisées Meryl Streep et Reese Witherspoon dans Rendition, un thriller signé Gavin Hood. Cette ancienne du Lycée Lyautey conciliait mannequinat et pub à ses études, avant sa première apparition télé, dans le sitcom Une famille très respectable de Kamal Kamal, puis la révélation dans Parfum de mer de Abdelhaï Laraki. Et sa prestation dans Rendition a été jugée “remarquable” par la critique, à l’avant-première du film la semaine dernière au Festival de Toronto. Pas de doute, une étoile est née.


Contes. De Tanger à Tombouctou...

En France, Hamid Bouzzine est le “Monsieur” conte. L’homme a été à l’origine de la reconnaissance du genre comme art majeur. Avec les Folies berbères et son comparse Ali Merghache, Bouzzine explore depuis des années les petites histoires et les grands drames de l’émigration, dépoussière l’héritage oral de ses doubles origines touarègue et soussie, multiplie les séances de lecture et les rencontres. Bref, c’est un inépuisable réservoir à contes qui se déplace pour la première fois au Maroc, à l’initiative de l’Institut français d’Agadir. Six dates sont au programme : le 24 octobre à l’I.F d’Agadir, le 27 à Tiznit, le 30 à Ouarzazate, le 3 novembre à El Jadida, le 7 à Beni Mellal et le 8 à Khouribga. La tournée, baptisée De Tanger à Tombouctou ou le chemin des mirages, propose des lectures publiques des contes imprégnés par l’identité africaine du Maroc, que Bouzzine a amassés à l’occasion de ses pérégrinations aux quatre coins du pays. Prêts pour le voyage ?


Cinéma. Gibralt’art

La 17ème édition des Semaines du film européen a mis la barre très haut. Encore en finalisation, la programmation comprendra toutefois au moins deux grandes œuvres cinématographiques de l’année. L’ouverture se fera effectivement avec Un cœur invaincu, du Britannique Michael Winterbottom, adaptation du livre témoignage de Mariane Pearl, l’épouse du journaliste exécuté par des extrémistes pakistanais, campée par Angelina Jolie. Le second long-métrage est, lui, fort d’une nomination aux oscars 2007 et d’un réalisme documentaire. After the wedding, de la Danoise Suzanne Bier, raconte l’histoire d’un homme qui a voué sa vie à un orphelinat indien et qui se bat pour le maintenir ouvert. Rien n’est sûr, mais on parle aussi de Quatre mois, trois semaines et deux jours, chronique d’un avortement clandestin sous Ceausescu, signée Cristian Mungiu et Palme d’Or à Cannes 2007.

Du 8 au 25 novembre, à Tanger à Safi via Rabat, Casa et Marrakech.
Informations au 037 57 98 59



Tournée. Le voyage de 3MA

Après trois escales à Casablanca, Fès et Meknès, 3MA met le cap au sud, poussé par les vents transafricains. Mais c’est la corde qui règne, dans cette création musicale inédite, fruit de l’entente entre trois explorateurs du son : Driss El Maloumi, virtuose gadiri du oud, Ballaké Sissoko, héritier des griots maliens et maître de kora mandingue aux 21 cordes, et Rajéry, qui restitue la magie de l’instrument de ses ancêtres malgaches, la valiha. Complice, le trio offre un petit moment de bonheur sonore, aussi généreux que savant. De quoi laisser à bâbord les ennuis du quotidien, pour voguer, léger, vers un horizon de créativité métissée. Prochaines étapes : le samedi 6 octobre à l’IF d’Agadir (où est née l’aventure), le dimanche 7 à la Kasbah Taourirt d’Ouarzazate et le lundi 8 à la Maison culturelle de Tiznit. En attendant l’album annoncé pour janvier 2008.


Webzine. Critiques en clics

Le logo, un pointeur de souris trempé dans l’encre, annonce la couleur. Vous êtes sur nonfiction.fr, portail francophone consacré aux idées et aux critiques de livres. Lancé le 1er octobre avec une équipe de 300 collaborateurs bénévoles, sa formule est inspirée d’un format journalistique qui a fait ses preuves outre-Atlantique. Le coordonnateur du site, Frédéric Martel, admet d’ailleurs l’influence de la prestigieuse New York Review of books, qu’il a eu le loisir d’observer pendant son travail de recherche sur la politique culturelle aux Etats-Unis. Actualisé chaque semaine, le site devrait atteindre, dès le mois de janvier, un rythme quotidien, donnant la parole à une nouvelle génération de chercheurs et d’écrivains. Au menu de la première livraison, une longue critique, plutôt acide, du dernier BHL, à paraître le 9 octobre.


Parution. Essaouira idylle

Ce livre, c’est un peu l’histoire des idylles qui lient à Essaouira une ribambelle d’intellectuels et d’artistes plus prestigieux les uns que les autres. Trois natives de la cité des Alizés (Régine Sibony, Elsa Rosilio et Katia Azoulay) y content au fil d’entretiens les coups de foudre pour leur ville natale d’un photographe (Albert Watson), d’un designer (Philippe Starck), de musiciens (Françoise Atlan, Louis Bertignac)... Et de bien d’autres encore. Saluant au passage, dans un bel ouvrage préfacé par Jacques Chancel, l’un des pionniers du renouveau de la peinture souirie, l’ancien conservateur du musée des Arts populaires Boujemaâ Lakhdar, décédé en 1989. Du très beau people pour un ouvrage qui ne l’est pas moins.


Radio. Pour ressusciter les classiques

La radio nationale rajeunit ses troupes pour ressusciter la chanson classique marocaine. Le coup de balai concerne l’ancienne commission chargée de choisir les chansons marocaines (la radio en produit en moyenne une soixantaine par an). “Une commission sans mandat, où la moyenne d’âge était de 75 ans”, détaille Rachid Issari, adjoint à la direction de la radio. Le nouveau comité, nommé pour un mandat de deux ans, présente une tout autre structure : diversité des compétences et des spécialités et présence de figures culturelles et médiatiques composites (Younès Mégri, Nasser El Houari, Karima Skalli, etc). La tâche des nouveaux venus sera donc de choisir les morceaux à produire, mais aussi de réhabiliter le patrimoine mis au placard.


Le livre.

Lors de ses funérailles, trônant au milieu du salon, le portrait de la baronne de Rothschild prend vie. La maîtresse des lieux est témoin du deuil de ses enfants, anéantis par sa disparition, des commentaires chuchotés en aparté par quelques-uns des parents et amis de la famille, des secrets discrètement partagés. Au gré des souvenirs évoqués, elle remonte le fil de son histoire et celle d’une des plus puissantes et secrètes “dynasties” financières d’Europe. Et l’histoire continue bien après sa mort, sur plus d’un siècle et demi, au fur et à mesure que le fameux portrait de la baronne est déplacé entre les châteaux de la famille en Europe et les musées du monde. Le portrait, ou Dallas en vrai...

Le portrait, Pierre Assouline ; Ed. Gallimard.




Humeur.
Tah bien bas

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

La ville de Tah, dans le désert marocain, ne brille pas par sa vie nocturne trépidante. Ce petit patelin, qui gagne à ne pas être connu, est pourtant un haut lieu de l’Histoire du Maroc comme elle est racontée dans les écoles. Tah est le point d’arrivée de la Marche verte. C’est là qu’a été prise la photo de Hassan II, priant dans le désert pour marquer le retour des provinces du sud à cette mère légèrement infanticide qu’est la patrie. Vous connaissez ce discours par cœur si vous avez fait votre cursus scolaire dans le public, coincé entre un gamin morveux achevant de digérer ses lentilles de midi, et un instituteur récitant son ode à Al Massira Al Khadra. Cinq minutes de balade à Tah suffisent amplement pour détruire ce mythe trentenaire. Un panneau routier indique Tarfaya, ville starting-blocks de la Marche verte, distante de 15 kilomètres. Ils se sont promenés ou quoi ? La question est choquante, mais pas plus que la surprise qui frappe le touriste égaré dans cette contrée qui gagne à ne pas être connue (on ne le répètera jamais assez). À l’entrée de Tah, un monument commémoratif de la Marche verte vous accueille comme un avant-goût de la laideur alentour. Une pyramide tronquée en marbre, parachutée à l’endroit ou Hassan II a prié pour fêter le succès de la balade. L’objet, surgi d’une autre dimension, risque de nous valoir un jour des ennuis à l’ONU. Un Abdelaziz à court d’arguments pourrait bien un beau matin se lever avec l’idée du siècle : demander la condamnation de “l’art impérialiste marocain pour atteinte aux valeurs sacrées de l’esthétique”.



Jazz première
Le “riad en jazz” s’offre une légende vivante pour son édition inaugurale : Rhoda Scott, la grande dame du jazz et du blues, célèbre pour sa prodigieuse mémoire musicale et qui a joué aux côtés des plus grands, de Ella Fitzgerlad à George Benson en passant par ray Charles. Du 2 au 4 novembre à Marrakech.


Concours pour courts
Sous le thème du dialogue interculturel, le site euromedcafe.org lance la 4ème édition du concours de courts métrages “d’Autres Regards”. Les candidatures doivent être déposées avant le 5 novembre. Les 3 prix de 4000 euros chacun serviront à la réalisation des courts-métrages des finalistes.


Médi1 présente…
“Talents du Maghreb”, C’est le titre du nouveau rendez-vous de Médi1. Entre une rubrique News et un agenda culturel, l’émission présentera, chaque dimanche de 16 à 17h, le travail d’un jeune artiste du Maghreb, toutes disciplines confondues. Première le 25 octobre.

 
 
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