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N° 292
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Adil Boukhima

La semaine.

Saâd Bendidi, patron de l’ONA,
a toutes les raisons d’afficher
un sourire radieux.
(AIC PRESS)

Résultat. Le milliard pour l’ONA


Avec une progression de 75% par rapport au premier semestre de l’année 2006, le holding royal clôture les six premiers mois de l’année avec un résultat consolidé qui dépasse le milliard de dirhams. Une performance qui s’explique par la forte contribution d’Attijariwafa bank, mais aussi par le redressement de Managem, qui a enregistré un bénéfice de plus de 500 millions de dirhams. À cela s’ajoute évidemment la plus-value réalisée sur la cession des parts de l’ONA dans AXA Assurances, pour un montant qui s’élève à 678 millions de
dirhams. ONA a également profité du boom de l’immobilier, les bénéfices d’Onapar étant passés de 88 à 254 millions de dirhams, suite au démarrage de la commercialisation du projet Amelkis à Marrakech. Le seul gouffre dans les comptes du groupe s’appelle Wana. La nouvelle filiale télécoms, toujours en phase de démarrage, a accusé un déficit de plus de 200 millions de dirhams durant le premier semestre 2007. Le management de l’ONA se veut néanmoins rassurant : Saâd Bendidi a de nouveau affirmé que cette filiale devrait atteindre l’équilibre financier dès 2010. Mais avant d’en arriver là, ONA et sa société mère SNI devront de nouveau mettre la main à la poche pour renflouer les caisses de Wana. Outre un prêt de 3 milliards de dirhams, qui vient d’être bouclé, les deux holdings devraient libérer 2,5 milliards de dirhams du capital de Wana. ONA compte même obtenir une rallonge de 1,5 milliard de dirhams sur son programme d’endettement, à travers des obligations autorisées par ses actionnaires.


Bourse. La SNEP arrive

C’est la première phase dans le vaste programme d’introduction (six sociétés) en Bourse annoncée par Ynna Holding, le groupe de Miloud Chaâbi. 35% du capital de la Société nationale de pétrochimie (SNEP) sont mis en vente, à partir du 22 octobre, pour un prix de l’action fixé entre 1150 et 1250 dirhams. Une opération qui devrait donc rapporter au groupe Ynna Holding un milliard de dirhams. La forte demande sur le marché augure un grand succès à cette nouvelle OPV. Pour preuve, la compagnie d’assurances Atlanta vient de clôturer en deux jours les souscriptions pour un placement de 1,2 milliard de dirhams. Les attributions pour cette introduction seront certainement dérisoires. “À priori, les petits porteurs ne devraient pas obtenir plus de trois titres par souscripteur”, confie ce membre du syndicat de placement. Chose qui promet une belle surchauffe sur le marché secondaire...


Eau. L’ONEP au Cameroun

Une première pour l’office marocain. Habitué plutôt à décrocher des contrats d’assistance technique (en Mauritanie ou en Guinée), l’Office national de l’eau potable monte cette fois-ci d’un cran en s’adjugeant un contrat pour la production et la distribution d’eau au Cameroun. L’appel d’offres international, lancé en juillet dernier, a en effet été remporté par le consortium marocain -composé de l’ONEP, Delta Holding et du cabinet conseil en travaux publics Ingema - qui s’est révélé plus compétitif que Veolia Water. La convention, qui devrait être officialisée d’ici la fin de l’année, prévoit la création de deux sociétés. La première, baptisée Comwater, disposera des différentes infrastructures de production, de stockage et de transport, alors que la distribution devrait être assurée par une société d’exploitation.


Retraites. Les pistes viendront de l’étranger

Driss Jettou semble déterminé à amorcer une véritable réforme pour régler l’épineux dossier des retraites avant de quitter son poste. Il vient d’accéder à la demande exprimée par les syndicats lors du dernier round du dialogue social, au printemps dernier, qui consiste à confier à un cabinet étranger une étude sur les pistes de réformes de ce système. Le ministère des Finances vient en effet de lancer un appel d’offres dans ce sens et l’ouverture des plis est prévue pour le 19 octobre prochain. Seulement, les résultats de l’étude ne devraient tomber que dans un an, pour être examinés par la commission nationale, qui sera alors présidée par le nouveau Premier ministre. Pis encore, les conclusions risquent de ne pas être si différentes des scénarios déjà examinés, ventilés en trois possibilités : réformes paramétriques (augmentation des cotisations), fusions entre régimes pour la constitution d’un pôle public (CMR et RCAR) et d’un pôle privé (CNSS et CIMR), ou encore la création d’un régime unique, avec un système de retraite intégré pour l’ensemble des travailleurs.



Pendant ce temps, le peuple….
File d’attente

Saïd entasse ses économies dans un sac plastique et se rend dans la succursale d’une banque d’affaires, déterminé à tout investir en Bourse. Il décide d’en découdre avec son carnet d’épargne classique, qui lui rapporte deux dirhams six sous par an. Addoha, avec ses gains vertigineux, il l’a ratée. CGI, passée sous le nez… Alors pas question aujourd’hui de “zguel” l’occasion Atlanta. Une fois devant les locaux de la société de Bourse, Saïd est surpris par la foule venue, comme lui, vider ses bas de laine. “On se croirait devant une boutique Wana le jour du lancement ou devant le guichet des visas du consulat d’Italie”, se dit-il. Il prend son mal en patience et attend son tour pour rencontrer un “conseiller financier”. Au bout du compte, Saïd est ravi de comprendre cet effet de levier financier auquel il a droit. “C’est comme la double recharge : pour chaque dirham souscrit, la banque me prête l’équivalent pour cette opération”, explique notre boursicoteur en herbe. Sauf que Saïd est loin de se douter que ce crédit sur une dizaine de jours (facturé au taux fort) ne lui permettra de gratter que deux ou trois actions supplémentaires. Et pour cause, la Bourse a aussi ses VIP. Le gros morceau revient aux puissants du marché, qui vont créer leurs propres fonds d’investissement (sociétés-écrans si vous préférez) dans des paradis fiscaux, pour se faire passer pour des investisseurs institutionnels. Ces derniers n’ont besoin ni de se déplacer, ni de faire la queue pour être les premiers (et donc les mieux) servis sur le marché. Saïd et sa horde sont, eux, condamnés à suivre la file d’attente.



OFF.

Des rumeurs insistantes évoquent une grande annonce au sujet de BMCE Bank dans les semaines à venir. Certains parient sur une nouvelle ouverture du capital de la banque de Othman Benjelloun, qui se ferait cette fois-ci au profit d’investisseurs du Moyen-Orient. D’autres en revanche parlent d’une simple cession d’actions à la filiale londonienne récemment créée.

 
 
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