Gouvernement. Le casse-tête d'El Fassi
El Othmani. "Nous sommes le premier parti au Maroc"
Elections. Les Yankees s'en mêlent
Mémoire. Tazmamart dans le rétroviseur
FMI. DSK, banquier du monde
Marocmétrie. Retards à l'allumage
Télévision. Sitcom et t ais-toi !
Cinéma. En route pour La Mecque !
Idées. Un conflit de façade ?
N° 292
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Fouad Ali El Himma, lors
de la conférence organisée
par le quotidien Al Massae.
(DR)

El Himma. Ex-n°2, Communicateur n°1


Première sortie publique pour Fouad Ali El Himma. Après son passage télévisé sur 2M, le nouveau député des Rhamna était l’invité d’une conférence organisée par le quotidien Al Massae. Le plateau réunissait d’autres poids lourds de la scène politique marocaine : Mohamed Sassi (PSU), Larbi Messari (Istiqlal), Mohamed El Gahs (USFP), Mostapha Ramid (PJD) en plus de l’universitaire Mohamed Naji. Décontracté et souriant, El Himma a servi à un public nombreux le même discours (rodé) qu’il a tenu sur 2M. Florilège : “Dans le système marocain, il
n’existe pas d’hommes forts mais des institutions faibles”, “les Marocains ont besoin qu’on les écoute”, etc. Emporté par l’euphorie de l’instant, l’ex-ministre délégué à l’Intérieur a même gratifié l’assistance de quelques confidences. “C’est Youssoufi qui a remis le dossier de la Moudawana à Sa Majesté pour arbitrage”, a notamment confié El Himma. “Et l’interventionnisme du ministère de l’Intérieur dans la vie des partis ?”, s’est notamment interrogé Mostapha Ramid, dont la formation a été sanctionnée après les attentats du 16 mai. “Au lendemain des attentats, l’Etat a fait de la régulation, et c’est son devoir”. En entendant cela, Mohamed Sassi a failli bondir de son siège. “Dans un pays démocratique, c’est à la justice qu’il aurait fallu remettre le dossier. Cela nous ramène à l’éternelle question de la réforme constitutionnelle, qui est le véritable prélude à tout changement”, a conclu Sassi. Le baptême du feu public d’El Himma aura duré plus de trois heures.


Moulay El Hassan. Dessine-moi un royaume

Tout évènement culturel organisé au sud de Sidi Ifni prend une dimension politique. Le 1er festival de Tarfaya, tenu le week-end dernier, a confirmé ce fait en affichant un nouveau signe de l’attention de la “mère patrie” à ses provinces du sud : la manifestation a été organisée sous le haut patronage du prince héritier Moulay El Hassan, 4 ans. Cette première a été présentée comme une évidence par les organisateurs grâce à une astuce littéraire : “le soutien de S.A.R. Moulay El Hassan est logique puisque notre festival est dédié à Antoine de Saint-Exupéry, auteur du Petit Prince”, répond sans hésitation Hajbouha Zoubeïr, présidente de l’association organisatrice. Fallait oser.


Hausse des prix. Al Adl s’incruste

Habituée à boycotter les élections, Al Adl Wal Ihsane fait moins la fine bouche quand il s’agit de défiler contre la hausse des prix des produits de première nécessité. La semaine dernière, la Jamaâ se serait invitée au sit-in organisé par la Coalition nationale de lutte contre la cherté de la vie à Casablanca. C’est du moins ce qu’affirme un communiqué sur le site Internet du mouvement. “Ceci est totalement faux, s’insurge Mohammed Ghafri, à la tête de la Coalition. Nous avons organisé des sit-in à travers trente villes et, à aucun moment, la présence des membres d’Al Adl Wal Ihsane ne nous a été signalée. Les hommes de Cheikh Yassine n’ont d’ailleurs jamais été conviés à se joindre à nous”.


El Kzabri. Spécial dédicace to M6

Les prêches du célèbre Omar El Kzabri bercent aussi Mohammed VI. Le ministère des Affaires islamiques a compilé, pour la première fois, un best of des lectures d’El Kzabri dans un DVD, remis au roi à l’occasion des causeries hassaniennes. L’opus comprend aussi des “morceaux” d’El Ayoune El Kouchi, l’imam de la mosquée d’Anassi à Casablanca. Le DVD ne sera pas vendu, mais “distribué aux délégations régionales des Affaires islamiques, juste pour le souvenir”, précise une source au ministère. Le commun des mortels devra attendre que des versions pirates du DVD collector apparaissent à Derb Ghallef, où les CD d’El Kzabri font un tabac.


Foot. La vérité est au fond du puits

Le trou béant apparu pendant le mois d’août au beau milieu de la pelouse du terrain du 16 novembre, à Ouled Taïma, près de Taroudant, n’était ni le cratère d’un météorite venu de l’espace, ni le vestige d’un trésor déterré par un Indiana Jones local. Au grand dam des amateurs de fantastique, cette fosse de plusieurs mètres de profondeur n’est qu’un banal puits, mal comblé lors de la construction de ce terrain de foot, aménagé sur un ancien champ agricole. Le puits magique semble en tout cas avoir porté chance à son nouveau propriétaire, le club du Chabab Houara, qui vient tout juste de monter en GNF2.


Moulay Hicham. Persiste et signe

“Le très faible taux de participation lors des dernières élections législatives est un message très fort qui n’est pas seulement envoyé aux partis politiques mais également au roi.” Cette analyse du dernier scrutin est l’œuvre de Moulay Hicham, invité à s’exprimer mercredi dernier sur le plateau de Riz Khan, un des animateurs vedettes d’Al Jazeera English. Lors de cette interview (sa première depuis 2005) qui a duré un peu moins de 20 minutes, Moulay Hicham s’est rappelé au bon souvenir de son cousin Mohammed VI en appelant de ses vœux une réforme de la monarchie. Le prince rouge a souligné qu’elle était “inévitable, aucune institution n’étant immunisée contre le changement et les pressions sociales”.


Sahara. Tamek pimente l’assoce

Après une longue absence, Ali Salem Tamek revient avec… une association. Le militant indépendantiste annonce même le congrès constitutif pour le 9 octobre courant. Tamek ne dispose évidemment d’aucune autorisation officielle et, selon toute vraisemblance, le congrès sera interdit par les autorités de Laâyoune. A quoi sert cette agitation soudaine dans ce cas ? “Le Polisario veut réoccuper la scène médiatique. Ses organisations parallèles mènent depuis quelques semaines un gros travail de lobbying, explique un acteur associatif sahraoui. Deux rendez-vous majeurs attendent l’organisation indépendantiste : le congrès du Front le 18 octobre et les négociations prévues en décembre prochain à Genève. Provoquer des troubles en territoire marocain augmente forcément la cote de popularité des équipes dirigeantes”.


Abdelouahed Bennani. Député ou pas ?

Abdelouahed Bennani, oncle de la princesse Lalla Salma et candidat PJD aux législatives à Beni Ihsen, est probablement le seul de ses pairs à ne pas être fixé sur son sort. Opposé à Hafid Bekkali, le candidat du MDS, Bennani coiffe son rival sur le poteau, le devançant de quelques voix. Mais le candidat malheureux conteste ce résultat. “Le document qui nous a été remis par la wilaya atteste que j’ai recueilli 4767 voix, contre 4464 pour M. Bennani”. Fort de ce constat, Bekkali dépose un recours auprès du Conseil constitutionnel. “Mais je n’accuse personne, je n’ai rien à reprocher à M.Bennani, ajoute-t-il. Je suis confiant en la justice de mon pays”. ça en fait au moins un.


Tanger 2012. La voix de Gad

Gad El Maleh est un ambassadeur intelligent et efficace du Maroc. Il l’a encore prouvé le week-end dernier face à Michel Drucker, dans l’émission “Tenue de soirée” sur France 2. L’humoriste a (ré)officialisé, à une heure de grande audience, son soutien à la candidature de Tanger pour l’organisation de l’Exposition internationale 2012, prophétisant même la victoire de la ville du détroit. Un clin d’œil qui a vite fait de tourner en une énumération - presque apprêtée - des personnalités à avoir rallié la cause tangéroise, et dont une vingtaine se trouvait présente sur le plateau ce soir-là. Le vote final se déroulera le 27 novembre.


Prix. La chasse aux fraudeurs

Les services préfectoraux de plusieurs villes se sont brusquement réveillés pour constater pas moins de 571 fraudes alimentaires concernant l’affichage des prix durant la semaine écoulée. Le “sursaut” n’est pas tout à fait innocent puisque les opérations de contrôle interviennent juste après les événements de Sefrou, et la méga-réunion de crise tenue au siège du ministère de l’Intérieur. Depuis le début de cette “campagne”, les deux principales chaînes de télévision consacrent des reportages quotidiens aux sorties des contrôleurs pour dire pratiquement la même chose. “C’est à croire que chaque gouverneur veut son quota de passage télé et que les patrons des chaînes ne veulent fâcher personne”, confie un journaliste à la TVM.


Khouribga. Manifs contre l’OCP

La Gendarmerie est intervenue en force dans un douar des environs de Khouribga pour disperser des manifestants qui protestaient contre l’expropriation de leurs terrains agricoles en faveur de l’OCP. Selon des acteurs associatifs, plusieurs d’entre eux ont été violemment tabassés et trois arrêtés. Ils seront traduits en justice pour “outrage aux forces publiques”. Pour l’OCP, l’origine du problème ne réside pas dans le montant des indemnisations fixé par l’Etat. “Ces gens veulent tout simplement être employés au sein de l’Office”, confie une source autorisée qui déplore des actions de sabotage ayant coûté à l’Office plus de 2 millions de dirhams.



3 questions à Mehdi Lahlou
[PDT de la section Maroc de l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau]


Comment interpréter l’affaire de la concession de la source de Ben Smim au privé et la colère de la population qui a suivi ?
L’eau est devenue un objet de convoitise et un élément central de l'économie de rente. Face à cette mainmise, la population est dans son droit quand elle proteste, même si elle ignore les recours juridiques possibles. Notre association assiste d’ailleurs les habitants en les conseillant sur ce point.

Pourquoi les élus ont-ils concédé la source ?
Nous avons la preuve que beaucoup d'élus et autres représentants locaux ont servi des intérêts très souvent en opposition totale avec ceux des populations. Le niveau d'indigence et d'illettrisme d'une grande partie de la population rurale est tel que celle-ci représente une proie facile pour tous les passe-droits, y compris lorsqu'il s'agit de l'appropriation d'un bien commun aussi précieux que l’eau.

Que proposez-vous pour que l’eau reste un bien commun ?
Nous demandons la création d’un organe unique de gestion de l’eau et la réduction de la consommation agricole, en changeant les techniques d’irrigation et la nature des cultures. Nous luttons aussi contre la pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques. Enfin, les investissements touristiques doivent tenir compte de la rareté de l’eau. Avec les golfs, les piscines et les hammams, un touriste consomme en moyenne 500 litres d’eau par jour, contre 40 ou 50 pour un marocain moyen.


Disparitions. Le Maroc traîne les pieds

Une délégation des familles de disparus marocains s’est rendue à Genève du 26 au 28 septembre dernier, pour le lancement de la campagne mondiale pour la Convention des Nations Unies sur les disparitions forcées, adoptée en décembre 2006 par l’AG de l’ONU. La campagne, lancée par diverses ONG des droits de l’homme, vise à accélérer les ratifications du traité, dont le Maroc est signataire. La délégation des familles a reçu une proposition du Comité international de la Croix-Rouge qui s’est dit prêt à assister les autorités marocaines dans le cadre des procédures médico-légales d’authentification des disparus. Le CICR attend (seulement) une invitation officielle du gouvernement.


Médi1 Sat. Bataille de chiffres

Un an après son lancement, une étude d’audience montre que 1,6% de Marocains regardent chaque jour Médi1 Sat. Même si le taux de pénétration de “la première chaîne d’infos du Grand Maghreb” est loin d’égaler celui d’Al Jazeera (5,8%), il dépasse ceux d’Euronews (1,2%) et France 24 (0,8%). Ces chiffres encourageants tombent au beau milieu d’une polémique sur la situation financière de la chaîne. Selon le quotidien Al Massae, Médi1 Sat serait “au bord de la faillite”, et son patron, Pierre Casalta, ferait pression sur ses actionnaires pour obtenir une rallonge imprévue de 4 millions d’euros. “Ridicule, répond-t-on à la direction de la chaîne. Nous avons démarré avec un capital de 7 millions d’euros, et les actionnaires savaient dès le départ que nous devions arriver à 15 millions. Tout se passe comme prévu, nous avons même économisé sur les charges budgétisées en 2007”.


Sefrou. L’AMDH on the road

A Sefrou, la police frappe, la caravane passe. Suite à la répression de la marche contre la cherté de la vie, organisée le 23 septembre dans la ville de Sefrou, l’AMDH annonce une caravane de solidarité avec les personnes appréhendées pour ce samedi 7 octobre. “Nous avons organisé des sit-in dans plus de 80 villes sans déplorer d’incidents. À Sefrou, par contre, la police s’est distinguée par sa violence”, argumente Abderrazak Idrissi, dirigeant de l’AMDH. En début de semaine, les arrestations se sont poursuivies, portant leur nombre à 43. Une centaine de militants de l’AMDH, de l’UMT et de la CDT formeront le convoi au départ de Rabat pour se joindre au sit-in organisé à Sefrou. Espérons que cela se passera mieux que la dernière fois.


Procès. Le prix du hrig

La somme de 3000 DH est l’amende à laquelle viennent d’être condamnés quatre Marocains, jeudi 4 octobre, par le Tribunal de première instance de Casablanca. Leur crime : avoir quitté le pays clandestinement, dans l’espoir d’une vie meilleure en Italie et en France... jusqu’à leur expulsion fin août. A peine rentrés au royaume, Saïd Q., Mahjoub L., Hafid El Kaddouri et Miloud El Jabri ont dû comparaître pour “émigration illégale”, selon l’article 50 de la loi 11/11/2003. Si la peine est dite “minimale”, (l’article 50 prévoit jusqu’à 10 000 DH d’amende et six mois de prison), comment justifier une telle taxation de la misère ?


Fait-divers. Triste peluche

Vu cette semaine dans Al Ahdath Al Maghribia, un curieux roman-photo : une maman serrant un ours en peluche au milieu de policiers pas très rigolards. Mais l’histoire n’a rien de comique. Il s’agit de la reconstitution d’un infanticide. Une jeune mère célibataire a jeté son nourrisson dans un puits à Aïn Sebaâ. Le nouveau-né a été retrouvé mort par les riverains. Les inspecteurs n’ont dû le dénouement de l’affaire qu’au retour de la mère sur la scène du crime, le lendemain de la découverte du corps. Après les aveux, les policiers ont emmené la mère sur les lieux du meurtre pour reconstituer la scène. Pourquoi un ours en peluche ? “La police procède toujours de la sorte lorsque la reconstitution implique un mineur”, explique un journaliste d’Al Ahdath Al Maghribia.


Gouvernement. La guerre des maroquins

ça se bat dur pour soutirer des maroquins à Abbas El Fassi. L’USFP aurait réussi à lui arracher 4 ministères dans le prochain gouvernement : les Finances, l’Industrie et le Commerce extérieur, l’Enseignement supérieur et la Pêche. Le MP aurait obtenu ceux de l’Agriculture, la Santé et deux autres ministères à déterminer. A l’heure où nous mettons sous presse, le patron du RNI, Mustapha Mansouri, refuse toujours de négocier avec le nouveau Premier ministre. Fort de la 4ème place de son parti aux élections, Mansouri exige que les postes stratégiques soient distribués en priorité aux partis en fonction de leur score électoral. Avant même d’arriver aux affaires, El Fassi a déjà du pain sur la planche. (Lire aussi le focus).


PJD. Jamais sans mon journal

Le journal Al Adala Wa Tanmia, lancé par le PJD à l’occasion des élections de septembre, est appelé à jouer les prolongations du fait de son succès pendant la campagne des législatives (tirage moyen de 30 000 exemplaires). Selon un dirigeant du parti, la publication, éditée à l’heure actuelle au rythme de trois fois par semaine, avec un tirage réduit à 20 000 exemplaires, pourrait devenir à court terme un quotidien. Le PJD compte ainsi faire d’Al Adala Wa Tanmia le porte-parole officiel du parti, avec en filigrane, la volonté de se démarquer du journal Attajdid, dont la ligne éditoriale est sous l’influence du Mouvement Unicité et Réforme (MUR).


USFP. El Gahs se positionne

Invité de Hamid Barrada sur l’émission “Mais encore ?”, sur 2M, Mohamed El Gahs est revenu sur son long parcours de social-démocrate, un moment partagé entre la France et le Maroc. Le dirigeant socialiste a surtout insisté sur la défaite électorale de l’USFP, mettant en cause la direction du parti et (sans le nommer) son ancien mentor Mohamed Elyazghi. Ce même Elyazghi, qui a demandé et obtenu le report de la diffusion de l’émission. “Je l’ai toujours pensé : la monarchie, pour le Maroc, est une chance” a, entre autres, affirmé El Gahs, en qui certains voient le futur premier secrétaire du parti de Abderrahim Bouabid.


Festival de Marrakech. Stars en scène

Sauf obligations dans leurs agendas surbookés, Morgan Freeman, Warren Beatty, Danny Glover et Jackie Chan devraient être de la fête lors du prochain Festival du film de Marrakech, en décembre prochain. Les quatre acteurs auraient donné leur accord de principe aux organisateurs, qui tentent aussi de convaincre Russell Crowe et Leonardo DiCaprio, actuellement en tournage à Rabat sous la direction de Ridley Scott. Si le maître des arts martiaux, version loufoque, Jackie Chan confirme sa présence, il n’aura pas à chercher loin pour se loger. D’après le tabloïd anglais The Sun, l’acteur originaire de Hong Kong a acquis il y a deux ans une villa dans la Palmeraie de Marrakech.


Armement. Le Rafale est tombé

Au grand dam de nos amis français, qui voulaient nous refiler leurs avions de chasse Rafale, le Maroc aurait finalement opté pour l’offre des Etats-Unis. Il faut dire que celle-ci est plutôt alléchante, proposant de 12 à 24 F-16 neufs ou d’occasion, pour une enveloppe allant de 1 à 2,1 milliards de dollars, comme le confirme le quotidien français La Tribune. Comme lot de consolation offert aux Français, “Rabat envisagerait d’acheter un TGV français, qui devra relier Marrakech à Essaouira ou Casablanca”. Un protocole d’accord pourrait même être signé entre les deux parties lors de la prochaine visite de Nicolas Sarkozy au Maroc prévue pour le 20 octobre.


Lycées. Des gorilles aux portes

Des vigiles privés dans des établissements de l’enseignement public ! C’est la grande nouveauté de la rentrée scolaire 2007. Lancée pendant le mois de juillet dans quelques académies et administrations du ministère de l’Education nationale, l’expérience a été ensuite étendue à plusieurs collèges et lycées du pays. De jour comme de nuit, des gardiens et des maîtres-chiens de compagnies privées y assurent désormais la sécurité du personnel enseignant et des élèves. Et comme pour accentuer cette ambiance de caserne, une ancienne circulaire, réactualisée cette année, ressuscite la fameuse cérémonie de levée du drapeau, qui impose aux élèves le chant de l’hymne national deux fois par semaine, dans toutes les écoles du royaume.



Humeur. Songe d’automne

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

J’ai fait ce rêve : Yasmina Baddou ministre de la Justice ! Oui, oui. Dans ce rêve fou, Abbas El Fassi expliquait aux caciques de son parti, furieux qu’un portefeuille aussi lourd revienne à une femme si frêle : “Mes amis, Yasmina est avocate, elle est passée devant Zemzmi aux élections. Et elle est membre de ma grande et belle-famille, ce qui démontre toute sa valeur. Elle mérite bien le portefeuille de la Justice. Alors, si Sidna le veut bien…”. Je ne me rappelle plus de la fin du rêve, mais je crois bien que quelqu’un a susurré à un Abbas ravi : “Oui, oui, il est possible que Sidna le veuille bien”. J’avoue que mon rêve est parti d’une certitude : Yasmina Baddou n’a pas la moustache de Mohamed Bouzoubaâ ! Normal : Yasmina, c’est Cendrillon. Avec un côté conte de fées, un sourire qui n’a jamais traversé le visage d’un Bouzoubaâ. Je le pense. Mais l’idée, la bonne, c’est de ne plus rêver. Ce n’est pas parce que Yasmina Baddou est Yasmina Baddou qu’il ne faut pas prendre au sérieux la possibilité de la voir, demain, ministre de la Justice. Moi, j’applaudirais des deux mains. Je dirais chapeau, bravo, joli coup ! Le Maroc est un pays jeune, gouverné par des hommes tristes. En politique, c’est de l’anti-marketing parce que cela vous dit en face : “Ne vous intéressez pas à nous, même si nous vous gouvernons !”. Mettez une Yasmina dans la balance de la Justice et vous verrez comment tout peut basculer. Il n’y a pas qu’en France que l’on peut avoir l’inspiration d’inventer une Rachida Dati. Le Maroc a bien eu Nawal El Moutawakil secrétaire d’Etat, l’une des meilleures idées des dernières années hassaniennes. Et puis plus rien. Si personne n’a applaudi à la nomination de Si Abbas, la propulsion de Yasmina à la Justice produirait l’effet d’un bol d’oxygène. Vous ne trouvez pas que cela fait un beau songe d’automne ?



VITES !

Al Alam, organe de presse de l’Istiqlal, a fait des messages officiels de félicitations à Abbas El Fassi une rubrique quotidienne. Tout ceci est bon pour le moral du Premier ministre, mais quand Abderrahmane Youssoufi a voulu féliciter l’Istiqlal, il a d’abord joint M’hamed Boucetta avant d’appeler El Fassi. Et ça, Al Alam ne l’a pas dit.


La Commission européenne vient de désigner l’ALCS comme membre du Forum européen de la société civile sur le VIH Sida. L’ALCS, première ONG non-européenne à rejoindre l’instance, défendra les intérêts des malades du sida dans les pays du Sud et de plaider la cause des médicaments génériques.


La très décriée loi sur l’usage des tests ADN pour les demandeurs de regroupement familial en France est finalement passée. Ella a été votée, mercredi soir, par le Sénat français. Mais que nos immigrés se rassurent, cette loi, plus discriminatoire que jamais, ne sera pas appliquée aux Marocains, Tunisiens et Algériens.


Le site du PJD a été victime de hackers. Il est bloqué depuis une dizaine de jours sur la page de garde. Le pire, confie une source interne, c’est que le “dépannage” est pour le moment impossible, la société qui héberge le site étant injoignable depuis qu’elle a changé ses coordonnées.


Le site Internet français d’information Rue89 révèle, cette semaine, que des communications téléphoniques ont eu lieu depuis la Mosquée rouge d’Islamabad vers le Maroc. Ceci avant et pendant le siège du lieu de culte, en juillet dernier, par les forces de l’ordre pakistanaises, afin de déloger les islamistes radicaux qui s’y étaient réfugiés.


La désignation de Abbas El Fassi au poste de Premier ministre n’a pas que des détracteurs, mais aussi des partisans… lointains. Au Mali, l’opposition a cité l’exemple du secrétaire général de l’Istiqlal pour critiquer la nomination à la primature de Modibo Sidibé. Ancien policier, il n’est pas, lui, “issu des urnes”. Abbas peut être fier : au Mali, il est un modèle.


Dans sa dernière livraison, VH Magazine revient sur la tragédie des Marocains prisonniers à Tindouf. Abdellah Lamani, un survivant, fait la couverture du magazine. Il raconte ses conditions de détention et, notamment, ce jour où il “a vu un bout de tee-shirt se déplacer tout seul : c’étaient les poux qui le faisaient bouger”. Compliments, confrère !
 
 
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