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N° 293
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Quelle gauche à reconstruire ?

Je vous écris pour répondre à l’article signé par M. Nasr Hajji sur vos colonnes (“Pour une refondation de L'USFP et de la Gauche”, TelQuel n° 290). À mon humble avis, l’USFP n’a pas besoin de se “reconstruire”, mais plutôt de se “dissoudre”. Car une destruction peut être créatrice. Et les crises aiguës sont là pour mettre fin à un cycle. Surtout, on ne peut construire du nouveau à partir de l’ancien, sauf si l’institution prime sur la personne. Ce qui, aujourd’hui, n’est manifestement pas le cas chez nous. Les gérontocrates et autres indéboulonnables caciques des partis ont vidé leur formations de toute substance. Aujourd’hui, cher Hajji, la politique a besoin d’autres militants, des vrais, et non de rentiers cherchant à capitaliser sur un passé lointain. Machiavel disait que “les promesses n’engagent que ceux qui y croient, et non ceux qui les donnent”. Et les promesses de l’USFP nouvelle version, une version light, allégée par plusieurs scissions et par les pratiques de ses ministres au gouvernement, je n’y crois plus. Ce qui est à refonder, c’est toute la scène politique marocaine. Et pas seulement un parti comme l’USFP, dont la base a boudé les urnes et que seuls quelques transfuges et notabilités ont sauvé du naufrage.

Ahmed Tefor, Marrakech.



Les vérités d’El Himma

Je tiens à féliciter M. Benchemsi pour la justesse de son dernier édito (“Vendre le singe…”, TelQuel n° 292), dans lequel il commente les déclarations d’un (ancien ?) proche du roi sans se laisser aller à un trop attendu flot de critiques. Et il est vrai que lorsque M. El Himma a parlé du paysage politique marocain, il a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Mais l'originalité des propos vient du statut de leur auteur, encore hier dans les coulisses du Pouvoir. Mandaté ou pas par le roi, l’essentiel est que M. El Himma a su mettre le doigt sur les vraies questions, surtout au moment où les partis se livrent à des marchandages d’épicier pour le partage des portefeuilles ministériels. Espérons que les propos de cet homme donneront une impulsion à la jeunesse des formations politiques, pour pousser vers la porte des anciens qui n’ont que trop duré.

Jamal Adam, Rabat.

 
 
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