Je vous écris pour répondre à larticle signé par M. Nasr Hajji sur vos colonnes (Pour une refondation de L'USFP et de la Gauche, TelQuel n° 290). À mon humble avis, lUSFP na pas besoin de se reconstruire, mais plutôt de se dissoudre. Car une destruction peut être créatrice. Et les crises aiguës sont là pour mettre fin à un cycle. Surtout, on ne peut construire du nouveau à partir de lancien, sauf si linstitution prime sur la personne. Ce qui, aujourdhui, nest manifestement pas le cas chez nous. Les gérontocrates et autres indéboulonnables caciques des partis ont vidé leur formations de toute substance. Aujourdhui, cher Hajji, la politique a besoin dautres militants, des vrais, et non de rentiers cherchant à capitaliser sur un passé lointain. Machiavel disait que les promesses nengagent que ceux qui y croient, et non ceux qui les donnent. Et les promesses de lUSFP nouvelle version, une version light, allégée par plusieurs scissions et par les pratiques de ses ministres au gouvernement, je ny crois plus. Ce qui est à refonder, cest toute la scène politique marocaine. Et pas seulement un parti comme lUSFP, dont la base a boudé les urnes et que seuls quelques transfuges et notabilités ont sauvé du naufrage.
Ahmed Tefor, Marrakech.
Les vérités dEl Himma
Je tiens à féliciter M. Benchemsi pour la justesse de son dernier édito (Vendre le singe , TelQuel n° 292), dans lequel il commente les déclarations dun (ancien ?) proche du roi sans se laisser aller à un trop attendu flot de critiques. Et il est vrai que lorsque M. El Himma a parlé du paysage politique marocain, il a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Mais l'originalité des propos vient du statut de leur auteur, encore hier dans les coulisses du Pouvoir. Mandaté ou pas par le roi, lessentiel est que M. El Himma a su mettre le doigt sur les vraies questions, surtout au moment où les partis se livrent à des marchandages dépicier pour le partage des portefeuilles ministériels. Espérons que les propos de cet homme donneront une impulsion à la jeunesse des formations politiques, pour pousser vers la porte des anciens qui nont que trop duré.