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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“La religion, c’est ma thérapie”

Nabil Sekhra, Chanteur
du groupe Darga
(DR)

Antécédents

1977. Naissance à Casablanca.
2001. Création du groupe Darga.
2002. Première participation au Boulevard des jeunes musiciens.
2002. Participation au Festival d’Essaouira.
2004. Sortie du premier album de Darga.
2006. Reprend des études d’audiovisuel.

Smyet bak ?
Mohamed Sekhra.

Smyet Mok ?
Aïcha Sekhra. Oui, je sais, ils ont le même nom de famille. C’est parce qu’ils sont cousins. Mais rassurez-vous, il n’y a pas eu de problèmes liés à la consanguinité dans notre famille.

Nimirou d’la carte ?
BK 166 631

Après avoir été réparateur d’ascenseurs, vous vous êtes reconverti en chanteur. Pouvez-vous nous expliquer ce parcours pour le moins atypique ?
Il n’y a pas grand-chose à expliquer. Toute ma vie, j’ai fait des choses incohérentes. Pour vous dire, j’ai joué au foot au Raja et au Wydad, ce qui est, à mon avis, révélateur. Donc, je ne suis pas à une incohérence près.

Vous êtes dix dans le groupe. Il ne doit pas vous rester grand-chose quand vous vous partagez les cachets…
ça dépend. Au début, ce n’était pas évident. Mais là, on s’en sort mieux. En fait, on arrive à vivre de notre musique dès qu’on atteint le seuil de quatre dates par mois.

On attend toujours votre deuxième album “Stop Baraka”, annoncé depuis un moment…
Si nous avons mis autant de temps, c’est pour ne pas répéter les erreurs du premier album. Nous sommes en train de plancher sur les derniers détails et l’album devrait sortir avant la fin de l’année.

Pourquoi aucun des titres de votre premier album ne passe à la radio ?
En tout cas, ce n’est pas faute de demande, mais un parti-pris du groupe. Nous avons estimé que la qualité de ces chansons ne leur permettait pas de passer sur les ondes. Nous avons donc décidé de notre propre chef de ne pas les soumettre aux radios.

Pourquoi avoir dédié une chanson au résistant Abdelkrim Khattabi, alors qu’il n’y a aucun Rifain dans le groupe ?
Il n’y a pas de Rifain au sein de Darga, mais il y a des Marocains. Au-delà de l’appartenance ethnique, notre démarche vise à faire connaître un héros oublié. Combien savent que Khattabi et son modèle de guérilla ont inspiré Che Guevara. J’invite tous les Marocains qui portent des T-shirts à l’effigie du Che à porter des T-shirts estampillés Abdelkrim Khattabi.

Vous jouez de la mandoline. Vous n’avez pas trouvé un instrument un peu plus sexy ?
La mandoline est mon instrument de prédilection. J’en joue depuis quelques années déjà et je compte poursuivre dans cette voie. D’ailleurs, j’envisage de me rendre en Algérie pour apprendre le gharnati et le chaâbi.

Vous n’arrêtez pas de répéter que vous êtes des oulad chaâb, des enfants du peuple. C’est parce que vous pensez que les gosses de riches ne savent pas faire de la bonne musique ?
On dit qu’on est des enfants du peuple, simplement parce que cela correspond à la réalité. Nous ne sommes pas des stars. Nous sommes issus d’un milieu populaire, ce qui nous a permis de côtoyer la pauvreté. Cela permet de développer une certaine sensibilité par rapport à certains thèmes. Et ceci déteint sur nos chansons.

Pourquoi mettez-vous un temps fou à régler la balance lors de vos concerts ?
Je pense que c’est parce que nous sommes perfectionnistes. C’est une question de respect envers le public.

Vous êtes musulman pratiquant. ça ne colle pas vraiment avec l’image qu’on se fait d’un rocker…
L’une n’empêche pas l’autre. Je suis tout simplement contre les extrêmes, quels qu’ils soient. Je ne comprends pas ceux qui sont étonnés de me voir faire mes prières cinq fois par jour ou de jeûner pendant le ramadan. Bref, pour tout vous dire, la religion, c’est ma thérapie.

Vous avez un contentieux avec le groupe Hoba Hoba Spirit ?
Absolument pas. A nos débuts, on partageait le même chanteur et le même bassiste que le groupe Hoba Hoba Spirit, Adil et Oubiz. C’était possible tant qu’on n’avait pas de dates qui se chevauchaient. à un moment donné, Adil et Oubiz ont dû choisir un groupe, parce qu’on avait des concerts en même temps. Adil a choisi Hoba, et Oubiz a opté pour Darga. Mais tout cela s’est passé sans heurts.

 
 
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